..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

mardi 19 novembre 2019

La pub nous prend pour des cons…


...et elle a généralement raison! C’est pourquoi elle utilise si souvent des personnages d’une débilité profonde afin que le public puisse s’identifier à eux. Cependant, parmi les ravis de la crèche qu’on utilise pour nous faire acheter des conneries, il en est qui poussent le bouchon un peu loin. J’en veux pour preuve un spot pour un site supposé vous proposer des assurances à un tarif optimal. Je ne me souviens pas de son nom car ce genre de service ne m’intéresse pas et ce pour une raison très simple : depuis vingt-cinq ans, je prends toutes mes assurances auprès du même assureur et j’en suis TRÈS satisfait. Lorsqu’il y a une dizaine d’années ma maison fut ravagée par un incendie, l’expert commissionné pour évaluer les dégâts me demanda de lui montrer mon contrat, celui-ci déclara après lecture que j’étais extrêmement bien couvert. Je fus grassement et promptement indemnisé, on me procura un logement durant les travaux et le personnel que je contactai par téléphone se montra sympathique et compétent (mon assureur n’a ni bureaux ni coûteux agents généraux ce qui lui permet de pratiquer des tarifs très raisonnables) . Que demander de plus ?

Mais revenons à nos couillons. Or donc, le spot nous en montre un en train de laver sa voiture en compagnie d’une femme que l’on peut supposer être son épouse (à moins qu’ils ne vivent dans le péché). Il voit arriver son voisin et murmure à sa femme : « Tu vas voir la tête qu’il va faire quand je vais lui dire combien on paye notre assurance ! » Il est vrai qu’il y a de quoi être décontenancé. J’imagine être le voisin et voir cet abruti venir me déranger pour une telle communication ! Je ne le comprendrais pas plus que s’il insistait pour me montrer ses hémorroïdes ! Mais sa moitié d’orange ne paraît pas trouver sa démarche étrange ce qui est un peu inquiétant quant au psychisme de cette dernière. A son retour, son épouse, confirmant les soupçons qu’on pouvait entretenir sur ses facultés  mentales, lui adresse un « Alors ? » lourd d’impatience, comme si son bonheur ou sa vie dépendait de la consternation du voisin. Et là, patatras : Le mari dépité lui annonce « Deux fois moins cher, il paye deux fois moins cher que nous ! » sa douleur est telle qu’il jette son éponge dans le seau et s’en retrouve éclaboussé. L’hyper-violence de cette action, si elle peut choquer les âmes sensitives, illustre avec vigueur à quelles souffrance morales on s’expose en ignorant les mérites du site qui vous fait faire de telles économies. Un petit bijou !

Ce qui est à la fois sidérant et rassurant est la profonde stupidité de ce couple d’ahuris. Le mari se croit malin. Il ne doute pas un instant que l’on puisse payer son assurance moins cher qu’il ne le fait. De deux choses l’une : soit il a comparé les tarifs de l’AA (L’Arnaqueuse d’Assurances) à ceux des COR (Courtiers-Escrocs Réunis) et s’est décidé pour le moins voleur soit il n’y connaît strictement rien et est persuadé d’être le roi de la négo alors qu’on le vole comme dans un bois. Toutefois, il a bien de la chance : il a rencontré la perle rare ! Une épouse que sa propre imbécillité empêchera de déplorer celle de son conjoint ce qui est pour eux le gage d’une longue et harmonieuse union.

dimanche 17 novembre 2019

Où l’on voit de quel bois je me chauffe (ou me chaufferai)






Il ne s’agit point ici d’exprimer une quelconque colère. Pourquoi m’échaufferais-je ? Certes, la situation est désespérée mais est-elle grave ? Quand je parle de bois, c’est du bois dont on fait les feux lesquels n’ont rien de superflu vu la pause que fait depuis quelque temps ce foutu réchauffement global.

Dans ma supposée grande sagesse, m’était venue l’idée de passer l’hiver en Corrèze, où, vu que je peux m’y chauffer au bois, j’effectuerais de substantielles économies. Le programme de mon présent séjour était bien défini. Dans un premier temps, élaguer ce prunus qui m’avait joué l’été dernier le tour de produire des monceaux de prunes dont je n’avais que faire. Ce fut vite fait. Malheureusement, si le débitage des branches en bûches et en petit bois fut rondement mené entre deux averses, la réduction des branchages restants en copeaux fut remise à plus tard parce que nécessitant beaucoup de temps dont la fréquence des averses ne me laissait pas disposer.

