..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

vendredi 18 novembre 2022

Des gentils et des méchants

Un gentil en pleine crise de gentillesse

Toute société est composée, à proportions variables, de gentils et de méchants.

Aujourd’hui, les gentils et les méchants sont,comme toujours, partagés, entre autres sur le sujet de l’immigration.  Le gentil y est favorable tandis que le méchant s’y oppose.

Le gentil, à l’en croire, est progressiste, généreux, xénophile, prêt au partage, pense que l’immigration l’enrichit culturellement et économiquement. De plus, il sait que les migrations de masse sont inéluctables et que s’y opposer est illusoire.

Le méchant, selon le gentil, est réactionnaire, pingre, xénophobe, égoïste, voit dans l’immigration une source d’appauvrissement et de destruction de son identité. Il va jusqu’à penser que les vagues migratoires devraient être stoppées.

Tout âme un tant soit peu élevée ne saurait qu’admirer le gentil et mépriser le méchant. Hélas, toutes les âmes ne le sont pas. Il semblerait même qu’une majorité de plus en plus écrasante s’oppose à la gentillesse.

On juge l’arbre à ses fruits. Ceux de l’arbre de la gentillesse qui a jusqu’ici été soigneusement entretenu devraient être savoureux : notre générosité récompensée par une sensible expansion économique, un enrichissement culturel certain, notre identité et notre cohésion nationale confortée par l’assimilation des nouveaux arrivants. Ce n’est pas forcément le cas.

Ce que, lorsqu’on n’est n’est pas aveuglé par son idéologie, l’on constate, c’est une augmentation de la violence et de la délinquance et de l’insécurité, la création de ghettos, le refus de l’assimilation, une stagnation de l’économie, un niveau scolaire et culturel qui s’effondre, un communautarisme qui s’affirme chaque jour davantage, un chômage de masse, des villages de toile toujours renaissants dans la capitale, etc.

Comment un si bel arbre peut-il donner de si piètres fruits ? Peut-être parce qu’au niveau individuel comme au niveau national, la générosité se doit d’être proportionnelle aux moyens dont on dispose. Invite-t-on des hôtes quand on a à peine de quoi se nourrir et qu’on est mal logé ? Si on le fait, comment s’étonner que nos invités fassent grise mine, ressentent de l’amertume vis-à-vis d’hôtes incapables de tenir leurs promesses ? De là à ce que le ressentiment se transforme en agressivité remettant en cause la cohésion nationale, il y a un pas vite franchi.

Si l’immigration de masse n’en est qu’à ses débuts et est inéluctable, les gentils devraient avoir l’honnêteté d’avertir leurs soutiens que cela nous mènera non moins inéluctablement à la paupérisation et au chaos, le chemin de l’enfer étant pavé de bonnes intentions comme chacun sait. Reste à savoir si c’est ce que nous voulons.


mercredi 16 novembre 2022

Corrida

 

Rare photo d’un veau en plein entraînement pour la corrida réformée

M. Aymeric Caron, sorte d’humanoïde chevelu, député NUPES de Paris , ami des moustique et convaincu qu’un jour les tigres, bien sermonnés, deviendront végans, bref, une tête pensante de premier ordre, soutient une proposition de loi visant à interdire la corrida.

Interdire, interdire, comme vous y allez, cher Aymeric ! C’est violent, interdire ! Dans une société harmonieuse comme la nôtre (si l’on excepte quelques rares endroits où se produisent parfois de bien pardonnables taquineries) le temps est plutôt à la réforme. C’est pourquoi j’aimerais esquisser des pistes qui pourraient mener à rendre acceptable ce joli spectacle et continuer à assurer la rentabilité des arènes et l’activité des tailleurs spécialisés dans le traje de luz (habit de lumière).

Car que reproche-t-on au juste à cette discipline taurine ? Elle ferait inutilement souffrir une brave bête qui n’a jamais fait de mal à personne. C’est vite dit. Le toro bravo n’est pas l’animal le plus pacifique que porte la terre. Il me semble même qu’on le sélectionne pour son agressivité. Si l’on veut obtenir une réforme acceptable, il est nécessaire que chacun y mette un peu du sien.

