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jeudi 26 mars 2015

Expliquer, comprendre, excuser…



Tout s’explique. La compréhension peut suivre l’explication. Ce qui n’implique aucunement l’excuse, le pardon ou le soutien.

Hier, deux commentateurs ont exprimé ici leur incapacité à comprendre que des policiers puissent se montrer malhonnêtes. Il est pourtant simple d’expliquer d’une manière ou d’une autre les raisons de leurs errances : appât du gain, faiblesse déontologique, démoralisation, sentiment d’impunité, etc. On peut ou non accepter telle ou telle explication de leur comportement. Si on l’accepte, on comprend la logique de leur motivation ce qui ne veut pas dire qu’on  l’approuve et qu’on se refuse à la condamner. C’est par un abus de sens que comprendre est pour certains devenu synonyme de partager, d’excuser voire de soutenir.

Ainsi lorsque le bon Charles De Gaulle, du haut du balcon du Gouvernement Général, lança le 4 juin 1958 son célèbre « Je vous ai compris ! » à une foule algéroise en liesse, cette déclaration, prise pour un soutien franc et massif, ne faisait-elle peut-être qu’exprimer que le Général avait bien saisi les aspirations de son public sans pour autant les partager comme ses actions ultérieures l’allaient montrer… De même votre banquier peut très bien comprendre à quel point le prêt de 50 000 € que vous lui demandez faciliterait votre projet de vous acheter une nouvelle voiture, d’aller faire la bringue avec des putes sur la côte et de vous refaire la cerise au casino. Seulement le fait que vous soyez chômeur en fin de droit peut l’inciter à ne pas vraiment soutenir votre dossier… On peut encore comprendre que ses pulsions violentes incontrôlables, sa situation matérielle précaire, son absence de bases morales solides et une sexualité  perverse aient pu pousser Mimile à violer, torturer et s’emparer des économies d’une pauvre vieille avant de la dépecer. De là à l’absoudre…

C’est pourquoi comprendre et excuser devraient être clairement distingués. Pour certains de nos amis de gauche l’explication suffit à l’excuse : ainsi la précarité justifie-t-elle et absout-elle à leur yeux la délinquance qui est ipso-facto présentée comme une solution aux problèmes économiques. Qu’une situation matérielle difficile puisse favoriser certains écarts est évident mais ne saurait constituer plus qu’une circonstance atténuante dont il ne faudrait pas abuser. La justice a pour objet d’assurer la paix civile et non de se substituer à un Dieu de clémence.  La police a pour mission de maintenir l’ordre. Un policier corrompu nuit gravement à ce dernier. C’est pourquoi il doit, comme le délinquant, encourir toute la sévérité de la loi. Seulement, une société qui a perdu le nord, tend à saisir les écarts de certains pour minimiser, voire justifier, les errances d’autres. Une telle confusion risque de mener à l’anarchie et la barbarie.

J’espère avoir été compris, sinon approuvé.

14 commentaires:

  1. Il serait donc compréhensible que le manque de bière Fischer en ex-Haute-Volta et qui plus est lors de sa saison la plus chaude amène certains à abuser de calembours foireux, mais serait-ce pour autant excusable ?

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  2. Comprenons donc les gens qui chez nous sont au pouvoir.

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    1. Leur motivation me paraît simple : y rester. Je la comprends sans l'approuver.

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  3. Dans "Défendre les indéfendables" Walter Block démontre fort bien pourquoi un "policier corrompu" est préférable à un "policier vertueux"...

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    1. Dans certains cas, oui. Dans d'autres c'est plus discutable quoique quand, comme dans certains pays, on se fait rançonner par la police sur les routes, ça pousse à éviter les déplacements inutiles ce qui est bon pour la planète.

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  4. Le choix de "je vous ai compris" pour illustrer votre propos est tout à fait judicieux. Le général possédait un sens particulièrement aiguisé de la nuance...manque de pot, de nos jours, la nuance ça ne sert plus que pour les vernis à ongle, les teintures à cheveux et les pots de peinture.
    Amitiés.

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    1. Vous avez oublié le plus important : les nuances de gris !

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    2. Exact ! Pinot Gris, Gris de Boulaouane, Listel Gris, etc.

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    3. Saisir les nuances est un art peu pratiqué de nos jours. On lui préfère les grossiers amalgames et la recherche de subliminal là où il n'y en a pas...

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  5. Et ne pas confondre "comprendre" et "prendre pour un con" !...

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    1. Quand on a compris à qui on avait affaire, ça revient parfois au même...

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