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lundi 3 septembre 2018

« Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là, simple et tranquille.

...Cette paisible rumeur-là vient de la ville ». Mouais... Il avait du écrire ça un jour de grève et de couvre-feu, le père Paul. Comme ceux qui me suivent, vous savez que je vis depuis quelque temps en ville. Enfin, en petite ville puisque seules trois mille et quelques âmes la hantent. Seulement, pour qui, depuis bientôt sept ans, avait connu le calme tout à fait relatif de la pleine cambrousse, ce nouveau statut de « citadin » apporte quelques nouveautés.

Si le calme de la campagne est souvent troublé par les passages de tracteurs, le bruit plus ou moins lointain des tronçonneuse, scies ou autres engins pétaradants, si s'y entendent les chants du coq et de la poule, le mugissement des bovins, le bêlement des ovins comme l'appel rauque des corbeaux, en ville d'autres bruits se font entendre.

Un de ceux que j'avais oublié est celui du voisinage. Ainsi bénéficié-je, surtout le week-end, des sempiternelles disputes qui opposent une vieille et son fils (ou son (presque) jeune amant, allez savoir, l'exemple venant de haut). Je serais moins dérangé par des échanges d'une admirable violence que suivraient de longues bouderies. Mais, hélas, il n'en est rien. A part de courtes accalmies, ces braves gens s'adressent sans cesse d'ineptes reproches. La brave dame s'est excusée auprès de moi des hurlements à la mort que poussait son deuxième chien lorsqu'elle sortait en le laissant seul. Bien sûr son cri est agaçant mais il l'est nettement moins que les imbéciles chamailleries des maîtres et elle ne sort pas si souvent...

Une autre nuisance est le bruit de la circulation. Car le passage d'une auto ou d'un camion n'est plus le fait rare qu'il était dans mon désert de verdure. Oh, ce n'est en rien comparable au voisinage d'une autoroute ou du périphérique parisien mais si l'embouteillage est chose inconnue, la différence est toute de même sensible.

La pire épreuve sonore est celle occasionnée par quelques jeunes qui, à l'aide de deux roues aux échappements trafiqués, font des tours de pâtés de maisons dans un concours de décibels. L'attrait que ressent l'adolescent moyen pour les assourdissants autant qu'inutiles tours à mobylette (ou scooter) ne date certes pas d'hier mais il demeure pour moi une énigme. Il semble en outre que depuis leur interdiction, les échappements bruyant ont beaucoup progressé.

Le rauque appel du corbeau a fait place au piaillement des corneilles qui le soir n'en finissent pas de se chamailler perchées sur les cheminées. Restent le chant de la poule, car une autre voisine en possède quelques unes qui célèbrent dûment leur ponte et, le mardi, du proche marché aux bestiaux, veaux et moutons s'entend la cacophonie des veaux et des moutons.

N'empêche qu'il y existe des avantages : si, comme l'exige la tradition, je constate au retour de courses que j'ai oublié de faire l'emplette de telle ou telle denrée indispensable, je n'ai plus à faire onze kilomètres pour réparer ma distraction. Je peux même aller faire mes courses à pied et je m'efforce d'en profiter.

On ne peut pas tout avoir.

10 commentaires:

  1. Vous resterez un éternel insatisfait JE.

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    1. Détrompez vous, cher Fredi, je suis satisfait de ma nouvelle résidence qui offre davantage d'avantages (lesquels, comme nous l'a appris le grand Bobby, avantagent davantage) que la précédente. Du moins jusqu'ici...

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  2. "Ineptes reproches", peut-être pas tant que cela ! Je vous fiche mon billet, qu'en tendant un peu l'oreille, vous allez entendre de quoi nous écrire des billets gratinés !

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    1. Je crains que non. Il me semble que cette voisine est une maniaque de l'engueulade sans rime ni raison. En l'absence de sa tête de turc, il arrive qu'elle s'en prenne avec véhémence à ses chats et à ses chiens.

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  3. Vous avez parfaitement résumé notre dilemme, à Catherine et à moi…

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    1. Le choix entre l'isolement campagnard et un minimum de facilités "citadines" a en effet quelque chose de cornélien.

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  4. J'ai hâte de lire vos mémoires d'outre-tombe.

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    1. Prenez votre mal en patience, cher leon, je n'en ai pas écrit la moindre ligne et la peinture de mes éléments de cuisine (entre autres tâches( m'empêche d'envisager de m'y mettre dans un proche délai.

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  5. nous n'avons pas la photo de ta nouvelle maison, c'est pas mis à jour ici ! l'avantage premier est sans aucun doute la liste des travaux que tu as prévu de faire

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  6. "L'enfer c'est les autres"...moins il s'en trouve alentour mieux on se porte...
    Amitiés.

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