..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

mardi 15 septembre 2026

Un peu de sérieux M. Le Maire !

 

Rassurez vous, je ne vais pas parler de l’édile qui préside aux destinées de ma petite ville. Je n’ai pas voté pour sa liste (la seule en lice), la politique locale m’intéressant peu, je ne saurais me montrer critique . Je parle de l’ancien ministre qui fit récemment une déclaration fracassante concernant la scolarité, à savoir que l’école devrait accueillir les enfants à partir d’un an.

Ça part d’une bonne intention, comme les chemins de l’enfer : lutter contre les handicaps culturels des enfants déshérités, qu’ils soient cassoces ou d’origine exotique et ainsi restaurer l’ascenseur social réputé en panne.

Laissons de côté les questions subsidiaires que sont les aspects économiques du problème (personnels, locaux adaptés, etc.) et concentrons nous sur la capacité de l’école à combler le fossé culturel qui sépare les « privilégiés » des « défavorisés ».

Commençons par le problème de la langue orale et écrite: il concerne non seulement les allogènes dans le foyer desquels se parle une autre langue mais également les enfants venus de foyers français « de souche » dont le niveau langagier se borne à quelques centaines de mots. Peut-on penser qu’en prenant en charge les enfants avant même qu’ils parlent l’école serait capable de les amener en cinq ans à un niveau de langue et à une appétence pour la lecture comparables à celui d’’un enfant d’un milieu socio-culturel supérieur ? Je crains que non. Car qu’on le veuille ou non, en dehors de l’école, le milieu familial continuera d’agir de manière plus favorable pour les derniers. Entre les foyers où l’on lit, où l’on initie dès la petite enfance à des loisirs culturels et un autre où on se borne à regarder la télé et/ou à jouer à des jeux vidéo, l’écart continuera de se creuser

Que l’école ait à un moment été en mesure de pallier en partie ces différences est indéniable. Mais ses buts ont changé : l’instruction publique et devenue en 1932 l’éducation nationale. Au fil du temps et de plus en plus rapidement l’« éducation » a supplanté l’instruction tandis que l’éducation elle même plutôt que de se donner comme but de permettre à l’enfant de s’insérer tant bien que mal dans une société policée s’est fixé comme but l’épanouissement de l’enfant c’est à dire non pas de s’ouvrir à l’enrichissement par de nouvelles connaissances mais souvent de laisser libre cours à ses mauvais penchants. De plus, l’enseignement s’est orienté vers des questions idéologiques ou sociétales (citoyenneté, écologie, sexualité, etc.) au dépens des fondamentaux. Je citerai un de mes vieux professeurs de sciences naturelles de 5e ou de 6e parlant de l’astronomie : « Pourquoi a-t-on mis ça au programme ? Mais parce que ça vous dépasse de cent coudées ! » Plutôt que d’enseigner les outils essentiels qui permettent d’accéder au savoir (lire, écrire, compter) l’école élémentaire veut inculquer directement des notions abstraites à un public trop souvent à la limite de l’analphabétisme dans un brouhaha né de l’absence de discipline.

Si je prends l’exemple de ma famille, c’est à l’école qu’elle doit son « ascension socio-culturelle ». Du côté de mon père, les parents étaient illettrés, du côté de ma mère, c’était mieux : le grand-père avait le certificat d’études. Il n’empêche que tous deux avaient le breton pour langue maternelle (ou plus exactement le trégorrois , un de ses dialectes). L’école leur a transmis un français pur. Pas l’école des hussards noirs de la république, celle des curés et des bonnes sœurs où ça ne rigolait pas non plus. Ayant fait tous deux des études secondaires, il nous ont transmis un français correct (le breton étant leur langue secrète réservée aux conversations sérieuses et autres scènes de ménage). Héritage précieux s’il en est. Poursuivre ses études était pour eux essentiel moyennant quoi leurs trois enfants firent des études supérieures. A une exception près les huit cousins de la génération suivante également. En deux générations, les descendants d’analphabètes, sont devenus professeurs ou techniciens. En trois, ingénieurs ou cadres divers. Merci l’école 

Au lieu de prolonger le temps de scolarité, il faudrait plutôt améliorer le système actuel entre autres en y restaurant la discipline, en se concentrant sur les fondamentaux, en supprimant des programmes les enseignements prématurés et/ou imprégnées d’idéologie « progressiste », en renforçant les exigences des professeurs, en en bannissant le pédagogisme, en assurant un revenu décent aux enseignants ...