Se chauffer au bois, est certes bel, bon et économique mais il faut l’entreposer. Le sous-sol me l’eût permis depuis que je n’y gare plus mon break si ce n’était son humidité qui favorise l’apparition de mérule. J’avais donc pris la sage décision de faire l’emplette d’un abris à bois. Seulement quand il arriva, je me mis à douter de ma capacité à le monter seul. Je réclamai l’aide du beau-fils de mon couvreur pour ce faire, mais le bougre était parti s’installer à Limoges. Un sien cousin eût pu le remplacer, mais il s’était fait une blessure à la jambe et le médecin venait de lui prescrire une semaine supplémentaire d’arrêt maladie. Quinze jours plus tard, n’en ayant aucune nouvelle, je décidai de tenter seul le montage et y parvins. Seulement, le mettre en place sur les supports prévus m’était impossible. Je m’ouvris de mon désarroi à un paysan ami qui me proposa le coup de main salvateur. L’abri en place, j’achetai un fagot d’un stère auprès du fabricant de merrains local et, au cours des rares éclaircies séparant les sempiternelles averses, me mis en devoir de couper le bois en morceaux de 50 cm. Cela fait, je pus mettre mon bois sous l’abri. Malheureusement, y ranger le bois du prunus fut impossible. Il attendra donc sous la pluie que l’endroit se dégage.

Je ne m’étais auparavant jamais chauffé au bois. A part une flambée de-ci de-là, cheminées ou inserts n’avaient joué dans ma vie qu’un rôle décoratif. Depuis trois semaine que je suis passé à ce type de chauffage, j’ai pu en découvrir les nombreux inconvénients : il faut rallumer chaque matin le feu, l’entretenir, nettoyer le foyer, commander et couper le bois et surtout, quand le temps nuit au tirage, le tisonner tandis que du foyer s’échappe une âcre fumée. De plus, cendres et bois salissent vite la maison. Il fallait essayer mais je crains de ne pas donner suite à mon projet d’hiver corrézien. Tant pis pour les éconocroques ! Je me demande d’ailleurs si posséder deux lieux de vie est une si bonne idée. Ma décision n’est pas prise mais je me pose la question : mon rêve vieux de 30 ans d’habiter la Corrèze s’est réalisé n’est ce pas là l’important ? Le poursuivre est-il vraiment utile ?


Préparation de l'emplacement de l'abri
L'abri est en place
La toiture en bardeaux bitumeux est installée et le bois rangé



Bûches, petit bois et branchages attendront des jours meilleurs sous la pluie


dimanche 10 novembre 2019

Fait divers


J'ai appris la nouvelle par son frère via Facebook. Mon cousin François est mort, renversé tout près de chez lui, à un passage à niveau, par un train. De tels accidents arrivent de temps à autres. Ils sont toujours bêtes sinon ils ne se produiraient pas. Je n'avais pas vu François depuis huit ans,lors des obsèques de mon père. Il avait 72 ans alors et toujours cette même gentillesse, cette même gaîté communicative qui le caractérisaient. 

Les barrières étaient baissées et les alertes lumineuses et sonores auraient fonctionné. Ne les aurait ils ni vues ni entendues ? Aurait-il, vue la proximité de son domicile et l'habitude qu'il avait de traverser la voie ferrée, pris celle de traverser malgré les signaux, se contentant de vérifier que le train était encore loin ? Ne l'aurait-il pas vu arriver ?


On peut se perdre en conjectures. Elles ne changeront rien aux faits : il fut impossible de le réanimer.J'ai une pensée attristée pour sa si gentille épouse, ses enfants, son frère et sa sœur toutes personnes que j'ai toujours appréciées même si les aléas de la vie ont fait que je ne les voyais plus.

Je n'ai pas jugé utile ni souhaitable de questionner son frère plus avant sur les circonstances de son décès. Pour en savoir un peu plus, j'ai fait, hier soir, une recherche sur Google et y ai trouvé quelques brefs articles évoquant les circonstances de ce décès. L'un d'eux était suivi de deux commentaires que je lus. Je vous laisse découvrir le premier 





Amusant, non ? Surtout quand on pense qu'il est probable que les proches ont pu le lire. Ce qui m'a le plus choqué, c'est que les commentaires sont modérés. Dans notre beau pays on peut ainsi se réjouir de la mort d'un homme sous prétexte qu'après une vie de labeur il aurait l'audace de bénéficier d'une retraite sans que le modérateur d'un journal ouvert à tous* (20 minutes pour ne pas le nommer) y trouve à redire.


Mon sang n'a fait qu'un tour et j'ai immédiatement soumis à la modération ce qui suit :


Ce matin, mon commentaire n'avait pas paru. Je l'ai soumis à nouveau. A-t-il été jugé déplacé ? Il est vrai que j'y adresse, par le biais d'une prétérition, un terme injurieux à ce commentateur. C'est grave ! Très Grave ! A la finesse je réponds par l'offense ! Dans quel monde vivons-nous ?

* L'article a fait l'objet de 850 partages !

mercredi 6 novembre 2019

Sosie, un bien dur métier



Lorsqu'on a demandé à votre enfant, actuellement en moyenne section de maternelle*, vers quelle profession il ou elle comptait s'orienter, il a répondu vouloir devenir sosie. Cette réponse montre un esprit original à un âge où tout le monde voudrait être pompier, infirmière ou professeur(e) des écoles. Seulement, embrasser cette carrière n'est pas chose simple.

