..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

dimanche 12 mai 2013

Les rieurs en seront pour leurs frais !



Il m’a semblé ressentir dans les commentaires de mon billet d’hier des traces de moquerie. Eh bien ce qui suit leur clouera le bec de leurs auteurs : Le Héros (c’est le surnom que je me donne car ne faut-il pas en être un pour sortir les poubelles, vider le lave-vaisselle ou planter des patates (entre mille autres actes héroïques) ?) a encore dépassé ses limites et mené à bien une tâche herculéenne : mon toit est dé-moussé !

En voici la preuve :

Avant


Après
Et voici les instruments de ma torture :

Notez l'échelle et le fameux "rabot" appuyé sur l'antenne de télé (qui n'est pas nécessairement un instrument de torture) Le joli tuyau que vous apercevez en est un : il sert à évacuer les gaz de la fosse septique et manier le "rabot" à sa portée ne s'en trouve pas facilité.

 Impressionnant, non ?

samedi 11 mai 2013

Épuisé !



Mais qu’est-ce qui m’a pris ? C’est la faute à Raymond (Raymondi culpa, Raymondi maxima culpa !). Il y a quelque temps,  je l’avais vu grimpé sur son échelle entrain de gratter son toit. Non pour le chatouiller mais pour en retirer les mousses. Vu que le mien en était pourri, ça m’a donné à penser, évidemment.  Aussi, l’autre jour, lui ai-je demandé de quel outil il s’était servi pour ce faire, histoire de l’amener sournoisement à me prêter le précieux accessoire. Il me répondit qu’il avait utilisé un rabot attaché à un autre manche.  A cette annonce je pris un air incrédule et lui demandai de répéter vu qu’un rabot me semblait le dernier outil adapté à cette tâche. Il confirma et devant l’extrême perplexité qui se peignit sur mon visage, il me proposa de me faire voir la chose. D’abord il ne parvint pas à trouver l’objet puis,  l’air triomphant,  il brandit sous mes yeux ahuris ce que depuis ma plus tendre enfance j’avais toujours entendu nommer une binette. A croire que dans le Sud-manche ça s’appelle un rabot. Admettons. Vu que je m’enorgueillis de posséder  mon propre « rabot », il ne servait à rien de lui emprunter le sien.

Le lendemain, profitant du beau temps, je liai un manche  supplémentaire à celui de ma binette et me mis à l’ouvrage. Le résultat fut satisfaisant. A part que je ne parvenais pas, et de loin à atteindre le faite du toit. Des recherches sur le net me firent découvrir un manche télescopique de 5 mètres. Mon problème était réglé ! Seulement, vu que je pars pour  8 jours la semaine prochaine et que je  soupçonnais l’entreprise de faire le pont, je remis ma commande à après ces courtes vacances.

Pourtant, je continuai à dé-mousser. Hier, alors que j’avais pratiquement fini , j’aperçus Raymond dans son verger et, histoire de causer,  je lui expliquai ne pas pouvoir atteindre la partie haute de mon toit. Il y a des jours où, plutôt que se montrer urbain on ferait mieux de rester sur son échelle en feignant n’avoir pas vu le voisin. C’est ce qu’on se dit ensuite, quand  il est trop tard. Raymond est un homme serviable et plein de ressources, hélas !  Il suggéra de me prêter un tasseau, il en avait de très longs, qui en fixé au manche de mon rabot me permettrait de terminer le travail. Vu que j’avais envie de tout sauf de terminer l’ouvrage, je déclinai son offre, disant que j’allais acheter un manche télescopique, que ça pouvait attendre…  Rien n’y fit. Il insista. Et nous voilà partis dans son garage en quête de tasseau. Et il en trouva un bien long, le bougre. Armé d’une pince et de fil de fer, il vint lui-même fixer ledit  bout de bois à mon rabot (ou binette, pour ceux qui n’auraient pas suivi).  Du coup, je me remis à l’ouvrage, afin de vérifier  l’efficacité du dispositif. Ça marchait, mais gratter un toit à l’aide d’une binette munie d’un manche de 4 mètres tenue à bout de bras tandis qu’on est en haut d’une échelle n’est pas une mince affaire.



