..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

mercredi 14 mai 2014

Libérés…





M. Marchenoir dans un long et documenté commentaire à mon billet d’hier  semblait contrarié par l’attitude de certains qui mettraient en cause le fait que nous ayons été libérés parles Étasuniens et qui utiliseraient les victimes des bombardements alliés de 1944 afin de justifier leur antiaméricanisme d’aujourd’hui  tout en dissimulant leurs motivations profondes qui seraient de souhaiter que l’Allemagne (ou les Soviets) aient gagné.

Mon billet d’hier, je crois que c’est clair, ne s’inscrivait aucunement dans une telle perspective. Je m’interrogeais simplement sur l’apparente disparition du ressentiment qu’auraient pu éprouver les victimes desdits bombardements (du moins celles qui avaient survécu) et leurs proches.  

Nier le fait que nous ayons été   libérés  par les Étasuniens ne saurait être le fait que d’esprits dérangés.  Que les Français s’en soient réjouis est également indéniable. Et comment en aurait-il pu aller autrement ?  Du fait des réquisitions allemandes le pays était affamé, ses jeunes, par le biais du STO, envoyés en Allemagne. D’où que soit venue la fin de cet état de choses, elle eût été acclamée. La fin de l’occupation, c’était l’espoir d’un retour à une situation normale, la fin des privations, le retour des prisonniers… Qui, en dehors d’une poignée de collaborateurs fascisants ne s’en serait réjoui ?

Maintenant, dire que cette libération ne serait due qu’au profond amour des valeurs démocratiques du peuple Étasunien et de ses dirigeants serait faire preuve d’une grande naïveté. Chacun sait quel mal eut le Général De Gaulle, leader autoproclamé de la France Libre, à voir reconnue son existence par MM Churchill et Roosevelt. Ce dernier entretint longtemps de cordiaux rapports avec le régime de Vichy… Seulement, une fois entré en guerre avec le Japon, allié de l’Axe, il fallait bien défaire l’Allemagne, ce qui impliquait la reconquête des territoires qu’elle occupait en Europe. Il était d’ailleurs prévu qu’en l’attente de l’établissement de gouvernements démocratiquement élus, ceux-ci fussent administrés par  des officiers  alliés dans le cadre de l’AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories). De Gaulle s’y opposa mais son Gouvernement Provisoire de la République Française ne fut reconnu par Roosevelt qu’en octobre 1944.

Il y eut donc libération. Par une alliance où le poids des États-Unis était prépondérant. De là à ce qu’à la rencontre d’un Étasunien nous saisissions sa blanche main entre nos mains calleuses et, qu’agenouillé, nous la couvrions de pleurs en l’appelant entre deux sanglots « My benefactor ! », il y a un pas que je ne franchis pas. Nous avons été libérés parce que ne pas défaire l’Allemagne était inconcevable pour de nombreuses raisons (géopolitiques, stratégiques, économiques, idéologiques), c’est tout. Les tombes de tous ces jeunes gens dont les croix blanches dessinent de si impeccables cimetières aux abords de nos côtes normandes me font plus déplorer le peu de cas que font les dirigeants et les chefs militaires de la chair à canon qu’ils ne me poussent à une reconnaissance éternelle.

Quant à mon antiaméricanisme primaire et invétéré, il se base sur des considérations culturelles. Peut-être s’atténuera-t-il le jour où nos progressistes cesseront de fouiller les poubelles de la gauche Étasunienne afin d’y trouver des idées novatrices propres à moderniser un pays auquel elles ne sont pas plus adaptées qu’à celui qui les a mises au rencart et où leur cinéma ne se fera plus le vecteur de la propagation d'une idéologie que je rejette.

36 commentaires:

  1. Robert Marchenoir14 mai 2014 à 13:00

    Mon commentaire ne vous visait pas, et je ne vous savais pas anti-américain.