La première question, fondamentale, est de déterminer de qui on souhaite l'être. Et cette question en recouvre bien d'autres. Il va de soi que le modèle doit être populaire, très populaire même. Sinon les contrats se feraient rares. Il faut que cette popularité soit non seulement durable mais moralement inattaquable. Si tel ou telle jouit aujourd'hui d'une aujourd'hui d'une gloire méritée, il se peut qu'un faux-pas, qu'une peccadille, vienne entacher son renom et le fasse disparaître des listes. Quant à la durabilité, celle-ci n'est jamais assurée. D'autre part, si votre enfant est blond et jouit d'un teint de rose, ses chances de ressembler à Kylian M'Bapé sont, quelle que soit la bonne volonté qu'il y mette, hasardeuses.

N'importe comment, il serait prudent de choisir un modèle de son âge et pour ce faire d'attendre d'être adulte. Combien de gamines ayant des faux airs de Brigitte Fossey ont fini par ressembler à Alice Sapritch ? Même si de nombreux sosies de Johnny Hallyday ou d'Elvis Presley n'ont en commun que leur manque de ressemblance avec leur idole, il est préférable que la ressemblance soit troublante. Si seules des personnes atteintes de graves troubles de la vue ou de démence sénile avancée vous confondent avec votre modèle, ce n'est pas très encourageant. Pour être convaincant, il ne suffit pas d'adopter la coiffure de tel ou tel. Ainsi, moi qui vous parle, même avec des cheveux coupés très court, peu de gens me prendront pour Omar Sy.

Être un sosie parfait peut, dans certains cas, présenter de graves inconvénients : Si vous êtes celui de Xavier Dupont de Ligonnès ou d'un violeur en série activement recherché , cela vous apportera plus de problèmes que d'invitations à animer un mariage ou une Bar Mitzvha.

En résumé, embrasser la carrière de sosie n'est pas forcément une bonne idée. N'importe comment, votre enfant a tout le temps, comme ses petits camarades, de changer d'avis sur son orientation. Si on se tenait à ses aspirations puériles, le monde serait principalement peuplé de pompiers, d'infirmières et de professeur(e)s des écoles...

* Vous aurez certainement remarqué qu'on demande de plus en plus tôt aux jeunes vers quelle branche d'activité ils aimeraient s'orienter. Personnellement, je suis parvenu à la fin de mes études secondaires sans que qui que ce soit ne s'enquière du métier qui suscitait ma convoitise. Ce qui ne me posa aucun problème, vu que je n'avais aucune idée sur la question.

samedi 2 novembre 2019

Panda : une mise en garde


Vous me connaissez, je ne suis pas un de ces passéistes pour qui chats, chiens, serins et poissons rouges sont l'alpha et l'oméga des animaux de compagnie. J'ai suffisamment en ces lieux défendu l'adoption de divers NACs pour que m'adresser ce reproche relève du ridicule.

Pourtant, et cela malgré mon infinie tolérance, ma conscience me dicte de dénoncer un animal qui ne saurait en aucun cas devenir votre ami. Je veux parler du panda géant, animal qui, quand on le connaît, ne peut être considéré que comme la lie de la création. Cet ursidé concentre en lui tous les vices que les plus démoniaques créatures ne sauraient posséder.


Ce que je viens d'écrire va en choquer plus d'un et même plus d'une, je le sais. Ce répugnant plantigrade bénéficie trop souvent d'une popularité immérité. Les gens se ruent à Beauval pour y admirer ce monstre. Ils le voient comme un gros et paisible nounours. Si son extrême rareté ne rendait la chose impossible, ils se verraient bien en adopter un. S'ils savaient !

La vérité est toute autre ! D'abord la rareté. Le panda n'a rien de rare et son extinction n'est hélas pas à l'ordre du jour. Un mien correspondant de l'Empire du milieu m'a fait parvenir cette photo qui montre une troupe de pandas s'approchant de sa demeure afin d'y ravager son potager.


Il les a, bien sûr, zigouillés à la Kalachnikov, mais vu que ces incursions sont quasi quotidiennes, ça n'a pas résolu le problème de leur pullulement. Tout au plus, leurs dépouilles permettent-elles à ses chiens de se nourrir d'une viande qui, d'après lui, donne à la chair des canidés un arôme de fruits secs et de fraise des bois très apprécié des gourmets

Selon un mensonge répandu autant qu'éhonté, la destruction par l'homme des forêts de bambous serait à l'origine de la soi-disant raréfaction de cette saleté à pattes. En fait, il s'agit d'une inversion de la causalité : c'est la gloutonnerie des pandas qui détruit les forêts !

Et s'ils n'étaient que gloutons ! La photo qui suit le prouve : cet ursidé fume des trucs mal roulés qui ne sont pas faits que de tabac.