Seulement, pour mettre en place une telle réforme sur qui pourrait-on compter ? Sur des politiques timorés ? Sur des enseignants eux mêmes biberonnés aux pseudo-valeurs de l’ancien système ? Sur des parents laxistes répugnant à toute discipline ? Je crains que notre école ne souffre des mêmes maux que notre société et qu’elle soit ce que cette dernière mérite. Je crains que l’harmonisation partielle des niveaux scolaires se réalise davantage par l’effondrement du niveau culturel des « élites » que par l’augmentation de celui des « défavorisés ».

vendredi 11 septembre 2026

In mémoriam Nicolas Jégou

 

 Le 11 septembre 2011 je publiai ici mon premier article. La décision que je pris alors était en grande partie due à Nicolas Jégou, décédé le 15 juin dernier. Je n’étais pas tout à fait un novice du Net. Depuis quelques années j’y étais intervenu, d’abord sur des forums littéraires (Vébret, Les amis de Romain Gary, Écrits vains…) qui tous ont fermé boutique. Je ne sais plus par quel hasard, je tombai un jour sur un récit qui m’amusa : y était narré qu’au Kremlin Bicêtre, un certain Didier Goux, au cours d’une altercation avec un patron de bistrot, lui avait balancé son verre de bière au visage. Suivant quoi, ledit patron, homme à l’humour limité, avait viré ledit Didier manu militari de son établissement . S’ensuivirent quelques péripéties dont je ne garde pas le souvenir mais qui m’amusèrent et piquèrent ma curiosité. Un homme comme ce Goux ne pouvait pas être entièrement mauvais ! Des recherches m’amenèrent à découvrir son blog, à l’apprécier grandement et à y commenter. Entre autre intervenants, un certain M. Jégou, visiblement ami du patron, y tenait le rôle du « gauchiste » de service. Il apparaissait également dans la blogroll. C’était un temps où polémiquer m’amusait encore je me mis donc en devoir de croiser le fer avec Jégou et ses affidés.

Dire que j’y reçus un accueil cordial serait grandement exagéré. Le taulier s’avéra irascible, sa colère le poussait à se montrer grossier, les noms d’oiseaux pleuvaient. C’était très désagréable.

Cependant,en lisant ses écrits, j’appris des choses sur lui. Pas qu’il était Breton, son nom l’annonçait mais qu’il était des Côtes d’Armor, (comme ma famille), qu’il était ingénieur, qu’il habitait la proche banlieue de Paris, qu’il était célibataire et qu’il comblait ses soirée en picolant dans les troquets de son coin. Que de points communs avec ce mien cousin, Michel, que ses excès avaient emporté à quarante ans à peine. Je l’aimais bien Michel, nous avions fait de mémorables bringues ensemble dans notre jeune âge. Et pour cela, je ressentais une sorte de camaraderie indulgente pour ce Nicolas. D’ailleurs, bien plus tard, lors d’une conversation avec Didier Goux, ce dernier s’étonna de ce qu’avec son pote Nicolas nous ne soyons pas amis : « Vous êtes pareils » me dit-il ! Pareils, pas vraiment mais pas si étrangers l’un à l’autre…

Dans l’introduction à mon premier billet, je fis allusion à nos bisbilles : « Créer un blog est une décision grave. Je ne la prends aujourd'hui qu'après mure réflexion. Avant de me lancer dans pareille aventure, il m'a fallu subir l'amicale pression de nombreux supporters, genre : "Tu fais chier avec tes commentaires aussi idiots qu'interminables sur mon blog à moi personnel, crée donc le tien, pauvre connard !" Difficile d'y résister. Je cède donc. » Je suivais le conseil de Nicolas ! Il avait raison. Il fut mon premier commentateur, encouragea ma démarche et m’inscrivis dans sa blogroll.

Il m’est arrivé d’avoir recours à lui quand je rencontrais un problème informatique. Il se montrait compétent, serviable et patient.

