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dimanche 30 novembre 2014

D'une victoire douteuse



Nos commentateurs politiques nous l’assurent et répètent : l’élection de M. Sarkozy avec 64,5% des suffrages et un taux de participation de 58% est une contre performance. Le véritable gagnant est M. Lemaire avec presque 30% des suffrages. Il en est d’ailleurs content comme tout.



Moi, j’envie son heureux caractère au jeune Bruno. Voilà un gars qui à la veille du scrutin affirmait être certain que se tiendrait un deuxième tour, qu’il le gagnerait et qui, alors que ses prévision ont été cruellement démenties, se réjouit d’avoir obtenu moins de la moitié des suffrages du vainqueur !  Plus fort que Hollande le député de l’Eure !  Il se plante et se pavane. Il est vrai que les media l’y aident grandement. Après de telles victoires, point besoin de défaites !  Mais Bruno, il est satisfait. Ce qui prouve qu’il est un bon politicien : quelqu’un qui dit n’importe quoi et s’enorgueillit ensuite de ses échecs.



Faisons un peu de politique fiction. Imaginons que les militants du PS soient appelés à élire leur dirigeant suprême. Nous sommes en pleine fantaisie car le secrétaire général du PS est choisi par un Conseil National du parti, composé de 204 membres élus par le congrès et des 102 Premiers secrétaires fédéraux, chefs de file des socialistes dans leur département. La démocratie pyramidale, si chère au cœur des communistes, rien de tel. Ainsi, M. Cambadélis qui dirige avec brio son parti a-t-il été choisi par  67,12 % de 306 apparatchiks (soit au maximum 205 suffrages) tandis que l’inconnu Sylvain Mathieu recueillait les 32,88% restants. A-t-on pour autant applaudi au score inouï de l’anonyme ?



Mais revenons à nos fictions. Qui pourrait imaginer qu’une élection démocratique du dirigeant du PS permettrait à un quelconque candidat d’être élu au premier tour avec plus de 60% des voix ? Un tel scrutin n’exposerait-il pas au grand jour les profondes divisions qui parcourent ce parti ?  Prudents, nos grands démocrates se gardent bien de l’organiser ! Dans le fond, ils ont tort : il ne viendrait à l’idée d’aucun commentateur politique de critiquer ses résultats quels qu’ils soient. Car, en bons serveurs de soupe, ils ne verraient dans l’éparpillement des suffrages que l’expression d’une bienheureuse diversité, ils souligneraient la vitalité du débat démocratique interne qu’il met en évidence.  Quand à droite on n’obtient pas un score de Maréchal, c’est un signe de désaveu, de profondes divisions et les prémisses d’une future guerre des chefs. Curieux, non ?

29 commentaires:

  1. Harlem Désir avait été elu par 72% des militants. (Il était nul et a été remplacé hors période de congrès par Camba, de même que Copé élu avait dû être remplacé en urgence). Aucun type élu par les militants n'était chef de l'UMP quand Sarko était au pouvoir.

    Et le congrès de Reims en 2008, les militants n'étaient pas appelé à choisir leur chef ?

    Sans vouloir vous chagriner, relisez votre avant dernier paragraphe puis les statuts du PS.

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    1. Vous voulez du statut, en v'là :
      article 3.2.7
      vote sur les motions nationales d’orientation et élection du Premier secrétaire du parti
      Le troisième jeudi précédent le congrès national, les adhérents
      votent pour l’une des motions soumises au vote. La représentation
      dans les instances se fait à la proportionnelle sur la base du résultat
      de ce vote dans le respect des articles 1.3.1 et suivants.
      Le deuxième jeudi précédent le congrès national, le Premier
      secrétaire du parti est élu à bulletin secret par l’ensemble des
      adhérents du parti. Le premier signataire des deux motions arrivées
      en tête qui le souhaitent, est candidat. Les candidats se présentent
      aux suffrages avec une profession de foi pouvant avoir été élaborée,
      lors d’une Commission des résolutions suivant le vote des motions,
      avec les motions autres que les deux motions arrivées en tête.
      En cas de vacance prolongée du poste de Premier secrétaire du
      parti, le Conseil national élit un nouveau Premier secrétaire qui
      reste en poste jusqu’au prochain congrès.
      C'est là :http://www.parti-socialiste.fr/static/2594/documents/les-statuts-et-le-reglement-interieur.pdf (page 26).
      Si après cela vous me dites que M. Cambadélis n'a pas été élu par un maximum de 205 personnes...
      Quant à l'élection "normale" "en fonction des motions, on se demande qui en désigne le premier signataire...

