..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

mardi 12 avril 2016

Résistance des matériaux

Mon goût de l'expérimentation scientifique me perdra. J'ai voulu pas plus tard que samedi matin comparer les résistances relatives de la lame de scie circulaire et de la pulpe d'index. Le résultat fut incontestable : c'est la lame qui l'emporte. Insister eût été le fait d'un entêté et m'eût probablement privé de quelques phalanges, le fait d'en posséder une trentaine ne justifiant aucunement que je m'en déleste : je mis donc immédiatement fin au test.

Les conséquences de mon expérimentation ne se firent pas attendre : du sang se mit à couler abondamment de l'endroit meurtri, Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course vers la salle de bains non des rimes mais force gouttes écarlates. Un passage sous l'eau me permit de constater que la blessure n'était pas très profonde : aucun os en vue. Je roulai mon doigt dans le poivre afin d'arrêter l’hémorragie, me fis un pansement et repris le travail.

Le lendemain, dûment lavée, la plaie n'avait rien de sympathique : mon bout de doigt était tout écharogné (mot que je dois à mon ex-belle-famille vendéenne et que, selon le Wiktionnaire les Québécois auraient conservé avec le sens de « mal coupé » qui est le sien). Visiblement, la lame, gourmande de viande, s'était un peu servie et deux millimètres séparait les bords de la coupure principale. Ce constat et les alarmes de ma fidèle compagne à qui je narrai l'aventure me firent me résigner à rendre visite au bon docteur local. La fréquentation des praticiens n'est pas de mes préférées. Et dans le cas présent, ce que m'en avait dit un voisin n'arrangeait rien : il ne le jugeait « pas humain ». Rendez-vous pris, je m'attendais donc à rencontrer quelque bizarre chimère mélange de reptilien et de bête. Il n'en fut rien : l'homme s'avéra très sympathique et me prescrivit un traitement ainsi qu'un vaccin antitétanique, mon dernier rappel datant d'une bonne quarantaine d'années.

Compagne rassurée, mort dans d'atroces douleurs éloignée, je pus donc, l'esprit libre et la main gantée de latex reprendre mes menus travaux qui avancent à grand pas.

Je prie mes aimables commentateurs d'excuser mon absence de réponses car je suis très pris en ce moment.

dimanche 27 mars 2016

L'artisanat, terre de contraste

On a beau être un vieux fou que (presque) rien n'arrête, on n'en a pas moins ses limites. Ainsi, moi qui vous parle suis-je sujet au vertige et même si je parviens à surmonter ma peur, monter sur une échelle n'est pas mon passe-temps favori et me promener sur un toit l'est encore moins. Je déplore d'autant plus cette phobie que mon toit de Corrèze s'est avec le temps couvert de mousse et que les gouttières s'en sont trouvées bouchées avec pour conséquence des chutes d'eau le long des murs. Il fallait y remédier. Le gougnafier qui devait refaire le plancher s'était également porté volontaire pour pallier ce défaut mais notre brouille laissa le problème irrésolu.

En novembre dernier, je contactai deux couvreurs afin qu'ils m'établissent des devis. Le premier me dit venir le lendemain même et je n'en entendis plus jamais parler. Le second, moins disponible, passa quelques jours après puis m'envoya ses employés afin qu'ils prissent les mesures de mon toit. Quand je lui avais demandé une estimation à la louche du coût des travaux, le brave artisan s'en était déclaré incapable. Je recevrai le devis et me déciderai à sa lecture. Je le reçus et me décidai. Le démoussage était estimé à un peu plus de 1600 € mais débouchage, réparation des gouttières et éventuel remplacement de tuiles abîmées m'étaient offerts. Je me trouvai profondément ému par tant de générosité. D'autant plus que sa proposition était quatre fois supérieure à celle du gougnafier. Je ne donnai donc pas suite.

