..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

jeudi 8 octobre 2020

Anecdote

 

Sur cette photo récente, on voit clairement les tablettes auxquelles je fais allusion
et la chicotte du maître

En 1971, alors que je trouvais, pour cause de coopération au titre du service national dans la ville de Thiès, au Sénégal, je prenais mes repas dans une popote, c’est à dire chez un coopérant qui acceptait d’accueillir des collègue célibataires dans sa maison pour qu’ils y prennent leurs repas et partagent les frais occasionnés par un boy-cuisinier qui se chargeait des courses, de la préparation de nos agapes et de la vaisselle.


Il advint qu’un de ses membres, prof d’histoire-Géo et curieux d’esprit acheta un jour un « gri-gri » c’est à dire une amulette consistant en un petit sac de cuir de forme carrée et renflée cousu de tous côtés et que les Sénégalais portent, attaché par un lien de cuir au bras autour de la ceinture ou au cou. Ces « gri-gri » sont censés protéger leur propriétaires des touts sortes de problèmes : maladies, envoûtements, pannes d’automobile, accidents divers et bien d’autres choses. Ils en portent généralement plusieurs et on peut penser que leur nombre est un indicateur du degré de paranoïa ou d’hypocondrie de leur possesseur.


Le renflement de l’objet laissait deviner qu’il contenait quelque chose, mais quoi ? Notre commensal décousit donc le petit sac et en sortit un morceau de papier qui, déplié, s’avéra recouvert de caractères arabes. Aucun de nous n’ayant la moindre connaissance de cette écriture, le mystère demeurait total. Nous demandâmes à notre cuisinier s’il était capable de déchiffrer pour nous ce document. Il nous déclara que ça ne posait pas problème et se mit à la tâche. D’une voix assurée et avec sérieux et aisance, il nous psalmodia le texte arabe du papier. Après nous être fait confirmer qu’il s’agissait d’un « gri-gri » de qualité, la curiosité nous poussa à nous enquérir de son contenu exact. C’est alors que ce bon Mamadou nous annonça n’en rien savoir. Il s’agissait d’un verset du Coran, mais son savoir s’arrêtait là, vu qu’il n’avait aucune connaissance de cette langue arabe qu’il déchiffrait avec tant d’aisance.


Cela peut paraître étonnant si on ignore ce qu’étaient (et que sont souvent encore) les « écoles coraniques ». J’en ai vu se tenir au bord de la route qui menait de l’ancienne base aérienne de Thiès au centre ville. Elles réunissaient, assis dans le sable autour d'un marabout, quelques jeunes garçons munis de tablettes en bois sur lesquelles étaient écrits des versets du coran qu’ils devaient apprendre par cœur avant de les psalmodier. Ils apprenaient à lire l’arabe, à mémoriser le Coran mais ils n’apprenaient pas les subtilités voire les rudiments de la langue (Le marabout les dominait-il?). La moindre erreur de récitation valait aux fautifs quelques coups de chicotte qui les faisaient pleurer à chaudes l’armes. Même en admettant que le contenu pédagogique de ce genre d’enseignement se soit amélioré, il n’en demeure pas moins que la violence continue d’y régner.


Deux articles du Monde, consacrés à ce sujet vous permettront de vous en faire une idée. Le premier relate les causes et le déroulement du procès d’un maître d’école coranique qui s’est tenu à la fin de l’an passé et a fait grand bruit au Sénégal. Le second dépeint le calvaire des « talibés » (élèves des « daara » ou écoles coraniques) dans ce même pays. Ces lectures sont édifiantes et peuvent amener à se poser la question de la capacité d’assimilation par les pays occidentaux d’enfants qui viendraient s’y installer après avoir connu ce genre d’« éducation » qui ne peut que laisser des séquelles. Je vous en laisse juges.

mardi 6 octobre 2020

Apprendre l'arabe

 


العربية ليست فطيرة

D’après la machine à traduire cela signifierait « L’arabe, c’est pas de la tarte »


M. Macron a plus d’un tour dans son sac et son chapeau déborde de lapins. L’autre jour, ce magicien a ébloui de nouveau son public en annonçant deux mesures susceptibles de lutter contre le « séparatisme », à savoir l’enseignement de la langue arabe à l’école et celui de la théologie islamique dans les universités. Admettons que cette dernière mesure, si elle vise à instaurer un Islam compatible avec les valeurs fondamentales françaises (ou du moins ce qu’il en reste), puisse être un moyen de réduire les frictions et autres fractures qui menacent notre corps social. Reste à savoir où quand, comment on va recruter des théologiens modérés susceptibles d’assurer l’enseignement désiré. De plus, qui sera chargé de s’assurer de la valeur de leur enseignement et sur la base de quels critères ? La mise en place de ce projet ne me paraît donc pas de celles que l’on réalise facilement.


