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jeudi 20 octobre 2016

Admettons...

Admettons que je sois chassé de mon pays par une guerre meurtrière, cruelle et pour tout dire pas sympathique, bref, par une guerre. A moins que ce ne soit par la misère. Je me réfugie donc à quelques milliers de kilomètres de ma patrie : on n'est jamais trop prévoyant en matière de distance de s écurité. De plus, il y a refuge et refuge. Moi, celui qui me séduit le plus c'est le britannique. D'une manière ou d'une autre, souvent à grand frais, je parviens à Calais. Je m'y installe dans ce qu'on appelle la Jungle.

Ce n'est pas le top du confort mais il ne s'agit que d'une plate forme de départ. Faut faire avec ce qu'on a. A partir de cette base arrière, je tente de traverser la Manche. Ce n'est pas gagné d'avance car rien n'est fait pour me faciliter la croisière. De mauvais esprits iraient jusqu'à dire que tout est fait pour m'en dissuader. On met des clôtures, on fouille les camions, on construit même un mur. De plus, le Calaisien n'est pas ravi de ma présence pas plus que de celle de mes compagnons de galère lesquels se comptent par milliers.

Devant le trouble à l'ordre public provoqué par la Jungle, le gouvernement français décide de la démanteler. Pour ce faire, on va créer, un peu partout sur le territoire, des centres idoines. Un peu partout (sauf dans les media de "service public") les locaux vont jusqu'à exprimer des réserves sur l'arrivée de ces nouveaux arrivants. Le plouc est rétif à l'enrichissement (au point d'exercer une profession peu rentable).

Seulement a-t-il raison de s'alarmer à l'idée que s'installe une Mini-Jungle en ses verts pâturages ? Je crains que non. Car pour qui désire se rendre en Grande-Bretagne, se retrouver au fin fond de la Lozère, du Cantal ou de l'Aveyron (pour ne rien dire de la Corrèze), est-il acceptable ? Les navires mettant le cap sur Albion au départ de Rodez, de Mende ou d'Aurillac (voire de Tulle) ne sont pas légion. Si mon désir de paradis anglais ne m'a pas quitté, que ferai-je ? N'oublions pas que les kilomètres ne me font pas peur... N'aurai-je pas tendance à tenter de rejoindre des rivages d'où appareillent moult vaisseaux vers les blanches falaises de Douvres et d'autres lieux côtiers ?

Il ne serait donc pas étonnant de voir les réfugrants quitter le Massif Central à peine arrivés pour se diriger vers Les Hauts de France. Comment, sauf à effectuer des contrôles au faciès et à ramener manu militari les fugueurs à leur centre d'affectation, pourrait-on s'y opposer ? Et une fois revenus, ne se pourrait-il pas qu'il recréent ici ou là de nouveaux campements provisoires ?

Cette histoire de démantèlement imminent me paraît donc peu convaincante. Sans compter qu'on peut s'attendre à ce que cette évacuation provoque quelques menues perturbations de l'ordre public par les no-borders et autres belles âmes au cocktail Molotov facile. Aura-t-on le courage de remettre ces braves gens à leur juste place, fût-ce au prix d'actions musclées ?

Mais bon, notre excellent président s'est engagé à démanteler. Quand on voit avec quel succès il a su inverser la courbe du chômage, comment pourrait-on douter du succès de son plan ?

8 commentaires:

  1. Notre excellent président nous fera toujours mourir de rire, sa dernière blagounette que vous décrivez ressemble en tous points aux Shadocks et au sapeur Camembert réunis. Faire des trous et les reboucher. En d'autres termes, du keynésianisme. Dans mon bled, c'est pareil, une année on pose des pavés dans la rue principale, l'année d'après, on asphalte, puis on pose à nouveau des pavés, puis à nouveau de l'asphalte. Les employés municipaux sont ainsi dignement mis au travail au lieu de pointer au chômage. On inverse la courbe, tout le monde content (sauf le con-tribuable)

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    1. Faire et défaire c'est toujours perdre son temps (maxime hollandiste).

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  2. Permettez-moi de vous dire que, devant la façon spécieuse dont vous écrivez cette histoire, je vois indubitablement la patte du Front National.

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  3. Et bien moi je ne suis pas convaincu. je pense que quand tous ces braves gens auront découvert l'aligot, la soupe du pêcheur à la provençale ou le civet de sanglier, ils n'auront plus envie de quitter notre pays.
    Ça c'est mille fois vérifié dans l'histoire. Certains même ne se contentent plus de manger notre pain, ils le font.

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  4. Ce qui m'amuse dans cette histoire de jungle démantelée (à part le rapprochement de ces deux termes), c'est que puisque cette jungle a été "mantelée" par des migrants qui ont su improviser avec les moyens du bord et le soutien de quelques bonnes âmes, son démantèlement remettra le terrain à nu, prêt pour l'installation des nouveaux migrants qui continuent d'arriver à un rythme soutenu et le remantèlement de la jungle ne se fera pas attendre longtemps. Mais, comme vous le remarquez fort justement, il y a des chances qu'un nombre non négligeable d'exilés loin de Calais tentent de revenir dans cette belle ville. Ils trouveront la place qu'ils occupaient squattée par les nouveaux arrivés. Si c'est le cas, on peut prévoir quelques querelles de territoire (et plus si affinités).

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