..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

samedi 21 septembre 2019

Dans les prunes

Dans les prunes

Je le signalais ici le neuvième jour du joli mois d'août, les prunes qui surchargeaient mon arbre au point qu'elles en cassèrent la branche maîtresse allaient bien finir par tomber. C'est pratiquement chose faite tout autour de ce prunus le sol et le toit de mon abri de jardin sont couverts de prunes. :







Et cela ne va pas sans de menus inconvénients : marcher sur des prunes, dans un terrain en pente peut provoquer, dans le pire des cas, une chute et n'est aucunement agréable. De plus, ces énormes réserves de nourriture sucrée ne manque pas de provoquer la venue d'une faune plus ou moins sympathique. On voit de jolis papillons :


De grosses mouches aussi :


Hélas, et c'est ce qui m'ennuie, les guêpes, auxquelles je suis allergiques, sont également là : 



Le vrombissement caractéristique du frelon se fait aussi entendre.

N'étant pas amateur d'un nouvel œdème, je me vois contraint de repousser le nettoyage à un moment où, le froid venu, je serai débarrassé de ces insectes peu amènes quand on les dérange à l'heure des repas. Toutefois, afin de pouvoir accéder à mon abri de jardin et d'en sortir outils et barbecue, je me suis, un matin, avant que les agapes ne commencent, dégagé au râteau un passage afin d'éviter de marcher par accident sur guêpes ou frelons.

Cet hiver, je vais sévèrement élaguer l'arbre et je continuerai de le faire afin d'éviter que cette situation ne se reproduise ou au moins si elle revient que ce soit de manière moins importante.


mercredi 18 septembre 2019

Boomers

Il m'arrivait de lire, dans des statuts Facebook le mot « boomers ». Je n'y prêtais d'abord pas grande attention, pourtant, la violence des critiques qu'on leur adressait, la haine que certains leur portaient finit par m'intriguer. C'était quoi, au juste un boomer ? Visiblement une sale espèce d'individus dont d'aucuns souhaitaient la disparition pure et simple. Si je ne voyais pas quelles pouvaient être les caractéristiques spécifiques à ces nuisible peut-être était-ce parce qu'on n'en trouvait ni en Corrèze ni dans la Manche mais seulement dans les grandes métropoles où toutes sortes de racailles pullulent ou apparaissent ?

Et puis un jour, comme ça, la lumière se fit : ces charognes n'étaient autres que les baby-boomers, c'est à dire, en Occident, les natifs des années allant de 1946 à 64 ! Pas étonnant qu'on ait supprimé le « baby » car les plus âgés comptabilisent 73 ans au compteur et les plus jeunes 55. Il faut avouer que pour un bébé ça commence à faire beaucoup. Je pris donc conscience que non seulement des boomers, j'en connaissais des tas, à commencer par mes frères, mais j'en étais un moi même.

On ne dira jamais assez combien il est doux de cultiver un sentiment de haine. On peut haïr quelqu'un pour sa race, ses mœurs, son comportement, sa façon de 'exprimer, ses goûts vestimentaires ou musicaux, son physique avantageux ou ingrat, etc. La haine a tant de motifs possibles que le haineux a l'embarras du choix et peut pratiquer le cumul sans problèmes. Ce sentiment m'est, hélas, étranger. Je ne hais rien ni personne et c'est bien triste car cela me prive des plaisirs ineffables que semble procurer cette douce manie.

Toutefois, haïr quelqu'un sur la base de sa date de naissance me parut tout de même curieux. Bien évidemment, mes « amis » contempteurs de boomers sont relativement jeunes. Ce sont souvent des enfants de boomers, je suppose. A part être stupides, incultes, vulgaires, parfois à l'aise financièrement et pour tout dire cons comme autant de valises sans poignées, que leur reproche-t-on au juste ? Entre autres de se l'être coulée douce, de bénéficier de grasses retraites financées par ceux qui n'en toucheront aucune et d'avoir, avec leurs conceptions soixante-huitardes mis la société dans le triste état où elle se trouve, semble-t-il.

