..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

jeudi 18 juillet 2019

La grosse arnaque !

Les gilets jaunes se sont révoltés contre la hausse de certaines taxes. Pas de toutes. Celles sur le tabac, bien que connaissant une croissance exponentielle, semblent ne susciter de protestations que chez les buralistes alors qu'environ un tiers des Français fumeraient quotidiennement. Ça paraît surprenant, non ? En fait, l'explication est simple : grâce à des décennies de campagnes anti-tabac, on est parvenu à transformer la plupart des fumeurs en coupables qui ne doivent qu'à leur manque de volonté de ne pas avoir arrêté. Tout coupable mérite une sanction. Et la sanction tombe sous la forme de nouvelles taxes dont nul ne saurait s'indigner. Le but final serait grâce à des prix prohibitifs d'éradiquer le tabagisme. On ne peut pas dire que ça marche vraiment. Bien sûr, on vend moins de tabac en France. Seulement, les achats ans les pays limitrophes aux tarifs moins exorbitants augmentent considérablement de même que la contrebande.

Le fumeur est accro, et il est difficile de le dissuader de se suicider. Il sait depuis longtemps que le tabac lui fait perdre 9 ans de vie (dont une ou deux d'EHPAD), qu'il risque la cécité, l'infécondité, l'impuissance, un cancer pas gentil du tout, plus de problèmes cardiaques qu'un curé ne saurait en bénir, l'amputation de plusieurs membres, etc. Et malgré ça, il continue, le bougre. Malgré les risques, le coût, la culpabilité, il continue.

S'il a un minimum de sens civique, il souffre en plus du tort qu'il fait à la collectivité. Car le fumeur coûte bien plus qu'il ne rapporte ! Si on en croit M. Pierre Kopp et l'étude que cet éminent professeur a consacré à la question en 2015, c'est à plus de 120 milliards que s'élèverait le coût social du tabagisme. Cependant, l'essentiel de ce coût social est constitué par celui des vies perdues, de la perte de qualité de vie et de celui des pertes de production. Car une année de vie a un prix : 115 000 € selon l'étude ! Avouez que vous ne pensiez pas valoir autant ! Sans compter que la mort « prématurée » du fumeur se produit en moyenne à 71 ans et qu'il est rare qu'entre ce bel âge et les 80 ans « normaux » on soit très productif.

Quel que soit le coût réel du tabagisme, il n'en demeure pas moins que l'état a besoin des 15 milliards qu'il lui rapporte. D'autre part, en admettant que les fumeurs cessent tous de fumer, les économies sur les dépenses de santé ne se feraient sentir qu'à plus ou moins long terme et qu'en attendant ces beaux jours, il faudrait prendre dans la poche des contribuables le manque à gagner. Environ 400 € par an et par foyer fiscal ! Les gens en seraient-ils satisfaits ?

Le gouvernement se trouve donc dans une position délicate : pour des raisons de santé publique, il se doit de prôner la fin du tabagisme tout en priant le bon Dieu que celle-ci soit TRÈS progressive. Il faut donc s'attendre à ce que les taxes sur le tabac continuent de compenser la baisse du volume des ventes. Ça a bien marché l'an dernier : 750 millions de francs de rentrées supplémentaires dans l'indifférence générale !

La culpabilisation est donc efficace. Elle permet de taxer à tour de bras sans soulever de protestations. Ne serait-il pas bon pour tout gouvernement de lancer de longues campagnes de sensibilisation aux terribles méfaits du diesel, du sucre ou des topinambours afin de pouvoir à terme augmenter sensiblement les rentrées de l'État ?

mardi 16 juillet 2019

Dieu que l'amour est triste !

Une grande vague de paresse m'ayant récemment submergé suite à de petits ennuis de santé, plutôt que de faire un ménage depuis trop longtemps délaissé ou mettre en ordre le jardin , je me contente du minimum syndical. Je cueille des haricots, je cuisine, je fais mes courses et la vaisselle (c'est à dire que je remplis puis vide tour à tour le lave-vaisselle). Cela me laisse des loisirs que j'occupe à croiser les mots, lire ou regarder la télé. Ainsi, cet après-midi ai-je regardé deux Maigret avec dans le rôle principal M. Cremer. Il y avait bien longtemps que je ne m'étais pas replongé dans le monde de Simenon...

Dès la sixième, j'avais commencé à lire ses romans. Je me demande ce que je pouvais à cet âge y comprendre mais il faut croire que j'y trouvais mon compte. Je l'ai dit et redit, mes lectures ne me laissent peu voire aucun souvenir. Pourtant j'ai beaucoup lu. Simenon fut un de mes auteurs favoris. J'ai usé et abusé de ses œuvres. J'ai lu des tas de Maigret mais aussi d'autres romans, ses derniers ouvrages autobiographique ainsi que des livres à lui consacrés. Jusqu'à l’indigestion. Ça m'est souvent arrivé : je m'entiche d'un auteur, je lis parfois des dizaines de ses livres et puis, allez savoir pour quoi, je n'en peux plus et l'idée même de les relire un jour m'apparaît improbable. La liste de ces désamours est longue, elle comprend Balzac, Zola, Mauriac, Modiano, Faulkner, Caldwell, Dickens, Pratchett, Rankin, Vaugh, Wodehouse, et bien d'autres dont le nom a rejoint leurs œuvres dans mon total oubli.

Simenon est un cas spécial. Disons qu'il y avait une raison à mon désamour. Plus que la lassitude, c'est l’écœurement, qui m'a fait le quitter. Je n'en pouvais plus de son univers glauque, étouffant presque désespérant. Avec un talent indéniable, il a su décrire un monde disparu, celui des années trente à cinquante voire soixante. Seulement, il nous en a donné une image terrible : quel que soit le milieu où se déroulent ses intrigues y règne une atmosphère pesante, ça sent le renfermé et la tristesse. Les familles y ont tant de secrets qu'on se demande si ce ne sont pas plutôt les secrets qui y ont des familles. De tous les éléments qui participent à l'établissement d'un climat délétère, le sexe est probablement le plus actif. Il n'est pas source de joie ou de plaisir. On le subit. Il est compulsif ou passif. Les femmes n'ont souvent le choix qu'entre la frigidité et la nymphomanie (ce qui, selon Gary, ne sont que deux symptômes du même mal être). Les hommes n'y trouvent qu'un soulagement à leurs pulsions.

Un autre élément récurrent est l'alcool. Pas festif non plus. On boit pour oublier problèmes, échecs et malheurs. On boit histoire de boire comme dans certains Maigret où on se demande dans quel état le commissaire va finir la journée.

A cela rien d'étonnant quand on connaît un peu la vie de l'auteur, son penchant pour la boisson, sa sexualité envahissante (n'a-t-il pas déclaré avoir « honoré » 10 000 femmes, en général prostituées ?) comme la constance avec laquelle le malheur frappait les siens. La description à peine masquée que fait de lui et de son entourage Alphonse Boudard dans Cinoche en 1974 est édifiante à cet égard. On pourrait même se demander comment les intéressés ne l'ont pas poursuivi pour diffamation si on oubliait que déclarer se reconnaître dans ces tristes clowns eût été peu glorieux.

Tout cela dit, il n'en reste pas moins que Simenon est un grand, un très grand écrivain. Dont il ne faut peut-être pas abuser...

lundi 15 juillet 2019

Le homard, cet inconnu

Grâce au bon M. de Rugy, ce crustacé décapode vient de connaître un regain de popularité. Je ne reviendrai pas sur cet anecdotique « scandale » mais il me semble que le temps est venu de lui consacrer une de ces chroniques éthologiques qui ne sont pas pour rien dans le renom national et international de ce blog. Tout le monde en parle mais, en fait, peu le connaissent, c'est pourquoi j'ai choisi ce titre inspiré d'Alexis Carrel.

En tant que Nouvel Animal de Compagnie, le homard présente un inconvénient majeur, celui d'attirer sur ses propriétaires la haine d'une majorité de citoyens. En effet, il est de coutume pour eux,quand vient le temps des vacances, de manger leur ami à dix pattes afin qu'il ne souffre pas de la solitude. Car si de nombreux hôtels acceptent chiens et chats, je n'en ai jusqu'ici trouvé aucun pour signaler qu'ils acceptent les homards, quelle que soit leur taille. Manger du homard est très mal vu : c'est, aux yeux de beaucoup, le signe d'une honteuse opulence. Je vous conseille donc de lui préférer le chat ou le chien car le fait de manger ces sympathiques mammifères avant de partir en congé ne vous attirera que l'inimitié des âmes sensibles.