    Toutefois, personne ne vous a demandé d'embrasser la main des Américains. Ca aussi ça relève de ce qui ne fonctionne pas dans la mentalité française : incapacité à nouer des alliances mutuellement avantageuses, parce qu'alors on s'estimerait esclave de son allié. Ou alors, il faudrait que la France soit le chef, et l'allié l'esclave. Un peu comme en Afrique, ou avec la "politique arabe de la France".

    Quant aux idées de la gauche américaine, elles viennent d'Europe, et de France pour une partie non négligeable. Foucault, Deleuze, Derrida et maintenant Piketty sont des stars dans les universités américaines. Les marxisme est une idéologie développée en Europe, et l'un de ses exécutants principaux dans le monde fut le parti communiste français. Le politiquement correct vient de l'Ecole de Francfort, qui, comme son nom l'indique, est née chez nous avant de s'implanter à New York.

    L'anti-américanisme est nocif, parce qu'il se nourrit à la source du communisme : la jalousie. On hait l'Amérique parce qu'elle a réussi. Les Etats-Unis ont pu sauver l'Europe du nazisme grâce à leur formidable puissance économique. Et c'est d'ailleurs cette puissance que Hitler a cherché à égaler par sa politique d'expansion militariste du lebensraum. Hitler n'était pas seulement anti-juif : la haine du monde anglo-saxon était l'un des axes de sa pensée.

    Qui hait les Etats-Unis ? Pour qui est-ce un moteur idéologique ? Les nazis, les musulmans et les communistes. Cela ne leur a pas porté chance. On ne peut pas dire que ce soient des modèles.

    Notez que la Russie de Poutine fait aussi partie du camp des anti-américains enragés. Ca n'a pas l'air de lui réussir. Le PIB de la Russie est égal à celui de l'Italie, et inférieur à celui de la France. L'économie russe est une économie de rente pétrolière, c'est à dire une économie du tiers-monde. Personne n'émigre en Russie, mais les caciques du régime achètent des maisons à Londres, Cannes ou Genève et font éduquer leurs enfants en Angleterre.

    A l'inverse, la Chine, qui est sans conteste un concurrent pour ne pas dire un adversaire des Etats-Unis, n'est pas du tout mûe par l'idéologie anti-américaine. Les Chinois ne passent pas leur temps à se dire que leurs difficultés sont dûes à Wall Street ou à Hollywood. Or, la Chine réussit.

    La France est bien placée au palmarès de l'anti-américanisme. Ce n'est pas un bon présage.

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    1. En ce qui concerne les idées "françaises" vous pourriez ajouter le féminisme "existentialiste" avec Simone de Beauvoir.
      Mais une telle généalogie serait trompeuse, car ni Foucault, ni Derrida, ni Beauvoir, ne sont des penseurs originaux. lls tirent leur substance d'autres auteurs, et plus précisément d'auteurs allemands : Marx, Nietzsche, Heiddeger.
      Mais là aussi ce serait trompeur, car en réalité, les idées dont se plaint notre ami Jacques Etienne ne sont ni américaines, ni françaises, ni même allemandes, elles sont démocratiques. Elles sont en réalité l'application du principe d'égalité à de nouveaux domaines. Voilà pourquoi (dit très rapidement) il me parait vain de se plaindre de ce que les américains nous refileraient leurs mauvaises idées. Elles étaient destinées à se développer chez nous aussi, quoique nous fassions.

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    2. "Voilà pourquoi (dit très rapidement) il me parait vain de se plaindre de ce que les américains nous refileraient leurs mauvaises idées. Elles étaient destinées à se développer chez nous aussi, quoique nous fassions."

      En somme, un état de société secrète "naturellement" des idées. Vous voilà devenu crypto-marxiste ! Où est passée votre conception du rôle prépondérant joué par les hommes dans l'histoire ?