Mouais. Sans vouloir trop contrarier ces braves jeunes gens, j'aimerais leur rappeler un fait : en 1973 a commencé ce qu'il est de bon ton d'appeler « la crise ». Les boomers avaient alors entre 27 et 9 ans. Les plus anciens d'entre eux, dont je fais partie (j'entrerai dans quelques jours dans ma soixante-dixième année), se sont retrouvés dans une société en changement, bien différente de celle à laquelle ils avaient été préparés. Leur jeunesse, c'était la croissance sans limite et le plein emploi. Les choses se corsèrent et la vie se fit moins douce. Beaucoup se trouvèrent mis hors du jeu social : nombre d'entreprises, des secteurs entiers de l'économie disparurent laissant certains de leurs employés sur le carreau. Quant à leur responsabilité dans l'établissement de la société de merde que déplorent mes « amis », je crains qu'elle ne soit pas si grande qu'ils veulent le croire. Il est possible que plus qu'eux, ce soit la logique d'un système économique et les conséquences d'une démographie en chute libre qui en soient la cause.

Quoi qu'il en soit, je ne me reconnais pas vraiment dans le portrait-robot que ses ennemis brossent du boomer. Réac depuis plus de quarante ans, mon progressisme est très modéré, j'ai connu bien des vicissitudes, quelques hauts, bien des bas. Si aujourd'hui je bénéficie d'une certaine aisance ce n'est pas de mon fait mais de celui de mes parents qui, eux, de la fin de la guerre à leur fin de carrière ont connu un parcours sans accidents. Ayant connu la pénurie leur génération était rarement cool et les jeunes étaient impatients de quitter un nid pas toujours très douillet. Pouvait-on leur en vouloir pour autant ? Ça ne me paraît pas raisonnable. Chaque génération est le produit de son environnement socio-économique. Que les plus jeunes tentent de créer, avec les moyens qui sont les leurs, une société qui leur convienne ! C'est ce qu'ont tenté leurs aînés.

dimanche 15 septembre 2019

Nouvelles bichromies normandes

Mon séjour de trois semaines en Normandie touche à sa fin. Demain, je prendrai la route pour la Corrèze. Il est donc grand temps de faire le bilan de mon séjour artistique. La vie du peintre bichrome, comme toutes les autres, connaît ses heurs et ses malheurs. Cette session aura connu les deux. Je dois admettre que mon projet « fenêtres blanches » fut un échec. Sa mise en œuvre, malgré moult heures de décapage et de ponçage s'avéra décevante au point que j'envisage d'y totalement renoncer. La créativité, cependant, se rit des déconvenues. Un projet avorte? Qu'importe ? Un autre surgit des tréfonds de l'âme de l'artiste, plus grand, plus audacieux, plus beau.

« Façades », mon dernier opus, réunit deux éléments : « Linteaux et appuis de fenêtres » et « Portes fenêtres et persiennes ». La tâche s'avéra rude, les risques parfois mortels. Échelle et escabeau furent utilisés. Je n'en dirai pas plus, préférant vous laisser juges :

"Linteaux et appuis de fenêtres" vus de la rue. Notez  que la bichromie n'est présente que grâce à la touche rouge de la trappe.

Portes-fenêtres et persiennes (vue d'ensemble)

Portes-fenêtres et persiennes (Détail)  
 Après de tels efforts, le repos s'impose. Toutefois, je peindrai. Des meubles cette fois.

jeudi 12 septembre 2019

Halte au scandale !

La France entière est en émoi ! Nous avons un immense problème ! Madame la ministre des spores et, je suppose, des champignons s'étant rendue à un match de baballe entendit des gros mots fuser des tribunes. C'est déjà grave. Mais ce n'est pas tout : ces noms d'oiseaux étaient de nature homophobe.Or, comme chacun sait, comme le racisme, l'homophobie est un crime gravissime. Le sang de Madame Maracineanu (et mes nerfs sont à vif) ne fit qu'un tour. Songeant à protéger les chastes oreilles de ses enfants, qui n'ont probablement jamais mis les pieds dans une cour de récréation, elle jugea urgent que soient décrétées des sanctions contre les malfaisants qui font de la peine à leurs frères homos. Il fallait que ça cesse et vite !

Le président des footeux osa se déclarer opposé à la suspension des matches en cas d'injures homophobes. La suspension, c'est pour les clameurs racistes, un point c'est tout, déclara-t-il en substance. Du coup tout ce que le pays compte de media, de politiques, de people et de supporters fit entendre qui son indignation, qui ses réserves et qui son « en même temps ».