Je m'étais presque résigné à faire le travail moi-même lorsque, avant-hier, par curiosité, j'allai voir si durant ma longue absence quelque courrier ne serait pas arrivé dans ma boîte aux lettres. Hypothèse fort improbable. Je ne fus pas déçu. Seuls s'y trouvaient l'agenda officiel de la commune et deux prospectus. L'un d'eux attira mon attention en ce qu'il vantait les mérites et spécialités d'un couvreur parmi lesquels figurait en bonne place le démoussage. Noms et prénoms semblaient plus britanniques que limousins. J'appelai et une jeune femme, que l'on peut présumer charmante, me répondit en anglais. Je la priai de me mettre en relation avec Mr Banks mais celui-ci n'étant pas rentré de sa longue journée de labeur, elle me pria de lui laisser mes coordonnées afin qu'il me rappelât dès son prochain retour. Ce qu'il fit et, mon adresse prise, m'annonça arriver dans quelques minutes. Je rencontrai donc ce brave jeune homme, lui exposai mes besoins, lui indiquai la surface du toit et lui demandai une estimation approximative de sa prestation. Il l'estima peu ou prou à 300 €, réparation des gouttières comprise, tout en m'indiquant que le prix exact serait fonction du prix du produit de traitement. Nous parlâmes de choses et d'autres et nous quittâmes sur sa promesse d'effectuer le travail sous huitaine si les conditions atmosphériques le permettaient.

Que les mêmes services puissent voir leur prix passer du simple au quintuple me laisse perplexe. Je conçois qu'un entrepreneur débutant comme ce jeune anglais ait à se créer une clientèle et qu'un artisan établi ait de nombreux frais (charges, piscine couverte, maîtresses, etc) mais tout de même... Il se peut également que ce genre de travaux ne présentant que peu ou pas d'intérêt pour une entreprise ne manquant pas d'ouvrage, elles établissent, par politesse, des devis un rien dissuasifs...

Quoi qu'il en soit, d'ici mardi ou mercredi, je devrais recevoir la visite de Mr Banks, dûment muni d'un devis et constater, à l'usage, si c'est un homme non seulement de parole mais d'actes.
es.

mercredi 23 mars 2016

Les « progressistes » ? Toujours une guerre de retard !

Que penseriez-vous d'une personne pour qui la meilleure façon d'assurer la sécurité de notre pays serait de restaurer la ligne Maginot et de renforcer nos garnisons de l'Est ? Qu'il se trompe d'ennemi et d'époque ? Qu'il souffre de dérangement mental ? 

Pourtant, en matière religieuse, nos chers "de gauche" rappellent cet abruti. Pour quelqu'un d'un peu observateur, il semblerait que l'Islam et pas seulement l'Islamisme, à l'heure actuelle, pose un peu plus de problèmes que le catholicisme à notre société. Sans parler des actes qui ensanglantent le monde ici et là et jusqu'au sein de notre irréprochable république, il faudrait, sans jeu de mots, se voiler la face pour ne pas constater que le monde musulman est parcouru de mouvements fondamentalistes. Chez nous (je sais, se déclarer chez soi est devenu blasphématoire), à voir la façon dont se développe le port du voile, à constater que dans les écoles des sujets deviennent délicats voire impossibles à aborder et que dans les « quartiers » femmes et filles se voient imposer des tenues « correctes », à écouter certains zélateurs du prophète exprimer leur désir d'une islamisation de notre pays, on peut se sentir inquiet. Les plus modérées de nos autruches socialistes parlent de faire s'épanouir un Islam « à la française ». Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? S'agirait-il d'une sorte de fac-simile du catholicisme que nous connaissons aujourd'hui ? Des religieux ouverts à tous les vents de la modernité et dans le peuple peu ou pas de pratique, encore des baptêmes, des communions, des mariages et des enterrements mais tout cela sans grande ferveur ? Pas plus de pratique du ramadan qu'on ne constate d'observance du carême ?

