..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

mercredi 19 avril 2017

(Encore une) Aventure !

Ma vie, mes lecteurs réguliers le savent bien, est une longue série d'aventures captivantes. Pas plus tard qu'hier matin, je me rendis à la zone artisanale où, selon le bulletin municipal devait s'ouvrir en avril un magasin Gamm Vert. Le maire, bien que sympathique, étant qualifié de « divers gauche » vous comprendrez ma méfiance, ces gens-là c'est mensonges et compagnie. J'allai donc vérifier l'ouverture dudit magasin et éventuellement m'y procurer des lames de cutter. Je repérai facilement l'établissement parmi les 5 bâtiments de la zone et pus constater qu'il était bien ouvert. Je passai donc le portail et pris un virage pour me garer. C'est alors que je ressentis un choc violent sur mes roues avant suivi d'un inquiétant raclement sur le bas de caisse. J'eus beau regarder devant moi, je ne voyais rien d'anormal sinon un homme lançant vers moi des regards étonnés. Je descendis de voiture et compris vite la cause de ces surprises : ma voiture se trouvait en équilibre sur la bordure supérieure d'une sorte de terre-plein d'un mètre de large en forte pente.

Le personnel du magasin vint constater l'ampleur des dégâts. Je leur demandai s'ils pourraient me pousser (les roues avant ne touchant pas le sol, aucune manœuvre n'était possible). Pousser, ils ne souhaitaient mais me tirer, ils voulaient bien essayer à l'aide du Fenwick à condition que mon break soit muni d'un crochet de remorquage. C'était le cas, et une fois trouvé puis vissé ledit crochet la manœuvre allait pouvoir commencer. C'est alors que le responsable du magasin me demanda s'il pouvait prendre ma voiture en photo. Un tant soit peu vexé de me trouver dans cette ridicule situation, je lui demandai s'il tenait vraiment à immortaliser ma honte. Il me répondit que ce n'était pas la question mais qu'il voulait l'envoyer à ses chefs car il semblait qu'il existât un problème avec ce terre plein. Regardant les choses de plus près, je pus constater qu'en effet problème il devait y avoir vu le nombre de traces de pneus sur la bordure et les ornières qui labouraient la terre. Je n'étais donc pas le seul à m'y être aventuré. Ce qui est toujours rassurant car tant qu'à être abruti autant avoir de la compagnie.


Le Fenwick remplit à merveille sa fonction et, apparemment, la voiture n'avait aucun dégât notable. J'achetai donc mes lames et repartis vers de nouvelles et palpitantes aventures, à savoir une visite à l'épicerie et à la boulangerie...

mardi 18 avril 2017

Columbo

L'inspecteur (alias Lieutenant) Columbo fut d'abord des années 68 à 78, le héros d'une série diffusée dans le monde entier pour le plus grand bonheur des téléspectateurs. Une séquelle suivit (que pouvait-elle faire d'autre?) 10 à 15 ans plus tard. En ce moment, on la rediffuse ce qui n'est pas pour me déplaire et me donner matière à réflexion.

Le scénario était simple et répétitif : dans un premier temps, on vous montrait un (ou une, mais plutôt un) personnage plein aux as se séparer, pour des raisons qui lui appartenaient, d'une personne encombrante. Pour ce faire, il (ou elle , mais surtout il) faisait appel à des trésors d'imagination qui auraient dû rendre son crime parfait. Hélas, survenait un petit policier (avec imper et 403 décapotable) qui commençait à poser au coupable d'innocentes questions dont il blâmait lui-même la stupidité avant de l’obséder par d'innombrables retours, des questions qui se faisaient embarrassantes, avant que, réduit aux abois ou pris en flagrant délit, le coupable ne se trouve confondu. Ce qui était bien triste : tant d'imagination et d'efforts pour se retrouver fait comme un rat !