Bien qu'avec un peu de retard, je pense que je me dois de donner mon opinion. Eh bien je suis pour la suspension et même, vu que les supporters ont l'homophobie chevillée au corps, pour la suspension PRÉVENTIVE. Car, ne nous y trompons pas, ces voyous n'ont qu'un désir : déverser des flots d' « enculés » et de « pédés » afin de faire souffrir les homos et de traumatiser à vie nos chères têtes blondes, rousses, brunes ou crépues. Rien ne les y fera renoncer. Un gouvernement responsable, afin de mettre fin à ce scandale devrait même INTERDIRE la baballe, purement et simplement.

Qui cela gênerait-il, honnêtement ? A part quelques rares bas-du-front, dans un pays où la chaîne de télévision qui ne retransmet jamais de matchs, Arte, est de loin la préférée, je ne vois pas qui. Le foot n'est qu'un prétexte qu'utilisent les homophobes pour donner libre cours à leur haine. Il faut que cela cesse. Tout de suite. La morale et la santé de nos enfants l'exige.

Allons, messieurs nos dirigeants, suivez le conseil de Lao-Tseu : « Ce n'est pas avec des mesures de tafioles qu'on vaincra l'homophobie ! ». Interdisez le foot !

NB: le foot m'emmerde prodigieusement mais si ça peut amuser certains...

dimanche 1 septembre 2019

Voisineries

Décidément, je suis la providence des pauvres vieilles en détresse, naguère celle d'en face avait appelé mon secours pour rétablir la lumière en son logis, hier, comme je préparais mes rebords de fenêtres en vue de les repeindre, j'entendis une voix. Une vieille dame habitant à deux maisons de chez moi m'appelait mais, vu que le vent soufflait dans le mauvais sens, je ne compris rien à ses paroles. J'allai donc à sa rencontre et la malheureuse m'expliqua qu'en sortant le beurre de son réfrigérateur, ce dernier était tout mou et que la porte du frigo refusait obstinément de se refermer.

Que faire devant tant de détresse, sinon entrer en action ? A première vue, rien ne clochait : aucun contenu du frigo n'en empêchait la fermeture et la porte était bien sur ses gonds. C'est alors que je vis que la porte du freeser faisait saillie et qu'il était impossible de la fermer. J'en aperçus bien vite la cause : suite à une mauvaise fermeture, de la glace s'était formée à son entrée. Je demandai à la bonne dame si elle avait l'outil en plastique qui sert à dégivrer. Elle le produisit sans attendre et je parvins bien vite à résoudre le problème. En plus d'augmenter mes chances d'entrer sans attente au paradis, cette bonne action me valut d'être récompensé d'une bonne rasade de jus de whisky tandis que la dame se servait un petit verre de muscat. Nous trinquâmes et discutâmes le bout de gras. Un des avantages du vieillissement, c'est qu'on a un sujet tout trouvé : on peut disserter à perte de vue sur ses ennuis de santé et autres hospitalisations. Nous ne manquâmes pas de le faire. Après avoir dit le mal nécessaire du couple de tristes loquedus dont nous partageons le voisinage je rentrai chez moi. Quelle aventure !

Mais les choses ne s'arrêtèrent pas là en ce samedi de grand trouble. Dans la soirée, tandis que je ponçais ma fenêtre j'entendis d'abord des rires hystériques puis des cris qui ne l'étaient pas moins. Il faut dire que depuis peu est arrivé dans une maison voisine une famille antillaise dont les cris de joie comme de peine viennent contraster avec le côté feutré voir taiseux des autochtones. Sont-ils arrivés ici pour des raisons de travail ? Ont-il étés assignés à résider dans notre bourg par le Ministère de la Diversification des Campagnes afin de lutter contre la leucodermie quasi-universelle qui y règne ? Mystère. Toujours est-il que vendredi après midi, alors que je ponçais ma fenêtre (corvée aussi longue que pénible) je vis arriver deux voitures transportant des Antillais qui en descendirent, accueillis par mes nouveaux voisins. Je ne saurais retranscrire les cris de joie, la liesse générale qui s'empara des arrivant comme des résidents. Les pisseuses modernes ne les égalent pas, loin s'en faut, aux résultats du bac. C'est vous dire... Une chose me frappa cependant : une des voitures était surmontée d'un coffre de toit qu'on s'empressa d'ouvrir et je pus constater que celui-ci était entièrement empli de bananes qu'à l'aide de force seaux l'on s'empressa de décharger. J'en fus étonné.