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    3. Rassurez-vous maitre Jacques, je ne suis pas plus devenu crypto-marxiste que ne l’étaient Tocqueville, Montesquieu, Rousseau, Locke, Hobbes, Machiavel, Thomas d’Aquin, Aristote, Platon, et bien sûr j’en oublie beaucoup. Car, en disant cela, je ne fais qu’appliquer une notion fondamentale de la philosophie politique, celle de régime politique. Je comprends toutefois que cela puisse prêter à confusion, mais pour lever pleinement cette confusion je serais contraint de vous faire un cours de philosophie politique, ce dont vous n’avez sans doute pas plus envie que moi.

      Donc juste quelques remarques, probablement insuffisantes. Je commence par une longue citation de Tocqueville, qui parle beaucoup mieux que moi de ce que j’ai en vue. Si vous ne retenez qu’un point, retenez le dernier paragraphe.

      « Aux Etats-Unis, le dogme de la souveraineté du peuple n’est point une doctrine isolée qui ne tienne ni aux habitudes, ni à l’ensemble des idées dominantes ; on peut, au contraire, l’envisager comme le dernier anneau d’une chaine d’opinions qui enveloppe le monde anglo-américain tout entier. La Providence a donné à chaque individu, quel qu’il soit, le degré de raison nécessaire pour qu’il puisse se diriger lui-même dans les choses qui l’intéressent exclusivement. Telle est la grande maxime sur laquelle, aux Etats-Unis, repose la société civile et la politique : le père de famille en fait l’application à ses enfants, le maître à ses serviteurs, la commune à ses administrés, la province aux communes, l’Etat aux provinces, l’Union aux Etats. Etendue à l’ensemble de la nation, elle devient le dogme de la souveraineté du peuple.
      Ainsi, aux Etats-Unis, le principe générateur de la république est le même qui règle la plupart des actions humaines. La république pénètre donc, si je puis m’exprimer ainsi, dans les idées, dans les opinions, et dans toutes les habitudes des Américains en même temps qu’elle s’établit dans leurs lois… »

      Tout est là. Chaque régime politique repose sur certains principes, certaines idées fondamentales, qui ne restent jamais cantonnées à la politique. Les hommes tendent à en faire application à tous les domaines de l’existence, tout simplement car ils sont des êtres pensants et qu’ils ont donc une tendance naturelle à suivre jusqu’au bout la logique de leurs idées.
      Deux choses importantes en découlent. D’une part, comme aucun régime politique n’est parfait, aucun ne repose purement et simplement sur la vérité, le fait d’essayer de le pousser au bout de sa logique revient finalement à le détruire. Ainsi la logique de l’égalité qui est propre à nos démocraties a clairement pris un tour destructeur depuis un certain temps déjà (mais j’insiste sur le fait que ce genre de problème est susceptible de se poser pour tous les régimes politiques).
      D’autre part il s’agit d’une tendance, une pente naturelle, pas d’un destin irrésistible. C’est bien pourquoi j’ai écris « destinées à se développer » et pas « destinées à triompher ». On peut combattre cette tendance naturelle à la dégénérescence. Sinon, pourquoi croyez-vous que j’écrive mes billets de blog ? C’est un effort continuel, un peu comme celui que fait un organisme vivant pour rester vivant. Evidemment, au bout d’un certain temps les individus finissent par mourir, et les régimes politiques finissent par disparaître. Mais ne pas lutter serait aussi absurde que de ne pas aller chez le médecin lorsque nous sommes malades sous prétexte que nous mourrons tous un jour.

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    4. Merci pour ces utiles précisions qui calment mes alarmes !

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  2. Pour énerver un peu le camarade Marchenoir, rappelons que les Américains n'ont pas libéré la France tout seuls, et qu'ils n'y seraient probablement pas parvenus (en tout cas pas si vite) si les divisions allemandes n'avaient été en grande partie retenues sur le front de de l'Est, tout à la fois par la prodigieuse reprise en main de l'armée rouge et par la résistance hallucinante du peuple russe dans son ensemble. La France a été libérée par Eisenhower ET par Joukov.