Il y aurait cependant un hic à tout cela car l'église catholique d'aujourd'hui n'en reste pas moins en butte aux attaques féroces de nos chers « démocrates » de gauche. On lui reproche parmi bien d'autres choses de refuser le mariage pour tous, de ne pas encourager contraception et avortement, de ne pas dénoncer suffisamment les pédophiles en son sein. Se donne-t-on seulement la peine d'interroger rabbins et imams sur leur position vis-à-vis de ces questions ? Au cas où celle ci ne serait pas notablement différente, journalistes et « humoristes » les accuseraient-ils d'obscurantisme et noieraient-ils leurs convictions sous des flots de sarcasmes vulgaires ? Permettez-moi d'en douter !

Parce qu'au sein de la gauche demeure un anti-catholicisme rabique hérité de la période révolutionnaire. Pour eux, la guerre contre l'Église n'est pas terminée. Pour parodier la sœur d'Horace, « Voir le dernier catho à son dernier soupir » est leur rêve. Moyennant quoi, et peut-être inspirés par Machiavel, ils tolèrent les menues incartades des ennemis de Leur Ennemi...

Athée sans états d'âme bien qu'issu d'une famille très pratiquante, cet acharnement me désole. Non seulement parce qu'il est le fait de lâches qui savent que leurs insultes et leur haine ne risquent aucunement d'avoir pour réponse des rafales de kalachnikov mais aussi parce que leur aveuglement de gâteux permet que se développent en toute impunité des menaces bien plus sérieuses pour l'idéal laïque qu'ils prétendent incarner et défendre.

Là dessus, je vous dis à je-ne-sais-trop-quand car demain, dès l'aube, à l'heure ou blanchira la campagne, je partirai vers la belle Corrèze où je crains d'être trop occupé pour venir bavarder ici. L'avenir nous dira si ces inquiétudes sont fondées.

vendredi 18 mars 2016

Le suis-je, l'êtes-vous, laiton même jamais* ?

J'ai de tout temps apprécié cet alliage généralement composé de cuivre et de zinc qu'on nomme laiton ou, abusivement, cuivre jaune. Tout petit, déjà, ma mère m'accordait l'honneur insigne de « faire les cuivres » (ou se déchargeait sur moi de cette corvée). Depuis, voir rutiler les nombreux objets en comportant disséminés dans la maison est resté pour moi une source de joies ineffables. Aussi, dans le cadre du GMH (Grand Ménage d'Hiver) ci-évoqué, me suis-je mis en devoir d'astiquer lampes, bougeoirs, et vases. Armé de mâle courage, de Miror et de chiffons, j'ai rendu son lustre passé au métal que quelques années de négligence avaient terni. Plus qu'un long discours, la photo qui suit montrera la profonde mutation qu'une séance à base d'huile de coude peut opérer sur un chandelier :

Sauras-tu, sagace lecteur, distinguer l'astique de celui qui ne l'est pas ? (Jeu gratuit sans obligation d'achat)

Les lampes à pétrole, vestiges d'une collection qui occupa un temps mes loisirs avant que les effets conjugués de la lassitude et d'une mauvaise passe financière ne m'en fassent vendre l'essentiel, connurent le même sort :



Il en alla de même pour les vases ornant la cheminée mais pas pour le lustre qu'une impardonnable flemme me découragea de démonter (mais ce n'est que partie remise) :


(Presque) tout étant dûment fourbi, la pelouse tondue, les carrés du potager bêchés, c'est donc l'âme sereine que je devrais, la semaine prochaine quitter la Normandie pour le le Limousin où d'autres tâches encore plus exaltantes m'attendent.