Mais revenons à nos moutons. La vie du homard est passionnante et serait longue si elle n'était trop souvent interrompue par une capture. En effet, sa gourmandise le pousse à venir se nourrir des appâts que les pêcheurs placent dans des casiers. Incapables d'en sortir, ils sont remontés à la surface, on leur met des élastiques autour des pinces avant de les vendre à des restaurants de luxe ou à des ploutocrates. Il connaît ensuite un bien triste sort : il meurt ébouillanté vivant. D'un autre côté, s'il avait été moins con, ça ne lui serait pas arrivé.

Il existe deux espèces de homards. L'européenne (appelée, en France, homard breton) et l'américaine qui ne présente pas grand intérêt. Sauf accident, notre crustacé peut vivre jusqu'à 40 années ! Et quelle vie ! La femelle pond des œufs qu'elle couve sous son abdomen jusqu'à ce qu'ils éclosent libérant une larve minuscule qui vit une vie planctonique avant de subir une mue et de se mettre à vivre au fond de la mer, Une vingtaine de mues suivront jusqu'à ce qu'il atteignent l'âge adulte vers quatre ou cinq ans. Et ce n'est pas fini car l'adulte continue de grandir et change de carapace tous les un ou deux ans. Grâce à quoi, à la différence de l'humain, il ne reste jamais éternellement mal dans sa peau et ne fait donc appel à aucun psy.

La nature l'a doté de deux pinces différentes : la gauche pour couper, la droite pour broyer, ce qui peut poser des problèmes à ceux d'entre eux qui sont gauchers. Nul observateur sérieux n'a jamais pensé que la langouste était la femelle du homard. Tout au plus a-t-on parfois avancé qu'elle n'était qu'une copine qu'il sautait de temps en temps. C'est faux. Pour la simple raison que la langouste vit dans des eaux chaudes et que le homard a horreur de celles-ci, répugnance explicable par la triste fin qui souvent l'attend.

De tout temps, le homard a été apprécié. On lui a même trouvé des vertus médicinales. Toutefois, plus que toute autre chose, c'est sa chair qui l'a fait rechercher. Du fait de la surpêche et de la pollution, le homard européen se fait rare et son prix monte. C'est pourquoi tant de Français ont du mal à en remplir leur frigo. Est-ce vraiment dommage ? Pas vraiment. A mon avis, la chair de ce crustacé est loin d'égaler en saveur celle de la langouste ou même du crabe araignée.

Mais je cause, je cause et tout ça me donne faim. Je crois que je vais aller faire un tour chez Leclerc histoire de voir si par hasard ils n'auraient pas quelque savoureux crustacé à me proposer...

dimanche 14 juillet 2019

Oh ! Quelle nuit!

J'en parlais récemment, la campagne, même la plus rase, est bruyante. Ce n'est pas pour cela qu'il y a un peu plus d'un an j'ai décidé de la quitter pour la petite ville voisine mais plutôt par lassitude. Dix ans de collines, c'est long... Je me suis donc installé dans ce gros bourg de 3000 habitants et je viens d'y vivre ma première fête nationale. Je suppose que l'an dernier j'étais sagement parti pour la Corrèze...

Hier donc, en allant acheter une cartouche au tabac du coin, j'avais remarqué sur les trottoirs de ma rue des panneaux d'interdiction de stationner ainsi que des barrières. Intrigué, je m'approchai d'un de ces panneaux sur lequel était collé une affiche. J'appris alors que, vus bien des articles de loi, M. le maire avait, pour cause de fête nationale, de banquet, de feu d'artifice et de bal, pris la décision d'interdire la circulation et le stationnement non seulement dans ma rue mais aussi sur les places environnantes. Mon sens civique me dicta donc d'aller garer mon break dans l'entrée de mon garage, laquelle donne sur une ruelle perpendiculaire à ma rue. Toutefois, une voiture, probablement conduite par un analphabète, vint se stationner à l'endroit que je venais de libérer et y passa la nuit. Comme quoi, le civisme ne paie pas toujours.

Dès le début de la soirée, je notai une animation inhabituelle. Des personnes âgées, en groupes ou seules se rendaient d'un pas traînant vers la place où était organisé pour elles un banquet. Ensuite des plus jeunes prirent le relais. Ils se rendaient sur la même place assister au tir du feu d'artifice. Je montais me coucher afin de passer une soirée paisible en compagnie de M. Maugham. Peu après, la pétarade commença. Vu sa durée, j'en conclus que nos édiles n'avaient pas mégoté sur le spectacle pyrotechnique. Contrairement à bien des gens, ce genre de divertissement m'ennuie profondément.

Le calme ne revint que très brièvement car bien vite commença le bal, toujours sur la même place près de laquelle j'ai le malheur de vivre. La sono était à fond et l'animateur s'époumonait dans le micro. Dans ces conditions, bien que mes yeux commençassent à piquer, me poussant à cesser ma lecture, bien difficile de trouver le sommeil... Une, heure, deux heures, trois heures du matin et le bazar ne s'arrêtait toujours pas... Pour me distraire, j'étais descendu commander sur le Net des bobines de fil pour mon taille-bordures, mais l'opération ne dura guère. Le comprimé que j'avais pris ne m'apportait pas le sommeil. Je finis pourtant par m'endormir, bercé par le raffut.. .

Malheureusement, la nuit fut courte et je passe ma matinée à me traîner comme une vieille loque en me disant que tant qu'à balancer le bon argent de mes impôts par les fenêtres, j'aurais préféré que le maire et ses adjoints le consacrent à un bon gueuleton entre eux (homards et vins fins) : ça coûterait moins cher et ça ne troublerait pas mon sommeil.

vendredi 12 juillet 2019

Encore une !

En France, nous avons de la chance et même de plus en plus de chance. Mon ex-pharmacien me le disait : « Il n'y a qu'en France qu'existe un journal comme Le Canard enchaîné ! » Quelle chance ! Je n'allais pas me mettre à dos ce brave homme en lui disant qu'à 20 ans j'avais cessé de lire ce torchon parce que ses formidables révélations sur les dessous de la politique française me semblaient avoir l'importance d'un pet sur une toile cirée. Portant notre chance à son comble, depuis quelques années est venu s'adjoindre à ce merveilleux media un autre, presque aussi intéressant, sous la bienveillante houlette de M. Edwy Plenel, un personnage qui a réussi à reléguer M. Noël Mamère à la seconde place de mon hit-parade des gauchistes répugnants.

Mediapart, journal d'information en ligne payant, vient de lancer une nouvelle affaire, propre à faire vaciller notre démocratie déjà chancelante : le scandale des homards, Figurez-vous qu'un personnage important de la république aurait régalé ses amis de ce précieux crustacé arrosé de couteux vins fins ! Le tout-media s'en émeut, le tout-Landerneau politique lui emboîte le pas, et le bon peuple s'en indigne.

Eh bien, quitte à choquer certains de mes lecteurs, de l'affaire de Rugy, comme de l'affaire Benalla, comme de l'affaire Trucmuche ou de l'affaire Machin, je me foutrais complètement si le retentissement qu'on leur donne n'était, parmi tant d'autres, un signe de la décadence de notre pays.

Il semble de plus en plus que la première chose que l'on demande aux politiques est d'être des modèles de vertu. La république exemplaire devrait se hisser au niveau d'éthique des monarchies scandinaves. Ce n'est pas ma façon de voir les choses. Politique et sainteté n'ont rien à voir ensemble. Le rôle des dirigeants est de s'attaquer efficacement aux problèmes du pays. Je préfère, et de loin, un « corrompu » efficace à un incapable vertueux. Le train de vie, si fastueux soit-il, de nos gouvernants ne me dérange aucunement. Mais, me dira-t-on, c'est tes impôts qui financent ce luxe ! Et alors ? Ces mêmes impôts financent nombre d'actions extrêmement plus coûteuses qui, elles, me scandalisent.

Toutes ces pseudo-affaires sont certes distrayantes à tous les sens du terme. Seulement elles sont basées sur l'exploitation du fervent désir d'égalitarisme qui continue d'animer bien des gens. Comme si les tentatives d'égalitarisme avaient mené à autre chose qu'au totalitarisme et à la misère.

mercredi 10 juillet 2019

Néo-ruraux ou paléo-emmerdeurs ?