Il semblerait que ces bananes aient été apportées en vue d'un mariage car le lendemain se firent entendre des klaxons. C'est je suppose au retour du banquet que les gaîtés reprirent avant de laisser place aux cris. Je suppose que certains jeunes ayant un peu forcé sur le Ti-punch avaient senti une sainte colère monter en eux et les « J'nique ta mère » entraînant les « J'men bats les couilles » en étaient venus aux mains. Les femmes tentèrent à cris suraigus de rétablir l'ordre,des hommes plus sages tentèrent de séparer les combattants qui remettaient ça incessamment. La confrontation dura très longtemps mais finit par s'apaiser...

Tout ça pour vous dire que les amateurs de conflits exotiques se sont vus offrir un divertissement gratuit et haut en couleur digne des plus belles banlieues de nos grandes cités. Et tout ça sans bourse délier ! J'en suis à me demander si ce happening était spontané ou bien si M. le maire, désireux d'animer notre quartier de façon originale aurait organisé ce spectacle de rue afin d'animer ce quartier par trop paisible. Je ne manquerai pas de le lui demander lors de notre prochaine rencontre.

lundi 26 août 2019

Voisinage


Un jour Ciceron dit à Catilina : « le voisin est un loup pour l'homme». Plus sociable que ce vieux birbe de Cicéron et jamais à cours de répartie, le brave Catilina, un peu agacé, lui répondit dans son langage fleuri « Et ta sœur, elle pisse bleu ? ». Or Cicéron, comme M. Zinedine Zidane, supportait mal que l'on plaisantât au sujet des siens. Vexé comme un rat mais n'étant pas très porté sur le coup de boule, le consul préféra répandre sa haine en quatre véhéments discours prononcés devant le sénat romain contre son offenseur que l'on réunit sous le titre des Catilinaires lesquels constituent une lecture de plage fort distrayante. Je ne saurais cependant vous les conseiller maintenant, vu que nous approchons de la rentrée et que l'heure n'est plus à la rigolade. Le premier discours, prononcé en latin (Cicéron aimait à étaler sa culture) commença comme suit «Quo usque tandem abutere, Catilina, patientia nostra? »  que l'on pourrait traduire par « Tu comptes nous faire chier longtemps avec ta femme et vos promenades en tandem  ? » Tout ça pour dire que les débats vigoureux ne datent pas des réseaux sociaux... Mais je digresse. Revenons à nos voisins.

Je me sens plus proche de Catilina que de Cicéron. En effet si le voisin n'existait pas personne n'habiterait près de chez nous et ce serait d'une tristesse infinie. D'autre part, le voisin (et son équivalent féminin la voisine) constitue une source infinie de distraction. Sa proximité nous permet de connaître ses moindres faits et gestes, ses bonheurs comme ses malheurs. Quoi de plus réjouissant que ces derniers ? Vous me direz que certains voisins sont désagréables et cela de multiples manières. Et alors ? N'est-il pas réconfortant de trouver un objet à sa haine ? Quoi de plus désespérant qu'une haine sans objet et que l'on finit souvent par tourner contre soi-même ?

J'ai la chance d'avoir des voisins. Vivant en deux endroits je les multiplie. Du côté normand, hormis la vieille peau qui me réjouit de ses disputes conjugales, c'est plutôt calme. La vieille voisine à qui j'avais offert du bois a calanché. Le cœur a lâché. On n'y peut rien.

En revanche, la Corrèze est plus riche en voisinage. Vivant à flanc de colline, au-dessus de moi, réside de juin à septembre, le Parisien. Il occupe temporairement la maison héritée de sa grand-mère. Quand son dragon d'épouse, d'une vulgarité à faire rougir de honte les poissonnières de la halle, ne vient pas bassiner le quartier de ses interminables et véhémentes conversations téléphoniques, il est plutôt communicatif. Dans le genre gnan-gnan. Il me conte les potins du village. Ses informations sont parfois inexactes. Il m'a annoncé, un an et demi auparavant, la faillite de la supérette qui s'acharne depuis à rester ouverte. Selon lui, le boulanger aurait déposé le bilan alors qu'une affiche annonce qu'il serait en congés. La même source m'apprend que le pompier pyromane d'en face (brûlant des branchages, il avait mis le feu aux grands arbres de sa propriété provoquant, à sa courte honte, l'urgente intervention de ses collègues) après un premier divorce suivi d'un rabibochage matrimonial, connaîtrait la souffrance d'un nouveau divorce (en attendant un remariage?).