Un mâle de corrida, pèse entre 400 et 650 kilos. Le matador, lui, est beaucoup plus léger. La grossophobie régnante dans les milieux taurins fait qu’il est rarement voire jamais obèse. De même que sur un ring on n’oppose pas poids lourds et poids plumes, il serait équitable de faire se confronter des individus d’un poids comparable. D’autre part, si on demande aux toreros de faire preuve de gentillesse on ne voit pas pourquoi on leur opposerait des animaux hargneux. Il serait donc raisonnable d’abandonner le toro bravo et de le remplacer par un petit veau de race normande ou bretonne dont le poids ne saurait excéder les 100 kg.

De son son côté, la quadrilla devrait également faire des efforts. Les picadors, montés sur des poneys (plus en rapport avec la taille du veau), seraient munis de lances télescopiques munies en leur extrémité de pointes en caoutchouc. Les lances se rétracteraient au moindre contact, et le picador ne serait autorisé à en faire usage qu’en cas d’attaque de son poney par le veau, le reste du temps, avec ses camarades, il offrirait un spectacle de carrousel aux aficionados. Quant aux banderilleros, plutôt que terminées par des pointes acérées, leurs banderilles auraient à leur fin des tampons de velcro qui viendraient se coller à la plaque de même matière dont serait muni, au garrot, le veau, le but de la manœuvre étant de décorer, sans trop déranger, le veau d’une rosace de couleurs pastel la plus harmonieuse possible, déchaînant, en cas de réussite l’enthousiasme d’un public averti. Pour remplacer la cruelle mise à mort, la corrida se terminerait par un spectacle chorégraphique où bailador* et veau, au son d’airs de flamenco, raviraient l’audience par des figures élégantes où la cape virevolterait avec grâce. Selon la qualité de sa prestation, la bailador se verrait décerné quelques poils de la queue ou du front du veau voire les deux en cas de prestation exceptionnelle. Le veau se verrait récompensé, après que le bailador l’ait gratifié d’un gros câlin, d’un seau de lait muni d’une tétine qu’il boirait goulûment sous les applaudissements de la foule tandis que dans son regard de bovin se lirait un questionnement du genre « Mais qu’es-ce que je peux bien foutre ici ? »

Voilà. Ma proposition ne satisfera peut-être pas totalement certains grincheux parmi les aficionados et les partisans du bien être animal mais il me semble qu’elle est porteuse de progrès et qu’elle constituerait un compromis acceptable entre une tradition barbare et la société apaisée à laquelle nous aspirons (pratiquement) tous.

*Car si le matador a pour fonction de tuer (et ce n’est pas gentil) le bailador qui le remplacera danse (et c’est mignon comme tout) !

lundi 14 novembre 2022

De la décadence alimentaire

 


Il y a de plus en plus de végans, de végétaliens ou de végétariens en France. Non que ces régimes alimentaires favorisent la procréation, avec pour conséquence une explosion démographique mais plutôt suite à des conversions à ces  tendances venues des U. S. of A. d’où ne nous viennent que d’admirables  idées comme Halloween, la culture woke, les études de genre, le féminisme rabique pour ne citer que les plus divertissantes. Si le taux général d’anti-viandes serait dans la population française de 2 %, il atteindrait 13 % dans notre belle jeunesse, un âge, comme chacun se doit de l’admettre, par définition porteur d’un avenir radieux (Cf. Les jeunesses hitlériennes ou les Gardes Rouges dont nous gardons de si bons souvenirs) .  

Qu’est-ce qui peut bien pousser nos  contemporains à préférer le tofu, le steak de soja,  ou le lait d’avoine à des produits d’origine animale ? Ayant partagé la vie d’une végétalienne 3 ans durant (Comment ai-je pu? C’est un des mystères de ma vie !) sans me convertir à sa religion, j’ai été à même de goûter ces produits (la curiosité est un vilain défaut!) et en suis arrivé à la conclusion que ce n’était pas leur goût que je qualifierais de carrément dégueulasse. C’est plutôt dans l’idéologie qu’il faudrait chercher.

Les partisans du tout végétal peuvent être inspirés par l’antispécisme et/ou le désir de sauver la planète. M. Larousse définit ainsi l’antispécisme : Vision du monde qui récuse la notion de hiérarchie entre les espèces animales et, particulièrement, la supériorité de l’être humain sur les animaux. (Accordant à tous les individus, indépendamment de l’espèce à laquelle ils appartiennent, un même statut moral, l’antispécisme combat toutes les formes de maltraitance et d’exploitation animales.). 