Pour couronner le tout, le panda s'adonne à la boisson. Cette photo montre l'un d'entre eux rentrant, comme ils le font tous, dans un état semi-comateux, d'une journée passée au bistro où il a dépensé des aides sociales qu'un gouvernement trop généreux lui verse suite à de fausses déclarations de handicap :


Vous me rétorquerez qu'il n' y rien de mal à boire. J'en conviens. Seulement, si certains ont le vin triste, d'autres le vin gai ou amoureux, le panda a le vin mauvais. Quand il est dans son état normal, c'est à dire soul comme une bourrique, il cherche querelle à tous, ce qui explique qu'il ait en permanence les yeux au beurre noir.

Résumons nous : glouton, drogué, alcoolique, menteur, parasite social et bagarreur, le panda ne saurait avoir sa place chez vous, surtout, madame, si vous avez un mari : il risquerait de faire double emploi !

jeudi 31 octobre 2019

Bûcheronnage automnal




Comme je m'étais promis de le faire suite à la prolifération de prunes de cet été, je me suis attaqué à la taille de mon prunus. Fut un temps où on l'avait taillé en tête de chat mais ce temps étant bien lointain ses branches avaient pris de l'ampleur : plusieurs mètres de haut jusqu'à 15 centimètre de diamètre. Et ça posait quelques problèmes, vu qu'elles surplombaient mon abri de jardin et que si par malheur en les coupant les plus grosses lui étaient tombé dessus, je crains qu'il ne se soit trouvé écrabouillé. Il fallait donc user prudemment de la tronçonneuse. N'en étant pas à mon premier abattage d'arbre, j'ai mis au point une technique qui jusqu'ici m'a réussi à savoir qu'après avoir fiché un piquet en terre, je relie celui-i à la branche par une corde et la tends de manière à ce que la branche penche du côté où elle peut tomber sans causer de dommages Tout se passa comme prévu, sauf que la dernière des branches, la plus grosse, du fait de sa hauteur et de son diamètre se refusa obstinément à plier.Ne disposant pas d'une échelle qui m'eût permis d'atteindre une hauteur où elle se serait montrée plus arrangeante, je décidai de risquer le tout pour le tout en l'encordant et en la tronçonnant un peu plus haut que je n'aurais souhaité de manière à pouvoir ensuite la recouper plus bas. J'arrêtai ma coupe juste avant que la branche ne lâche et descendis tirer sur la corde. Elle céda sans problème, tomba où je voulais et je pus régulariser la coupe ensuite.


Désormais, en renouvelant l'opération tous les deux ou trois ans,je pourrai limiter le développement du prunus et éviter ainsi de voir mon terrain et mon abri de jardin se couvrir de prunes. Maintenant, je me trouve avec des dizaines de mètre cubes de branchages de toutes tailles que je vais devoir débiter en bûches, en allume-feux ou encore réduire en copeaux pour faire du paillage au jardin. De nombreuses heures de travail s'annoncent ainsi, ce qui n'est pas pour me déplaire.  


vendredi 25 octobre 2019

Nature



Ils aiment la nature. Il veulent la préserver. Elle est sacrée. Tellement sacrée qu'ils rechignent à s'en approcher. Il gardent par rapport à elle un respectueux recul. En fait, ils ne la connaissent pas. D'où leur amour immodéré pour elle ou du moins pour l'idée qu'ils s'en font. Ils la voient bienveillante, généreuse et harmonieuse ! Ils vivent dans des villes, sans racines, et pour rien au monde ne s'en éloigneraient. Ils confondent campagne et nature. Erreur profonde des bobos-écolos !

Nos campagnes sont l’œuvre des hommes qui après des siècles d'efforts sont parvenus à dompter la nature. Car, figurez-vous, la nature est hostile, cruelle, sans merci. Elle est le théâtre d'éternelles luttes. Et pas qu'entre le loup ou l'ours et les brebis (ces dernières n'ayant pas grand chose à voir avec la nature, étant le produit d'une domestication du mouflon que suivit une sélection qui, au fil des siècles, mena aux diverses races ovines d'aujourd'hui). L'insecte y tue l'insecte, le vertébré y tue le vertébré, le végétal y tue le végétal, parasites et microbes les tuent tous. La nature, loin d'être harmonieuse, est le théâtre de continuels massacres. Il n'y existe pas d'équilibre. Suite à des causes diverses, des proliférations d'espèces y mènent à l'éradication d'autres.

Et l'homme dans tout ça, me direz-vous, parodiant M. Chancel ? Eh bien, figurez-vous que l'homme, il fait comme les autres espèces, il se bat pour survivre et, comme il est plus malin que les autres espèces, il est parvenu à les dominer et à mettre dans bien des cas leur survie en péril. Sa prolifération, hâtée par les progrès de la médecine occidentale, mettrait la planète en péril ? C'est faux, la planète continuera de tourner, quelque soit le niveau des mers et le nombre d'espèces qui vivent sur son sol ou dans ses eaux. Ce qui est en péril, c'est simplement l'état actuel de son peuplement en nombre et en espèces. État qui a toujours varié. Nihil novi sub sole !