D'un autre côté, ces « génies »du crime commettaient une grave erreur d'analyse. Le vrai problème n'était pas d'imaginer une (presque) parfaite mise en scène visant à les placer hors de toute suspicion mais le fait que l'enquête fût confiée à ce fouille-merde de Columbo. Plutôt que de se triturer les méninges afin d'élaborer des scénarios complexes que Columbo se ferait un plaisir de démonter, un criminel sérieux se serait préoccupé de savoir si leur crime se déroulait dans un endroit où ce diabolique Italien sévissait. On ne m'ôtera pas de l'idée qu'à force d'envoyer de très riches citoyens derrière les barreaux, le lieutenant avait acquis une certaine célébrité, la manière infaillible qu'il avait d'éventer les plus parfaits complots étant devenue le secret de Polichinelle. Du coup, au lieu de se concentrer sur une manière sophistiquée de se débarrasser du gêneur ou de la gêneuse, l'important, au cas où on se trouvait dans son rayon d'action, devenait de se débarrasser de Columbo lui-même. Ce qui ne demandait aucunement des trésors d'imagination, vu qu'en cas d'assassinat de ce dernier l'enquête serait confiée à un de ses collègues bien moins futé. Débarrassé de l'homme à l'imperméable, le criminel pourrait sans trop d'inquiétude faire tranquillement disparaître sa victime préférée.

Je m'étonne qu'aucun des criminels démasqués par ce diabolique enquêteur n'ait eu mon idée. On m'objectera que c'eût été la fin de la série et que d'un point de vue moral ce serait contestable. Vu que tout a une fin et que le monde est loin d'être parfait, qu'importe ?

jeudi 13 avril 2017

Au four et au moulin

Deux endroits où l'on ne peut être en même temps. Sauf en cas de don d'ubiquité, don reconnaissons-le assez rare dont même M. Macron ne bénéficie pas bien qu'il fut un temps où les media tendirent à nous le faire accroire. Malgré les immenses avantages dont Dieu ou la nature m'a pourvu, je ne l'ai pas non plus et le regrette amèrement en voyant approcher la date fatidique du 16 avril, jour de Pâques mais aussi de mon départ pour la Corrèze. « Tous les départs, même les plus souhaités, ont leur mélancolie » se plaisait à citer mon ex-épouse (probablement en souvenir d'un de ces sujets de dissertation qui présentent l'avantage de demander qu'on réponde à des questions qu'on ne s'est pas plus posé qu'on ne se les posera jamais.). Je ressens toutefois cette mélancolie.

Les missions que je m'étais imposées pour la quinzaine de jours passés en Normandie sont remplies : je laisserai un potager entièrement nettoyé et partiellement semé, une serre débarrassée de ses herbes folles, un portail et une cabane ayant retrouvé leur blancheur, des gueules de loups repiquées, une pelouse par deux fois tondue, des annexes vidées des cartons et autres déchets qui attendaient depuis des mois qu'on les emportât à la déchetterie, bref je partirai l'âme sereine ou presque car deux choses la troubleront : l'impatience de mener à bien certaines tâches en Limousin et la crainte de manquer certains événements cruciaux en Normandie.

Si je me donne le mal d'entretenir un jardin, c'est pour les petits bonheurs qu'il offre à la belle saison. Celui d'y faire au matin un tour d'inspection n'est pas le moindre. Ça permet de noter que les pois ont levé, que la glycine se pare de feuilles, que la pivoine que l'on croyait morte redonne signe de vie, que  les fleurs d'une autre s'apprêtent à éclore, que les lilas fleurissent, imités par les fraisiers... Mille petits changements qu'une observation quotidienne permet de déceler et dont une absence prive...

Les iris qui devraient bientôt éclore seront-ils fanés à mon retour ? Manquerai-je la floraison du muguet, précoce cette année ? Les pommes de terre lèveront-elles sans que je le voie ? La première fraise de l'année sera-t-elle dévoré par un merle vorace ? Faute d'arrosage et en cas de beau temps, retrouverai-je mes semis de fleurs sous serre desséchés ?