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    1. Les avancées russes n'étaient pas pour rien dans la hâte que mirent Américains et Britanniques à venir nous libérer...

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    2. Pour nuancer la réponse de D. Goux : sans le LLA (Lend-Lease Act) qui a permis aux soviétiques de recevoir des millions de tonnes de matériel militaire (et non militaire) américain, l'Armée rouge aurait combattu à pied et à poil.

      Pour compléter la votre : l'avancée russe vers la Chine n'est pas pour rien dans la décision US de larguer un couple de bombinettes sur l'Empire du Soleil levant

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    3. Robert Marchenoir14 mai 2014 à 16:10

      Sans blague, Didier ? L'URSS a fait la guerre à Hitler ? Alors ça c'est une découverte ! Vraiment je ne m'en doutais pas ! Personne n'était au courant ! Et l'Angleterre ? Elle plantait des poireaux, pendant ce temps-là ? Et l'Australie ? Et la Nouvelle-Zélande ?

      C'est possible d'essayer d'avoir une discussion civilisée sur des faits historiques dont personne ici n'a été le protagoniste, ou c'est vraiment indispensable de toujours chercher à "énerver" tel ou tel ? En quoi ce que j'ai écrit serait-il destiné à minimiser le rôle des Soviétiques dans la défaite nazie pour des raisons partisanes, ce qui est l'implication de ce terme ?

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    4. Tout le monde oublie les Canadiens !

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  3. Je ne me suis aucunement senti visé par votre commentaire. J'ai simplement saisi l'occasion qu'il m'offrait de préciser mon opinion sur ce point.

    Je ne voyais pas, dans le fait de baiser les mains du sauveur, un acte de soumission mais de simple reconnaissance (caricaturalement poussé à l'extrême) Lier des alliances avec les Étasuniens (pas plus qu'avec les Russes contre le leader desquels vous semblez avoir une certaine animosité) me paraît une bonne chose.

    Que les idées "américaines" aient trouvé leur origine en Europe, je veux bien l'admettre mais, comme ce fut le cas pour bien des inventions, c'est en Amérique qu'on les a mises en pratique et développées avant que nous ne les "rapatriions". Les errances féministes, le politiquement correct, les gay prides nous viennent (ou reviennent) bien de là.

    Je ne ressens aucune jalousie vis-à-vis des USA. La seule chose que j'apprécie dans ce pays est leur flexibilité, leur mobilité géographique et professionnelle. En dehors de cela leur mode de vie me parait trop éloigné du nôtre et je me félicite a posteriori de n'avoir pas saisi la proposition d'un emploi en Caroline du Nord qui me fut faite il y a une vingtaine d'année. J'ai vraiment du mal, n'étant ni nazi, ni communiste et encore moins musulman, à me situer dans ce que vous décrivez comme étant le camp anti-américain.

    Que l'essentiel de la richesse russe soit basée sur l'exploitation des matières premières que recèle à profusion son sol est exact. Une telle richesse est et a toujours été une entrave au réel développement : rappelons-nous l'appauvrissement final qu'entraîna en Espagne le fait de disposer de l'or d'Amérique...

    Cela dit, M. Poutine a été capable de relever économiquement son pays (doublement du PIB) alors que ses récents prédécesseurs qui disposaient des mêmes ressources naturelles l'avaient laissé s'effondrer. Je vois en lui un homme d'état qui refuse la déliquescence morale où s'enfonce l'Occident. A mes yeux, c'est toujours préférable à la bande de guignols qui nous gouvernent.

    Là-dessus, je retourne au jardin, car un semis de haricots m'y attend...

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    1. Robert Marchenoir14 mai 2014 à 16:30

      Pas du tout d'accord sur le fait que Poutine s'opposerait à la déliquescence morale de l'Occident. Ca, c'est ce que les Occidentaux désemparés projettent sur lui, parce qu'ils n'arrivent pas à trouver en eux-mêmes la force de leur redressement moral.