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    2. Ne vous fâchez pas. Relisez. Il y a un premier vite pour les textes et un deuxième pour la personne. Ainsi Martone Aubry a été élue par les militants en 2008 (sacs les conditions que l'on sait) et Harlel Désir en 2012. Calbadelis assure l'intérim jusqu'au prochain congrès.

      Les deux successeurs de Nicolas Sarkozy (de mémoire) après son élection en 2007 (Bertrand et Copé) n'ont pas été élus (Copé a été élu fin 2012, à peu près dans les mêmes conditions qu'Aubry en 2008).

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  2. Les jounaleux avait fixé la barre des 70% ( et pourquoi pas 80 ou même 100!), chiffre d' ailleurs issu de tous les sondages, pour pouvoir expliquer qu' en deçà la victoire de Sarko était un échec.
    Le résultat de 64,5 est excellent, avec une élection au premier tour et un score double de son concurrent. Mais non, il fallait que ce soit un échec, donc c' est un échec. C' est un grand principe socialiste: cracher en l'air et faire croire qu' il pleut.

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    1. C'est tout à fait cela : à moins de 110% c'était un échec, au dessus un demi succès...

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    2. @ le nonce, j'aime beaucoup votre grand principe socialiste.

      @ Jacques, bien d'accord avec vous sur ce sujet. Ceci dit, je crains que ce soit lié à un abus de RSC™.

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  3. Pensez-vous réellement, Jacques, que ces historiettes aient la moindre importance? N'est-il pas plutôt temps d'aller suveiller vos tomates, courgettes, rutabagas et autres délicatesses?

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    1. Surveiller les tomates à l'orée du mois de décembre ? Voilà une occupation qui devrait laisser à Messire Jacques du temps de este pour pondre encore beaucoup de billets sans importance !

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    2. Elles n'ont en effet aucun intérêt, mis à part celui de souligner s'il en était besoin les curieuses réactions des media. Quant aux légumes, comme le souligne si justement ce jardinier émérite qu'est Didier, c'est la morte saisons...

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  4. C'est vrai qu'on s'en fout un peu de la cuisine de l'UMP.
    Le plat final c'est quoi ? Du Sarkozy réchauffé avec un peu de Juppé pour remplacer le Fillon qui avait tourné ?
    J'aime pas les plats réchauffés.

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    1. Moi aussi je me fous de la cuisine UMP, ce qui m'amuse c'est l'unanime réaction de nos chers media.

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  5. Les mêmes qui portent ce genre de critique ne manqueront pas de taxer la réélection de Marine Le Pen
    (100%) de score à la soviétique. Les media ne sont pas à une contradiction près, du moment que ça
    reste conforme au dogme.
    Amitiés.

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    1. Un parti où la présidence se transmet génétiquement, ce n'est même pas du régime soviétique mais de la république africaine.

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  6. Un non-événement. C'était couru d'avance. Les journalistes commentent: c'est leur boulot.

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    1. Disons que la manière dont ils le font prête à caution...

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  7. Le grand vainqueur est - devait être - Bruno Le Maire à qui tous les journalistes prêtent le plus grand avenir qui soit.
    Ses 29% étant admirables alors que les 64,5% de Sarkozy ne sont que roupie de sansonnet.