Ce matin, vu qu’il ne pleuvait pas, je me remis à l’ouvrage. J’étais loin d’avoir fini. Je recommençai l’après-midi. Mais le mal aux pieds, aux épaules et au dos ainsi qu’une grande fatigue me firent jeter l’éponge. Et me voilà épuisé, déçu de n’avoir pu terminer mais renforcé dans ma croyance que le voisin est l’ennemi de l’homme.
 
PS : Dans une première version, j'avais omis de copier/coller mon dernier paragraphe !

vendredi 10 mai 2013

Si on parlait bonheur ?



Selon M. Ferré, qui n’était pas la moitié d’un imbécile, le bonheur « c’est du chagrin qui se repose ».  Selon Tartempion, il n’existe pas. Seuls existent des moments de bonheur. Selon Robert (le Petit) c’est un « état de la conscience pleinement satisfaite ». Selon les antiquaires le bonheur (-du -jour) est un petit bureau à tiroir surmonté d’un gradin  en vogue au XVIIIe siècle. Les Américains,  qui n’y vont pas avec le dos de la cuiller, ont même inscrit la quête du bonheur dans leur «Déclaration d’Indépendance". Pour Alexandre le Grand (Vialatte) «  Le bonheur date de la plus haute antiquité. Il est quand même tout neuf car il a peu servi. » . L’argent ne le fait pas. Ils entretiennent les mêmes rapports que l’habit et le moine, l’hirondelle et le printemps ou la maison et le crédit.

 

C’est dire la méfiance qu’il inspire. Il est même courant de l’entendre déclarer impossible vu la dureté des temps (comme  s’il y avait eu des époques douces).  Se déclarer heureux est suspect.  Il faut,  avec tout ce qu’on voit de nos jours,  avoir un cœur de pierre, faire preuve d’une cécité totale et/ou d’un égoïsme surdimensionné  pour se vautrer dans la félicité.

 

Eh bien, moi qui vous cause, quitte à passer pour un monstre auprès de ceux qui ne me tenaient pas déjà pour tel, je me déclare HEUREUX. Tant pis, je l’ai dit !

 

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’un état euphorique du genre qu’exprime le visage de M. Montebourg lorsqu’il s’écoute parler. Je n’ai rien d’un ravi de la crèche, hélas. Qui ne trimballe pas ses petites (moyennes ou énormes) casseroles ? Je suis aussi heureux que je suis capable de l’être. Et c’est déjà pas mal.

 

Il me semble qu’en dehors de rares situations objectivement catastrophiques il est toujours possible de se sentir heureux. Le « malheur » découle souvent d’une comparaison entre une situation idéale et la situation réelle qui est la sienne. On n’a pas assez d’amour, d’amis, d’argent, de santé, de jeunesse, de centimètres de hauteur (et trop de circonférence), de cheveux, de dents, d’esprit, de culture, de jeunesse, d’énergie, de surface habitable, de confort, de soleil, de bord de mer, etc.  Bref, on manque un peu de tout et du coup ça ne va pas. Alors que la sagesse conseillerait soit de faire avec ce qu’on a, soit de se bouger le cul pour obtenir ce qu’on désire. Mais se plaindre et souffrir est plus doux…  Après tout, la délectation morose est  une forme de bonheur.

 

En prime à ces truismes : une petite chanson bougrement joyeuse sur le malheur.

 

jeudi 9 mai 2013

Itinéraire « politique »



Nouratin m’ayant demandé à l’unanimité de développer mon passage du « gauchisme » à la « réaction », je m’exécute.  

Mon glissement progressif vers la droite ne s’est pas fait en un jour. Venant d’un milieu conservateur hyper catholique, la période de l’adolescence fut celle de la révolte contre un environnement  et surtout une famille ressentis comme  étouffants. Si on ajoute à cela que j’eus 18 ans en 1968, que nos chers professeurs au lycée ressemblaient davantage à des agents de propagande du Kominterm  qu’à  des enseignants soucieux d’objectivité et que le gauchisme était  à la mode, j’abordai l’âge adulte avec dans ma boite à outils, tout ce qu’il fallait pour faire un bon gauchiste. Sans compter qu’un peu par hasard je devins alors instituteur remplaçant.