Quant à l’enseignement de l’arabe dans les écoles, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il pose des questions. Quel arabe voudrait-on enseigner ? Dans quel but ?


Je me suis, dans ma folle jeunesse laissé tenter par l’apprentissage de l’arabe littéral (également appelé littéraire). Des cours du soir étaient organisés à Dreux, ville où j’enseignais au collège du quartier des Chamards qui connaissait alors une forme de célébrité nationale en tant que quartier « sensible » comme on dit aujourd’hui. Je m’y inscrivis. Bien qu’ayant une certaine facilité pour les langues, je dois dire que ce ne fut pas une mince affaire. Car la langue arabe est assez complexe. L’assimilation de l’alphabet (28 consonnes et 3 voyelles généralement non notées) ne pose pas trop de problèmes hormis la prononciation de certains phonèmes gutturaux. Seulement, s’y ajoutent les problèmes des déclinaisons, de la quantité des voyelles, de l’acquisition de la syntaxe et du vocabulaire. Tout ça ne se fait pas en un jour. Mon expérience fut brève car mes condisciples avaient un but différent du mien : la langue littéraire ne les tentait pas, ils préféraient apprendre la variante dialectale algérienne. Le professeur accéda à leur désir et je quittai ce cours devenu à mes yeux sans intérêt. Depuis, j’ai tout oublié du peu appris.


Il existe donc plusieurs sortes d’arabes. Un multiplicité de formes dialectales, celui du Coran et la forme moderne standard, celle qui est enseignée dans les écoles des pays arabophones et qui y fonctionne comme langue-toit (langue permettant aux locuteurs de différents dialectes de communiquer entre eux comme c’est le cas en Italie ou en Allemagne ou langue nationale et dialectes locaux coexistent à des niveaux différents de communication verbale.). Il paraît clair que c’est cette dernière qu’il faudrait choisir, vu que la langue du Coran ne présente qu’un intérêt religieux et que les formes dialectales n’ont qu’un intérêt limité.


Seulement, là encore se pose la question du recrutement des professeurs lequel ne va pas sans poser problème. Il semblerait que le nombre de professeurs qualifiés en France soit plutôt restreint. Ce fut également le constat qu’entraîna la décision, dans les années 60, du président Boumédiène d’arabiser l’enseignement. Pour y remédier, on fit venir d’autres pays, et principalement d’Égypte des enseignants. Seul petit problème : ces braves gens avaient tendance à être des Frères Musulmans et c’est ainsi que se répandit l’islamisme dans le pays avec les tragiques conséquences que l’on sait.


Estimons le problème résolu et que la France dispose d’un nombre suffisant de bons enseignants de l’arabe moderne standard, bien laïcards. Reste à savoir en quoi l’apprentissage de cette langue permettra de résoudre les problèmes que pose le « séparatisme » ou le communautarisme. Je serai tenté de penser qu’au lieu de les apaiser ça ne ferait que les renforcer en enracinant davantage les jeunes dans la culture de leurs origines.


Car le meilleur moyen de lutter contre est, de toute évidence, l’assimilation et non une pseudo-intégration (concept vague voire totalement vide de sens). C’est plutôt en favorisant la maîtrise de la langue française qu’on parviendra à consolider le sentiment d’appartenance à la communauté nationale.


Pour conclure, il me semble que les recettes-miracles de Macron l’Enchanteur(-qui-n’enchante-pas-grand-monde) présentent deux défauts majeurs : celui d’être difficiles à mettre en œuvre et, accessoirement, celui de risquer de s’avérer totalement contre-productives voire dangereuses.

jeudi 1 octobre 2020

Le kangourou, un NAC aisément recyclable

Kangourou roux ayant un peu forcé sur le rosé lors d'un pique-nique
( c'est un excellent compagnon de beuverie)

Vous vous sentez bien seul et cet état vous pèse. Vous avez un temps envisagé de prendre un compagnon ou une compagne selon votre sexe ou vos préférences en ce domaine mais des expériences malheureuses vous en ont dissuadé. Les désagréments que vous avez connus au contact d’un être barbu, vulgaire, qui passe sa vie à boire des bières allongé sur le divan en regardant du foot tout en se grattant les parties intimes et en rotant , vous ne voulez plus les revivre. Vous vous dites également que partager la vie d’un homme ne serait probablement guère mieux. Vous envisagez donc d’adopter un animal, mais lequel ? 