      Poutine est un menteur pathologique ("les troupes russes n'ont pas envahi la Crimée" -- "bien sûr que les troupes russes ont envahi la Crimée"), un autocrate meurtrier et sans scrupules, un voyou (il a volé personnellement, de ses mains, sous son nez, un bijou de prix à l'un de ses invités), un tortionnaire et un assassin (Yushenkov, Shchekochikhin, Politkovskaya, Litvinenko...), un pervers (il est coutumier des insultes et des menaces sexuelles envers les petits qui contestent son pouvoir), un amoureux du bling-bling et de la consommation à outrance dont les Occidentaux sont censés être esclaves (il possède une très importante collection de montres de grand luxe)...

      Vraiment, j'aimerais bien que l'on me montre une seule preuve concrète de la prétendue valeur morale de Poutine.

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    2. Croyez-vous qu'un enfant de chœur soit apte à gouverner la Russie ?

      Quels que soient ses petits défauts, Vladimir Vladimirovitch est un homme d'état. Je conçois qu'il puisse paraître curieux, vu d'Occident, d'en placer un à la tête d'un pays, mais je maintiens que cet homme a de la valeur et un dessein pour son pays.

      Chercher dans l'homme d'état un modèle moral fait partie des défauts que je trouve aux Étasuniens et que je reproche aux Français de vouloir imiter.

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    3. Jacques Etienne
      "Quels que soient ses petits défauts" Excusez moi mais le totalitarisme, l'assassinat de journalistes et d'opposants, l'annexion militarisée de pays souverains etc... ne me semble pas être "des petits défaut".

      Je comprends et je suis d'accord avec vous, à coté d'Hollande et Sarkozy, Poutine semble effectivement être un véritable homme d'état mais tout de même, c'est un totalitariste, un dictateur (au sens romain du terme) et un assassin.

      Sans recherceh un modèle moral, Poutine n'est certainement pas le genre de dirigeant que je voudrais avoir.

      La Russie est un pays du tier monde, sons économie ne repose que sur le pétrole et le gaz et elle est entrain de totalement s'écrouler.

      Alors je sais bien que chez certains de mes camarades de résistance il passe pour un exemple mais personnellement je préfère quand même la démocratie Française au totalitarisme Russe.

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    4. "Je vois en lui un homme d'état qui refuse la déliquescence morale où s'enfonce l'Occident"
      Effectivement, lui préfère s'enfoncer dans le meurtre, le mensonge, la corruption, le vol etc...

      Je préfère nos tocard à nous et notre démocratie que ce tocard soviet et sa dictature (tjrs au sens romain du terme)

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    5. "Je préfère nos tocard à nous et notre démocratie que ce tocard soviet et sa dictature (tjrs au sens romain du terme)"
      "Dieu se rit de ceux qui maudissent les effets dont ils chérissent les causes"...

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    6. "(il est coutumier des insultes et des menaces sexuelles envers les petits qui contestent son pouvoir)"

      Je savais le sud-est envahi de nains culés. J'ignorais qu'ils avaient fui la Sainte Russie.

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    7. @Jacques Étienne

      Je ne vois pas le rapport... S'il fallait choisir, oui clairement je préfère la "démocratie" Française eu totalitarisme russe.

      Cela ne signifie aucunement que je me félicite de la façon dont notre pays est géré mais je préfère tout de même la façon dont il géré à la façon dont Poutine gère le sien.

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  4. Les choses ne sont jamais simples et ceux, comme nous, qui n'ont pas vécu cette époque ne peuvent
    qu'en avoir une idée indirecte et, partant, hasardeuse. Né deux ans après, tout ce que j'en sais c'est que
    mes aînés se trouvèrent fort contents et heureux de voir arriver les Américains. En tant que parties
    prenantes, ces braves gens avaient leurs raisons, n'essayons pas trop de raisonner à leur place.
    Amitiés.