On entend de plus en plus parler de procès opposant des néo-ruraux aux naturels du pays. Les causes de ces litiges sont diverses. Ça peut être la sonnerie de l'Angélus qui, dès sept heures du matin vient perturber le sommeil des grincheux. Ça peut venir aussi de ces sons de cloches qui, jour et nuit viennent sonner heures et demi-heures, leur rendant la vie impossible. Parfois c'est un coq qui ne trouve rien de mieux que de venir saluer l'aube de son retentissant chant. Et puis il y a les grenouilles dont les mâles enamourés lancent de toutes leurs forces, les soirs de printemps, un chant d'amour pour attirer les belles. Et s'il n'y avait que ça ! Dans les pleines céréalières, le temps que dure la moisson vous avez droit au vacarme nocturne que produit la noria des tracteurs qui vont livrer leur récolte au silo voisin. Des paysans mécréants, au lieu d'observer la trêve dominicale, ne trouvent rien de mieux à faire que de tronçonner ou, pire, de scier leur bois le dimanche. Le meuglement des vaches qui rentrent pour la traite, le bêlement des brebis et des agneaux viennent compléter le tohu-bohu.

Car figurez-vous que, n'en déplaise aux citadins, campagnes et villages ne sont pas des lieux de silence. Ceux qui viennent l'y chercher se trompent. La scie avec laquelle votre bon voisin débite ses bûches y produit bien plus de décibels qu'une rue passante...

La vie à la campagne c'est comme la vie avec Cunégonde ou Gontran : pour la supporter, il faut l'aimer. Car si elle a des attraits, elle a ses défauts. Elle n'est agréable que dans la mesure où pour ceux qui la choisissent les premiers l'emportent sur les seconds.

L'erreur de certains néo-ruraux est de vouloir transformer l'endroit où ils s'installent en un paradis rêvé, remplissant toutes leurs attentes. S'ils bénéficiaient d'un minimum de raison, ils prendraient conscience que c'est à eux de s'adapter au cadre qu'ils ont choisi et non le contraire. Si l'adaptation leur est impossible il leur reste la possibilité de retourner en ville et de s'y enfermer dans dans un caisson étanche qui leur apportera le calme et le silence désirés.

Toutefois il me semble que le néo-rural anti-coq, anti-cloche, anti-grenouilles, anti-tout n'est qu'un avatar récent d'une espèce bien plus ancienne : le paléo-emmerdeur qui, quel que soit son environnement, met un point d'honneur à faire chier le monde.

dimanche 7 juillet 2019

Rénovations

Le problème, quand on est pas dans son assiette, c'est que non seulement on manque d'énergie pour accomplir la moindre tâche et qu'à part lire ou regarder la télé on ne sait trop quoi faire. La télévision est une source inégalable de stimulation intellectuelle. Les émissions d'Hanouna, de Nagui ou de Ruquier entraînent les esprits vers des terres inconnues. La chaîne Arte est là pour nous rappeler qu'il y aura bientôt 9 décennies le monde s'était laissé aller à des dérives qu'il vaudrait mieux que nous évitions de reproduire. Tout cela est vivifiant.

Malheureusement, lorsque la tête vous tourne, il devient difficile de savourer pleinement les leçons des programmes évoqués. On tend à leur préférer des émissions plus légères, moins ardues. Mon actuel état de faiblesse m'a permis de découvrir et d'apprécier deux émissions de rénovations immobilières étasuniennes.

Dans la première, des équipes de rénovateurs s'affrontent pour acheter lors d'une vente aux enchères une maison délabrée. Ils l'acquièrent pour une somme variant d'environ 1000 à 1000 dollars puis ils la font transporter par la route jusqu'à leur chantier où ils rénovent le taudis au prix de quelques dizaines de milliers de dollars et en font une demeure de rêve qui est mise aux enchères et dont la vente leur rapporte une somme raisonnable voire un peu faible. On peut raisonnablement penser que le gros de leur bénéfice leur sera versé par la production de l'émission. La maison est vendue meublée, décorée, prête à être transportée sur le terrain de l'heureux acquéreur.

Évidemment, tout ça n'est possible que parce que ces maisons étasuniennes sont en bois et ont pour toutes fondations des plots de béton , ce qui explique leur faible prix et les ravages occasionnés par les tempêtes et autres ouragans.

Il serait difficile d'appliquer ce genre de rénovation dans mon Sud-Manche où les maison sont en granite, munies de caves, souvent mitoyennes et de ce fait très délicates à transporter

Une autre émission de rénovation, toujours étasunienne, est basée sur une autre démarche : les rénovateurs, en fonction du budget qui est le leur, proposent à des acheteurs potentiels des maisons à un prix susceptible de permettre une rénovation totale de la cabane. Bien entendu, ce sont les rénovateurs qui se chargent de tout, les acheteurs étant probablement trop stupides pour avoir la moindre idée de ce qui leur conviendrait. Les travaux sont menés à bien et les acheteurs découvrent ravis leur nouveau foyer.

Dans les deux cas, les rénovateurs ne se bornent pas à améliorer le bâti. Ils décorent les murs, procurent vaisselle et linge de table et de toilette. On en est à se demander si commodes, armoires et dressings ne sont pas garnis de vêtements convenant parfaitement aux propriétaires.

Tout ça se passe dans cette atmosphère à la fois bon enfant et hystérique qui caractéristique le pays. On sent bien que les rénovateurs ne travaillent qu'au bonheur d'autrui. On constate que les vœux des acheteurs sont comblé au-delà de leurs plus folles espérances. Il y a des rires, des pleurs (de joie!) de l'humour (enfin, de ce qui tient lieu d'humour aux USA). On ne peut s'empêcher d'imaginer que fournisseurs et clients vont vivre ensemble une durable amitié.

Tout ça est magnifique mais me laisse un regret : ne serait-il pas possible que, pour un petit supplément, les rénovateurs procurent à leurs clients une famille, des amis, un chat ou un chien qui leur conviennent autant que la baraque ?

vendredi 5 juillet 2019

Le scandale Carglass

Bien sûr, il n'y a pas véritablement de scandale Carglass. Mais, sans titre « punchy » comment attirerait-on les foules ? Bien sûr, quand le Monsieur de Carglass vous annonce qu'il vous offre des essuie-glaces « Boches », on pourrait trouver scandaleux qu'il n'emploie pas plutôt le terme « Allemands ». Personnellement, ça ne me choque pas : ça a un petit côté suranné assez sympathique.

Ce qui m'amuse dans les publicités de cette aimable société, c'est leur catastrophisme. Pour Carglass, le moindre impact mènera forcément à l'un des drames les plus épouvantables qu'un humain puisse connaître au cours de sa chienne de vie : la fissure du pare-brise, puisqu'il faut l'appeler par son nom. Les causes de l'horrible mutation de l'impact en fissure sont multiples. Il fait froid, vous actionnez le dégivrage : crac ! Il fait chaud, vous actionnez la clim : crac ! Vous passez sur un nid de poule : crac ! Un insecte entre en collision avec votre pare-brise : crac ! Vous éternuez : crac ! Vous mettez la musique à fond : crac ! Vous ou l'un de vos passagers fait une crise d'asthme : crac ! Et tout ça parce que vous n'avez pas eu le réflexe Carglass ! Avouez que c'est ballot ! Surtout que l'avoir eu ne vous aurait rien coûté, vu que les frais de réparation auraient été obligeamment pris en charge par votre assurance !

Admettons que vous suiviez les conseils avisés du Monsieur de chez Carglass et qu'au moindre impact vous fassiez appel à ses services. Au bout de quelques années, vous vous retrouveriez avec un pare-brise truffé de réparations, invisibles certes, mais quand même un peu usé et qui aurait perdu de sa transparence alors que si vous aviez attendu que l'impact se transforme en fissure, vous en auriez un neuf ou au moins un plus récent.

Il y a maintenant 50 ans que je conduis. Des impacts, les pare-brises de mes voitures en ont connu des tas. Curieusement, aucun d'entre eux ne s'est transformé en fissure, ce qui m'eût arrangé, me permettant d'avoir un pare-brise neuf. De deux choses l'une : soit je bénéficie d'une protection divine, soit Carglass nous prend pour des cons. Vu que la vie ne m'a pas épargné certaines épreuves égalant voire dépassant la malédiction du pare-brise fissuré, je tends à pencher pour la seconde hypothèse.

Mais bon, peut-on en vouloir à une société commerciale d'exploiter la pusillanimité de nos contemporains ? Vu que tout est fait pour que nous nous prémunissions contre des « accidents » aussi bénins qu'exceptionnels, elle aurait tort de s'en priver.

dimanche 30 juin 2019

Nono, nain

On croise beaucoup de gens au long d'une vie. Parfois même on les rencontre. Il s'ensuit parfois du bonheur, du malheur ou de l'indifférence. Parfois le croisement mène à la rencontre.

