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mardi 18 janvier 2022

Sodomiseurs de diptères

 

Un criminel comme l’histoire en connut peu

Les bras m’en tombent ! J’allume le poste pour regarder M. Praud et ses acolytes. Et, là, qu’apprends-je ? « la chose la plus étonnante, la plus surprenante,[...] la plus inouïe, la plus singulière, la plus extraordinaire, la plus incroyable [...] ; enfin une chose dont on ne trouve qu’un exemple dans les siècles passés »* : M. Blanquer, le célèbre ministre, aurait passé le premier de l’an à Ibiza !

Le fantasque Pascal est tout bouleversifié. On sent qu’à ses yeux c’est, comme disait M. Boulay de la Meurthe au sujet de l’assassinat du duc d’Enghien, « pire qu’un crime, une faute » !  Je me dis in petto : « Ça y est, le pauvre garçon a définitivement perdu les pédales ! ». Mais il semblerait qu’il n’ait pas été le seul à connaître cet émoi : l’affaire serait reprise par les media qui en feraient leurs choux gras ! Ce serait l’affaire du siècle, que dis-je, un scandale comme on n’en a pas vu depuis que le monde est monde. J’ai éteint le poste.

Qu’est-ce que j’en ai à foutre de l’endroit où tel ou tel ministre, parlementaire, plombier-zingueur ou charcutière a pu passer le jour de l’an ?  Il paraît que le passer à Ibiza serait choquant, que ce serait, dans cette période de grande covidité, alors que le protocole scolaire a tardé à être signifié aux intéressés, infliger un camouflet au peuple qui souffre ! 

Qu’attend-on d’un ministre ? Qu’il aille célébrer le nouvel an au Formule 1 de Saint-Denis en y mangeant un kebab arrosé d’un Muscador en promo de chez Lidl  ?  Et même, dans ce cas, ne pourrait-on pas lui reprocher d’offenser gravement tous ces braves gens qui dorment sous des tentes ? 

S’imagine-t-on que le ministre, dans une humble chambrette, armé d’un crayon à papier,  écrit lui-même les protocoles sanitaires sur un petit cahier  à  réglure Seyes ? Qu’il fait autre chose que d’en donner les grandes lignes aux fonctionnaires chargés de les rédiger ? Que le fait qu’il soit à Ibiza ou à Aubervilliers ne change rien à ces documents ? 

J’avoue que le désespoir m’étreint quand je vois ce qu’est devenu le débat « politique » dans notre pays. Toutes ces petites phrases, ces faits minuscules que l’on voit ravir, quelques jours durant, sa place à la pandémie (laquelle me gonfle également grave) à la une des journaux me désolent. Ce genre de « politique » ne saurait m’intéresser. Malheureusement, elle semble intéresser mes compatriotes toujours prêts à s’indigner d’un rien.

J’en suis profondément désolé mais les Français n’ont que les media et les hommes et femmes politiques qu’ils méritent. Si au lieu de les écouter, ils boudaient les âneries des journalistes, si au lieu de voter pour des politiciens « crédibles », c’est à dire, comme eux, totalement dépourvus sinon d’idéaux (ne rêvons pas!) du moins de visions d’ensemble, nous n’en serions pas là. Pour moi, pour ne prendre qu’un exemple, M. Macron et sa bande de bras cassés sont des insignifiants qui gardent tant bien que mal la « boutique ». Cela posé, si l’on n’est point gâteux, à quoi bon souligner jour après jour, les aspects variés de leur insignifiance ? Cela empêchera-t-il cet insignifiant d’être réélu ou remplacé par un(e) insignifiant(e) du même tonneau ? J’en doute fortement. Notre galère continuera de voguer. Vers où ? Qui vivra verra...

* Extrait de la lettre, sans grand intérêt en dehors de l’accumulation des superlatifs, de Mme de Sévigné au sujet du mariage du duc de Lauzun avec la Grande Mademoiselle.

32 commentaires:

  1. Bonjour, j'ai récemment eu l'occasion de goûter un "Muscador de chez Lidl"... Ma foi, il était très bon.. Vraiment. Ceci étant dit, merci pour votre blog que je lis avec plaisir.

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    1. Je vois que vous menez une vie de satrape !

      Merci pour vos encouragements !

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  2. Ce n'est pas Blanquer qui a perdu les pédales, si j'en crois cette lettre de Michel Houellebecq datant de mai 2020, ce serait notre monde qui a perdu les pédales et ne serait pas près de les retrouver de si tôt :

    https://www.franceinter.fr/emissions/lettres-d-interieur/lettres-d-interieur-04-mai-2020

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    1. C'est Praud et non Blanquer que je soupçonnais d'avoir perdu les pédales.