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    1. Comme vous, je n'étais pas né à l'époque. J'ai beaucoup entendu parler de la période d'occupation et de libération par ma mère, mon père se trouvant alors avec une partie de la marine française à Alexandrie (Égypte). Et le moins qu'on puise en dire et que les choses n'étaient pas simples : Pétain était très populaire auprès des anciens combattants de 14-18 et on croyait à la théorie de "l'épée et du bouclier". La libération fut un moment de joie, si on excepte les exactions des résistants de la 25e heure...

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    2. Tiens en parlant de rente pétrolière et de pays du tiers monde, j'aime assez et c'est pour çà que je l'ai collé dans mon fil de lecture le dernier Chomsky qui m'est passé devant. Ca et les nouvelles toiles d'araignées dont il amplifie l'écho d'un titre déjà sympa : au bord du précipice. Ca et les transBarbus, c'est bien le moment de se pencher sur nos anciennes libérations. Au plaisir de vous lire

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  5. Maitre Jacques, il y aurait bien des choses à dire sur votre billet avec lequel, pour une fois, je suis globalement en désaccord.
    Mais juste un point historique : il est parfaitement établi que Roosevelt s'était pris d'une haine assez irrationnelle pour De Gaulle, alors que ce dernier, au début tout au moins, était favorablement disposé envers le président américain. Les relations difficiles entre la France Libre et le gouvernement américain sont dues presque entièrement à cette aversion peu compréhensible de Roosevelt.
    Parfois même les hommes habituellement calmes et intelligents se prennent de passion ou de détestation pour tel ou tel, sans raison apparente. Lorsqu'ils sont président des Etats-Unis, les conséquences peuvent en être très lourdes.

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    1. Que voulez-vous, cher Aristide, on ne peut pas être d'accord sur tout...
      Je pense qu'au-delà des questions personnelles Roosevelt (et Churchill que je tiens en très haute estime) avait des raisons de ne pas soutenir un De Gaulle qui avait une vision de l'avenir de la France qui n'était pas nécessairement en accord avec celle qu'en avaient les USA et dont la représentativité n'était pas non plus évidente.

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    2. Churchill a eu des disputes homériques avec De Gaulle, mais ce n'est pas pareil. Il n'a jamais cessé d'estimer l'homme, ni de penser que la vraie légitimité était de son côté.
      Roosevelt en revanche a pris De Gaulle en grippe, pour aucune bonne raison. C'est la part irrationnelle de la politique. Churchill le regrettait, mais la Grande-Bretagne avait grand besoin des Etats-Unis, donc...
      Pour le reste, il est inévitable qu'à certains moments les intérêts légitimes de deux nations divergent et que, par conséquent, elles en viennent à s'opposer. L'amitié entre les peuples ne peut exister qu'au sens métaphorique. Il ne faut jamais l'oublier, pour ne pas développer une rancoeur déraisonnable le jour où ce type de situation se produit.

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    3. Ma mère détestait Churchill et Roosevelt, elle ne leurs pardonnait pas leur comportement envers De Gaulle lors de son entrevue avec Giraud.

      Quant à moi, je n'aime pas le grand Charles, mon côté iconoclaste, il fut toujours très discret sur période de captivité et sur le fait que les allemands ne lui aient pas rendu son épée d'officier ce que ces derniers faisaient toujours.

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  6. Comme le dit fort justement Robert Marchenoir, l'opposition martelée depuis quelques temps par Wladimir Poutine face à la déliquescence morale de l'Occident est une projection mentale, une idée que s'en font certains. J'irai même plus loin en disant qu'il s'agit d'une belle offensive de propagande destinée à préparer l'opinion occidentale à ce qui suivra. Il suffit de se rendre sur le site français de la Voix de la Russie pour s'en convaincre. Après la Tchétchénie, la Géorgie, la Crimée, qui sera le suivant ? Malheureusement pour les pays européens, David Cameron , Angela Merkel ou (pire encore) François Hollande n'ont guère l'étoffe de chefs de guerre, d'autant que les trois pays qu'ils dirigent se sont tiré une balle dans le pied en désarmant à outrance depuis 20 ans, en abolissant de facto le service militaire et en faisant à peu près tout pour couper ce qui leur reste d'armée et ce qui leur tient désormais lieu de nation. Nos histoires de djihadistes se retrouvent également dans les presses britannique et allemande, que je lis régulièrement.