N'importe comment, nous n'avions le choix qu'entre la misère physique doublée de disettes et l'exploitation après transformation de la nature. Il se peut que notre course au progrès matériel nous mène à l'extinction. On verra bien. Si nous avions choisi ou simplement pu rester au stade des chasseurs-cueilleurs, comme les Amérindiens d'Amazonie, nous vivrions, en accord avec la nature certes, mais une vie somme toute peu agréable et très brève.

De plus, je me demande combien de temps les bobo-écolos qui nous rebattent les oreilles avec la « nature » seraient capables de vivre en chasseurs-cueilleurs avec leur âme si douce, leur santé  si délicate et leur respect de toute vie. En fait, les alternatives qu'ils proposent sont bien timides et ne sauraient remédier aux catastrophes dont l'imminence les fait trembler dans le confort douillet de leur vie citadine. Si les problèmes sont si graves, s'il leur existe des solutions, celles-ci se trouveront davantage dans les avancées technologiques que dans le retour à la nature.

samedi 19 octobre 2019

Anglicheries


Dans mes deux lieux de résidence, l'anglais pullule. Au point qu'en Normandie le Crédit Agricole emploie un sujet de Sa Majesté britannique pour répondre aux besoin de ses compatriotes qui représentent 10 % de la clientèle de cette banque. En limousin, le bulletin municipal comprend une page rédigée en Anglais. On trouve à Vire un grand choix de presse à eux destiné et dans les super-marchés des produits comme le cheddar et autre bacon. Dans mon village, comme dans les alentours, ils tiennent des commerces, offrent des services notamment dans le bâtiment. Sur Facebook il ont une page nommée «SOURDEVAL 50150 English Speaking SELL SWAP & POSTS » à laquelle je suis abonné où sont proposés des articles souvent intéressants à des tarifs très raisonnables. J'y ai récemment fait l'emplette d'une table basse et pas plus tard qu'hier d'un magnifique sac de voyage en cuir pour « un prix qui nous ferait rire si nous n'étions entre gens sérieux » (Merci Achille Talon).

Si on ajoute à ça que plus de 11% de mes ressources proviennent d'Outre-Manche, c'est vous dire si la question du Brexit m'intéresse sans pour autant m'inquiéter outre mesure. Il semblerait cependant qu'une appréhension soit ressentie par certains. Mon couvreur Anglo-Corrézien m'a, par exemple, déclaré être prêt à demander la nationalité française au cas où ça deviendrait nécessaire (Quelle horreur !). Autre signe d'inquiétude : par e-mail ou par courrier, j'ai reçu d'Angleterre la rassurante nouvelle que je continuerai de percevoir mes pensions Je n'en avais jamais douté mais il faut croire que cette crainte avait effleuré certains. Le seul hic est que, sauf accord contraire, elles cesseront d'être indexées sur l'inflation britannique dans trois ans. J'avoue ne pas bien saisir pourquoi mais c'est comme ça.

Donc le Brexit approche. Vu le nombre de Français en Angleterre et d'Anglais en France (plusieurs centaines de milliers de chaque côté), je ne vois pas comment on pourrait imposer à tous ces gens-là une grave modification de leurs conditions de séjour. Sans compter que si beaucoup d'Anglais prennent leur retraite en France, en Angleterre ce sont surtout pour y travailler que de jeunes Français s'installent. A moins de désirer voir nos chiffres du chômage, s'envoler, il serait bon de trouver des solutions acceptables. De même, vu l'importance des échanges de marchandises et de services entre les deux pays (lesquels offrent à la France un excédent, ce qui est plutôt rare) il serait stupide de les entraver. L'Allemagne n'y aurait pas plus intérêt. 

Je crains donc qu'encore une fois les catastrophistes et autres oiseaux de mauvaise augure ne se soient trompés. Punir Le Royaume-Uni pour sa défection afin que son effondrement serve d'exemple à ceux qui envisageraient de l'imiter reviendrait à se tirer une balle dans le pied ! Brexit ou pas, tout le monde a intérêt à ce que l'économie Britannique se porte bien. C'est donc avec confiance que j'attends la suite des événements.




mardi 15 octobre 2019

Les bonnes lectures de Tonton Jacquot




Ce qui fait le prodigieux intérêt de ce modeste blog est la diversité des sujets qu'on y aborde et du ton sur lequel on les traite. En effet, si le sérieux est de mise pour les véritables sujets d'inquiétude que connaît notre France du XXIe siècle (piéride du chou, scandale des crevettes, réintroduction du loup dans Paris intra muros, etc.), c'est sur un ton plus enjoué qu'on y évoque les futilités politiques et insurrectionnelles qui provoquent comme un clapotis dans le verre d'eau politico-médiatique. Je vais aujourd'hui confirmer cette diversité de ton et de thèmes en vous entretenant de l'ouvrage que je lis en ce moment après avoir, dans mon précédent billet, évoqué une grave question.

Il s'agit de CROIS OU MEURS Histoire incorrecte de la révolution française de M. Claude Quetel que les éditions Tallandier/Perrin ont offert à la concupiscence des lecteurs en mars de cette année et qui semble connaître un certain succès, vu qu'il se classe premier de sa catégorie chez M. Amazon. 