Bien sûr Le Lonzac m'apportera d'autres spectacles mais en moindre nombre, le terrain n'y étant que rudimentairement planté. Retrouverai-je fanées les fleurs du tulipier qui s’apprêtaient à éclore ? Le spectacle de la floraison des iris limousins compensera-t-il celle des normands ? D'autres fleurs auront-elles apparu ?

On ne peut pas être au four et au moulin. Et c'est bien dommage.

mardi 11 avril 2017

Pourquoi je ne voterai pas le 24 avril

La raison est évidente : le scrutin aura lieu le 23. Mais ce jour-là non plus je n'irai pas voter. Si je m'abstiens ce sera dû à des considérations jardinières : j'ai en effet décidé de partager mon temps ente Normandie et Limousin en parts égales de deux semaines afin d'éviter que mes terrains respectifs s'y transformassent en jungles et le 23 je serai en Corrèze. Ne connaissant ici aucune personne de confiance partageant mes opinions et inscrit dans le même bureau, pas question non plus de procuration.

Quoi ? Vous ne remplirez pas votre devoir civique ? Vous laisserez aux autres le soin de décider de l'avenir du pays ? Vous ferez fi du sacrifice de nos pères qui sont morts ou se sont battus pour acquérir ce si précieux droit de vote ? Mais vous êtes un irresponsable, un nuisible, un oublieux, un bien triste sire !

La tête couverte de cendres, je devrais, tant est grande mon indignité, fuir la compagnie des hommes, et cacher ma honte en quelque solitude. Seulement, de honte ou d'indignité, je ne ressens pas et pour bien des raisons. Ne serait-ce que parce qu'en dehors de 2007, il n'est jamais arrivé que mon bulletin participe à la victoire d'un quelconque candidat. Et même en ce cas, il ne fut pas décisif dans la mesure ou plus d'une voix sépara M. Sarkozy de son adversaire. Il est d'ailleurs fort improbable que la qualification du deuxième candidat se fasse à une voix près. Mon vote n'a donc, cette-fois ci comme toujours qu'une importance bien relative...

Mais, pomme à l'eau, si tout le monde faisait comme toi, ce serait la fin de la démocratie ! Ah bon ? Et pourquoi tout le monde se mettrait-il à m'imiter ? « Chacun fait, fait, fait, c'qui lui plaît, plaît plaît » comme dit la chanson ! Imaginons cependant que tout le monde fasse comme moi. Les conséquences seraient phénoménales : de 300 habitants, mon village passerait à plus de 60 millions ; la demande en cigarettes mentholées et en whisky écossais atteindrait un niveau incompatible avec les capacités de production ; on ne verrait plus sur les routes que des breaks Focus immatriculés en 2002 ; Blogspot compterait des dizaines de millions de blogs de qualité ; etc. Dieu merci, les chances pour que tout le monde se mette à faire comme moi sont inexistantes que ce soit en matière électorale ou en tout autre domaine.

En revanche, je peux annoncer que, sauf accident, revenu du Limousin, je serai là et bien là le 7 mai et qu'en bon citoyen j'irai déposer un bulletin Fillon dans l'urne ou au cas où ça ne serait pas possible tout bulletin susceptible de barrer la route à la gauche. Au cas où notre bon peuple déciderait dans sa grande folie de désigner deux finalistes de gauche, voterai blanc.

En revanche, pour les législatives qui risquent d'être déterminantes, vue la chienlit qu'aura été la campagne des présidentielles, je voterai aux deux tours.

mercredi 5 avril 2017

Les Pages Jaunes sont farceuses !

Depuis quelques années, suite à l'apparition sur différents endroits de mon corps d'un de ces bénins cancers de la peau portant le joli nom de carcinomes, j'ai pris la sage décision de consulter plus ou moins régulièrement un dermatologue afin qu'il m'inspecte de près. Ce qu'il fait avec conscience avant de brûler tout truc ou bidule un rien suspect et je repars content. Sauf la fois où je dus subir une ablation d'un carcinome au front avec pour conséquence un hématome qui donna à la moitié de mon visage des teintes inaccoutumées et provoqua une légère dissymétrie de mes sourcils.