Près du fond de mon jardin, résidait une vieille dame. L'éleveur de Limousines qui passe par Goulmy m'a dit qu'après trois tentatives de suicide, on l'avait placée en EHPAD. Il semble qu'en nos jours de grande sollicitude la mort en mouroir soit préférable à la mort voulue.

Plus joyeusement ; j'ai pu constater que le Niçois (qui en fait est du pays mais passe ses hivers dans un appartement acquis à Villeneuve-Loubet) n'a pas connu, comme je le redoutais dans un précédent article, les affres du veuvage. Les deux octogénaires se traînent ensemble de leur pas laborieux et s'engueulent comme aux plus beaux jours.

La (relativement) jeune voisine d'en bas, depuis qu'elle s'est trouvé un coquin, a cessé d'animer le quartier des longues conférences vespérales qu'elle tenait avec d'autres voisins. Aurait-elle trouvé mieux à faire ?

Un autre voisin, probablement d'origine normande (il ne dit jamais bonjour), anime le quartier par les aboiements de ses deux chiens et leurs hurlements à la mort.

La Blonde, une presque jeune, et dont un psychiatre suit l'évolution de la dépression, semble, depuis sa brouille avec le Parisien, avoir trouvé en moi une nouvelle victime.

Un nouvel arrivant a acheté, plus haut sur le chemin, une maison, ou une grange, enfin un quelconque bâtiment, qu'il a entrepris de rénover. Vu ses premières modifications, je doute fortement du résultat final. J'ai comme l'impression que la cabane va tomber sur le chien...

Pourtant, demain matin, il me faudra quitter tous ces braves gens pour rejoindre l'austère Normandie. N'est-ce pas là un crève- cœur ?

jeudi 22 août 2019

Ma vie d'artiste

Jeune homme, je me berçais d'illusions. Pour des raisons que j'ignore, je m'étais inventé une vocation littéraire. Ce qui était d'autant plus curieux qu'à part une correspondance relativement abondante, je n'avais jamais rien écrit. Ma copine M. voyait en moi un poète maudit c'est probablement pourquoi elle finit par me préférer un fonctionnaire qu'elle cocufia avec entrain. En dehors d'une tendance certaine à l'ivrognerie, je ne vois pas pourquoi elle m'avait attribué cette qualité alors que je n'ai jamais envisagé d'écrire le moindre poème et que je n'étais pas plus maudit qu'un autre. Il faut dire que M. finit par embrasser la carrière de psychanalyste et que dans ce métier on a souvent le goût du drame et beaucoup d'imagination.

Il est vrai qu'en ces lieux je commets quelques petits textes que certains ont l'indulgence d'apprécier et qu'il m'est arrivé de publier quelques nouvelles foutraques sur un site littéraire. Mais cela ne fait pas de moi un écrivain.

Ma véritable vocation, c'est la peinture. Je suis un peintre bichrome. Je laisse le monochrome à d'autres. Mon œuvre picturale a ceci de particulier que plutôt que des supports banals comme la toile ou les murs,j'en choisis de plus originaux. Mes couleurs favorites sont aujourd'hui le rouge basque et le blanc. J'ai beaucoup pratiqué le blanc et le gris dans une autre période. Mais plus que de longs discours, laissons place à quelques unes de mes œuvres récentes que je baptise du nom de leur support ce qui supplée à mon manque d'imagination : 

Boîte aux lettres



Portillon de jardin


Poteaux pour fil à linge

Fenêtre et ses volets ( tirée d'une séries de six œuvres similaires quoique de tailles différentes)

Porte de garage (La plus monumentale de mes œuvres corréziennes)

Malheureusement, il se trouve que j'ai fini de peindre tous les supports disponibles de cette humble demeure. C'est donc en Normandie que je poursuivrai mon œuvre probablement par une nouvelle série de fenêtres.