*jeu de mots !

jeudi 17 mars 2016

Parlons flexibilité

Nos chers (à tous les sens du terme) syndicats défendent les salariés. Quoi de plus estimable, de plus noble, de plus magnifique ? Et le bon peuple de les suivre. Car défendre le salarié c'est maintenir ses droits si chèrement acquis. Tout le monde vous le dira. Qu'est-ce qu'il veut le salarié ? DE LA SÉ-CU-RI-TÉ ! Il lui faut donc un emploi pérenne. Grâce à ce dernier, il pourra croquer la vie à belles dents : s'endetter sur des décennies afin d'acquérir l'appartement ou la maison sinon de ses rêves du moins de ses moyens, s'offrir le dernier modèle de chez Peunault, assurer l'avenir de ses chèreux-têteux-blondeux et tous les ingrédients d'un bonheur parfait (à condition cependant qu'un divorce ne vienne pas le contraindre à vendre son nid d'amour, à devoir se contenter d'une Regeot pourrie et à voir ses chers enfants le considérer comme un moins que rien. Car force est de constater que la précarité familiale, elle, connaît une expansion remarquable*.).

Donc, on défend le salarié. C'est à dire qu'on fait en sorte qu'il puisse justement rester salarié avec un maximum de garde-fous même s'il s'avère incapable d'assumer ses tâches (Être traîné aux prud'hommes par un employé si incompétent soit-il donne des sueurs froides à bien des employeurs dont le rêve secret, rappelons-le, est toute de même de se défaire de ses employés sans raison valable). Seulement, cette défense d'un salariat indéboulonnable présente de menus désavantages pour qui n'en participent pas et même pour ses bénéficiaires.

Dans une société « flexible » trouver un emploi est un peu comme jouer aux chaises musicales. On quitte son siège au risque de le voir pris par un autre et de n'en retrouver aucun. Mais ce n'est pas grave car au prochain tour on pourra s'asseoir sur un autre. Dans une société sclérosée, comme en Doulce France, un maximum de « joueurs » a le cul vissé à sa chaise et ceux qui tournent ont bien du mal, de ce fait, à trouver siège au leur. Ainsi la stabilité de l'emploi a-t-elle pour conséquence la stabilité du chômage. Ce que sachant, celui ou celle qui auront eu l'heur d'obtenir un CDI s'y cramponneront comme un naufragé à son épave quel que soit le mal-être qu'il retire d'une fonction qui a fini par lui sortir par les yeux. Dès lors comment s'étonner que le fameux « Modèle Français » que le monde entier nous envie sans pour autant aller jusqu'à le copier, ait pour résultat de faire de notre beau pays le recordman mondial du pessimisme ?

Notre bon gouvernement dont la compétence n'a d'égale que le courage a récemment sorti une réformette visant à instiller une dose de flexibilité dans le marché du travail. Aussitôt, les syndicats des élèves de maternelle, du primaire, du collège, du lycée, des étudiants et des salariés se sont fâchés tout rouge et le cabinet a battu en retraite sans pour autant les satisfaire. Car contrairement à l'opinion du héros de Tomasi de Lampedusa, aux yeux de nos progressistes, « Il faut que rien ne change pour que tout change ».


Mais, me direz-vous, dans cette société flexible, voire précaire, que vous semblez prôner, comment fera-t-on pour s'offrir le logement, la voiture, le bonheur familial et les frais de divorce de ses rêves ? Mais rien de plus simple, cher contradicteur : il faudra que le système bancaire s'adapte et accepte de financer ceux à qui leur adaptabilité et leur courage permettra de trouver des emplois sinon pérennes du moins quasi-constants. Cela demanderait, bien sûr, un profond changement des mentalités qui ne semble pas à l'ordre du jour tant l'adage selon lequel « On ne change pas un système qui perd » connaît d'adeptes en notre patrie...

* A ce propos il m'arrive de me demander pourquoi la rupture d'un contrat matrimonial n'implique pas de la part de la partie demanderesse le versement d'une forte indemnité en plus de l'éventuelle pension alimentaire. Ce ne serait que justice, non ? Comme le CDI refrène l'embauche, ça risquerait de rendre certains rétifs à l'engagement matrimonial mais si on veut de la sécurité...