Hier était venue, après trois mois d'attente, l'heure ce ce rendez vous. Je savais que mon praticien avait déménagé aussi avais-je pris le soin de situer son cabinet grâce aux pages jaunes puis de prendre note de l'itinéraire à suivre dans la bonne et antique cité d'Avranches. Comment le faire mieux qu'en suivant le plan fourni par M. Pages Jaunes ? Je l'agrandis donc et en notai soigneusement les méandres. Quelque chose me parut cependant curieux. L'adresse accompagnant le n° de téléphone différait de celle du plan : La première m'indiquait Saint-Martin des champs :


et la seconde rue Notre-Dame des champs :


Vu que mon problème était de trouver le nouveau lieu d'exercice de mon dermato, je me fiai au plan...

Parti bien en avance au cas où la rue serait difficile à trouver, j'arrivai sans problèmes aux environs de la grande et belle église derrière laquelle devait m'attendre le bon docteur. Je me garai sur la place adjacente et me mis en devoir de repérer son cabinet. Hélas, arpentant les quelques mètres de cette rue à 8 numéros qui s'avéra être une étroite ruelle, je n'y vis pas plus de plaque de cuivre que d'immeuble susceptible d'abriter un praticien de tel renom. A quelque pas de là j'aperçus un bureau intitulé « Maison des services ». Serait-ce ma planche de salut ? J'en poussai la porte et m'enquis auprès d'une charmante dame de l'existence dans le voisinage d'un cabinet de dermatologie. Ma requête engendra un scepticisme inquiétant. L'employée voulut bien vérifier mes dires sur les pages jaunes, elle alla même jusqu'à appeler le cabinet. Hélas, la ligne était occupée. 

Une jeune collègue étant venue renforcer notre équipe d'investigation, elle suggéra qu'il se pourrait que l'adresse de Saint Martin des champs soit la bonne car devant la polyclinique s'étaient construits de nouveaux bâtiments susceptibles d'abriter les activités de M. Scanvyou. Ne connaissant aucunement la situation de cet établissement, je me la fis expliquer. Trouver l'endroit fut aisé grâce aux panneaux qui l'indiquaient. Seulement, les nouveaux bâtiments s'avérèrent inoccupés. Je décidai donc de me rendre à la polyclinique et,tandis que je cherchais une place où me garer j'aperçus un signe au-dessus d'une porte où l'on pouvait lire « Dermatologie ». Je m'y rendis en courant et c'est à l'heure pétante de mon rendez-vous que je poussai la porte du secrétariat de ce service où se trouvait l'assistante du docteur que je reconnus. Elle me demanda mon identité et confirma l'heure de ma consultation.

Je lui racontai ma mésaventure. Elle en fut bien étonnée car pas plus elle qu'une vieille Avranchinaise de souche présente n'avaient jamais entendu parler d'une rue N-D des champs et que personne avant moi ne lui avait signalé l'anomalie des Pages Jaunes. Elle vérifia mes dires et dut se rendre à l'évidence. Comme je lui conseillai de contacter l'annuaire afin qu'il corrigeât cette erreur, elle se montra dubitative quant aux résultats d'une telle démarche. Durant ma consultation, je signalai le problème à son patron qui en fut également surpris et promit d'y faire remédier.

Comme vous le constatez, ma vie n'est qu'une suite de passionnantes aventures. Puisse celle-ci éviter aux générations présentes et futures de trop se fier aux plans des Pages Jaunes.

dimanche 2 avril 2017

Comme une mule !

Incorrigible, je suis ! Têtu comme une mule bretonne caractérielle ! Je n'y peux rien. J'en ai eu une nouvelle preuve hier chez M. Bricomarché. Alors que j'allais y acquérir une résine spéciale pour donner à l'horrible faïence marron de ma cuisine corrézienne une couleur acceptable, l'homme qui guida mon choix me parut détenir une science profonde en matière de peinture. Du coup, je lui ouvris mon cœur.