Nono, je l'avais croisé au temps des marchés. C'était un nain. Accompagné d'un âne, il parcourait les allées, au cri de « Les copains,les copines, cacahuète est là ! » ou chantant «Je suis la cacahuètera » air calqué sur une célèbre chanson dont le titre ne me revient pas.

Je trouvais son « numéro » un rien pathétique, mais on voit tant de gens bizarres sur les marcas... Je suppose que, par amitié pour l'âne ou par pitié pour le nain, il devait parvenir à survivre de son industrie. Et puis on s'est rencontrés.

Jacques, qui devait devenir mon ex-associé avant même que notre entreprise commune ait vu le jour, mais qu'un temps nous fréquentions beaucoup, lors d'un déjeuner dominical commun, nous annonça qu'il avait également invité Nono et qu'il viendrait avec son saxo. Les nains, la musique, c'est pas forcément mon truc, mais bon...

Nono arriva donc, au volant de sa 2 cv camionnette. Le véhicule était adapté à ses membres atrophiés.En plus il lui permettait de trimballer son bourricot. Il avait comme promis apporté son instrument. Dès l'arrivée, il annonça à notre hôte, qu'il n'était venu QUE parce que ce dernier était un VÉRITABLE ami, que ce n'était qu'à cette condition qu'il acceptait les invitations. Ceux qui le conviaient pour qu'il fasse son show pouvaient aller se faire voir. Cette déclaration me mit mal à l'aise. Mais on se détendit en buvant quelques verres. Visiblement, le Nono ne crachait pas dessus. Je me demandais même s'il ne s'était pas un peu entraîné avant la séance. Il finit rond comme une queue de pelle et quand il reprit le volant, vous fûmes un peu inquiets.

Honnêtement, sa performance au saxo avait été moyenne. Nono en avait un bon coup dans le nez et ça n'améliorait pas son jeu. Seulement, il nous en avait raconté de belles. Sa vie de nain de cirque dès l'enfance où on ne le traitait guère mieux que les animaux. Les putes qui, pour baiser avec un nain demandaient un supplément (alors qu'une réduction aurait parue logique), bref, un résumé des joies que le monde réserve aux anormaux.

jeudi 27 juin 2019

Le monde est bien fait !

C'est la conclusion à laquelle je suis parvenu après une succession d'événements qui auraient apparemment dû m'amener à en tirer une leçon différente.

Récapitulons. Il y a une quinzaine de jours, je poussai un ouf de soulagement : j'étais parvenu à terminer la rénovation de ma chambre. Ces travaux m'avaient paru durer éternellement et les mener à bien m'avait demandé de grands efforts car je commençais à ressentir des étourdissements et que de nouvelles crises de tachycardie étaient venues me perturber. Une fois la tâche terminée, les choses s'aggravèrent au point qu'un jour en me levant, je vis les murs bouger et je faillis tomber. Je courus voir mon bon docteur qui me prescrivit de jolis médicaments censés éliminer ces fâcheux symptômes. Du fait de mes étourdissements, de mes problèmes intestinaux, d'une perte de poids qui allait croissante (10 kg en trois mois, sans régime particulier ), je me trouvai dans un état de faiblesse qui m'interdit de me rendre aux funérailles de mon ex-épouse, comme d'aller me reposer en Corrèze. Je restai donc à me morfondre en Normandie, incapable de fournir le moindre effort, me contentant de lire et de dormir.

Le traitement du bon médecin ne semblait aucunement améliorer mon état. Dimanche dernier, alors que je réglais l'achat d'une cartouche de cigarettes, mes mains se mirent à trembler au point que composer mon code me fut difficile. En rentrant chez moi, je me mis à faire des recherches sur le Net, afin de voir si les divers symptômes que je ressentais pouvaient permettre un diagnostic. Elles me menèrent à un article traitant de l’hyperthyroïdie. Perte de poids injustifiée, tremblement des mains, problèmes intestinaux, tachycardie y apparaissaient, entre autres, comme caractéristiques de ce dysfonctionnement hormonal. Simple coïncidence ? Je voulus en avoir le cœur net et, le lendemain, je demandai un rendez-vous à mon médecin qu'elle m'accorda dès l'après-midi.

Je lui expliquai mes recherches et lui demandai s'il lui serait possible de me prescrire une analyse sanguine permettant de confirmer ou d'infirmer mon diagnostic. Elle se montra sceptique, mais me prescrivit cependant l'analyse. Le lendemain matin, je me rendis au cabinet des infirmières et le jour suivant les résultat arrivèrent. Mon taux de T4L était quatre fois et demi supérieur au maximum de référence quant à celui de la T.S.H. Ultra-sensible il était de presque vingt fois inférieur au minimum de référence. Le diagnostic était donc sans appel et mon bon docteur me prescrivit un traitement antithyroïdien. J'ai pris le premier comprimé ce matin mais les effets bénéfiques ne devraient se faire sentir, au mieux, que dans une huitaine de jours. Je devrai également subir de nouvelles analyses sanguines et tout un suivi médical.

Certains se demanderont en quoi la conclusion à laquelle je suis parvenu peut se justifier. La réponse est simple : cette maladie m'a évité de me rendre en Corrèze où la canicule sévit gravement. Ayant horreur des grandes chaleurs, cette épreuve m'a été épargnée. Il est pas bien fait, le monde ?

dimanche 23 juin 2019

Le plateau de l'angoisse

Ma chère et regrettée ex-épouse, qui m'a, hélas, donné l'occasion de parler d'elle récemment, était douée d'une rare capacité à se foutre du tiers comme du quart. Ce qui comme toute qualité présente de menus inconvénients. Une veille de Noël, sa mère qui préparait le réveillon, s'aperçut qu'il lui manquait un ingrédient. Elle pria donc Nelly d'aller le chercher. L'idée ne plaisait qu'à moitié à cette dernière, elle accepta cependant la mission mais au lieu de courir d'une épicerie à l'autre par un froid soir de décembre, elle se contenta d'aller calmement boire un pot au bistrot du coin et, ayant laissé passer un temps raisonnable, alla retrouver sa génitrice pour lui annoncer que ses visites à tous les commerces de la ville avait été vaines. L'épisode me fit bien rire.

En revanche, sans que cela nuise gravement à mon équanimité, je lui dois d'avoir découvert dans des circonstances un brin inquiétantes, le plateau de l'Aubrac Quittant Montpellier pour rejoindre Châteauroux, plutôt que de prendre les grandes routes, je décidai d'emprunter le réseau secondaire et, après un rapide coup d’œil à la carte de France, nous prîmes la route, Nelly se voyant chargée du rôle de copilote. Rôle qu'elle dut accepter plus par gentillesse que par enthousiasme. Au bout d'une vingtaine de kilomètres, nous devions tourner en direction de je ne sais plus quelle petite ville. La carte sagement posée sur ses genoux mon copilote semblait à son affaire. Pourtant quand je lui demandais si nous approchions du village où nous devions changer de direction, elle se montrait rassurante quoiqu'un peu évasive. Le temps passait, les kilomètres s'accumulaient sans que nous ne l'atteignions. Finissant par m'inquiéter, j'arrêtai le véhicule, pris la carte et dus constater à mon grand dam que nous avions passé ladite bifurcation d'une cinquantaine de kilomètre. Peu enclin à retourner sur mes pas, je décidai de prendre une route qui nous permettrait selon moi de mener vers notre destination. L'idée ne fut pas bonne. La route nous mena vers des coins du Massif Central carrément oubliés de Dieu. N'ayant qu'une carte à grande échelle, le nom des rares villages traversés n'y figurait évidemment pas. Pour résumer, je n'avais pas la moindre idée d'où nous pouvions être les panneaux indicateurs n'indiquaient que des trous paumés. La situation devenait d'autant plus inquiétante que j'étais alors l'heureux propriétaire d'un magnifique 604 munie de toutes les options possibles à l'époque mais non dotée de la remorque de carburant qu'aurait justifié sa consommation. Je voyais la jauge baisser dangereusement. C'est alors que je vis un panneau qui me rendit espoir : AUBRAC 17 km ! Pour qu'un lieu soit signalé d'aussi loin, il fallait qu'il ait une certaine importance ! On y trouverait forcément une station-service ! Ces kilomètres à travers un morne plateau furent vite avalés. Et nous atteignîmes Aubrac.

