..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

mercredi 7 novembre 2018

Quand on dépasse les bornes, que reste-t-il ?

Des gens de l' « ultra-droite » auraient ourdi un sombre complot visant le président. Ce qui me frappe dans cette information, c'est l'emploi d' « ultra ». Il est évident que c'est pour éviter le terme « extrême » devant ce nom car cet adjectif est réservé au Rassemblement National. Et c'est là que le bât blesse. Car si les mots ont un sens, « extrême » signifie « (souvent avant le nom) : Qui est tout à fait au bout, qui termine (un espace, une durée). Ex :L'extrême limite. »

Seulement, vu que l'expression « extrême droite » a un propriétaire, si on veut parler de gens qui n'auraient pas de rapports avec lui et le dépasseraient en infamie, il faut trouver une autre formule. On a donc choisi le préfixe « ultra » lequel se définit comme « qui exprime l'excès, l'exagération ». Ce qui a une double conséquence : d'une part l'ultra-droite serait à la la droite de l'extrême. Comment peut-on dépasser ce qui est tout à fait au bout? Il y a là un paradoxe. D'autre part, l'extrême-droite et son propriétaire ne seraient pas ipso-facto dans l'excès ou l'exagération.

Le problème est que le discours politiquement correct a un goût exagéré pour les superlatifs qui visent à exclure du système démocratique tout parti qui ne partage pas sa doxa. Ce qui l'amène à qualifier d'extrême ce qui lui en semble le plus éloigné et le contraint a inventer de nouvelles expressions lui permettant de décrire ce qui se trouvait selon lui constituer une limite par définition indépassable.

Il est vrai que, comme l'écrivit le bon Alphonse Allais, « Une fois qu'on a passé les bornes, il n'y a plus de limites »...

dimanche 4 novembre 2018

Enfin la photo tant attendue !

Vue les innombrables et répétées demandes qui m'en ont été faites et afin de mettre mon acheteur à l'abri du harcèlement de mes groupies, j'ai décidé de remplacer la photo de mon ancienne maison par celle de la nouvelle. A mon avis, on perd en beauté ce qu'on gagne en honnêteté mais on ne peut pas tout avoir.

La maison n'a rien d'original.Construite en 1956 (soit un siècle après celle des collines), elle a dû en remplacer une ancienne comme ce fut le cas pour bien des maisons du bourg qui comme pratiquement toutes les villes grandes ou petites de la région furent partiellement, voire presque totalement, rasées par les bombardements alliés de juin ou lors des affrontements provoqués par la contre attaque allemande d'Août 1944. Toutefois, la ressource en granite étant abondante, c'est avec cette pierre que fut reconstruite la ville alors qu'ailleurs furent utilisé le béton ou les schistes locaux.

Dans les années soixante dix, les propriétaires ajoutèrent une extension à l'arrière qui abrite la cuisine, des toilettes et une salle d'eau, la salle de bain étant à 'étage comme trois des chambres. Malheureusement, si la surface s'en trouva accrue, la salle à manger, elle, en fut assombrie. C'est pourquoi, afin de favoriser la clarté, j'ai abattu la haie de laurier ainsi que le gros arbre que l'on aperçoit sur cette photo :



Le petit carré de verdure entouré de thuyas bleus avec en son centre un ATNI (arbuste taillé non identifié) au feuillage duquel l'art topiaire a donné la forme d'une boule est un endroit bien agréable où l'on peut prendre le soleil, ses repas ou cuisiner au barbecue (quand le temps s'y prête). On peut aussi y fumer tranquillement une cigarette assis sur un des petits bancs de granite qui s'y trouvent. Le reste du terrain se compose de deux carrés sur lesquels je compte établir un petit potager* et son extrémité est occupée par un garage donnant sur une ruelle. Un énorme établi occupant le fond du garage et la faible largeur de la ruelle rendant pour le moins difficile d'y garer mon break, il se contentera d'être mon atelier.

Voilà.

*Je confie les gros travaux du jardin à un voisin au patronyme flatteur. Rares sont, en effet, ceux qui peuvent se vanter de faire entretenir leur terrain par un Empereur !

jeudi 1 novembre 2018

Pendant ce temps-là, à Sourdeval... (2)

On a survécu à Halloween ! Nous voilà tranquilles pour un an, à moins que d'ici là on n'invente une nouvelles connerie permettant aux enfants de venir nous déranger par des coups de sonnette intempestifs auxquels on s'empressera de ne pas répondre.