      Sinon, je partage ce que dit Houellebecq mais sans le déplorer. Cette raréfaction des contacts humains directs ne gène pas le solitaire que je suis devenu au fil des ans.

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    2. Donc vous apéritisez seul ? Le verre solitaire ...

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    3. Mais tout à fait, cher Dominique ! Je n'ai besoin d'aucune compagnie pour boire un coup (et même deux si affinités).

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  3. Naguère ces discussions étaient du domaine du bistrot. Avec la diminution de ces derniers elles ont migré sur les plateaux TV, sans élévation du niveau mais avec une plus grande diffusion. Le superficiel s'est donc étalé d'où ce manque d'épaisseur sur bien des sujets. Par contre la mauvaise couche, celle que l'on constate chez certains (il en tient une couche celui-là!) progresse.
    Quant au vote salvateur, faudrait -il encore avoir un sauveur en vue.

    Le Page.

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    1. Je vous rejoins là-dessus. Je ne peux m'empêcher de plaindre ces pauvres invités qui passent des heures et des heures à bavasser à longueur de semaine sur les chaînes d'info. A la différence des bistros, cependant, il ne semble pas qu'on leur serve régulièrement des boissons alcoolisées. Ça doit être ni très amusant ni très facile de sortir toujours les mêmes radotages quand on n'est pas bourré.

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  4. Peut-être JE, peut-être...
    N'empêche que partout en Europe cela vaudrait démission immédiate.
    Voyez ce pauvre Boris...

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    1. It is not a bug, it is a feature.
      Ce n'est pas un défaut, c'est une propriété.

      Le bug du mariage du duc de Lauzun est aussi une propriété, inspirée par un Grand Maitre, dont il vaut mieux taire le nom, car ses foudres sont terribles.

      L

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    2. It is not a bug, it is a feature.
      Ce n'est pas un défaut, c'est une propriété.

      Le cheval de Troie est creux, mais ce n'est pas un défaut, c'est juste sa propriété.
      Ulysse aux 1000 ruses.

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    3. @ Fredi : "N'empêche que partout en Europe cela vaudrait démission immédiate." Ce n'est pas parce qu'en Europe on se montre encore plus con que nous qu'on est obligé de se mettre au diapason.

      Admettons que, pour vous faire plaisir, tout ministre ayant commis une faute gravissime (traversé en dehors des clous, repris deux fois de la blanquette lors d'un déjeuner ministériel, ne s'étant pas déplacé pour réconforter Gédéon Trène-Pathin quand il s'était cassé un ongle ) démissionne. Que se passe-t-il ? On le remplace par un autre clampin dont vous pourrez avec véhémence réclamer le départ...

      @ Le Rabouilleur : Rien compris !

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    4. JE serait-il un Cheval de Troie ?

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    5. Mes traits n'ayant rien d'équin, et n'ayant jamais mis les pieds à Troie, je pense que non.

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  5. Décidément vous ne comprenez RIEN au monde actuel!
    Ce n'est pas de la "sodomisation de diptères" c'est une très efficace stratégie de manipulation, ça occupe les imbéciles et pendant ce temps là ils ne regardent pas ailleurs

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    1. Je vois qu'à vous, on ne la fait pas et que vus comprenez tout !

      Je maintiens ma "sodomisation des diptères". Il me semble que cet agréable passe-temps n'existe que parce qu'il offre ce qu'il désire à un peuple décérébré qui en est très friand.

      S'ils étaient capables de s'intéresser à autre chose d'un poil plus profond, les Français (comme les autres peuples) éteindraient le poste et quand on les sonderait sur l'affaire Trucmuche ou le scandale Machin, ils répondraient massivement qu'ils n'en ont rien à foutre. Ce n'est pas le cas.

      La soi-disant affaire Fillon et tout le bruit qu'elle fit en son temps ne m'ont pas découragé de voter pour lui. Probablement parce que je ne comprends rien...

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  6. Il faut bien alimenter la machine médiatique avec la dose quotidienne de polémiques.
    L'une chassant l'autre. Je vous mets mon ticket que dans deux jours on en parle plus.

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    1. Mais bien entendu. Ça a si peu d'importance ! Mais ça amuse les andouilles toujours avides de "scandales" et de nouveauté.

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  7. S’imagine-t-on que le ministre, dans une humble chambrette, armé d’un crayon à papier, écrit lui-même les protocoles sanitaires sur un petit cahier à réglure Seyes ? Qu’il fait autre chose que d’en donner les grandes lignes aux fonctionnaires chargés de les rédiger ?