Un chat, ça pisse partout et ça vous bousille un Chesterfield en moins de temps qu’il n’en faut à un préfet pour décider de fermer les bars. Un chien ça aboie. Un poisson rouge, à part tourner sans fin dans son bocal en appelant son copain Bob dans le langage infra sonique qui est le sien, on ne peut rien en attendre. Un canari, ça chante et ça balance des graines partout. Ce qu’il vous faut, c’est un NAC (nouvel animal de compagnie), alliant mœurs paisibles et originalité. J’ai ce qu’il vous faut : un kangourou. Ce n’est pas à lui qu’on pense en premier, je vous l’accorde, mais, parmi les créatures du Bon Dieu, il tient par ses vertus une place honorable. A condition, bien entendu, de lui offrir un cadre de vie compatible avec son épanouissement et de fermer les yeux sur ses rares défauts.


Tout d’abord, pour apprécier sa compagnie, il serait souhaitable que vous soyez insomniaque, car, quelle que soit son espèce, la bête est essentiellement nocturne. Étant herbivore, de belle taille et grand appétit (le Kangourou roux mâle, en plus de bégayer, peut accuser 80 kg sur la balance pour une taille de 1 mètre 80), il est indispensable que vous disposiez de quelques hectares de terrain herbu entourés de très hauts murs car le bougre est un grand sauteur : ses bonds peuvent le faire s’élever à 3 m 50 et parcourir d’un saut jusqu’à 13 m. Si vous êtes un bon coureur, voire un très bon coureur, un jogging avec votre kangourou vous maintiendra en forme car grâce à ses petits bonds, il atteint une vitesse de croisière de 20 à 30 km/h. Veillez cependant à ce que rien ne l’effraie car la crainte d’une attaque l’amène à faire des pointes à 80 km/h, ce qui risquerait de vous essouffler si vous vous entêtiez à tenter de le suivre.


Le choix du sexe de la bête est important. Je vous conseillerais de préférer la femelle au mâle. Nous l’avons déjà signalé, le kangourou est un grand sauteur : il lui faut pour apaiser les ardeurs de son tempérament de feu une vingtaine de femelles (de quoi rendre jaloux bien des ministres). Dans la nature, qui n’est pas toujours aussi parfaite qu’on pourrait le souhaiter, il n’y a pas 20 fois plus de femelles que de mâles. Du coup, pour satisfaire leur libido, les kangourous mâles en viennent aux pattes et se combattent sans merci. De plus, une femelle est bien plus petite qu’un mâle et se contentera probablement d’un enclos plus restreint.


Parenthèse linguistique. La tradition voulait que le mot « Kangourou » vienne du mot gangurru de la langue des Guugu Yimithirr (que l’Éducation Nationale néglige trop souvent d’enseigner à nos chères têtes plus ou moins blondes), supposé signifier « Je ne te comprends pas ». Il s’agirait de la réponse qu’aurait fait un brave aborigène au naturaliste qui accompagnait le capitaine Cook alors qu’il lui demandait le nom de la bête qu’il pointait du doigt. En fait, il n’en est rien. La langue des Guugu Yimithirr n’ayant aucun secret pour moi, je tiens à rectifier cette erreur : en fait, l’aborigène avait parfaitement compris et dans sa langue concise lui répondit : « Il s’appelle Marcel, c’est le fils de la Ginette et du Léon. »


Je crois que désormais vous en savez assez sur la bête pour prendre votre décision. Je n’ajouterai qu’une chose : au cas où votre compagnon finirait par vous lasser, plutôt que de l’abandonner, vous pourrez toujours le manger. Sa chair est savoureuse, bien meilleure, en tout cas que celle du chien, du chat, du canari ou du poisson rouge. Son goût rappelle celui du pangolin sans présenter les menus inconvénients que peut entraîner la consommation de la viande de ce dernier. Si vous désirez la goûter, vous en trouverez, fraîche ou congelée ici à un prix abordable.

dimanche 27 septembre 2020

Si tout se passe bien...

 Si tout se passe bien, demain vers 20 heures, je serai, l’espace d’un instant le plus jeune septuagénaire de France. Ça se passera dans le calme. Il y a quelque temps que je ne fête plus mes anniversaires. Il n’empêche que j’en suis légèrement troublé.

Soixante-dix ans, ça commence à cuber… Quand je dis ça, j’attire immanquablement un « 70 ans, c’est jeune ! ». Tu parles, Charles ! Ce n’est pas tout à fait l’impression que j’en retire. D’ailleurs, je doute de la sincérité de cette exclamation : quand on est vraiment jeune, il ne vient à l’idée de personne de vous le dire, on réserve cet hypocrite « constat » aux semi-croulants et autres vieux schnoques. Passé quatre-vingts ans, on ne vous dit plus jeune, on se contente, par politesse, de vous dire que vous ne les faites pas et ce quelque soit votre état. On est gentil…

L’autre jour, le pneumologue de l’hôpital de Vire me conseilla d’arrêter de fumer sous prétexte que ce faisant, je pourrais, peut-être, vivre jusqu’à 110 ans ! Curieuse idée qui m’amena à lui demander : « Pour quoi faire ? ». Il est vrai que si cette extravagante longévité m’était offerte, je pourrais envisager de fonder une famille, de voir mes futurs enfants grandir, de fêter les soixante-quinze ans de ma fille… Perspectives enivrantes pour certains peut-être mais je n’en suis pas.