Un séjour d’un an et demi au Sénégal, s’il calma mes ardeurs tiers-mondistes, me laissa cependant de gauche. Je fus même délégué syndical jeune et j’entrai au PS attiré par son aile gauche alors incarnée par  M. Chevènement et ses jeunes camarades du CERES. Une autre raison qui me fit adhérer fut mon anticommunisme viscéral. Je m’étais aperçu lors de la campagne des législatives de 1973 que les colleurs d’affiches en compagnie desquels je salopais la ville de Dreux étaient tous communistes et que les militants socialistes ne couraient pas les rues, pas plus de jour que de nuit. Il me semblait utile de compenser, en vue d’une victoire de la gauche, le poids d’un PC  qui la dominait alors.

Cette expérience de militant qui ne dura qu’un an ne me laissa pas de souvenirs marquants, si ce n’est celui  de l’ennui profond que faisaient naître en moi les rivalités de tendances qui animaient les réunions de section. Si c’était ça l’activité militante, autant se mettre au macramé…

Je partis pour Londres où les problèmes de logement déjà contés ici réveillèrent mon ardeur militante. C’est lorsque je suivis les cours du centre de formation des professeurs de collège de Tours que je commençai à déchanter. En effet, au cours de la deuxième année, un « mouvement social » agita notre petit monde. Je commençai par y prendre une part active jusqu’à ce que je me rende compte que plus  que l’intérêt général proclamé (meilleure formation pour nous, justice sociale pour tous, bonheur de l’humanité, etc.) ce qui motivait principalement mes camarades était la peur d’échouer au concours et le désir corporatiste d’obtenir un maximum d’avantages contre un minimum d’efforts.  Cela me déçut gravement. Pour moi, la gauche, c’était un désir naïf d’égalité et de bonheur universels et non la satisfaction de revendications catégorielles. Ne me sentant aucunement concerné par la possibilité d’un échec, je commençai à prendre mes distances vis-à-vis du syndicat.

Il n’y a que le premier pas qui coûte.  Les autres suivirent.  En fait, je m’aperçus qu’en dehors de l’accomplissement de mes rêves fumeux d’une société « juste » et « humaine » je n’avais jamais rien attendu de la gauche.  Si j’avais besoin de davantage d’argent, je ne l’attendais pas de la satisfaction de revendications salariales, je me mettais simplement en quête d’une source supplémentaire de revenus. N’étant pas regardant sur le type de travail, je connus les joies du travail en usine, de la peinture de serres et de tas d’autres petits boulots (facteur, barman, moniteur, entre autres). « Travailler plus pour gagner plus » a toujours  été ma devise. En cela, j’étais comme me le reprochait mon meilleur ami de jeunesse (communiste pur et dur) un individualiste. Ce qui est très mal.

Mes études terminées, j’exerçai dans un petit collège rural où collègues et direction  jouaient à plus à gauche que moi tu meurs. N’étant ni taciturne ni hypocrite, mes opinions comme mon goût de la discipline n’eurent pas l’heur de plaire à ma directrice qui, sans pour autant m’attaquer de front, faisait montre à mon égard d’une froideur un rien réprobatrice. C’était heureusement réciproque. Ne me sentant rien de commun avec ce milieu je le quittai pour m’adonner aux joies du commerce alors que M. Mitterrand commençait à mon grand dam à présider au destin du pays. J’ai déjà raconté cet épisode de ma vie.

Je tirai beaucoup d’enseignements de cette expérience. Ils  ne me ramenèrent aucunement dans le giron de la gauche, bien au contraire. Taxer de manière confiscatoire le fruit d’un travail acharné ne me parut pas juste. Constater qu’en ce beau pays de France, n’importe quel traîne savates venu du bout du monde a plus de droits sociaux qu’un ex-commerçant qui a des années durant craché au bassinet me conforta dans mon refus total de la soi-disant générosité socialiste.   

Au bout du compte, si je me suis pensé de gauche de dix-huit à vingt-cinq ans, je crois que c’était une erreur de jeunesse.  On découvre le monde, on vous le décrit « injuste », il vous vient des aspirations généreuses. Quoi de plus banal ? Seulement, avec le temps, pour continuer  de chérir ces idéaux à mesure qu’on avance dans la vie, il faut être soit bougrement hypocrite soit doté du tempérament idoine.  J’entends par là qu’il faut aimer le collectif, la stabilité, la vie sans à coups,  une « égalité » théorique ainsi qu’un nivellement intellectuel effectif.  Ce n’a jamais été mon cas. J’y ai toujours préféré l’initiative et l’effort individuels, la mobilité, le changement, les inégalités ne me dérangent pas.  Et tout ça, c’est réac en diable.