Mais ce jour de deuil fut aussi pour moi jour de joie car je l'ai mis à profit pour terminer la rénovation de mon couloir. Dire que ladite rénovation était une priorité absolue serait abusif. Seulement, quand on pose du papier c'est un peu la même chose qu'avec le pain, le vin et le fromage où l'on reprend du pain pour finir le fromage, un coup de rouge pour faire couler tout ça, du pain et du fromage pour finir le coup de rouge, etc. En l'occurrence, vu qu'après avoir fini de tapisser la cuisine il me restait de la colle, pour éviter le gaspillage, je décidai de l'utiliser pour commencer à décorer le couloir. Pour cela, je dus  peindre une partie des lambris en gris clair. Je posai donc le papier et me retrouvai avec deux pans de mur rénovés ce qui rendait encore plus désagréable à l’œil le reste du couloir. La solution était donc de terminer son ensemble. Je commençai par changer les appliques « rustiques » par des spots achetés chez MM. Leroy et Merlin à un prix qui nous ferait sourire si nous n'étions entre gens sérieux* : 




Ensuite je peignis lambris et plafond, posai mon papier et accrochai aux murs quelques sous-verres. Je décidai de garder boiseries et portes intactes vu qu'elles sont en bois massif et de conserver les rideaux d'origine, ne serait-ce que pour apporter un peu de couleur et que leur passementerie me plaisait  :



Le cache-radiateur et une étagère furent meublés de lampes et de bibelots, ce qui me permit de vider un des nombreux cartons qui encombrent le salon :



Tout ça pour arriver au résultat final que voici : 



On y a gagné en clarté, ce qui est mon principal souci pour les pièces du rez-de-chaussée au moins. Seulement, il me reste de la colle à papier. Je vais donc m'attaquer à la décoration de mon bureau.. Ce qui occupera les quelques jours que je suis contraint de passer ici pour cause de petit problème de chaudière et de révision automobile. Ensuite, je partirai pour des vacances en Corrèze durant lesquelles je terminerai l'installation du tableau électrique car s'il fonctionne sans problèmes je doute que son état actuel satisfasse pleinement le plus indulgent des agents du Consuel :



* Formule empruntée à l'immortel Achille Talon

dimanche 28 octobre 2018

Sensationalisme "climatique"

L'actualité est bien morose, un ou deux discours ineptes de Macron par-ci, un petit massacre de masse par-là, des crimes incivils à foison, des électeurs qui votent nazi un peu partout, des lesbiennes véganes qui caillassent les charcuteries, etc. Bref, on s'enfonce dans une bien lassante routine. Heureusement, il reste un domaine où chaque jour se passe de l'inédit, du spectaculaire, du bouleversifiant : je veux parler de la météorologie (ou météo pour les intimes).

Quotidiennement toute chaîne d'information qui se respecte et respecte ses téléspectateurs convoque un spécialiste qui vient expliquer (ou tenter d'expliquer) les inouïes fantaisies du climat lesquelles se produisent dans le cadre d'un réchauffement global dû aux activités déraisonnables d'une humanité qui court plus ou moins consciemment à sa perte.

Le gros problème est que les températures ne sont quasiment jamais en accord avec les normales saisonnières. On est un peu, beaucoup, passionnément, en dessus ou en dessous de ces ces foutues normales ! Pour les précipitations c'est la même chose : il tombe en un jour l'équivalent d'une semaine ou d'un mois de pluie. Quant au vent, il souffle souvent plus fort qu'il ne serait raisonnable et même que le loup des trois petits cochons. Nous sommes donc confrontés à un dérèglement. A croire qu'un temps fut, il y avait un règlement suivi à la lettre par le climat et la météorologie qui nous dispensait d'en observer les phénomènes. Le dix-huit juin à Carpentras il allait faire 24° avec un vent soufflant à 15,2 kilomètre à l'heure et c'était bien pratique : on savait comment s'habiller et quand le ciré serait préférable au parapluie.Tandis que maintenant, on ne sait plus à quoi s'attendre, du coup les plus avisés se ruent sur les parkas et les après-ski en juillet et sur les t-shirts et les shorts en février.

C'est qu'il n'y a plus de saisons, ma pauv'dame. Cette phrase, je l'entendais déjà il y a plus de soixante ans. Et je continue aujourd'hui, prononcée par des plus jeunes que moi. Avant même le fameux réchauffement, on constatait déjà un dérèglement. Dans le bon temps le 21 décembre à zero heure, la pluie cédait le pas à la neige (laquelle couvrait d'un épais manteau toutes les campagnes) jusqu'au 20 mars où tout se couvrait de fleurs avant qu'au 21 juin on se mette à étouffer sous les rayons du soleil. A Pâques fleuries les jeunes filles étrennaient leurs robes nouvelles (ce qui ne signifiait rien vu que la date de cette fête varie grandement) et à Noël on affrontait les congères pour se rendre à l'office de minuit. Ça c'était de la saison : de la jolie, de la chaude, de l'humide puis de la glaciale.Réglé comme du papier à musique, c'était.

Sauf que cet âge d'or météorologique, c'est le lot des âges d'or, n'a jamais existé. Combien de famines, au long des siècles, en Europe et dans le Monde, ont sévi suite à des gelées intempestives, des sécheresses ou des pluies diluviennes entraînant de catastrophiques inondations ? Il faut croire que le climat n'a jamais été régulier.