En fait, si tant est que le temps des bilans arrive, je dois dire que je ne suis globalement pas mécontent de ma vie et que ça tombe bien, car il serait un peu tard pour en commencer une autre. L’âge m’a apporté une forme de sérénité qui compense bien les inévitables détériorations physiques qu’il entraîne.

Loin de penser que tout était mieux avant, je n’en appartiens pas moins à une époque, à un état de notre civilisation que je vois disparaître et pas forcément pour laisser place à un monde meilleur. Il m’arrive parfois de me sentir totalement étranger à la société d’aujourd’hui et ce n’est pas qu’un « sentiment ». Les changements sont réels. Combien d’opinions ou de pratiques acceptables dans les années de ma jeunesse sont devenues indéfendables de nos jours ? L’hygiénisme et le politiquement correct ont transformé bien des gens en trouillards compulsifs. La peur de vivre s’est répandue concomitamment à celle de mourir. Je ne vois pas la vie comme ça. Je deviens un anachronisme ambulant et le pire c’est que je n’en ressens aucune honte.

Certains jugeront mon propos bien amer. A mes yeux, il n’en est rien. Je ne suis ni optimiste ni pessimiste. Je fais, sereinement, des constats, c’est tout. Qu’ils soient, dans l’absolu, justes ou faux est sans importance. Je ne vis pas dans l’absolu mais dans une petite ville du Sud-Manche et je m’y sens très bien, sans peurs farouches, sans angoisses particulières, sans souci de ce que l’avenir me réserve vu qu’à part l’accepter je ne vois pas trop ce que je pourrais faire.

Le mois dernier, avec ma fille, en Corrèze nous avons chanté « My way ». Il m’a alors semblé que les paroles que chante le vieux Frank expriment assez fidèlement la manière dont je vois les choses… Mes excuses aux non anglophones à qui le sens des paroles échapperont. Je m’en consolerai en me disant que je leur offre quand même une bien belle chanson :





vendredi 25 septembre 2020

Saint-Junien

Supposons que le 5 septembre de l’an de disgrâce 2020, un media quelconque ait décidé d’organiser un micro-trottoir sur les motivations qui, en ce samedi, jour de marché, avaient poussé les gens à se rendre à Saint-Junien, deuxième ville du département de Haute-Vienne, et que le hasard fît qu’on me tendît ledit micro. L’honnêteté m’eût alors dicté de répondre que la première d’entre elles était d’y faire l’emplette d’un petit réchaud électrique. Motivation qui, faute d’être majoritaire, n’en était pas moins justifiée par les circonstance ici décrites dans mon billet du 6 septembre.

Seulement, une fois acquis l’appareil convoité, il eût été bien léger de ma part de repartir sans avoir visité la collégiale à laquelle la ville devait son nom. Je pris donc la direction du centre. La première chose qui attira mon œil fut une R 16 dans un état magnifique. Cette vision me ramena à l’époque insouciante du début des années soixante-dix, quand mon copain Philippe avait l’inconscience de me prêter la sienne et, partant, me permettait de voir avec quelle facilité elle permettait d’atteindre et de dépasser les 160 km heure sur la RN 10. En descendant la rue commerçante qui menait à la collégiale, je constatai ici ou là la présence de véhicules de diverses décennies du siècle dernier. Ce qui m’intrigua. Les Saint-Juniauds portaient-ils un soin tel à leurs automobiles que celles-ci traversaient les âges dans un état de conservation remarquable ou bien s’agissait-il d’une réunion de collectionneurs ? J’optai pour la seconde hypothèse.

Arrivé sur le parvis de l’église je constatai que des commerçants ambulants encombraient l’endroit ainsi que les rues avoisinantes. J’en déduisis que, si le dimanche est, à Bamako, le jour du mariage, à Saint-Junien, le samedi est celui du marché. Comme quoi chaque ville a ses usages. L’exiguïté de la place rendit difficile la prise d’une photo rendant justice à sa façade.


 
J’en fis le tour :




Puis entrai par le portail ogival de la fin du XIIe siècle dans cette église dont la nef et le transept remontent à la fin du siècle précédent. J’ y découvris, entre autres merveilles des fresques, une mise au tombeau hélas bien abîmée, un christ en croix du XIIe Siècle, des statues polychromes de divers siècles et l’impressionnant tombeau de Saint Junien, richement sculpté sur trois faces au XIIe siècle :












En résumé, s’il vous arrive de passer dans la région de Limoges, faites le détour par Saint-Junien, ça vaut le coup, même si vous n’avez aucun réchaud ou autre babiole à y acquérir...