Mes lecteurs fidèles se souviendront de ma récente déconvenue lors de la peinture d'un plafond. Laquelle n'était que la dernière d'une longue série. L'échange fut long, sincère, détaillé et donc instructif. Je décrivis avec précision ma manière de procéder, les outils et la peinture choisis : tout. Et j'en appris de belles : inutile d'essayer de peindre un plafond quand il fait plus de 18° dans la pièce car au plafond, il en fait 22 ce qui provoque un séchage trop rapide. Le rouleau employé avait le poil trop long. Il m'en fut proposé un spécial. Avais-je préalablement lessivé ? Je dus reconnaître que non. C'était pourtant indispensable ! Le plafond était recouvert de papier ? Comment dès lors s'étonner que des sortes de grumeaux se forment quand on utilise une peinture acrylique gorgée d'eau qui fait se gonfler la colle imprégnant le plafond ? Dans ce cas, ce qu'il faut, c'est de la glycérophtalique ! Et puis, s'il doit être bien imprégné de peinture, il est indispensable de bien l'égoutter sur la grille du camion (c'est ce nom que porte le seau des peintres), de manière à ne pas avoir à répartir un excès de peinture. D'autre part, on n'appuie pas sur le rouleau : on en caresse le plafond en croisant.

Résumons nous : C'est à l'aube, toutes fenêtre et portes ouvertes afin que règne la fraîcheur que le peintre de plafond officie. Sur la surface dûment poncée et lessivée, il dépose avec délicatesse une fine couche de peinture glycérophtalique d'un rouleau bien égoutté, il croise ses passages, partant du fond de la pièce pour rejoindre, bande après bande, la source de lumière. Rien ne saurait arrêter sa progression avant qu'il n'ait terminé son humble et délicate tâche. Une seconde couche s'imposera. Et la récompense sera un magnifique plafond, de ceux que les amateurs de belles choses seront prêts à verser des rançons de roi pour contempler.

Mouais, faut voir... J'ai un peu de mal à y croire. Mais ne pas tenter serait baisser les bras. Ce que ne saurait faire une bourrique bretonne (et pour cause !). J'ai donc quitté le magasin muni de deux seaux de peinture, d'un rouleau idoine, d'une grille, de l'indispensable lessive et aussi d'un nouvel espoir. Incorrigible, vous dis-je !

samedi 1 avril 2017

Fleurs et travaux

De retour en Normandie depuis hier, faisons le bilan des quinze jours passés en Corrèze.

D'abord, on y vit quelques fleurs au jardin :

Prunus
Primevères

Arbuste à jolies petites fleurs

Arbuste à fleurs rouges

Tulipier

Pervenches  

Seulement, on n'était pas là pour rigoler, alors, on a fini de peindre les éléments et on a remis les portes en place :





On a installé un luminaire au plafond nouvellement repeint et raté comme il se doit :




Histoire de se changer les idées, on a installé un système d'évacuation pour l'évier et le lave-vaisselle :


On a changé des poignées de porte :





On a commencé à préparer une aire plane en vue de l'installation de l'abri de jardin :





Tours de portes, de fenêtre, cheminée et plinthes de la salle ont été peints en gris pâle pour ressortir sur le blanc des murs et des ouvertures :





Et bien sûr, on a par deux fois tondu la pelouse.

En Normandie, ce sera jardinage : tonte des pelouses, taille des haies, ensemencement du potager devraient occuper utilement les deux semaines qui viennent avant un retour au Lonzac pour papieter, peindre et se livrer aux joies du terrassement.

mercredi 29 mars 2017

Grande tristesse des media

La détresse d'autrui m'émeut toujours. Celle des media est poignante et sa raison noble : alors qu'on devrait parler des vrais problèmes, on ne parle que d'affaires ! Du coup, la campagne perd de son intérêt. Alors qu'elle devrait être le lieu d'affrontements idéologiques (la droite généreuse contre la gauche rancie (à moins que ce ne soit le contraire)), qu'on devrait y traiter du chômage, du niveau de vie, de la vie sexuelle des lombrics et, totalement accessoirement, des problèmes de sécurité intérieure et d'immigration, on parle du prix des chaussettes offertes à M. Fillon et de la jugeophobie de Mme Le Pen ! C'est attristant, voire désolant !