J’allais de temps à autre visiter son blog, sans le commenter (à quoi bon?) mais récemment je m’étais mis à suivre régulièrement le blog annexe qu’il consacra au réaménagement de sa maison familiale de Loudéac où il comptait se retirer. Pour deux raisons : d’abord parce que ce genre de travaux m’intéresse et aussi parce que j’étais content de le voir s’intéresser à quelque chose de plus constructif que la politique et les bistrots. En même temps, j’étais un peu inquiet : vues ses mauvaises habitudes, une santé qui lui jouait des tours, son obésité, son rêve d’une retraite paisible risquait de vite se terminer. Il ne l’a même pas atteint.

Je garde de lui le souvenir d’un brave homme car, comme disait si bien ce vieux pochtron de Verlaine :

|[Que] la bonté c'est notre vie,
[Que] de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.

C’est du moins ce que je pense et que devrait penser Dieu s’il existe et qu’il est moins cruel qu’on nous raconte.

Repose en paix, Nicolas !

mercredi 9 septembre 2026

Du rôle d'un président


 Je ne sais pas si vous êtes au courant mais au printemps prochain nous allons être invités à choisir un (ou une) nouveau (nouvelle) président (e) de la république. C’est on ne peut plus important. Les superlatifs me manquent pour souligner cette importance. Je m’en passerai donc.


Avant d’entrer dans les détails qui peuvent amener les électeurs à choisir parmi la foule des candidats qui briguent leurs suffrages ne serait-il pas utile qu’ils se fassent une idée claire du rôle qu’ils entendent être celui d’un président ?


Comme son titre l’indique, le président doit présider. Ce que faisaient et font toujours très bien les présidents des troisième et quatrième républiques françaises et nombre de présidents d’autres républiques qui, à l’instar des monarques modernes, ne gouvernaient ou ne gouvernent pas.


Chez nous, ça a changé en 1958 et surtout suite au référendum d’octobre 1962 et à l’élection du président au suffrage universel direct. Il ne se contente plus d’inaugurer les chrysanthèmes, de tapoter paternellement la joue des enfants méritants ou de de décorer les poilus. Il est devenu un dirigeant politique. Normalement, il nomme, quand il a une majorité à la chambre un premier ministre de son bord ou d’un autre bord si une autre majorité l’emporte (et il en est bien triste). Depuis deux ans, faute d’une quelconque majorité, amie ou hostile, ni le président ni son premier ministre ne sont en mesure de gouverner.


Cela dit et dans le cas « normal » d’un président à majorité, qu’attend-on de lui ? L’avènement de la technocratie tend à faire de lui un homme orchestre, un omni-spécialiste compétent en tout domaine. Lors des débats d’entre deux tours, il se doit de répondre à toutes les questions quel que soit leur niveau de technicité et de le faire avec brio. Moyennant quoi, les media déclarent que Zébulon ou Machin-Truc a remporté le match que ce soit aux points ou par K.-O. Suite à cela, les électeurs, qu’ils aient ou non suivi le débat sont encouragés à voter pour son vainqueur.


Notre actuel président bien qu’ayant foiré dans tous les domaines a su et sait encore, noyer le poisson,à l’aide d’une intarissable logorrhée et chiffres à l’appui. Tu peux évoquer le piètre avancement des travaux d’aménagement des bas-côtés du chemin vicinal 144 qui relie deux villages du Haut-Quercy, l’écroulement des cours du chou-fleur sur les marchés au cadran de Basse-Bretagne, l’épidémie de grippe aviaire qui décime les élevages de pigeons voyageurs en Artois, sa réponse et ses solutions ne se font pas attendre. Quel génie !


Selon moi, ce type de président, même si l’on passe sur sa tendance à dire n’importe quoi et son contraire sur bien des sujets, n’est pas à la hauteur de sa fonction. Loin de pérorer sur une multitude de sujets un bon dirigeant devrait sélectionner quelques axes directeurs en rapport avec les préoccupation majeures du peuple dans des domaines où son action peut influencer leur évolution et exclure ceux soumis à une conjoncture internationale ou mondiale imprévisible ou simplement imprévue, sur lesquels il ne saurait influer.


La restauration de la souveraineté nationale étant un préalable à toute réforme de fond, rien ne saurait se faire sans elle. L’indispensable renforcement de l’autorité de l’État dans les domaines régaliens y est soumis, comme le sont l’évolution sociétale et l’identité nationale. Le chef de l’État se devrait donc de faire de ces axes des priorités dont le gouvernement aurait pour charge de définir les modalités de mise en œuvre.


