Je ne sais pas si vous êtes au courant mais au printemps prochain nous allons être invités à choisir un (ou une) nouveau (nouvelle) président (e) de la république. C’est on ne peut plus important. Les superlatifs me manquent pour souligner cette importance. Je m’en passerai donc.
Avant d’entrer dans les détails qui peuvent amener les électeurs à choisir parmi la foule des candidats qui briguent leurs suffrages ne serait-il pas utile qu’ils se fassent une idée claire du rôle qu’ils entendent être celui d’un président ?
Comme son titre l’indique, le président doit présider. Ce que faisaient et font toujours très bien les présidents des troisième et quatrième républiques françaises et nombre de présidents d’autres républiques qui, à l’instar des monarques modernes, ne gouvernaient ou ne gouvernent pas.
Chez nous, ça a changé en 1958 et surtout suite au référendum d’octobre 1962 et à l’élection du président au suffrage universel direct. Il ne se contente plus d’inaugurer les chrysanthèmes, de tapoter paternellement la joue des enfants méritants ou de de décorer les poilus. Il est devenu un dirigeant politique. Normalement, il nomme, quand il a une majorité à la chambre un premier ministre de son bord ou d’un autre bord si une autre majorité l’emporte (et il en est bien triste). Depuis deux ans, faute d’une quelconque majorité, amie ou hostile, ni le président ni son premier ministre ne sont en mesure de gouverner.
Cela dit et dans le cas « normal » d’un président à majorité, qu’attend-on de lui ? L’avènement de la technocratie tend à faire de lui un homme orchestre, un omni-spécialiste compétent en tout domaine. Lors des débats d’entre deux tours, il se doit de répondre à toutes les questions quel que soit leur niveau de technicité et de le faire avec brio. Moyennant quoi, les media déclarent que Zébulon ou Machin-Truc a remporté le match que ce soit aux points ou par K.-O. Suite à cela, les électeurs, qu’ils aient ou non suivi le débat sont encouragés à voter pour son vainqueur.
Notre actuel président bien qu’ayant foiré dans tous les domaines a su et sait encore, noyer le poisson,à l’aide d’une intarissable logorrhée et chiffres à l’appui. Tu peux évoquer le piètre avancement des travaux d’aménagement des bas-côtés du chemin vicinal 144 qui relie deux villages du Haut-Quercy, l’écroulement des cours du chou-fleur sur les marchés au cadran de Basse-Bretagne, l’épidémie de grippe aviaire qui décime les élevages de pigeons voyageurs en Artois, sa réponse et ses solutions ne se font pas attendre. Quel génie !
Selon moi, ce type de président, même si l’on passe sur sa tendance à dire n’importe quoi et son contraire sur bien des sujets, n’est pas à la hauteur de sa fonction. Loin de pérorer sur une multitude de sujets un bon dirigeant devrait sélectionner quelques axes directeurs en rapport avec les préoccupation majeures du peuple dans des domaines où son action peut influencer leur évolution et exclure ceux soumis à une conjoncture internationale ou mondiale imprévisible ou simplement imprévue, sur lesquels il ne saurait influer.
La restauration de la souveraineté nationale étant un préalable à toute réforme de fond, rien ne saurait se faire sans elle. L’indispensable renforcement de l’autorité de l’État dans les domaines régaliens y est soumis, comme le sont l’évolution sociétale et l’identité nationale. Le chef de l’État se devrait donc de faire de ces axes des priorités dont le gouvernement aurait pour charge de définir les modalités de mise en œuvre.
Nombre de compétiteurs actuels me semblent bien éloignés de ces évidences.
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