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    1. Le Maire Président. Quoiqu'il fasseun peu double usage avec le vieux Juppé. Pour 2027, peut-être...

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  8. Le "de même" de Nicolas me fait penser à cette alternative: Si on retient l'élection de 2012 au PS et celle-ci, on peut déduire:
    Soit que l'aile gauche des 2 partis tourne à 30%.
    Soit que les cadres dirigeants (Cambadélis et la triplette JRF) des 2 partis ont 70% des militants contre eux.

    En effet, on peut penser que le transparent Emmanuel Maurel qui faisait déjà 30% il y a 2 ans, ferait bien mieux aujourd'hui...
    Amike

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    1. Vous venez de m'apprendre l'existence de ce bon Emmanuel, invisible puisque transparent...

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    2. Amike,

      De mémoire ce n'était pas encore Maurel. Je me trompe peut-être mais le lascar était encore plus inconnu.

      Pour le reste, vous avez raison. L'aile gauche des deux partis font 30%. C'est à analyser.
      Par contre, si on en croit l'adage : l'´election se gagne au centre, le PS a raison (Jacques je ne fais pas une théorie, je pose la question).

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  9. J'avoue que ce qui m'étonne le plus c'est que M. Sarkozy, après avoir été battu par M. Hollande dont on connait le succès, se soit mis en tête que la France avait besoin de lui pour un second mandat.
    Jospin avait plus de classe.

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    1. Oui hein ! Jospin avait voulu se présenter à la primaire en 2006 mais il s'est rendu compte qu'il allait être battu par Ségo. Il a abandonné (ne répétez pas ce que je viens de dire dans les blogs de gauche, il reste des fans de mémère).

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  10. Et voila le retour du Capo des tutti capi sur les alies de la blanche démocratie ! Pas une once de vulgarité n'a été perdue en chemin, les sicaires arrivent dans les lucarnes, et l'impétrant se pavane dejà à entendre les voix de Domrémy qui l'appellent au rempart.
    Un peigne-cul, chère médème ! Faut le voir marcher.

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  11. Bonjour Monsieur des Collines :
    Si je peux me permettre de faire de la promo pour Monsieur Goux :
    http://didiergouxbis.blogspot.fr/2013/04/mon-depute-est-une-couille-molle.html

    En peu de mots l'irremplaçable Monsieur Goux nous affirme que :
    mercredi 24 avril 2013

    "Mon député est une couille molle
    "Il s'appelle Le Maire ; Le Maire Bruno, même. L'autre soir, lors du vote pour ou contre le mariage guignol, il s'est courageusement abstenu. En 2012, je m'étais résigné à glisser son bulletin dans l'urne. C'est une erreur que je ne commettrai pas deux fois, on peut en être assuré."

    Personnellement Monsieur Le Maire me rappelle un grand et bel homme qui j'ai connu "bibliquement", bien avant mon mariage. Donc c'était très beau à l'extérieur, mais désespérément vide et égocentré à l'intérieur.

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  12. Quand on voit les ralliements de Pecresse ou de Wauquiez, ralliements juste motivés par le désir de ne pas se griller pour être désigné chef de file aux régionales/cantonales... on voit bien que tout était quand même fait pour que le monarque l'emporte.
    Des tas de courtisans en tout genre qui misent uniquement sur le favori en vue de lui soustraire ses bonnes grâces.

    Que ce milieu est écœurant... (je parle des partis en général, ça ne concerne pas uniquement la secte UMP)

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    1. Je ne connais pas trop le monde du travail, mais j'ai l'impression qu'on retrouve ce genre de comportements dans tout grande entreprise ou toute société hiérarchisée.
      La politique est une de ces grandes entreprises, et c'est bien là le vrai problème, le fait que la politique soit une profession !

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TOUT COMMENTAIRE ANONYME SERA SUPPRIMÉ;