Sans la partager, j’avoue que cette opinion se défend. Mon expérience de la fréquentation de l’espèce  humaine  m’amène parfois à penser qu’elle n’est en général pas beaucoup plus intéressante que les autres. Il se trouve cependant que j’appartiens à l’humaine et que force est de constater qu’au niveau de la littérature, de l’architecture, et de bien d’autres domaines culturels les réalisations de certains hommes sont nettement supérieures à celles des autres espèces, vertébrées ou non. Comme il se trouve que ces domaines m’intéressent, je ne peux donc qu’établir une hiérarchie. 

Pour ce qui est de la sauvegarde de la planète, certains reprochent par exemple aux bovins de nécessiter des quantités industrielles d’eau pour nous fournir un kilo de bidoche. En tenant compte de l’eau de pluie tombant sur les prés où ils paissent et non de l’eau qu’ils consomment, certains hurluberlus arrivent au chiffre de 15 000 litres par kilo ! Une remarque cependant : si, au lieu d’y engraisser des bœufs, on ne mettait aucun animal dans le pré, et qu’il ne produisait donc rien du tout, la consommation d’eau du pré resterait la même et l’« impact écologique » du rien du tout serait énorme. Il n’empêche que tout bien-pensant, s’empresse de déclarer que parmi ses actions héroïques pour sauver la planète, la réduction de sa consommation de viande n’est pas la moindre.

Ce qui me paraît la cause la plus fondamentale de ce que je considère comme une décadence alimentaire est la rupture de plus en plus grande entre les citadins et ce qui est considéré comme la « nature » mais qui n’est en nos pays de vieille civilisation que le résultat d’une interaction entre nature et culture. Nous ne connaissons plus que des campagnes ou des forêts profondément modifiées  par l’homme et sa culture. On m’a enseigné que l’homme était omnivore. Si sa consommation de viande s’est grandement accrue c’est grâce aux progrès de l’élevage. Le campagnard quand il tuait son cochon, n’avait aucunement l’impression de sacrifier une frère. Il voyait plutôt lorsqu’il le saignait et le dépeçait, les jambons, les côtelettes et les diverses charcuteries qui, par leur apport en protéines, lui donneraient la force d’accomplir ses tâches. Ainsi, dans la culture traditionnelle donner la mort à un quelconque mammifère était chose habituelle autant qu’indispensable. Les enfants assistaient et même participaient dans la mesure de leurs moyens au « sacrifice » sans se poser de questions métaphysiques sur la confection des boudins. Ce lien rompu, la sensiblerie éloigne de la « nature » ceux qui s’en disent les défenseurs. 

Ainsi les végans et autres plaisantins parviennent à impressionner nos décadents en déclarant que manger de la viande, c’est manger du cadavre. Je leur répondrais qu’il en va de même de leurs carottes et que manger des animaux vivants ne serait guère plus mignon que quand on les abat  auparavant.

samedi 12 novembre 2022

Le Monde est bien fait !

Scène d'horreur qu'on espère voir se raréfier ! 

Je ne parle pas du « quotidien de référence » (du moins pour certains) mais de la minuscule partie de l’Univers où réside l’humaine engeance.

Voilà-t-il pas que, suite à des bisbilles entre deux pays slaves naguère unis et au refus de nos très chers amis Saoudiens et Étasuniens d’ouvrir plus grands leurs robinets de pétrole et de gaz, nous nous trouvons confrontés à une crise énergétique qui risque de nous amener à nous geler le cul en cas de rude hiver.

Et c’est là qu’on s’aperçoit que le Monde est bien fait. Le réchauffement climatique semble voler à notre secours. Après un octobre doux, notre novembre connaît des températures permettant de ne pas trop chauffer. Rien n’interdit donc de penser que cet heureux état de faits ne se poursuive.

A noter également, que suite à une sage politique d’immigration, la population de l’hexagone a tendance, pour notre plus grand enrichissement, à changer. Nos amis immigrés venant de pays au climat plus doux, ce réchauffement rend leur séjour dans nos contrées septentrionales sinon agréable du moins plus supportable surtout quand, en attendant de faire fortune dans la finance, le commerce ou l’industrie, ils se trouvent momentanément contraints à résider dans des tentes près de la porte de la Chapelle !

