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mercredi 18 mars 2015

Du cloporte et de sa disparition saisonnière



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Dernièrement, l’essentiel de mon temps a été consacré à la réfection des joints de mon garage, occupation aussi nécessaire qu’ingrate et épuisante. Entre autres conséquences, cette tâche m’a tenu éloigné de ce blog, et je prie ceux qui depuis des années déjà viennent y puiser leur ration quotidienne d’instruction et de sagesse de m’en excuser, mais comme disait Heidegger « On ne peut pas être au four et au moulin ». Toutefois, le travail manuel ne saurait dispenser de la réflexion profonde. J’irais jusqu’à dire qu’il la favorise et qu’il fournit parfois fortuitement des réponses aux questions fondamentales que se pose tout esprit curieux depuis que l’homme est homme et le monde monde. Ainsi ai-je découvert, en faisant sauter les joints anciens au burin monté sur ma perceuse à percussion Metabo* ce qu’il advenait des cloportes durant la mauvaise saison.

Parmi les sujets de conversation de l’honnête homme de ce siècle, le cloporte occupe une place bien souvent modeste. Pourtant, s’il est une créature qui mérite attention et estime, à l'exception près du lapin,  c’est bien lui. Peu de gens le savent, mais cette sympathique petite bestiole qui compte plus de trois mille espèces dont cent-soixante en France** est un crustacé. Il est même le seul de cette famille à être entièrement terrestre, ce qui prouve sa grande intelligence car à la différence de ses cousins et cousines les crabes, langoustes, homards et autres écrevisses son habitat le met à l’abri des pêcheurs. Une autre de ses caractéristiques morales est la modestie : il a horreur de la lumière et se tient par conséquent dans des endroits sombres et mène une vie nocturne sans faire le moindre tapage. Ce n’est pas lui que l’on verrait dévorer les choux, comme certaines larves de papillon sur les méfaits desquelles nous éviterons de revenir. En fait, il se nourrit de détritus végétaux et ainsi favorise un retour rapide des nutriments dans le sol. C’est donc un animal utile.

Du point de vue physique, on ne peut pas dire que la nature l’ait vraiment gâté. Ne croyez pas qu’il en souffre ! D’un naturel jovial, optimiste, et sage, il a bien vite compris que « dans la vie, faut faire avec c’qu’on a » c’est pourquoi il ne milite pas à la CGT. Il bénéficie cependant de certains avantages, ainsi son thorax est divisé en sept segments dont chacun porte une paire de pattes, ce qui est bien pratique pour se déplacer surtout quand, comme c’est son cas, on est exempt d’arthrose du genou et de la hanche. Bien sûr une telle caractéristique pourrait ruiner sa famille en achats de souliers mais adultes comme enfants préfèrent aller pieds nus. La femelle transporte ses œufs fécondés dans une poche incubatrice nommée « marsupium » et semble, après un mois, « donner naissance » à ses petits ce qui la rapproche à la fois de la vipère et de la femelle kangourou bien qu’elle ne morde pas comme la première et saute moins loin que la seconde.

Seulement, malgré toutes ses qualités, le cloporte n’en demeure pas moins une énigme. Comme moi, vous vous êtes certainement maintes souvent demandé ce que le cloporte pouvait bien faire de sa peau l’hiver, quand le détritus végétal se fait rare. La réponse est simple : comme l’ours, la marmotte, le hérisson ou le sénateur, il hiberne. Il se cherche un endroit tranquille, se roule en boule (il a cette capacité !) et attend que ça se passe. A moins qu’un abruti, avec sa Metabo se mette en tête de venir détruire les joints de son garage et ce faisant vienne perturber son salutaire repos… Eh oui, sans le vouloir j’ai perturbé la vie de centaines de ces estimables bestioles. Sans compter qu’il va être difficile pour cellesque je n’aurais pas intempestivement réveillées de franchir la barrière que constituent les nouveaux joints…

*Si j’en trouve  un jour le temps, il faudra que je consacre le long panégyrique qu’il mérite à ce magnifique outil qui depuis plus de dix ans me sert avec une efficacité et un dévouement dignes d’éloge.
**Soit presque autant que de nationalités d’origine dans une école du 9-3 sans que ces deux faits entretiennent le moindre rapport.