Hélas, Aubrac, village de la commune de Saint-Chély d'Aubrac, s'il présente un attrait touristique indéniable, présente aussi le défaut, pour qui chercherait à s'y approvisionner, d'être quasiment désert (5 habitants permanents aux dernières nouvelles). Pas plus de station-service que de beurre au tribunal. Je sentis l’abattement m'envahir. Si on résumait la situation, nous nous trouvions au milieu de nulle part, ignorant tout des éventuelles bourgades environnantes avec un réservoir presque à sec sur une route où l'on n'avait croisé ni véhicule ni âme qui vive (à moins que les vaches rousses en aient une). Je nous voyais tomber en panne sèche et contraints de passer la nuit sur ce lugubre plateau. Que faire sinon continuer de rouler ? Ce que nous fîmes. Et avant qu'on ne tombe en panne nous parvînmes à rejoindre un semblant de civilisation, à faire le plein et finalement à rejoindre nos pénates.

De cet épisode je tirai deux enseignements. D'une part que confier à Nelly la charge de me guider était une erreur, d'autre part que l'Aubrac en général et Aubrac en particulier n'étaient pas des endroits fréquentables.

samedi 22 juin 2019

Somerset Maugham

Je relis plus que je ne découvre. Ces derniers temps, suite à une grande méforme et afin de meubler le temps, j'ai relu Cakes and ale (curieusement paru en français sous le titre La Ronde de l'amour) de ce bon vieux William. Satisfait de cette lecture, j'attaquai le premier de quatre tomes réunissant l'ensemble de ses nouvelles dont j'avais fait l'emplette à Londres il y a quarante cinq ans. Le temps passe mais la qualité reste ! Les quatre cent et quelques pages du volume furent vite savourées et, mon appétit se maintenant, je viens d'entamer la lecture du second volume.

Alain Souchon parlait des « nouvelles pour dames de Somerset Maugham ». Personnellement, réserver ces écrits à un public féminin ne me semble pas justifié par autre chose que la rime. Si Souchon et Voulzy avaient choisi la prononciation anglaise de son nom, seraient-elles devenues des « nouvelles pour mômes » ?

L'univers de Somerset Maugham est daté. Il décrit une société disparue. Et cela d'un point de vue de classe : celui d'un gentleman appartenant à la bonne société, membre de clubs huppés. Grand voyageur, il situe ses histoires dans des lieux souvent exotiques comme la Malaisie, la Polynésie mais aussi sur la Riviera française, à Paris ou en Espagne. Les nouvelles consacrées à des administrateurs coloniaux décrivent avec une franchise qu'on ne saurait avoir aujourd'hui que dans des plaidoyers anti-coloniaux le racisme sur lequel reposait l'Empire Britannique, et cela sans complaisance ni révolte. Avec le même détachement que sont exposés les travers des classes supérieures.

En dehors de la description d'un monde disparu, ce qui fait à mon sens l'intérêt de ces écrits c'est l’ambiguïté du narrateur (qui souvent ressemble comme un frère à l'auteur) et la cinglante ironie de certains portraits qu'il brosse. Le narrateur est certes un gentleman censé partager les valeurs de sa classe mais on sent que derrière ce masque de respectabilité, l'écrivain laisse poindre un sourire teinté d'ironie et de scepticisme vis-à-vis des conventions qu'il est censé défendre. Médecin de formation, c'est au scalpel qu'il dissèque l'âme humaine afin d'en explorer les recoins secrets.

Mais à quoi bon accumuler de piètres phrases sur de si fines œuvres ? Allez les voir de ma part, si le cœur vous en dit...

jeudi 20 juin 2019

Sacrée Simone !

Mme de Beauvoir, Simone pour les intimes, bien qu'agrégée de philosophie n'était pas une imbécile.Compagne de M. Sartre qui,avant de devenir un vieil abruti fut, dans sa jeunesse, fan d'automobiles et d'un naturel farceur, elle lui inspira cette phrase immortelle : « En voiture Simone, c'est moi qui conduis, c'est toi qui klaxonnes ! ».

Il lui arrivait d'avoir des éclairs de lucidité. J'en veux pour preuve sa célèbre sentence : « On ne naît pas femme, on le devient ». Rien n'est plus vrai. En effet, on ne voit jamais des grands-parents venus visiter le fruit nouveau-né du fruit de leurs entrailles s'écrier, quand ce dernier est de sexe féminin : « Quelle belle femme ! » On trouve bien des niaiseries à sortir dans de telles circonstances mais cette exclamation n'en fait pas partie. Car avant d'être femme, il faut passer par bien des étapes : bébé, fillette et jeune fille. Il en va de même pour les hommes, qui, le croirait-on, commencent également bébés avant de devenir garçonnets, puis jeunes hommes.

Si on s'en tient au constat que je viens d'énoncer, on ne peut que donner raison à la brave Simone. Cependant, si j'en crois ce que l'on raconte, ce n'était pas exactement ce que la copine au bigleux entendait par là. Elle voulait plutôt dire que plus que la nature c'est l'éducation qui transforme un humain en femme alors que rien ne l'y prédispose particulièrement. Au passage, on pourrait dire la même chose des hommes. Car l'être humain est le produit d'une éducation qui transmet une culture et cela par le langage. Dans le reste du règne animal, les rôles, quels qu'ils soient, sont clairement établis pour chaque sexe dans chaque espèce. Chez l'humain, ils ne le sont que partiellement. Ils sont modifiés ou plutôt renforcés, autant que faire se peut, par l'éducation. On éduque filles et garçons en fonction du rôle que la société leur assigne de manière à ce que le garçon puisse devenir un homme et la fille une femme. C'est du moins ce qui se passe dans toute société traditionnelle.

Seulement, nous ne vivons plus dans une société traditionnelle. Depuis plus d'un siècle, une multitude de causes sont venues bousculer l'ordre généralement établi. De profonds changements économiques, sociaux et sociétaux l'ont rendu caduc. Rien là que de très normal. Seulement, une fois l'ordre ancien renversé, par quoi le remplace-t-on ? Car une société ne saurait vivre sans ordre. On nous rebat les oreilles avec l'égalité homme/femme (ou femme/homme) laquelle mènerait à terme soit à transformer les femmes en hommes soit à annihiler les différences sexuelles, toutes choses aussi irréalistes que peu souhaitables.

L'égalité me paraît une totale utopie. Les femmes ne sont pas égales entre elles. Les hommes non plus. Et c'est très bien. Il y a des intellectuels incapables de planter un clou et d'habiles plombiers que la lecture de Kant emmerde. Il y a des petits, des grands, des maigres, des gros, des génies, des idiots, des malades, des qui pètent la santé etc. Ne serait-il pas plus sage, en tout domaine, d'aspirer à l'harmonie plutôt qu'à l'égalité ?

Mais qu'importe, au fond ? La démographie des nations occidentales est moribonde Pour la compenser nous importons à tour de bras des allogènes dont Le deuxième sexe n'est pas le livre de chevet. Quand ils seront majorité, je crains que les débats sur la nature et les rôles respectifs de l'homme et de la femme ne sdeviennent, eux aussi, caducs.

jeudi 13 juin 2019

Disparition

Nelly est morte. Le lundi 3 juin de l'an de disgrâce 2019. J'évoquais ici son calvaire. Il aura fallu près de cinq mois d'atroces souffrances supplémentaires pour que le crabe et les dommages collatéraux de son traitement gagnent la bataille. J'emploie le mot calvaire mais il est inapproprié : le christ n'a souffert qu'une courte agonie à laquelle un romain charitable mit fin d'un coup de lance. Euthanasié il fut. Mon ex-épouse n'eut pas cette chance. Des soins palliatifs furent prodigués, certes, mais ils ne firent que suivre la progression du mal sans oblitérer le martyre. Des mois et des mois d'intolérables souffrances. Rien de bien original, hélas ! Lorsque ma fille m'annonça sa fin, j'accueillis la nouvelle comme une délivrance. La pauvre petite ( Je l'avais connue si jeune!) avait trouvé la paix en rejoignant le néant d'où nous sortons pour y retourner plus ou moins tôt. Athée je suis comme elle demeura jusqu'à la fin.

Des problèmes de santé m'interdirent de me rendre à l'incinération. Je ne ressentis pas de peine particulière. Je l'avais perdue il y a plus de trente ans. J'avais eu le temps de la pleurer. Ma grande tristesse est l'immense vide et la douleur qu'en ressent notre fille. Elles étaient si proches ! Tout l'amour que je lui porte et le soutien que je tente de lui prodiguer ne sauraient combler cette absence. Seul le temps et les petits bonheurs qu'apporte la vie en viendront à bout, du moins je l'espère.