Cet heureux changement climatique étant évidemment dû à la production humaine de gaz à effet de serre (penser autrement relèverait du blasphème!) , nous devons reconnaître à notre courte honte que nous n’y sommes pas pour grand-chose. Les Français et les autres habitants de notre joli pays n’en produisent que très peu. Dieu merci, la Chine, les États-Unis et l’Inde, pour ne citer qu’eux, font de leur mieux pour pallier nos insuffisances et ainsi maintenir notre confort et celui de nos hôtes à des niveaux acceptables. Et cela sans que personne ne songe à les en remercier !

Il me semble que plutôt que de se coller le front au périphérique, remplir les méga bassines de soupe en boîte ou affronter les forces de l’ordre dans les musées nationaux (toutes actions susceptibles d’influencer notablement le cours des affaires mondiales), nos valeureux activistes écolos devraient organiser des soirées de prière pour le salut des âmes de ces pollueurs qui nous sauvent la mise. Mais, que voulez vous, ils sont souvent d’un âge* où, faute d’expérience, on a parfois du mal à distinguer le bien du mal, le vrai du faux et Sandrine Rousseau d’un génie.

*ou sont restés si jeunes d’esprit que ça revient au même.

jeudi 10 novembre 2022

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, mes braves gens ?

 

Ce titre est, de manière évidente, une question rhétorique vue que personne n’est autorisé à y répondre ici. Je veux simplement exprimer par là le sentiment que je ressens parfois et qui s’apparente à celui d’une poule qui a trouvé un couteau et ne sait pas l’ouvrir.

Il se trouve que, de plus en plus souvent, je commence à écrire des articles que je ne termine pas et d’autres que, une fois terminés, je détruis parce que je les trouve ennuyeux. Ce qui leur manque, c’est le ton primesautier, enjoué et bon enfant que je parvenais parfois à imprimer à des textes consacrés à des sujets dits « sérieux ». Ainsi, récemment, vous avez échappé, entre autres, à des pensums consacrés à Marcel Aymé où j’expliquais, après avoir relu une dizaine de ses ouvrages pourquoi je trouvais qu’il excellait dans la nouvelle quand ses romans ou son théâtre me semblaient souvent souffrir d’imperfections ; à mes doutes sur la capacité qu’aurait l’Union Européenne de jamais devenir cette puissance capable d’affronter ses rivaux actuels ou émergents ; au fait que les aides énergétiques du gouvernement ne faisaient que partiellement compenser les recettes que lui procuraient la seule TVA et ne sauraient en aucun cas éviter la précarité énergétique des plus défavorisés.

Tout ça a rejoint d’autres tentatives dans la poubelle. Vous l’avez échappé belle ! Non que les thèmes évoqués soient totalement dénués d’intérêts et/ou traités de manière particulièrement maladroite mais parce qu’au moment de leur publication je me suis senti envahi d’un paralysant à-quoi-bonisme. Après tout, si tant est qu’ils les intéressent, mes lecteurs sont aptes à se faire par eux-mêmes une idée sur ces thèmes et je n’ai aucune vocation de prêcheur, que ce soit dans le désert ou sur une quelconque "agora".

Vu que l’actualité, qu’elle soit politique, économique ou sociétale, ne me paraît composée que d’une interminable série de nouvelles preuves de l’inéluctable décadence de nos sociétés occidentales, à-quoi-bon s’arrêter à tel ou tel détail de leur chute ? Bien que ça m’ait pris bien du temps pour l’admettre, que j’aie tenté de continuer à croire à un possible sursaut, j’ai fini par admettre que le brave Nouratin qui a jeté, à mon grand dam, l’éponge voici quatre mois avait raison quand il nous déclarait foutus.

Ce constat est-il une raison valable pour se taire ? Je ne pense pas. Bien plus que les connards qui prenaient un malin plaisir à venir chier sur mes violettes et qui ont fini par me lasser, je porte sur mes modestes écrits un regard très critique. Ma boussole est la suivante : si un texte ne me plaît pas, comment pourrait-il plaire à quiconque ? Je m’efforcerai donc, et de plus en plus, de ne publier que des articles que j’aurai pris plaisir à écrire et à relire.

La situation étant désespérée mais pas grave, je tenterai de ne plus publier que sur des sujets amusants par leur accablante futilité. Notre époque et ma vie en secrètent sans cesse.