    Pour l'instant, cela ne paraît pas trop grave car les pays jusqu'ici victimes de l'irrédentisme russo-soviétique sont loin de nous. Je ne suis pas trop sûr que beaucoup de Français sachent placer Tbilissi, ou même Sébastopol sur une carte du monde malgré le boulevard. Tout le monde s'en fout, et, comme naguère avec Dantzig ou les Sudètes, on se réjouit plus ou moins lâchement de laisser la péninsule de Crimée (et bientôt toute la partie orientale de l'Ukraine) retourner dans le giron de la Sainte Russie. Cependant, le temps viendra probablement où les revendications géopolitiques des Russes se heurteront aux intérêts de l'un ou l'autre des pays membres de l'OTAN - pays baltes, Pologne... et là on commencera à regretter de n'avoir plus qu'une Marine à 60 bateaux, une armée payée quand le système des soldes fonctionne et actuellement tout juste en mesure de repousser des pillards en guenille au Mali (et encore), ou encore une armée de l'Air à 225 avions dont plus de la moitié ont été conçus dans les années 70. Pire encore, une mobilisation générale est, même avec une population de 65 millions d'habitants, à peu près inenvisageable. Je fais encore partie des derniers officiers de réserve issus du service militaire et je sais pertinemment que tout ça ne vaut pas tripette.

    Wladimir Poutine est un chef d'Etat, certes, tout comme Staline, Gengis Khan ou Adolf Hitler méritaient également ce qualificatif. En tout cas, plus que les nains politiques qui font semblant de diriger la plupart des pays européens. Mais cette fascination pour lui me paraît malsaine, et me rappelle, pour le coup, les HLPSDNH et les rapports dithyrambiques de tel ou tel journaliste revenu des Jeux Olympiques de Berlin. Ce n'est pas un copain et il pourrait devenir, assez vite, notre ennemi. Le chauvinisme russe est dangereux et l'histoire ne s'est pas terminée avec la chute de l'empire soviétique, elle continue et la Russie a une revanche à prendre.

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    1. D'abord, je vous signalerai que la confiance que j'accorde aux analyses de notre bonne presse, ne serait-ce qu'à cause de la manière dont elle traite des sujets nationaux, est très mitigée. C'est pourquoi je prends avec une pincée de sel ce qu'elle peut dire sur un dirigeant étranger dont les prises de position ne lui conviennent pas.
      Entre favoriser le retour à la mère patrie de minorités qui en ont été arrachées lors de l'explosion de l'ensemble soviétique (laquelle s'est faite sans que personne n'évoque le sacro-saint principe de l'intangibilité des frontières) et l'invasion progressive de tous ses voisins afin de devenir le maître du monde, il existe de légères nuances. Il me semble que vous pratiquez une reductio ad Hitlerum qui mérite son point Godwin.

      D'autre part, il me semble que les Étasuniens sont ces dernières années intervenus militairement dans divers pays, non pour les annexer, certes, mais pour y établir des régimes plus compatibles à leurs conception des choses (avec pour résultat l'instauration de l'anarchie). Mais eux, bien entendu, ne sauraient constituer aucun danger, vu que "Dieu est à leur côté".

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    2. reductio ad Stalinum plutot :)

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    3. Vous êtes un peu sévère, Skandal ! N'oublions pas que dès son accession au pouvoir M. Dougachvili s'est mis en devoir de déporter des millions de ses concitoyens, d'en faire mourir autant de famine ainsi qu'à se livrer à moult autres menues épurations... Le "dictateur" Poutine, à cette aune a un côté Mère Teresa...

