..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

jeudi 15 octobre 2026

Pauvres antifas !

 

Ça ne doit pas être facile d’être antifa ! Ces pauvres jeunes gens ont un problème majeur : l’inexistence de leur ennemi. Vous vous mobilisez, vous vous armez pour le combat et en face, vous n’avez personne ! Alors, au lieu de vous résigner à la triste réalité, vous vous trouvez contraint à vous en prendre à des poubelles, des abribus, des devantures de magasins sans défense. Piètres substituts aux bandes de nervis armés et chemisés de brun ou de noir avec lesquelles ils rêvent de se mesurer.

Leur problème est d’être nés trop tard dans un monde trop vieux. Leurs permanentes références aux années vingt à mi-quarante du siècle dernier témoignent de leur inculture historique. Aussi curieux que cela puisse paraître, en un siècle (l’arrivée au pouvoir du fascisme que ce soit en Italie ou en Allemagne se produisit respectivement en 1922 et 1933) dans des sociétés très différentes de la nôtre d’aujourd’hui. Il ne faudrait pas oublier que dans les années 20, deux faits récents sont frais dans les mémoires : la grande boucherie de la première guerre mondiale et la révolution bolchevique de 1917.

La guerre fut suivie par les années folles. Années pas folichonnes pour tout le monde. Défaits ou vainqueurs connurent les crises économiques, l’instabilité politique, la déception des attentes des anciens combattants. La révolution russe suscite chez certains l’espoir d’un monde nouveau. Ouvriers et paysans constituent l’énorme majorité des populations. Tout cela entraîne un climat de violence inouï. Milices fascistes et communistes s’affrontent dans les rues. La peur du communisme pousse les capitalistes à soutenir les fascistes dont ils pensent à terme se débarrasser une fois l’ordre rétabli.

Nos jeunes antifas d’aujourd’hui n’ont aucune expérience de la guerre, ils vivent dans une relative opulence (les crises étant atténuées par l’état providence), le communisme les fait rêver d’une société qui n’existe nulle part, le seul « ennemi » qui vient s’opposer à leur désir d’occuper la rue en y cassant tout est la police qui a pour mission d’assurer l’ordre public. La police représente l’État qui devient, faute de fascistes l’objet de leurs attaques : comme son maître tue, crève les yeux, arrache les mains. Elle est au service du racisme systémique de l’État. Que le fameux racisme systémique ait existé dans l’Allemagne nazie, en Afrique du sud, aux États-Unis, sous le régime de Vichy et dans d’autres lieux est certain mais dans la France de ce début de vingt-et-unième siècle c’est, comme le fascisme, un fantasme qui nourrit leur désir d’action violente.

La pire chose qui pourrait leur arriver, c’est que, lassés de leurs pitreries destructives, se lèvent en masse de véritables adversaires qui, pour y mettre fin, utiliseraient leurs méthodes.

Je ne le leur souhaite pas.

mercredi 7 octobre 2026

La honte… ...et la pitié

 Je me suis tu. Parce qu’il est des moments où les mots manquent. Un curieux mélange de honte et de pitié m’a submergé.

La honte d’abord. J’ai honte d’une partie de « notre » jeunesse. J’ai honte de voir un vieux joueur de flûte trotskyste obtenir le soutien de cette dernière. J’ai honte de ce parlement où vocifèrent les partisans du vieillard aigri sus-évoqué. J’ai honte de ce gouvernement qui ne peut rien gouverner. J’ai surtout honte de notre président qui passe son temps à traîner son insignifiance à l’étranger tandis que le pays où il ne peut plus jouer aucun rôle connaît un naufrage multiforme.

Comment peut-il continuer de faire semblant de tenir un poste que tout homme d’honneur aurait à sa place quitté après l’échec de sa pathétique tentative de se refaire une santé par la dissolution, faisant ainsi, si nécessaire, la preuve de son incapacité politique ? Comment peut-il prendre systématiquement des positions opposées à celles du pays ? Ne voit-il pas que son européisme échevelé n’est partagé que par une clique de politicards ? Nul en politique, nul en économie, culturellement nul, il se pavane sans vergogne. Pauvre homme ! 

Ensuite la pitié. Pitié pour cette jeunesse décervelée qui n’entretient que des rapports distants avec toute forme de réalité. Pitié d’eux pour l’avenir très sombre qui les attend s’ils s’en tiennent à leurs illusions d’aujourd’hui. Pitié surtout pour cette France que j’aime et que je vois sombrer par la pusillanimité de ses citoyens

Il nous faudrait un état fort, un peuple fier : nous n’avons que veulerie.



lundi 21 septembre 2026

Des chaussettes et des avions

 

                                                           Deng, un homme clairvoyant !