En quoi l'incorrection revendiquée par l'auteur consiste-t-elle ? Eh bien parce qu'elle s'attaque au mythe des deux révolutions. L'une, gentille et sympathique en diable qui en 1789 offre au bon peuple, jusqu'ici opprimé sous le joug conjugué de la noblesse et du clergé, tous les droits dont il pouvait rêver et qui a fait de notre beau pays une sorte de paradis et de modèle pour l'humanité toute entière. L'autre, celle des années 1793-1794 où une Terreur auto-proclamée envoya par milliers des suspects voir si on se sentait plus léger une fois séparé de sa tête, celle où les colonnes infernales pacifièrent la Vendée en employant des méthodes qui feraient passer la division Das Reich qui, en juin 1944, sévit en mon cher Limousin pour une troupe d'humanistes sourcilleux.

Pour M. Quétel, il n'en est rien. On trouve en germe dès 1789 la violence, l'intolérance, l'incompétence et l'idéalisme sanguinaire qui mèneront logiquement à la Terreur. Le coupage de têtes et autres joyeusetés citoyennes, par un glissement continu de la modération à l'extrémisme, passeront du stade artisanal à l'échelon industriel après élimination des diverses vagues de radicalisation par celle qui leur succède pour arriver à la dictature de Robespierre et autres Saint-Just dont la chute n'est due qu'à un complot de personnages dont les mains sont aussi ensanglantés que les leurs mais qui se débarrassent de ces monstres avant qu'ils ne les dévorent .

Cette vision n'a rien d'original me direz-vous. Toute révolution plus ou moins réussie est dès son départ violente. Exploitant la colère populaire, des idéologues se proclamant animés d'intention généreuses, poussent un mélange de racailles et d'exaltés sincères à renverser le régime et à bouleverser l'ordre établi. Loin de résoudre les problèmes du bon peuple que les idéologues veulent transformer en une humanité meilleure, les nouveaux dirigeants ne parviennent qu'à accroître misère et disette, provoquent des guerres civiles et les plus forts ou les plus habiles d'entre eux ne parviennent, après élimination physique de leurs rivaux, à se maintenir au pouvoir que par l'instauration d'une dictature sanguinaire bien entendue établie au nom de la liberté, de la justice et de la lutte contre la tyrannie.

Ce qui, plus que toute autre chose, fait l'intérêt de ce livre est le talent avec lequel l'auteur traite son sujet, campe ses personnage suggère leur incapacité, leur folie ou leur rouerie. Ce livre d'histoire de plus de 400 pages se lit comme un excellent roman : on est pressé d'en connaître la suite tout en regrettant qu'inévitablement toute suite mène à une fin. Ce qui est d'autant plus méritoire que toute personne un tant soit peu intéressé par l'histoire en connaît déjà les épisodes et le dénouement. Maintenant, si vous pensez que la violence révolutionnaire est une inévitable source de progrès et qu'en coupant quelques têtes on peut résoudre certains, voire tous les problèmes, NE LISEZ PAS CE LIVRE !

jeudi 10 octobre 2019

Crevettes : dénonçons le scandale !


Ce n'est pas de gaieté de cœur que je prends la plume aujourd'hui.J'ai longtemps réfléchi avant de le faire. Mais trop, c'est trop. Garder pour moi un tel secret, m'oppresse. Au point que m'en délivrer me paraît préférable au risque mortel que je vais prendre en le révélant. Après tout j'ai déjà vécu l'essentiel de ma vie. Si mes révélations pouvaient me valoir un peu d'indulgence de Mon Créateur quand je comparaîtrai devant Son Divin Tribunal cela compenserait largement la perte de quelques années de vie terrestre. Je vais donc parler.

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je suis un grand amateur de crevettes. Grosses ou petites, grises ou roses, j'en raffole. Et c'est comme ça que j'ai découvert le pot aux roses. Je veux parler du scandale des crevettes.

Quand vous en achetez en vrac, vous constatez que certains corps sont dépourvus de tête et qu'on y trouve aussi des têtes sans corps. Normal, vous dites vous, si vous ne procédez pas au décompte des deux catégories. Seulement, si vous le faites vous vous apercevrez qu'il y a TOUJOURS plus de têtes sans corps que de corps sans tête. Vous vous dites que vous manquez de chance et que toute votre vie n'est qu'une longue suite de déconvenues. Vous avez tort. Au moins dans le cas présent.

Je m'explique : vous avez sûrement remarqué que, dans nos grandes surfaces, se vendent à prix d'or de jolies couronnes de crevettes décortiquées destinées à faire de vos apéros des moments prestigieux. Évidemment, ces crevettes n'ont pas de tête. Que croyez-vous que les industriels de la crevette fassent de leur tête ? Des déchets qu'ils jettent ? Mettant en pratique le principe de Lavoisier, selon lequel « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Ces « déchets », on les vend à vil prix aux grossistes en crevettes qui les vendent au prix fort, augmentant ainsi leur marge de quelques pour cents tout en recyclant des crevettes accidentellement sans têtes et normalement invendables. Chacun, à tous les niveaux de la chaîne commerciale y gagne et vous êtes le dindon de la farce (ce qui vaut toujours mieux que d'être la farce du dindon,mais quand même...).