 DERNIÈRE MINUTE :

Afin de répondre aux interrogations d'Orage qui se demandait quelle différence pouvait exister entre anciens et nouveaux joints, je vous soumets les photos suivantes :

Avant :

Vous noterez la disparition partielle des joints. Ne subsistent que de tristes restes. Ailleurs, le vieux mortier laisse place au torchis ou à des trous où viennent parfois s'installer plantes et nids de bourdons.

Après :
Après avoir supprimé les restes de joints et creusé les interstices entre les pierres, les cavités sont bouchées au mortier de ciment ce qui évite que les murs ne se dégradent davantage. Certains diront que c'était mieux avant. Je ne partage pas leur goût des ruines...

18 commentaires:

  1. Paraît que ça se métamorphose un cloporte. Faites gaffe de ne pas dézinguer un Mozart !
    Sinon si c'est de la même famille que les homards ça vaudrait peut-être le coup d'y goûter, y'a peut-être un créneau porteur là. Tenez-nous au courant.

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  2. Ceux de Boudard ne se sont pas métamorphosés en Mozart...

    Je travaille d'arrache-pied à une recette de cloporte à l'armoricaine...

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  3. Attention: le jour où vous disserterez sur votre perceuse Metabo, vous aurez face à vous un éminent spécialiste du dit instrument... de sa fabrication à son utilisation en passant par sa commercialisation. Et croyez moi l'univers de la perceuse est un univers impitoyable ...

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    1. Seriez-vous de mêche ?

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    2. Oh mais je ne prétends pas avoir la moindre connaissance en matière de perceuses. Je constate simplement que, depuis plus de dix ans, ma Metabo m'a servi à percer des centaines voire des milliers de trous dans toutes sortes de matériaux (béton, granit, béton), etc. sans effort ni faiblesse. Un peu coûteux à l'achat, sa fiabilité compense largement ce défaut. Comme le disaient si justement les porte-flingues dans "Les tontons flingueurs", "le prix s'oublie, la qualité reste!".

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    3. Je conseillerais à l'usurpateur d'identité d'aller déposer les misérables petites crottes que secrète son cerveau de merde dans d'autres lieux : ici, il ne trompe personne et la chasse sera systématiquement tirée. Cela dit en toute amitié.

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  4. Comme disait Heidegger (était-il épais et/ou en dentelles ?), il se colporte que l'on ne saurait être concomitamment à Six-Fours (les Plages) et à Moulins !...

    Parmi les cloportes les plus efficaces, citons les cadenassium, serrurius et verrousium.

    Et permettez-moi de préférer un Clos-Vougeot !...

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  5. « On ne peut pas être au four et au moulin »Pierre Desproges indiquait qu'il s'agissait de propos d'Adolf Eichmann lors d'un voyage en Hollande...Qui croire..

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    1. Haut-Land ou Pays-Bas ?

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    2. Les rapports entre Heidegger et le nazisme sont bien connus...

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  6. Quelle(s) différence(s) entre les nouveaux joints et les anciens? Autant que je m'informe...

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    1. J'ai rajouté à l'article des photos qui, je l'espère, satisferont votre curiosité.

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    2. Merci. Je pensais à des joints de porte! On voit que je ne connais rien à rien.

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  7. Je suis certain que vos cloportes vous seront reconnaissants, si vous leur donnez -ou prêtez, ou vendez- des déchets végétaux à manger. Ceci dit, même bien nourris, je doute qu'ils deviennent suffisamment roboratifs pour constituer un plat -enfin, sauf pour les appétits d'oiseaux.

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    1. Encore quelques années de pouvoir socialiste et bien des gens seront heureux de manger des cafards à leur soûl !

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  8. J'ai l'impression cher J-E en voyant vos photos de rejointage que vous avez le même défaut que le mien : vous chargez trop en ciment et faites un peu disparaître la pierre. La maçonnerie demande de la finesse que les maçons amateurs que nous sommes ne possèdent pas toujours. :)

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    1. Sans penser égaler un pro, je dois dire que le rendu général est plutôt satisfaisant. Vu que le mur est constitué de pierres inégales en taille et en relief, il est difficile de faire fin (ce qui m'arrange un peu !). L'essentiel étant de mettre fin à l'érosion des murs (certaines pierres se descellaient).

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