Cette interminable agonie que je n'ai suivie que par ce que notre fille a pu m'en dire n'a fait que confirmer le regard favorable que je porte sur l'euthanasie. A quoi bon prolonger les souffrances et le cortège d'humiliations qu'elles impliquent quand l'issue est inéluctable ? Je suis pour une mort digne. Je souhaite, le temps venu, être en mesure de la voir venir et de pouvoir précipiter l'issue fatale. La mort ne me fait pas peur. C'est notre sort commun. La vie n'a rien de sacré à mes yeux. Elle nous est donnée par nos parents, on la mène comme on peut et elle se termine forcément. Un peu plus tôt, un peu plus tard, qu'importe ? Elle n'est ni bonne ni mauvaise, elle se contente d'être. A nous d'en faire ce que l'on veut en fonction de nos capacités et de nos envies.

Eh oui, je sais, je fais de la philosophie à deux balles. C'est la seule qui soit dans mes moyens. La grande, la belle, la bonne, je la laisse aux beaux esprits.

mardi 11 juin 2019

Ouf !

Je n'en voyais pas la fin. J'avais l'impression que ça avait pris des mois. Je me trompais. Seulement un peu plus d'un mois s'était écoulé depuis que j'avais annoncé le départ des travaux. Sans compter que j'avais été en Corrèze pendant une quinzaine de jours. Trois semaines, en fait, qui m'ont paru interminables. On partait de ça : 





Il a fallu...

...décoller le papier...




...fixer aux murs l'armature du soubassement...


... et réaliser ledit soubassement.
Quelques dizaines de mètre de moulures, de baguettes, de quarts de rond et de champlat durent être découpés, collés ou cloué. Avant de passer à la peinture, il fallut enduire et poncer le soubassement sans compter l'installation de  quatre prises électrique et d'une prise TV.  Ensuite vinrent la pose des corniches et du papier. Hier enfin je terminai par un grand ménage.

Et voilà le résultat :








C'est loin d'être parfait. Pour décorer tout ça, je compte acheter un grand miroir et des cadres anciens où s'afficheront des gravures. Il seront dorés vu qu'ayant dû dans une autre vie être une pie, j'aime dorures et laitons. Certains diront que c'était mieux avant. Qu'importe ! Ce qui compte pour moi, c'est d'avoir relevé le défi que je m'étais lancé. J'ai toujours fonctionné ainsi, c'est en me fixant des buts que je ne suis pas certain d'atteindre que je me sens vivre...




dimanche 26 mai 2019

Comment bien voter

Dès ce matin, je suis allé accomplir mon devoir électoral. Si c'est également votre cas, mes consignes de vote arriveront trop tard. Et c'est dommage car tant qu'à voter autant bien voter, ce qui n'est pas toujours évident.

Voter nécessite quelques pré-requis. Être inscrit sur les listes électorales en est un. Avoir une carte électorale ou une pièce d'identité à son nom est également nécessaire. Ensuite, il faut savoir où se trouve votre bureau de vote et vous y rendre. Si vous réunissez ces conditions, vous serez en mesure grâce à mes conseils de bien voter.

D'abord présentez vous à votre bureau correctement vêtu mais sans ostentation. Bien qu'aucun règlement ne puisse vous interdire de remplir votre devoir de citoyen à cause d'une tenue extravagante ou négligée, la solennité du moment impose un minimum de dignité. Pour la même raison, évitez, autant que faire se peut, de vous présenter au bureau dans un état d'ébriété manifeste. C'est pourquoi voter en fin de matinée est recommandé : normalement, vous aurez dessoûlé de la veille et pas encore eu le temps de vous retrouver dans votre état normal.

De votre entrée dans le bureau dépendra la qualité de votre vote. Vous avez le choix entre adopter une attitude grave en souvenir de tous ceux qui ont donné leur vie pour que vous puissiez glisser une petite enveloppe dans une boîte ou le visage radieux de qui accomplit une bonne action. Quoi qu'il en soit, n'oubliez pas, le seuil franchi, d'adresser un « Bonjour, m'sieurs-dames » sonore à la cantonade. Ensuite, allez ramasser les bulletins et l'enveloppe et dirigez-vous vers la table du scrutin, votre carte électorale en main. Esquisser ce faisant quelques pas de danse ne serait approprié que si vous avez choisie l'option « visage radieux ». Ensuite, suivez à la lettre les instruction des scrutateurs. Signer sans voter serait aussi maladroit que voter sans signer. L'enveloppe étant introduite dans l'urne, arborez un sourire ravi et, si vous n'y connaissez personne, gratifiez l'ensemble du bureau et les éventuels électeurs présents d'une chaleureuse poignée de main : on vous prendra peut-être pour un ministre ou un dirigeant politique, ce qui est toujours flatteur pour votre ego.

Quittez la salle sur un claironnant « Au r'voir, m'sieurs-dames » et retournez au bistrot.

Voilà, vous savez maintenant faire de votre vote un succès. Mais pour qui devrais-je voter me demanderont certains ? Alors là, vous pouvez voter pour qui vous voulez, vu qu'au bout du compte seuls les élus siégeront.

dimanche 19 mai 2019

Francophobie

Je n'en reviens pas. Qu'apprends-je ce matin ? Que M. Bilal Hassani n'a pas remporté le prix de l'Eurovision ! Certains trouveront ça inexplicable : on offre à l'Europe entière un trans-truc perruqué d'origine émigrée qui danse avec une obèse et on se retrouve quatorzième ? N'y aurait-il aucune justice en ce bas-monde ? Qu'est-ce qu'ils veulent, ces enfoirés d'Européens ? On leur propose, la grâce et le talent et que choisissent-ils ? Un hollandais ! On se croirait en plein cauchemar mais quand on se pince, ça fait mal et rien ne change.

Vous me direz le Concours de l'Eurovision, on s'en fout comme de l'an quarante. J'aurais du mal à vous désapprouver vu qu'il y a des décennies que je ne me suis pas donné la peine de regarder ce grand moment de télévision. J'en suis resté à « France ziro poïnt ». Ça a peut-être changé depuis... Mais le scénario reste le même. Un peu comme le frère de Pimpon dans L'Été meurtrier, on se dit que ce coup-ci on va gagner et au bout du compte on est battus. Et en général très nettement. C'est pas faute d'avoir à peu près tout essayé. On présente une chanteuse qui a un beau-frère qui a été marié à une Russe (ce qui devrait nous valoir une pluie de points venus d'Europe de l'Est), les chanteurs sans voix sont à la mode, on présente un aphone, la femme à barbe gagne, on propose l'homme aux gros nichons, tout le monde chante en anglais, on chante en serbo-croate : rien n'y fait !

Je ne voudrais pas passer pour complotiste mais il y a des évidences. La France est le pays de TOUS les talents. Nous avons les meilleurs chanteurs et chanteuses du monde. Seulement, il règne en Europe une indéniable francophobie doublée d'une talentophobie indiscutable. Dans ces conditions, on ne voit pas comment une victoire française serait concevable. On pourrait essayer de présenter des candidats aussi minables que les gagnants mais c'est impossible : nous sommes trop doués.

Faudrait-il que nous cessions de participer ? Devrions nous organiser un Concours de l'Eurovision réservé aux Français ? Je crains que dans les deux cas ce ne soit inutile : les étrangers feindraient de ne pas remarquer notre absence ou les chaînes étrangère boycotteraient notre concours. Quand l'envie engendre la haine la seule réponse est le mépris. Car, vu que les dés sont pipés, mieux vaut être un excellent quatorzième qu'un piètre lauréat.

jeudi 16 mai 2019

Promenade au jardin



Comme le montre la photo ci dessus, ma maison de Corrèze possède un assez grand terrain planté d'arbres d'ornement. Dire que j'en suis ravi serait exagéré. En effet, s'il avait le bon goût de ne mesurer que la moitié de sa surface, cela m'arrangerait car quand on n'est pas amateur de nature sauvage, cela implique de longues corvées de tonte et de tailles de haie dont je me passerais volontiers. C'est ce que j'ai fait l'an dernier en délégant à un jardinier ces tâches. Le problème est que c'est coûteux et qu'au rythme où progressent les retraites ça pourrait devenir prohibitif. Je préfère donc mon petit terrain normand que je vais bientôt retrouver avec l'espoir que mes gariguettes seront sur le point de mûrir et que les frimas tardifs n'auront pas nui aux haricots et aux pommes de terres que j'y avais semés.