Seulement, de mauvais esprits ne manqueraient de rétorquer face à ce lamento de pleureuses stipendiées ou volontaires (d'après ces malfaisants) de quoi vous plaignez-vous ? Qui sinon vous a choisi de nous entretenir de sujets sans importance ? Qui, sinon vous, lorsque M. Fillon prononce un discours fort et sensé devant des milliers de partisans enthousiastes, décide de ne parler que de quelques guignols venus faire des bruits de casseroles ou jeter des œufs pourris sur son passage et des deux phrases prononcées sur les « affaires ? Qui, sinon vous, décide de ne parler que de l'anecdotique aux dépends du fondamental ? Qui, sinon vous, tente de donner à un personnage falot des allures de sauveur de la France ? Qui, sinon vous, sabote la campagne ? Qui, sinon vous, allume les incendies dont vous prétendez déplorer leurs ravages ?

Ces mêmes tristes sires, au risque de saper les fondements de la démocratie, iraient jusqu'à soupçonner les media de partialité, de mauvaise foi voire d'être ouverts à tout ce qui peut nuire à un (accessoirement deux) candidat (s). Bref, de ne pas être les scrupuleux défenseurs de la liberté d'expression qu'ils se targuent d'être mais les dévoués et volontaires esclaves d'une idéologie.

Je ne saurais accepter ces suspicions : les media, comme la justice, sont sacrés. Ceux qui les animent, dégagés, comme les juges, de ces a priori, de ces préjugés et de ces biais qui sont le lot commun des hommes et femmes ordinaires : ce sont des anges, en mieux.

vendredi 24 mars 2017

Le « roman national »

Hier soir, Mme Laurence de Cock, une historienne censée représenter les Français, lors de l'émission « Traquenard politique » sur France 2 a demandé au supplicié s'il était pour qu'on évoque l'image de Saint Louis rendant la justice sous son chêne. Question intéressante, s'il en est.

Tout ce qui me reste de l'enseignement de l'histoire en primaire ce sont les images des personnages du « roman national ». Nos ancêtres les Gaulois obsédés par les chutes de ciels, Vercingétorix se rendant à César, Clovis et le vase de Soissons, Charlemagne récompensant les bons élèves de son école, Rollon et ses Normands pillards, Godefroy de Bouillon conquérant Jérusalem, Saint Louis sous son chêne à Vincennes, la bataille de Crécy, les vicissitudes de Jeanne d'Arc à Chinon, Orléans et Rouen, Colomb découvrant des emplumés en Amérique, François 1er et le chevalier Bayard, Bernard Palissy détruisant ses meubles avec ardeur, la Saint-Barthélémy, le bon roi Henri et sa poule (au pot), Louis XIII et Richelieu au siège de la Rochelle, Louis XIV et Versailles, la prise de la Bastille, Napoléon et sa retraite (de Russie), Les révolutions de l'an 30 et de l'an 48, Napoléon III et Ferdinand de Lesseps, la guerre Franco-Prussienne, les poilus dans leurs tranchées, la débâcle de 1940... Je dois en oublier quelques unes.

Autour des murs se déroulait la frise illustrée où hauts faits et grands personnages se succédaient chronologiquement. Élève distrait, je la contemplais souvent plutôt que d'écouter les discours probablement passionnants de mes enseignants. Je ne dirai pas que cet enseignement, qu'il fut oral ou mural m'ait doté d'une profonde culture historique. Était-ce d'ailleurs son but ? Ne s'agissait-il pas simplement de créer dans les jeunes esprits une certaine notion de la chronologie ? De leur faire prendre conscience de l'ancienneté de la nation française, de ses heurs et malheurs ?