 On attribue au regretté Charles de Gaulle, alors qu’en 1964 il venait de reconnaître la République Populaire de Chine et envisageait les rapports commerciaux avec ce nouveau partenaire cette phrase : « On leur achètera des chaussettes et on leur vendra des avions ». Tu parles, Charles ! Le bon général parlait en homme du XIXe siècle ou, au mieux, en homme de son temps, persuadé qu’il était de la suprématie technologique d’un Occident encore dominant. Sans vouloir offenser ses mânes, on peut dire aujourd’hui qu’il se mettait le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate.

Certes, grâce au président Mao Zedong, et à ses géniales idées qui en leur temps obtinrent un vif support de ceux qui aujourd’hui boivent les paroles de M. M*, le grand bond en avant et la révolution culturelle permirent à la Chine de connaître ces famines et ces troubles qui la maintinrent dans un sous-développement salutaire. Cependant, tandis que Mao déconnait à plein tube, un nommé Deng Xiaping qui, ayant échappé aux épurations du Grand Timonier, devait diriger la Chine des années Quatre-vingts, prononça une phrase frappée au coin du bon sens au début des années soixante : « Peu importe qu'un chat soit noir ou blanc, pourvu qu'il attrape la souris ». Par delà son contenu manifeste, cette métaphore s’appliquait à l’économie, disant que plus que l’idéologie c’est le pragmatisme qui doit y régner. Parvenu au pouvoir, il mit en œuvre cette maxime qui nous amena à la situation présente où la Chine est devenue en matière de PPA (Parité de Pouvoir d ‘Achat ) , seule mesure réaliste, la première puissance économique mondiale.

Certains achats (montre, plaque de cuisson, téléphone, etc.), l’apparition dans les rues et les publicités de nouvelles marques de fabricants automobile, m’ont amené à me renseigner sur des entreprises chinoises naguère inconnues (voire inexistantes) qui maintenant occupent la première ou la deuxième place sur le podium mondial de leur spécialité. Leur schéma de développement est généralement le même : une PME dans un trou perdu de l’Empire du Milieu lance un produit qui se vend bien localement, des fonds d’investissement s’y intéressent et lui offrent des moyens massifs de se développer sur le marché national puis sur les marchés voisins (Inde, Viet-Nam, Japon, Corée, Taïwan, etc.) où elles prennent une place proéminente, enfin, elles s’installent sur les marchés Européens et Étasuniens où elles arrivent en force vendent leurs produits et rachètent ou installent des moyens de production locaux.

Résultat des courses : en France, notre déficit commercial vis-à-vis de la Chine s’élève à 50 milliards d’Euros (soit la majeure partie de notre déficit commercial global). Et pour l’UE, géant économique garant de notre félicité à venir, qu’en est-il ? Eh bien, ce n’est pas fameux du tout ! Sur des échanges de 559 milliards d’Euros le déficit européen s’élève à 360 milliards ! Quand aux USA, malgré des niveaux de taxes considérablement relevés et la diversification de leurs approvisionnements, leur déficit demeure important.

Certes, la France continue de vendre à la Chine des avions ( Airbus produit également en Chine avec les transferts de technologie que ça implique), des produits de luxe, et des vins et spiritueux mais l’aéronautique chinoise se développe à grands pas. Sauf à devenir tous riches et alcooliques les chinois n’achèterons pas suffisamment de nos autres produits. Reste le tourisme mais à force de se voir dépouillés de leurs biens par nos sympathiques racailles, ne se lasseront-ils pas de nous visiter ?

Quand ils inonderons le monde de leurs avions, aurons-nous des chaussettes à leur vendre ?

*Personnage douteux dont les éructations échevelées rencontrent aujourd’hui l’approbation de certains jeunes analphabètes de l’Université française (produits hélas inexportales). 


mardi 15 septembre 2026

Un peu de sérieux M. Le Maire !

 

Rassurez vous, je ne vais pas parler de l’édile qui préside aux destinées de ma petite ville. Je n’ai pas voté pour sa liste (la seule en lice), la politique locale m’intéressant peu, je ne saurais me montrer critique . Je parle de l’ancien ministre qui fit récemment une déclaration fracassante concernant la scolarité, à savoir que l’école devrait accueillir les enfants à partir d’un an.