Donc plus que me ravir, ce que je pourrais pompeusement qualifier de « parc arboré » si sa taille était plus grande, m'intrigue car je ne connais rien aux arbres d'ornement. C'est pourquoi, si certains d'entre vous pouvaient identifier les arbres en question, je leur en serais reconnaissant.

En voici un que je suis parvenu à identifier :


Il s'agirait d'un Prunus cerasifera Pissardii. Et il m'inquiète car, alors que ces dernières années il n'avait produit que quelques rares prunes que je m'étais empressé de ne pas goûter les craignant toxiques, cette année, comme le montre la photo, ses branches croulent sous les fruits. M. Wikipédia les décrit ainsi : « Le fruit est une drupe de 2-3 cm de diamètre de couleur jaune ou rouge (proche de la mirabelle qui est issue d'un croisement de prunus cerasifera avec prunus domestica). Cette prune est comestible quoiqu'un peu aigre, aqueuse et fade. Elle arrive à maturité à partir de début juillet et jusqu'à la mi-septembre. ». Malgré ses faibles qualités, on peut donc le manger tel quel ou sous forme de confitures. Seulement, si l'homme peut s'en repaître, je suppose que les guêpes ne les dédaigneront pas. Étant allergique à leur piqûre et le prunus se trouvant à immédiate proximité de mon abris de jardin, je crains de me voir, en cas d'invasion, réduit à l'abattre, sort que connut un poirier pour les mêmes raisons.

Voici les autres essences qui peuplent le terrain :


Pourpre comme le prunus, je ne l'ai pas vu produire le moindre fruit. Toutefois, il semble porter des inflorescences :


Un autre de mes pensionnaire est cet énorme arbuste qui semble surtout se développer horizontalement, vu que haut d'environ 3 à 4 mètres, il s'étend sur environ 6 mètres. Au printemps, il produit de petites fleurs blanches formant des sortes de pompons.


Il s'est tellement étendu qu'il a fini par quasiment englober un autre arbuste à feuillage pourpre dont je montre ensuite le feuillage:




Pour en finir avec les inconnus, voici un arbre également volumineux dont les feuilles mêlent le vert-tendre au jaune :



A part cela, on y trouve aussi un tulipier agonisant, des lilas peu gaillard, quelques autres arbustes et un magnifique forsythia qui connut son heure de gloire en mars dernier :


Les iris viennent d'éclore et de jolies pervenches fleurissent en mêlant leurs tiges à un des hortensias :




 








lundi 13 mai 2019

Parlons cuisine



Je ne sais pas si cet humble préparation vous mettra en appétit. Des tomates grillées y accompagnent la poitrine d'agneau. Ce fut, excellent à mon goût, mon repas de midi. Une fenêtre météorologique me permet de me livrer à mon goût du barbecue. Hier, c'était une côte de bœuf qui fut accompagnée de la sorte. Demain,ce sera de la poitrine de porc. Rien de bien prestigieux. Et pourtant je m'en régale. Les connards habituels vous diront que ce genre de cuisson est malsain. Qu'ils aient raison ou non m'est égal vu que nos conceptions de la vie sont si éloignées qu'il pourraient prêcher en Moldo-Slovaque ancien que ça me ferait le même effet.

Venons-en à notre sujet : la cuisine. J'ai toujours bénéficié d'un bon coup de fourchette. Je me souviens des noces d'une copine où les serveuses, après les premiers plats, comprirent ma nature profonde et vinrent spontanément me proposer du rab jusqu'à la fin des agapes. Trois parts de chacun des sept plats me laissèrent sans ce léger appétit qu'est censé ressentir le gourmet en sortant de table. Ces temps-là ne sont plus.

A une période faste de ma vie, comme client ou invité, j'eus l'occasion de goûter aux plaisirs de grandes tables de la « Nouvelle cuisine ». Expérience agréable, certes, mais que je n'ai aucune envie de renouveler.

Ma gloutonnerie comme mon goût des mets sophistiqués m'ont quitté. J'en suis venu à préférer une cuisine simple. Celle que je prépare. Je me méfie comme de la peste de recettes qui mettent en jeu une multitude d'ingrédients, exotiques ou non.

Certaines personnes ont eu ou ont toujours l'indulgence de me considérer comme un cuisinier passable. Je les en remercie. J'aime cuisiner. J'ai quelques spécialités comme les spaghetti bolognaises, le lapin au chou (ou à la moutarde), le filet mignon à la crème et aux champignons, le coq au vin, le bœuf bourguignon, le pot-au-feu, le hachis parmentier, etc. De temps en temps, j'innove, à condition que la recette trouvée soit simple. Car il me semble que tout l'art de la cuisine réside dans la cuisson : soit on la réussit et c'est bon, soit on la rate et, quelle que soit la qualité des ingrédients mis en œuvre, ça ne l'est pas.

samedi 11 mai 2019

On s'en fait tout un monde et puis...

Il est des choses qu'on repousse sans cesse car on en redoute la pénibilité voire la faisabilité. Ce fut le cas pour moi avec le tableau électrique de ma demeure corrézienne. En effet, j'avais refait totalement l'installation électrique de la maison et pour cela j'avais évidemment dû installer un nouveau tableau équipé des sécurités qu'exigent les normes et de tous les disjoncteurs requis. Seulement, dans ma hâte de terminer, je n'étais pas allé jusqu'à tout installer correctement, me contentant de connecter les nouveaux circuits aux disjoncteurs, ce qui, certes, assurait la sécurité de l'installation mais faisait un peu désordre. Une petite photo en disant plus qu'un long discours, voici ce que ça donnait :


Ça fonctionnait mais ça manquait de sérieux. Depuis novembre 2015, les choses étaient restées en l'état, sous le prétexte fallacieux que j'avais d'autres choses plus urgentes à faire. La vraie raison était que je redoutais cette corvée que j'imaginais interminable autant que hasardeuse. Je craignais d'être privé d'électricité pendant longtemps, ce qui ne va pas sans de menus désagrément. Seulement, à force de remettre, j'avais terminé l'essentiel des autres tâches et mon excuse s'était évanouie.

Depuis mon arrivée, mardi, le temps ne permettant pas les activités extérieures, je me trouvais au pied du mur. Hier je me lançai dans l'aventure et fus surpris par la facilité de sa réalisation. En un après-midi l'essentiel du travail fut effectué. Ce matin, je parvins à tout achever et à vérifier le bon fonctionnement de chacun des seize circuits. Et voici le résultat :


Des esprits chagrins et rétrogrades diront que c'était mieux avant. Je ne partage pas leur avis.

mercredi 8 mai 2019

Putain d'électronique à la con !

Hier, j'ai rejoint sans encombre la Corrèze. Pratiquement rendu chez moi, je m'arrêtai au Super U, histoire d'y faire quelques emplettes, puis repris la route. C'est alors qu'apparurent des signes inquiétants sur mon tableau de bord : Pour commencer, mon compteur affichait imperturbablement 0 km/h. Ce qui est une vitesse on ne peut plus raisonnable, seulement, le paysage que je voyais défiler m'incitait à penser que cette indication était erronée. Mais ce ne fut pas là le plus inquiétant des signes. En effet, apparaissait de temps à autre sur l'écran un STOP que je devinais comminatoire. D'autres messages comme système de freinage défaillant ou dispositif antipollution fautif venaient ajouter à mon trouble. Pas au point de me faire m'arrêter au bord de la route comme eût fait le pleutre, cependant. Contre toute attente, je parvins à rejoindre mes pénates et pus rentrer le break dans son garage.

Ce matin, pensant que la nuit lui aurait porté conseil et que l'ordinateur de bord aurait en conséquence mis un terme à ses facéties, je voulus me rendre au bourg voisin. Tourner la clef n'eut pour conséquence que d'éteindre tous les voyants. Une solution s'imposait : contacter au plus vite le service assistance de mon assurance. Ce que je fis. Un camion de dépannage me fut envoyé. Le brave jeune homme essaya à plusieurs reprise et avec différentes batteries munies de câbles de démarrer. Sans succès. C'était d'autant plus ennuyeux que la boîte automatique étant en position « Parking », il eût été impossible qu'il sortît la voiture du garage. En dernier recours, il démonta ma batterie, la remplaça par une des siennes et, miracle !, le moteur démarra au quart de tour comme il en avait pris le pli dans son âge enfantin. Le dépanneur me proposa de me vendre sa batterie et j'acceptai, car en admettant que j'en trouve de moins chères, aller à Tulle sans voiture n'eût pas été aisé. Il vérifia que l'alternateur fournissait du courant. C'était le cas. Cependant, certains voyants signalant des anomalies demeuraient allumés. Il m'assura qu'après avoir fait quelques kilomètres tout rentrerait dans l'ordre. Je le fis et ça marcha.