Mais de crevettes grises, me direz-vous, point de couronnes. C'est là qu'interviennent le minuscule crabe et le tout petit poisson. Ces animalcules, sans aucune valeur marchande, les grossistes en ajoutent quelques uns aux crevettes, ainsi ils augmentent leur marge. Et personne n'ose protester de crainte de passer pour mesquin ! En irait-il de même si vous trouviez des charançons dans vos haricots secs ?

Que fait le gouvernement face à ce scandale ? En est-il seulement informé?Je suis conscient des risques que je prends en le dénonçant, les séides du lobby crevettiste vont tenter de me faire taire à jamais avant que l'affaire ne prenne trop d'ampleur. Qu'importe ? J'aurai fait mon devoir.


samedi 5 octobre 2019

Les Philosophes



Je relis plus que je ne lis. Aussi m'est-il agréable de découvrir une nouveauté distrayante. Michel Desgranges m'offrit ce plaisir avec ses Philosophes, deuxième*volet des ses Mœurs contemporaines .

Si vous vous attendez à un austère essai sur l'état actuel de la pensée française, vous serez déçu. Si votre âme est troublée par les questions que pose l'Être, bref, si à la fréquentation assidue des oncologistes vous préférez (comment ne vous comprendrait-on pas ?) celle des ontologistes, vous allez vers une frustration. Car si M. Desgranges nous présente quelques spécialistes de l'ontologie, ce n'est pas afin de faire le point sur les recherches sur l'Être, mais pour se gausser de l'insignifiance pompeuse à laquelle parvient une philosophie universitaire consistant, à l'instar de la scolastique du Moyen-Age finissant, à commenter les commentaires des commentaires.

L'art de M. Desgranges est de pratiquer la caricature. Bien sûr les grands universitaires qui nous inspirent un tel respect que rares sont ceux qui vont jusqu'à ouvrir leurs œuvres, ne sont pas exactement tels qu'il nous les décrit. Seulement, il n'est pas rare que leurs écrits soient abscons. Il arrive aussi que leur ambition les pousse à la servilité vis-à-vis de ceux qui pourraient favoriser l'évolution de leur carrière. Si dans le meilleur des cas, ils finissent couverts d'honneurs, il est moins fréquent qu'on les couvre d'or. Il arrive qu'ils trouvent cela bien triste et qu'ils tentent d'arrondir leurs fins de mois par des activités éloignées de leurs fins premières.

Ces derniers traits, pour notre plus grand plaisir, l'auteur les pousse jusqu'à l'absurde. Il couvre notre territoire d'un blanc manteau d'universités** peu florissantes. L'onomastique vient souligner la satire. Les personnages principaux qu'ils enseignent à la Ferté-Guidon ou au Collège de France, qu'ex-haut fonctionnaires ils tentent de survivre d'un commerce hérité, que, bibliothécaires, ils améliorent leur sort en vendant les incunables de leurs fonds, partagent tous une noble ambition : s'en mettre plein les poches ou au moins sortir de la quasi-misère où les relègue un monde ou tout est citoyen, équitable ou démocratique . Et ils y parviendront car le roman est optimiste dans son acidité. Les voies de Dieu sont impénétrables dit-on. Celles qui les mèneront au succès ne le sont pas moins. Tel, suivant le conseil d'un autre, se fera travelo et ainsi regagnera l'amour d'une épouse volage autant que vénale. Tel autre trouvera dans un emploi de domestique la paix que l'ontologie lui avait jusque là refusée. Un autre se fera gigolo, une autre encore fera un riche mariage... Happy end assuré !

Au-delà du cas des philosophes, c'est d'une société qui ressemble beaucoup à la nôtre dont traite Michel Desgranges en en soulignant les ridicules et petitesses que tente de masquer un discours inepte, prétentieux et surtout inintelligible. En cela, il se montre moraliste. Si notre époque de grands progrès répond à vos attentes et vous comble de bonheur, NE LISEZ PAS CE LIVRE !

*J'emploie deuxième car selon certains que ne suit pas l'Académie, second, terme que je lui préfère, n'impliquerait pas de suite et que ce serait dommage.
** Pour parodier Raoul Glaber

dimanche 29 septembre 2019

Promenade en Haute-Corrèze

Vendredi, veille de mon anniversaire, parce que le temps pluvieux  m'interdisait de terminer la taille de mes haies, je me suis offert une virée en Haute-Corrèze. Pour atteindre mon but, j'ai dû traverser le massif des Monédières sous une pluie incessante et il ne faisait pas plus beau lorsque j'atteins Meymac, porte du plateau de Millevaches et première étape de mon périple. J'étais en pleine circonscription chiraquienne mais ma visite n'était pas un pèlerinage, je l'avais programmée bien avant le décès de l'ex-président. Mon but était de visiter deux églises du XIIe siècle,et, éventuellement, la vieille ville d'Ussel, ancienne capitale de la vicomté de Ventadour plus tard érigée en duché.