Ça part d’une bonne intention, comme les chemins de l’enfer : lutter contre les handicaps culturels des enfants déshérités, qu’ils soient cassoces ou d’origine exotique et ainsi restaurer l’ascenseur social réputé en panne.

Laissons de côté les questions subsidiaires que sont les aspects économiques du problème (personnels, locaux adaptés, etc.) et concentrons nous sur la capacité de l’école à combler le fossé culturel qui sépare les « privilégiés » des « défavorisés ».

Commençons par le problème de la langue orale et écrite: il concerne non seulement les allogènes dans le foyer desquels se parle une autre langue mais également les enfants venus de foyers français « de souche » dont le niveau langagier se borne à quelques centaines de mots. Peut-on penser qu’en prenant en charge les enfants avant même qu’ils parlent l’école serait capable de les amener en cinq ans à un niveau de langue et à une appétence pour la lecture comparables à celui d’’un enfant d’un milieu socio-culturel supérieur ? Je crains que non. Car qu’on le veuille ou non, en dehors de l’école, le milieu familial continuera d’agir de manière plus favorable pour les derniers. Entre les foyers où l’on lit, où l’on initie dès la petite enfance à des loisirs culturels et un autre où on se borne à regarder la télé et/ou à jouer à des jeux vidéo, l’écart continuera de se creuser

Que l’école ait à un moment été en mesure de pallier en partie ces différences est indéniable. Mais ses buts ont changé : l’instruction publique et devenue en 1932 l’éducation nationale. Au fil du temps et de plus en plus rapidement l’« éducation » a supplanté l’instruction tandis que l’éducation elle même plutôt que de se donner comme but de permettre à l’enfant de s’insérer tant bien que mal dans une société policée s’est fixé comme but l’épanouissement de l’enfant c’est à dire non pas de s’ouvrir à l’enrichissement par de nouvelles connaissances mais souvent de laisser libre cours à ses mauvais penchants. De plus, l’enseignement s’est orienté vers des questions idéologiques ou sociétales (citoyenneté, écologie, sexualité, etc.) au dépens des fondamentaux. Je citerai un de mes vieux professeurs de sciences naturelles de 5e ou de 6e parlant de l’astronomie : « Pourquoi a-t-on mis ça au programme ? Mais parce que ça vous dépasse de cent coudées ! » Plutôt que d’enseigner les outils essentiels qui permettent d’accéder au savoir (lire, écrire, compter) l’école élémentaire veut inculquer directement des notions abstraites à un public trop souvent à la limite de l’analphabétisme dans un brouhaha né de l’absence de discipline.

Si je prends l’exemple de ma famille, c’est à l’école qu’elle doit son « ascension socio-culturelle ». Du côté de mon père, les parents étaient illettrés, du côté de ma mère, c’était mieux : le grand-père avait le certificat d’études. Il n’empêche que tous deux avaient le breton pour langue maternelle (ou plus exactement le trégorrois , un de ses dialectes). L’école leur a transmis un français pur. Pas l’école des hussards noirs de la république, celle des curés et des bonnes sœurs où ça ne rigolait pas non plus. Ayant fait tous deux des études secondaires, il nous ont transmis un français correct (le breton étant leur langue secrète réservée aux conversations sérieuses et autres scènes de ménage). Héritage précieux s’il en est. Poursuivre ses études était pour eux essentiel moyennant quoi leurs trois enfants firent des études supérieures. A une exception près les huit cousins de la génération suivante également. En deux générations, les descendants d’analphabètes, sont devenus professeurs ou techniciens. En trois, ingénieurs ou cadres divers. Merci l’école 

Au lieu de prolonger le temps de scolarité, il faudrait plutôt améliorer le système actuel entre autres en y restaurant la discipline, en se concentrant sur les fondamentaux, en supprimant des programmes les enseignements prématurés et/ou imprégnées d’idéologie « progressiste », en renforçant les exigences des professeurs, en en bannissant le pédagogisme, en assurant un revenu décent aux enseignants ...