Nombre de compétiteurs actuels me semblent bien éloignés de ces évidences.


dimanche 6 septembre 2026

De la jeunesse et de la fidélité




 La jeunesse ! La merveilleuse jeunesse ! Porteuse d’avenir, cible privilégiée du radoteur fâchiste* Mélenchon. Tous les totalitarismes s’en sont occupés, l’ont flattée, dans l’espoir de pérenniser leurs dictatures. Ils ont même utilisé son idéalisme dévoyé pour imposer leur tyrannie sanguinaire ( Gardes Rouges de Mao, Khmers Rouges de Pol Pot, Jeunesses Hitlériennes). A cet âge on découvre le monde et on s’aperçoit que tout n’y est pas parfait. La naïveté l’amène à penser qu’un monde idéal est possible avec pour corollaire que les discours les plus apparemment généreux le séduisent. Et cela d’autant plus qu’elle est exposée depuis des années à la propagande via ces enseignants, tristes hussards rouges ou bruns de l’endoctrinement, qui confondent bourrage de crânes et instruction.  

Ainsi, notre belle jeunesse, selon un récent sondage Elabe (https://elabe.fr/fichier-pdf/13224-les-francais-et-lelection-presidentielle-2027/), voterait l’an prochain, au premier tour, à entre 41 et 45 pour cents selon les scénarios pour le vieux Mélenchon (sa haine des boomers est sélective). Vu qu’elle constitue une promesse d’avenir, de beaux jours attendraient le trotskisme. Le grand soir est au coin de la rue. Sauf que…

Au fur et à mesure qu’on avance dans les tranches d’âge, cette popularité s’étiole sans toutefois totalement disparaître : ainsi, parmi les plus de soixante-cinq ans, ils ne sont plus que 7 % à voter pour le tempétueux Jean-Luc. A partir de 25 ans et dans TOUTES les autres tranches d’âge, la candidate du RN le dépasse nettement. Par charité, je ne dirai rien du vote des CSP- pour celui qui s’autoproclame candidat du peuple !

Il ne s’agit là que d’un sondage me direz vous mais tout de même, sauf à dire qu’il est totalement bidonné, les écarts sont significatifs entre les générations.

Je me souviens d’une interview de M. Sanguinetti, vieux briscard de droite extrême sur le tard converti au gaullisme. C’était peu après 1968. On lui demanda ce qu’il pensait du problème de la jeunesse. Il répondit qu’il n’y avait pas de problème de la jeunesse vu qu’on était certain qu’elle passerait. C’était frappé au coin du bon sens.

Eh oui, mon bon Jean-luc, la jeunesse est un état passager, elle laisse place, sauf accident, à d’autres étapes de la vie, l’expérience s’enrichit, on connaît des hauts, des bas, des joies, des peines, parfois même des gouffres suivis ou pas de renaissances… Et la croyance au Père Noël s’estompe. On change d’opinions, souvent.

Ce pendant, certains ne changent pas. Ils restent fidèles à leurs idées de jeunesse et en sont fiers. Je ne parle pas des dirigeants politiques qui n’ont fait que cela de leur vie comme notre ami JLM. Ça lui a réussi, il y a, modestement certes, fait fortune. Et en dehors quelle expérience de la vraie vie et de ses vicissitudes a-t-il ? Aucune ! C’est son boulot, son gagne pain, il le perdrait en tournant casque ! Ça se comprend.

Pour les autres, il en va autrement. Selon moi, cette fidélité relève davantage d’une forme de sclérose que d’une quelconque vertu. Jeune, on a été séduit par le chant des sirènes rouges, ensuite on a souvent mené une vie de fonctionnaire, on a fait corps avec son milieu. Même quand on y a parfois accumulé au fil des ans un joli pactole, on ne voit pas là une contradiction avec ses convictions « égalitaires ». En fait, les idées sont devenues comme une paire de vieilles pantoufles jadis confortables dont, bien qu’effilées de partout, on ne saurait se défaire à aucun prix. Tout changement perturbe le petit bourgeois qu’il soit gaucho ou pas! Rien dont on puisse être fier.

*Un fâchiste est quelqu’un de colérique qu’un rien irrite et qui vise à rendre universel ce travers. Autre exemple de vieux fâchiste : Stéphane Hessel qui commit en 2010 un court opuscule intitulé  Indignez-vous qui invitait la jeunesse à une insurrection pacifique (?!?!?!).

jeudi 3 septembre 2026

Une grève irresponsable ?