Il n'empêche que les anomalies de fonctionnement de l'ordinateur sont anxiogènes et qu'au cas où, suite à des avertissements non fondés, l'on aurait recours à un garagiste sans scrupules (j'en ai connu !) pourraient mener à des dépenses astronomiques.

samedi 4 mai 2019

Images




Quand j'étais au Cours Préparatoire et que j'avais fait quelque chose de bien on me donnait un bon point. Avec vingt bon point, j'obtenais une image de Benjamin Rabier et j'étais tout content. Pas spécialement à cause de la beauté ou de la drôlerie de ladite image mais parce qu'il existait, entre les bons élèves dont j'étais, une compétition. Celui qui avait le plus d'images faisait la fierté de ses parents et l'envie de ses rivaux.

Je ne sais pas si un tel système perdure. Je serais tenté de penser que non, vu le traumatisme que constituerait pour les cancres le fait de n'avoir que très peu de bons points et encore moins d'images.

Les images, aujourd'hui, on les offre aux adultes sous formes de vidéos. C'est bien, une vidéo : c'est la réalité, c'est difficile à truquer. Les réseaux sociaux en regorgent. Elles rassurent et confortent les braves gens souffrant de préjugés. Celles qui montrent des violences policières sont prisées des ennemis de la « dictature macronienne », qu'ils se disent de droite ou de gauche. Celles qui montrent des Black Blocs tabassant un flic ou vandalisant un magasin rassérènent les autres. Tout le monde est content !

Le problème est qu'une vidéo, une image ou même une scène à laquelle on assiste ne prennent leur véritable sens que replacées dans un contexte qu'on s'empresse de ne pas montrer ou qu'on ignore. Un CRS gifle ou bouscule un manifestant : c'est pô bien. Seulement que s'est-il passé avant ? Mystère ! L'anti-flic ne se le demande jamais ou ne veut pas le savoir. Il a reçu son image, il en est rose de plaisir (ou vert d'indignation mais au fond ça revient au même).

Je citerai deux anecdote auxquelles le contexte donne un nouvel éclairage. Une nuit que j'étais aux urgence de l'hôpital de Chartres en train de goûter aux joies d'une colique hépatique qui eut pour conséquence ultime de me priver de vésicule biliaire, j'entendis une jeune infirmière reprocher aux nervis de la police de lui présenter un blessé menotté. Il lui fut répondu que le gars que leur malheureux prisonnier venait de poignarder et qui se trouvait au bloc chirurgical pourrait lui expliquer cette précaution.

Autre petite histoire : suite à une manifestation du National Front, la presse anglaise publia la photo d'une pauvre petite vieille au visage ensanglanté réputée avoir été victime de la violence de ces brutes fascistes. Hélas, quelque jours plus tard, la bonne grand mère reparut pour déclarer qu'elle était en fait une militante du NF, victime d'une chute suite à une action des contre-manifestants.

Comme quoi, ce qu'on voit...

Remarquez, je dis ça, je dis rien. Je n'ai aucune illusion quant au fait que les gens continueront de voir ce qui leur plaît et d’interpréter les images de la manière qui convient le mieux à leurs préjugés ou à leurs détestations quitte à mêler leur voix au concert d'autres qui sont à leur extrême opposé sur l'échiquier politique. Pour eux, les ennemis de leurs ennemis sont leurs amis. Pas pour moi.

mercredi 1 mai 2019

Le DAA

De nombreux droits sont revendiqués à tout bout de champ par toutes sortes de gens. En général ces droits ne m'intéressent guère. Il en est un pourtant que je trouve essentiel et que, dans leur liste à la Prévert, même les GJ ont omis, je veux parler du Droit A l'Arpète (ou DAA). Vous n'en avez jamais entendu parler ? Ça ne m'étonne pas, vu qu'on évite soigneusement de traiter des problèmes de fond.

Je m'explique donc : depuis quelques jours, je me suis lancé dans la rénovation de ma chambre. Le but est d'en faire quelque chose qui ressemblerait plus ou moins à ceci :


en partant de ceci :


Comme il est aisé de le penser, il y a du boulot !

Parmi les différentes tâches, certaines sont faciles à accomplir seul, d'autres, si elles sont réalisables, sont compliquées quand on n'est pas l'heureux résultat d'un croisement entre Vishnou et un atèle. Par exemple fixer aux murs ou au plafond des tasseaux ou des corniches de deux mètres de long et plus. On y parvient mais ça prend du temps. C'est pour les tâches difficilement réalisables individuellement qu'interviendrait le DAA.

L'arpète, à titre entièrement gratuit, fournirait l'aide de ses bras afin de faciliter la réalisation des projets du bricoleur. Le gain de temps serait considérable. Certains esprits chagrins verraient en lui un exploité. Que nenni ! En fait, il apprendrait ainsi des techniques qu'ensuite il pourrait mettre en œuvre pour améliorer son propre logement, aidé à son tour par un arpète dans le cadre du DAA.

La mise en œuvre de ce droit serait simple et d'un coût très faible. Malheureusement pour la transmission des savoirs, je crains qu'il ne voit jamais le jour pour toutes sortes de raisons dont l'appât du gain, l'égoïsme et l'absence de solidarité ne seraient pas les moindres.

Chienne de vie !

samedi 27 avril 2019

Satanisme !

Au rythme où se succèdent les décès de nos idoles, on pourrait penser que notre époque est maudite, que les disparitions de cette fin de décennies sont un phénomène inouï. Hélas, il n'en est rien. Les fins de décennies ont souvent vu disparaître de grands homme et femmes nous laissant au cœur une plaie ouverte. Les années soixante du siècle dernier n'en furent pas épargnées. A une époque où tout était censé être mieux, où l'on vivait, inconscient de leur prochaine fin, des années dites glorieuses, quelqu'un se sentit très mal à l'aéroport d’Istanbul le 1er décembre 1968, si mal même que l'hémorragie cérébrale (ou selon d'autres l'infarctus) qui l'affecta lui fut fatale. Je veux parler bien entendu du regretté Dario Moréno qui, en compagnie de Pauline Carton tient une place si haute dans mon panthéon personnel que j'ai dû y rajouter un étage afin qu'ils y logent à leur aise.

Il n'avait que quarante-sept ans, ce qui prouve que depuis bien longtemps la vie sait se montrer  cruelle. Faire la liste de ce que durant sa brève existence Dario nous a apporté serait fastidieux. Je n'en prendrai que quelques exemples : sans lui, qui penserait, lors d'un voyage à Rio, à monter là-haut ? Croiserions-nous encore un vagabond sans vouloir lui acheter du bonheur ? Aurions-nous remarqué que Brigitte Bardot n'avait (hors la rime) rien d'un cageot ?

Toutefois, l'homme avait son côté sombre. Écoutez attentivement les paroles de cette chanson, sans vous laisser distraire par le déhanché et la chorégraphie de l'artiste :


Après un « la la la la la la la la la la » de bon aloi, qu'entend-on ? Eh oui : « Pi dibi dibi poï poï »!On repart sur « la la la la la la la la la la » et, de nouveau retentit « Pi dibi dibi poï poï » ! Entraîné par le rythme endiablé de la musique, l'auditeur n'y prend pas garde. Et pourtant ! Peu de gens le savent, mais ce qu'ils prennent pour d'inoffensives onomatopées ne sont rien d'autre qu'une incantation satanique visant à ce que le démon s'empare des âmes et des corps des filles pour les entraîner dans la danse. D'ailleurs, de cette aliénation, le grand Dario n'en fait pas secret puisqu'il avoue plus loin (sans indiquer qu'il s'agit d'une intervention satanique, bien sûr) :

« Oui, depuis que toutes ces danses
Sont arrivées chez nous, c'est très curieux
Des milliers d' filles comme elle se dépensent
Le romantisme n'est plus dans leur jeu
Ce qui leur faut c'est un pas de mambo
Ce qui leur va c'est un p'tit cha-cha-cha
Ce qui les tient c'est le rythme cubain »

« C'est très curieux » ? Tu parles !

Voilà, vous savez tout. Maintenant, libre à vous de vous laisser ensorceler...