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    4. Même si l'évocation de cette période de l'histoire a été complètement discréditée par l'usage immodéré qu'en ont fait les gauchistes, il me semble pourtant que je compare des choses comparables en évoquant l'affaire des Sudètes ou le corridor de Dantzig. Cette histoire d'Ukraine rappelle quand même furieusement Konrad Henlein et son SdP, soutenus et encouragés par l'Allemagne nazie, et les réactions d'une partie de l'opinion occidentale à l'époque. On est, là aussi, en plein irrédentisme, en plein "retour à la mère patrie" de minorités qui en ont été arrachées lors de l'explosion des empires centraux. Effectivement, les positions de Wladimir Poutine ne me conviennent absolument pas et je n'ai pas eu besoin de notre bonne presse - que je ne lis quasiment plus - pour me faire cette opinion.

      Il est assez largement convenu de considérer que la Russie n'aurait pas de visées expansionnistes au-delà de l'ancien domaine de l'empire soviétique. C'est aussi ce que certains pacifistes affirmaient au milieu des années 30; on pouvait sacrifier la Tchécoslovaquie, si cela pouvait éviter la guerre. Ils se sont lourdement trompés. Mon avis est que cette opinion est hasardeuse (voir la mise sous protectorat soviétique de la moitié de l'Europe à partir de 1946-47, et la "guerre froide" qui se serait probablement mal terminée pour nous sans le parapluie militaire américain et la force stratégique de dissuasion), surtout dans l'état de faiblesse dans lequel nous nous trouvons. Si vis pacem, para bellum !

      Je ne mets pas en doute l'existence de ce qu'on nomme "l'impérialisme américain". Mais le fait qu'il existe aussi ne me rends pas l'impérialisme russe, chauvin et brutal, beaucoup plus sympathique.

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    5. C'est pour ça que j'ai rajouté un sourire Jacques Etienne...

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    6. @ Skandal : J'avais noté. Ma réponse se voulait plaisante tout en rappelant certaines vérités à certains qui voient des dictateurs sanguinaires partout. Même les dictateurs ne sont plus ce qu'ils étaient ! Où allons-nous ?

      @ Rupert : L'avenir nous dira si vous avez raison...

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    7. Jacques, j'espère vivement me tromper !

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  7. Les sont et seront toujours très anti-américains, un peu comme un père jaloux de la réussite de son fils, je schématise certes mais pourquoi pas.

    Poutine est un pur produit du système soviétique et ce n'est pas parce qu'une vieille femme se refait une beauté (ici la glasnost) qu'elle change de mentalité, donc un cosaque restera un cosaque.

    Nous critiquons enfin nos politiciens ignares et leurs valets journalistes mais quand les Ivan ont installé des missiles chez Castro, nos amis américains ne l'ont vu d'une œil réjouit , je pense qu'il en est de même pour russes quand l'Oncle Sam vient lui raser les moustaches en essayant de s'installer en Ukraine.

    Les russes n'ont jamais été des tendres, à une époque les musulmans libanais se livraient à la prise d'otages pour asseoir leur autorité politique et faire comprendre aux occidentaux de regarder ailleurs, aucun citoyen ne fut kidnapper sauf une fois, la réponse des soviétiques fut très simple, ils enlevèrent le fils d'un mollah local mais influent et le renvoyèrent par la valise diplomatique en pièces détachées, le message fut compris et l'otage libéré.

    Ah ,ces moujiks aucun savoir vivre, à part boire de la vodka jusqu'à plus soif et hurler des ""Hourré Staline" en faisant tourner leurs sabres, ils ne savent rein faire d'autres,, des barbares je vous dis!

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    1. Il est certain que la manière d'agir des Russes est un peu déconcertante d'un point de vue occidental moderne. Ils n'y vont pas avec le dos de la cueiller alors que nous nous contentons de parler d'éventuelle cuiller...

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TOUT COMMENTAIRE ANONYME SERA SUPPRIMÉ;