Ça commença plutôt mal. Arrivé devant l'abbatiale l'abbatiale Saint-André Saint-Léger je remarquai que deux hommes en noir étaient en train d'installer des tréteaux devant le porche visiblement en vue d'un service funéraire. Qu'importe, me dis-je, j'irai d'abord visiter le musée archéologique installé dans une aile de l'abbaye. Et là m'attendait une seconde déconvenue : lorsque je me présentai au comptoir pour y prendre mon billet d'entrée, la charmante hôtesse m'annonça que le musée s'apprêtait à fermer car le personnel se rendait aux obsèques. Je pris mon billet, commençai ma visite et, quand les cloches se mirent à sonner, je quittai les lieux  pour, comme convenu avec l'hôtesse,  y revenir une heure plus tard pour voir le reste. 

Je pris donc la route de Saint-Angel et arrivai devant l'imposante église fortifiée Saint-Michel-des-Anges qui , avec ce qui reste des bâtiments conventuels du prieuré , domine de sa puissante et massive silhouette le village sus-nommé : 




Je vous montrerai quelques photos de cette église qui présente, entre autres, la particularité que les vicissitudes de l'histoire ont fait que sur des bases et des murs romans sont venus au fil des siècles  s'ajouter des élément plus tardifs comme la voûte gothique de la nef. Mais laissons parler les images : 

















 Craignant qu'aller à Ussel ne m'amène trop tard pour visiter l'abbaye et le musée de Meymac, je revins donc sur mes pas, terminai ma visite du musée puis passai à l'abbatiale :
















Je pris le chemin du retour, la tête pleine des merveilles contemplées. Je passai à proximité du Mont Bessou, point culminant de la Corrèze. D'une altitude de 976, profitant de ce que la tempête de 1999 en avait déboisé le sommet, on y fit construire une tour panoramique de 24 m de hauteur afin d'y atteindre les mille mètres et d'offrir une vue sur les principaux sommets du Massif Central. cependant, vu l'état lamentable de mes bronches et ma  forte tendance au vertige, je m'empressai de n'y point aller.











vendredi 27 septembre 2019

Peindre, c'est aimer à nouveau.


Si je reprends ce titre de Henry Miller, auteur qui fut du temps de ma jeunesse folle (Ouquel j’ay plus qu’autre gallé) un de mes favoris et dont je ne songerais plus à lire une page aujourd'hui, c'est parce qu'il s'applique parfaitement aux deux Monochromes mobiliers corréziens auxquels je viens de mettre la dernière main.

Monsieur Fredi M., s'il émet son éternel « C'était mieux avant » fera montre d'une mauvaise foi éhontée car je n'accompagnerai ces deux œuvres d'aucune photo de leur état antérieur. Voyez plutôt :



La difficulté dans les Monochromes mobiliers n'est pas la peinture elle même mais la préparation des supports. Ces deux meubles furent abandonnés sur place par les héritières du précédent propriétaire, probablement parce qu'ils leur semblaient manquer d'intérêt et auraient eu du mal à s'intégrer dans leur intérieur. Il faut dire que le buffet était surmonté d'un haut d'un style différent (qui a fini à la déchetterie) et la disparition du grand tiroir du bas laissant une béance que j'ai bouchée d'une planche en contreplaqué. Je voudrais souligner au passage que les vols de tiroirs sont une catégorie de méfaits dont l'ampleur n'est pas suffisamment signalée par les media. Mais revenons à nos Monochromes. Ces meubles étaient par ailleurs habités. Non pas qu'ils aient eu, comme disait l'autre « une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer » mais plutôt que les vers s'y offraient de copieux banquets. Les xylophènes en vinrent à bout. Restait à supprimer la vieille cire dont, des décennies durant on les avait nourris. Le décireur dont j'avais fait l'emplette se révéla inapte à la tâche. C'est donc au papier de verre à gros grain, afin de permettre à la peinture d'y adhérer, que je préparai mes supports. Une sacrée corvée ! Deux couches de noir permirent à l'armoire de mieux s'intégrer aux autres meubles de ma chambre. Il en fallut trois de blanc pour obtenir le même résultat avec le buffet.

Vous savez tout sur la genèse de ces œuvres. Pour en revenir à ce vieux cochon de Henry, il avait raison : peindre ces meubles m'a fait les aimer à nouveau.

Vu qu'il pleut sur la Corrèze, je me trouve aujourd'hui au chômage technique n'ayant rien à faire à l'intérieur et le temps n'étant pas favorable à la taille des haies, j'hésite entre passer mon après-midi à pleurer Jacques Chirac histoire d'avoir l'air Corrézien et visiter quelques églises romanes. Je crains que la deuxième possibilité ne me séduise plus que l'autre.