De plus, il ne faut pas oublier que ces soi-disant « normales » ne sont que des moyennes mensuelles calculées sur 30 années (en ce moment entre 1981 et 2010) . Leur comparer les température au jour le jour n'a donc pas grand sens. Les variations annuelles par rapport à ces chiffres sont quasi négligeables (+0,4° à Paris en dix ans, soit une augmentation annuelle de 0,04°). A ce rythme effréné, comment pourrait-on quotidiennement tirer des leçons sur le climat ? Il est donc nécessaire de tout dramatiser artificiellement afin d'entretenir un climat d'angoisse permettant l'acceptation de diverses mesures soi-disant destinées à calmer l'anarchie climatique. Par exemple, en augmentant les taxes sur les produits pétroliers on aidera à sauver la planète, les pauvres à se geler le cul et accessoirement le gouvernement à masquer la hausse du déficit public.

samedi 27 octobre 2018

Réflexions décousues sur l'école (suite et fin)

Une grande erreur en vogue actuellement est que l'enseignant devrait être aimé de ses élèves. En fait, il n'est pas payé pour compenser leurs manques affectifs mais pour leur apprendre quelque chose. Si en plus ils l'apprécient, c'est la cerise sur le gâteau. A la différence de M. Macron, je n'ai jamais senti d'affection particulière pour aucun de mes enseignants. J'irai même jusqu'à dire que certains m'inspiraient plus de crainte que d'enthousiasme. Seulement, ils ont tous fait leur devoir, m'ont appris à lire, à écrire, à compter ainsi que bien d'autres choses ce qui m'a permis de ne pas demeurer trop ignare. De cela je les remercie.

Une chose qui a très mauvaise presse est la punition collective. Cette aversion est compréhensible dans le cas où les manquements sont le fait d'une minorité identifiable. Mais quand il s'agit d'un chahut général organisé comme j'en ai vus ou plutôt entendus, une sanction générale s'impose. On transgresse ensemble, on paie ensemble. Seulement, les parents, qui, comme je le disais plus haut ont tous des enfants irréprochables, s'y opposent. Ce serait injuste. Il est certain qu'il est plus facile de blâmer de ce genre de désordres quelques brebis galeuses que d'admettre qu'un ange puisse se laisser entraîner à de coupables errements. On veut de la discipline, mais pour les autres. Et comme on est toujours l'autre d'un autre on finit par refuser toute sanction au nom de la justice.

Le recrutement des professeurs me laisse pantois. Je ne saisis pas bien pourquoi il faudrait qu'on ait un bac plus cinq pour se retrouver face à des enfants de trois ans à 12 ans. Mes instituteurs avaient dans le meilleur des cas le baccalauréat. Il me semble qu'ils parvenaient à des résultats au moins équivalents à ceux d'aujourd'hui. De même (en admettant que le niveau des études supérieures le permette) je ne vois pas à quoi pourrait servir la capacité d'un prof à sortir des jeux de mots hilarants en grec ancien ou de corriger avec élégance certaines lourdeurs de style de Virgile ou de César face à un public lycéen qui ne l'écouterait pas et qui, s'il l'écoutait, ne comprendrait rien à ses dire. Le recrutement des enseignants devrait être modulé en fonction des publics auxquels on les destine.Dans certains endroits, des anciens sergents de la coloniale(si ça existait encore) seraient mieux adaptés au public que des jeunes agrégés en attente de mutation.

Si l'école n'est pas nécessairement un lieu d'amour comme je l'évoquais plus haut, elle n'est pas plus , au niveau primaire, celui où l'on pallie les inégalités socio-culturelles. Ce n'est pas par quelques heures d'apprentissages « culturels » qu'on amènera un enfant de milieu culturellement très défavorisé à atteindre le niveau de connaissances générales d'un autre issu d'un milieu cultivé. Ce qu'il faut lui offrir, ce sont les clés qui lui permettront, si tel est son bon vouloir, de se cultiver, à savoir la lecture, l'écriture et le calcul. Si ces bases ne sont pas établies, tout le reste est une perte de temps. Tous les soi-disant « éveils » ne servent à rien, surtout que vu le bruit qu'ils produisent, on peut douter que les élèves soient endormis.

Les problèmes de discipline sont souvent attribués au manque d'autorité des enseignants. Il faudrait être un peu sérieux vu que qui dit enseignement de masse dit recrutement de masse des enseignants. Or comment peut on espérer trouver des centaines de milliers de professeurs dotés d'un charisme, d'une volonté et d'une énergie extraordinaires et tout cela pour un salaire bien bas ? Il serait utile que l'institution endosse sa part de responsabilité ne serait-ce qu'en améliorant l'efficacité des méthodes pédagogiques qu'elle prône et en apportant davantage de soutien à ses membres. Mais il est plus confortable pour un stratège de rendre ses soldats responsables de ses défaites que de confesser ses erreurs.

En résumé, il me semble que l'on ne réformera efficacement l'école qu'une fois qu'on aura, par des méthodes musclées et par une lutte impitoyable contre les folies idéologiques régnantes, rétabli un certain ordre dans la société. L'enseignement ne peut atteindre ses buts que dans la discipline, la rigueur et l'adaptation de ses contenus et de ses personnels aux publics concernés. Influencés par des media et des politiques soit imbéciles soit cyniques, la majorité ne me semble pas prête à accepter ces évidences. Le sera-t-elle un jour ? Ce serait indispensable si l'on veut éviter que notre civilisation ne disparaisse.