    J'ai bien fait de venir, moi qui croyais que c'était les fonctionnaires indéracinables des divers ministères variés qui *suggéraient* à leur ministre respectif les directives et la direction à suivre pour plaire à miss Europa !!!
    Décidément, j'ai bien fait de venir et je reviendrai !

    (certainement)





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    1. Sans vouloir vous contrarier, cher bedeau, pour avoir été, à un niveau bien humble (mon père était secrétaire général de mairie) témoin de la manière dont les choses se passent entre élus et fonctionnaires, j'apporterai quelques correctifs à la conception que vous en avez.

      Admettons que l'élu ait l'idée d'une quelconque réforme. Le fonctionnaire est là pour lui expliquer pourquoi, en fonction des lois et règlements, sa réforme est irréalisable en tout ou partie. Plus les opinions des deux divergent, plus le fonctionnaire trouvera d'objections et plus l'élu pensera que ce dernier fait de l'obstruction.

      Le fonctionnaire, s'il bénéficie d'un statut qui le rend quasi-indéboulonnable n'est pas totalement à l'abri du courroux de l'élu. Ce dernier peut soit lui rendre la vie professionnelle impossible jusqu'à ce qu'il demande à être muté, soit lui adjoindre une personne plus arrangeante qui prendra, de fait, les responsabilités du titulaire du poste, lequel bénéficiera de davantage de loisirs.

      Ce n'est que si l'élu n'a pas l'ombre de la moindre idée que le fonctionnaire tiendra la boutique à sa place.

      Son travail ne consiste pas à "suggérer" mais à "canaliser" les idées. Ce qui, parfois, revient au même, j'en conviens.

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    2. sans vouloir manquer de respect à votre vieux papa, je ne suis pas sûr à 100% qu'on puisse comparer le rôle d'un secrétaire (même *général*) de mairie (il y a quelque temps ? avant la manie de l'intercommunalité ?) avec celui d'un des ministres réputé les plus... "importants"(?) de la zone occidentale de la Magistrale Union Européenne et Bruxelloise (question harmonisation et concordance entre les provinces de l'Union).

      Mais si vous le dites...

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    3. Je tentais d'expliquer, peut-être maladroitement, un mécanisme, et évidemment, à un niveau frisant les pâquerettes auquel vous ne sauriez vous abaisser mais qui, pour un esprit simple comme le mien, peut s'appliquer à tous les niveaux.

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  8. Bien vu. Je partage votre avis.. Un nouveau scandale pour nos journaleux : Blanquer est allé en vacances à Ibiza et il s'est marié quelques jours après être rentré. Il fait tout à l'envers cet homme! Une chose pareille peut-elle être permise ? Qu'en pense Pascal Praud ? J'ai hâte de savoir...

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    1. Avant d'éteindre le poste, j'au pu entendre que selon Praud, qu'un rien emballe, il considère qu'il s'agit, pour le moins, d'une Grave maladresse.

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    2. @renepaulhenry
      Ainsi, vous considérez qu'allez à Ibiza puis se marier ne convient pas à un homme de bien comme est sans doute ce ministre. Est-il préférable de se marier d'abord puis d'aller en voyage de noce à Ibiza? Est il préférable de ne jamais aller à Ibiza avant de se marier? Ou après? Ce ministre a t il eu le temps de se marier depuis son voyage. Tout cela me plonge dans un abime de perplexité.

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  9. Et quand donc allez vous enfin aborder les vrais problèmes ? A commencer par l'injustice de l'expression de "choux gras" alors que le chou est tout sauf gras ?

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  10. Combien de fois par an, l'un ou l'autre membre de l'opposition demande-t-il la démission d'un membre de la majorité?
    Cette histoire d'Ibiza m'a juste fait rigoler. Blanquer et Ibiza étaient jusqu'à présent des mots qu'on n'imaginait pas trouver dans la même phrase.

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  11. Merci pour cette remarque pleine d'un bon sens charcutier sur les choux gras. On ne pouvait en attendre moins de vous étant donné vos talents en la matière mais c'est fort justement ettayé.

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  12. Une des dernières demande de démission qui fut suivie d'effet fut celle de M. Rugy qui avait mangé un homard. J'espère que M. Blanquer, l'esprit embrumé par les vapeurs d'iode marin qui doivent flotter à Ibiza, n'a pas cédé à cette tentation car là, bien sur, ce serait très grave!

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    1. Un président d'assemblée osant manger du homard quand le bon peuple peine à s'offrir une langouste, c'est une honte ! Du temps où il y avait encore un semblant de justice on l'aurait décapité !

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  13. Ils sont déconcertants ces politiques ! on ne s'étonne plus de rien tout en étant abasourdi...
    XX

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