 



Toute personne qui prendrait ce texte au premier degré serait plus con que la moyenne (ce qui n’est pas peu dire).


La situation est grave : le néo-nazisme ravage le pays. Des troupes de nervis défilent en uniformes noirs dans nos villes. Armés de bâtons, ils rouent de coups tout passant dont la couleur de peau manque de cette blancheur qui, selon eux, assure la suprématie. Au passage, ils mettent à sac les commerces qu’ils jugent exotiques, s’attaquent aux permanences de tout parti autre que le leur. Les démocrates n’osent plus tenir de réunions ou de meetings de peur qu’ils n’entraînent, comme c’est devenu la règle, les attaques meurtrières des sbires du parti noir. Le ver est dans le fruit : nos écoles, nos lycées, nos facultés sont vérolées par les disciples d’Adolf. La presse, l’audio-visuel, sont noyautés par ces monstres assoiffés de sang qui gribouillent ou éructent les paroles de haine que leur soufflent les ploutocrates qui, à coups de milliards, ont fait main-basse sur les media d’information. Conséquence de tout cela, plus par pusillanimité que par adhésion, il semblerait, selon des sondages évidemment manipulés, qu’un peuple décérébré se résignerait à porter au pouvoir le parti de la svastika.


Tout semble perdu, même l’honneur. Pourtant, une flamme vacillante brûle encore : de la maison ronde de la radio, des voix s’élèvent, se diffusent par les ondes vers les foyers de ce que la France compte encore de démocrates ardents. Se cachant de leurs enfants que l’endoctrinement qu’ils subissent leur fait redouter, les vrais patriotes les écoutent, volume baissé. Ces héros de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, chantres des valeurs républicaines et de l’humanisme, en dépit du risque mortel qu’ainsi ils courent, continuent de clamer leur foi démocratique, d’assurer une pluralité qui, si elle exclut la bête immonde, est garantie pour toute opinion raisonnable. Nul sujet n’est écarté même ceux que l’extrême droite, par des mensonges éhontés, tente de monopoliser : la soi-disant insécurité, l’immigration, la liberté d’expression, y font l’objet de débats ou s’affrontent, pour ne prendre qu’un exemple, les partisans du maintien de la politique actuelle de l’immigration à ceux qui pensent qu’il en faudrait beaucoup plus. L’objectivité, la mesure et l’argumentation étayée président à ces échanges. Cerise sur le gâteau citoyen, l’humour, qui corrige en riant les mœurs, est une de leurs armes. Les hilarantes saillies de ces combattants du rire y font pouffer collègues et auditeurs.


Hélas, une mouche est venue polluer le lait pur de ces résistants. On ne sait pourquoi, un sicaire de l’ombre venu d’un de ses plus hideux organes a été appelé à déverser ses propos nauséabonds sur France Inter ! Certes, sa chronique n’occupait que 2 mn 30 sur les 168 heures d’antenne, une infime partie de pourcentage. De plus à une heure de faible écoute. On est vigilant ou on ne l’est pas : une compréhensible indignation s’est saisi de l’ensemble du personnel de la station qui, réuni en assemblée générale, s’est À L’UNANIMITÉ prononcé pour le renvoi de cette brebis galeuse et menace d’une grève au cas où leur juste demande se verrait ignorée. Je ne peux que les approuver. Seulement, vues les circonstances actuelles, la grève est-elle le moyen approprié pour éradiquer cette menace ?


Il est très probable que les désirs de l’AG seront respectés. Après tout qui commande ? Si par malheur la menace de grève ne parvenait pas à faire plier une hiérarchie tentée par le crypto-nazisme que se passerait-il ? Des millions d’auditeurs se verraient pour une durée indéterminée privés des précieuses mises en garde que distille cette radio. Les moins résolus d’entre eux ne risqueraient-ils pas de se voir attirés par les sirènes du plouto-nazisme ? Laisser sans nourriture idéologique la partie saine de notre peuple est-il agir de façon responsable ? La réponse est NON. Il existe peut-être d’autres manières de neutraliser cette infâme vermine Souvenez vous, farouches résistants des paroles du Chant des partisans : « Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite!
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau: dynamite
... ». Un assassinat citoyen, un attentat républicain, pourquoi pas ?

Moi, je dis ça, je ne dis rien.