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mercredi 14 octobre 2015

En quête de vérité



Le monde postindustriel dans lequel nous vivons ne s’intéresse qu’à la superficie. Ses jugements ne se basent que sur l’apparence extérieure : richesse, beauté, moralité ne se jaugent que sur l’extérieur. Et pourtant, toute personne raisonnable vous dira que ce qui compte vraiment c’est l’intériorité, la profondeur. Seulement, leur vérité est difficile à atteindre c’est pourquoi on se contente trop souvent de la fausseté immédiatement visible.

Ces truismes, je les tire d’une expérience récente.  Je connais (et déplore !) l’apparence que la fuite du temps a donnée à ma personne. Mais que sais-je de mon moi physique profond ? Peu de chose. Heureusement, la médecine offre des occasions de le mieux connaître. Ainsi, hier eus-je  l’honneur et le privilège d’expérimenter l’une d’elle. Depuis plus d’un mois date et heure avaient été prises. Un spécialiste m’attendait à la clinique Notre-Dame de Vire. Tel un chevalier la veille de son adoubement, je m’étais préparé. Bien sûr, les modalités de cette préparation furent bien différentes, mais, sans rentrer dans ses détails, ils participèrent du même désir d’arriver pur à l’épreuve. Cette veillée n’alla pas sans angoisses diverses. Mais à l’heure dite je fus au rendez-vous.

Le bon docteur était prêt à officier. J’allais me connaître. Quoi de mieux pour ce faire qu’une coloscopie ? Surtout quand, comme moi, on se refuse à toute anesthésie. Car le patient endormi se voit privé de la connaissance de son être profond tandis que celui qui demeure éveillé y accède. Sur un écran il suit le cheminement de l’endoscope, manié de main de maître par l’officiant avec un sérieux qui permet de dissiper le côté équivoque de son action. En effet, comment ne s’inquiéterait-on pas de voir un quasi-inconnu se livrer à de telles pratiques sur un individu de son propre sexe ?  Le spectacle est impressionnant. Hélas, et c’est pourquoi tant se refusent à en profiter, il s’accompagne de douleurs qui, l’âge venant, se font violentes. Malgré les exhortations  conjointes du praticien et de son assistante à me décontracter, je n’y parvins pas et ne pus m’empêcher de pousser quelques gémissements. Le bon docteur décida alors de mettre fin à l’expérience avant qu’elle n’eût atteint son terme. Aussi ne recueillis-je de mon moi profond qu’une connaissance partielle.

Lors de l’entretien qui suivit, il fut convenu que l’on reconduirait l’expérience mais avec une légère sédation au Valium. C’était exactement ce qu’avait préconisé son confrère dans la lettre qu’il ne se souvenait pas avoir lue. Cette heureuse étourderie me vaudra dans un proche avenir de connaître à nouveau les plaisirs d’une connaissance qui, je l’espère, sera  cette fois totale. J’en rêve déjà.

20 commentaires:

  1. Finalement je ne peux m'empêcher de penser que les tuyauteries dont vous avez l'habitude de vous occuper, avec talent, vous donneront incontestablement beaucoup plus de satisfactions que votre tuyauterie personnelle.

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  2. " En effet, comment ne s’inquiéterait-on pas de voir un quasi-inconnu se livrer à de telles pratiques sur un individu de son propre sexe ? " Lol !

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  3. Et oui, cher Jacques : la vérité, parfois, ça fait mal !

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  4. Je vais connaître la même bouleversante expérience après-demain. Sauf que, n'étant pas totalement fondu du cervelet, je vais accueillir avec gratitude l'anesthésie, qui me permettra de ne pas recommencer la semaine suivante.

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    1. Je ne supporte pas l'idée d'être anesthésié. Bon courage pour la préparation !

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  5. Coloscopie, Jacques (qui ne chancelle pas), cela me rappelle une émission de radio ...

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    1. Il est vrai qu'une émission de télévision recevant des invités prestigieux sur lesquels on pratiquerait en direct une coloscopie ne serait pas sans intérêt.

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  6. Faites attention tout de même à ne pas y prendre goût !
    Polypes ?

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    1. J'en ai eu, des polypes, mais des sans importance. Quant à y prendre goût, ça demande un degré de masochisme que je n'ai pas.

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  7. Et cette chose immonde, c'est censé diagnostiquer quoi?

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  8. Comme quoi les préjugés ... Je ne vous imaginais pas coincé!!!
    V. Monge

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  9. Trop polype pour être honnête ?

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