Seulement, pour mettre en place une telle réforme sur qui pourrait-on compter ? Sur des politiques timorés ? Sur des enseignants eux mêmes biberonnés aux pseudo-valeurs de l’ancien système ? Sur des parents laxistes répugnant à toute discipline ? Je crains que notre école ne souffre des mêmes maux que notre société et qu’elle soit ce que cette dernière mérite. Je crains que l’harmonisation partielle des niveaux scolaires se réalise davantage par l’effondrement du niveau culturel des « élites » que par l’augmentation de celui des « défavorisés ».

vendredi 11 septembre 2026

In mémoriam Nicolas Jégou

 

 Le 11 septembre 2011 je publiai ici mon premier article. La décision que je pris alors était en grande partie due à Nicolas Jégou, décédé le 15 juin dernier. Je n’étais pas tout à fait un novice du Net. Depuis quelques années j’y étais intervenu, d’abord sur des forums littéraires (Vébret, Les amis de Romain Gary, Écrits vains…) qui tous ont fermé boutique. Je ne sais plus par quel hasard, je tombai un jour sur un récit qui m’amusa : y était narré qu’au Kremlin Bicêtre, un certain Didier Goux, au cours d’une altercation avec un patron de bistrot, lui avait balancé son verre de bière au visage. Suivant quoi, ledit patron, homme à l’humour limité, avait viré ledit Didier manu militari de son établissement . S’ensuivirent quelques péripéties dont je ne garde pas le souvenir mais qui m’amusèrent et piquèrent ma curiosité. Un homme comme ce Goux ne pouvait pas être entièrement mauvais ! Des recherches m’amenèrent à découvrir son blog, à l’apprécier grandement et à y commenter. Entre autre intervenants, un certain M. Jégou, visiblement ami du patron, y tenait le rôle du « gauchiste » de service. Il apparaissait également dans la blogroll. C’était un temps où polémiquer m’amusait encore je me mis donc en devoir de croiser le fer avec Jégou et ses affidés.

Dire que j’y reçus un accueil cordial serait grandement exagéré. Le taulier s’avéra irascible, sa colère le poussait à se montrer grossier, les noms d’oiseaux pleuvaient. C’était très désagréable.

Cependant,en lisant ses écrits, j’appris des choses sur lui. Pas qu’il était Breton, son nom l’annonçait mais qu’il était des Côtes d’Armor, (comme ma famille), qu’il était ingénieur, qu’il habitait la proche banlieue de Paris, qu’il était célibataire et qu’il comblait ses soirée en picolant dans les troquets de son coin. Que de points communs avec ce mien cousin, Michel, que ses excès avaient emporté à quarante ans à peine. Je l’aimais bien Michel, nous avions fait de mémorables bringues ensemble dans notre jeune âge. Et pour cela, je ressentais une sorte de camaraderie indulgente pour ce Nicolas. D’ailleurs, bien plus tard, lors d’une conversation avec Didier Goux, ce dernier s’étonna de ce qu’avec son pote Nicolas nous ne soyons pas amis : « Vous êtes pareils » me dit-il ! Pareils, pas vraiment mais pas si étrangers l’un à l’autre…

Dans l’introduction à mon premier billet, je fis allusion à nos bisbilles : « Créer un blog est une décision grave. Je ne la prends aujourd'hui qu'après mure réflexion. Avant de me lancer dans pareille aventure, il m'a fallu subir l'amicale pression de nombreux supporters, genre : "Tu fais chier avec tes commentaires aussi idiots qu'interminables sur mon blog à moi personnel, crée donc le tien, pauvre connard !" Difficile d'y résister. Je cède donc. » Je suivais le conseil de Nicolas ! Il avait raison. Il fut mon premier commentateur, encouragea ma démarche et m’inscrivis dans sa blogroll.

Il m’est arrivé d’avoir recours à lui quand je rencontrais un problème informatique. Il se montrait compétent, serviable et patient.

J’allais de temps à autre visiter son blog, sans le commenter (à quoi bon?) mais récemment je m’étais mis à suivre régulièrement le blog annexe qu’il consacra au réaménagement de sa maison familiale de Loudéac où il comptait se retirer. Pour deux raisons : d’abord parce que ce genre de travaux m’intéresse et aussi parce que j’étais content de le voir s’intéresser à quelque chose de plus constructif que la politique et les bistrots. En même temps, j’étais un peu inquiet : vues ses mauvaises habitudes, une santé qui lui jouait des tours, son obésité, son rêve d’une retraite paisible risquait de vite se terminer. Il ne l’a même pas atteint.

Je garde de lui le souvenir d’un brave homme car, comme disait si bien ce vieux pochtron de Verlaine :

|[Que] la bonté c'est notre vie,
[Que] de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.

C’est du moins ce que je pense et que devrait penser Dieu s’il existe et qu’il est moins cruel qu’on nous raconte.

Repose en paix, Nicolas !