Le but de l'enseignement primaire était alors de doter ses élèves des bases qui leur permettraient éventuellement d'acquérir d'autres connaissances. Lire, écrire, compter, se repérer dans le temps. Il ne s'agissait aucunement d'en faire des Pic de la Mirandole ou de fins analystes des réalités historiques. Il faut croire que les enfants d'aujourd'hui sont bien plus intelligents que nous l'étions et que les images d'Épinal du roman national ne leur suffisent plus, qu'il ont besoin de plus de profondeur, de « questionner le monde* » pour reprendre un terme des nouveaux programmes. Ils apprennent des langues, s'initient aux arts plastiques avant d'étudier l'histoire de l'art, sont dotés d'une éducation musicale et grâce à cela ils sont 20% à quitter l'école élémentaire sans savoir ni lire ni compter ni écrire correctement. Combien seraient à même de relever les erreurs et allusions de l'immortel « Lycée Papillon » de Ray Ventura et ses collégiens où il est dit que « Vercingétorix, né sous Louis-Philippe, battit les Chinois un soir à Roncevaux, c'est lui qui lança la mode des slips et pour ça mourut sur un échafaud » ?

A force de vouloir des têtes bien faites plus que des têtes bien pleines, on se retrouve sans tête ni savoir. Alors, je répondrai à Mme Laurence de Cock que Louis IX sous son chêne et les autres permettaient l'établissement d'une chronologie et faute de « questionner le monde » rendaient les  enfants capables de se repérer dans le temps. Ce qui est mieux que le rien actuel.


* L'emmerder leur vient naturellement !

jeudi 23 mars 2017

J'ai touché le (pla)fond !

A deux tiers de siècle, le temps est venu des bilans, d'évaluer en son for intérieur le poids respectif de ses succès, ses échecs, ses mérites, ses défauts, ses désirs, ses réalisations... A soixante-six ans et des broquilles, j'en suis là. Si le bilan est globalement positif (on fait c'qu'on peut avec c'qu'on a !) il n'en demeure pas moins qu'en un domaine au moins l'échec aura été total : celui de la peinture de plafonds.

Combien de fois, le rouleau à la main, me suis-je lancé le défi de couvrir de blanc immaculé un plafond ? Je n'ose les compter car ce serait du même coup récapituler nombre de cuisantes désillusions. Têtu comme mes ancêtres bretons, je ne suis pas homme à me résigner ou capituler au moindre revers. Pourtant, à l'automne de ma vie, je me vois contraint d'accepter l'inéluctable conclusion que j'emporterai dans la tombe le regret amer de n'avoir JAMAIS réussi à peindre un plafond correctement.

Et pourtant, j'ai tout essayé : les meilleures peintures, les rouleaux les mieux adaptés, rien n'y a fait, au lieu d'un blanc uni je finis avec des inégalités de teinte que toute lumière met cruellement en évidence. Comme si j'avais omis de passer une deuxième couche ici ou là, comme si je n'avais pas désespérément tenté d'égaliser le résultat en croisant les passages de rouleau ! Rien n'y a fait.

Un jour, n'y tenant plus, je me suis ouvert de ce tourment à un professionnel dans l'espoir ultime qu'il me révèle le secret du plafond immaculé qu'il venait de peindre chez sa belle mère, compagne de feu mon père. L'homme commença par me dire que la réussite d'un plafond était ce qu'il y avait de plus difficile dans la peinture en bâtiment. Je m'en doutais déjà un peu. Il m'expliqua qu'il fallait que l'opération fût menée sans trêve. Pas question de s'arrêter pour fumer une cigarette ! Comme si une telle idée me serait venue ! Qu'il fallait partir du fond de la pièce pour aller vers la lumière. Que les coups de rouleaux devaient, se dirigeant vers la fenêtre, venir mourir comme une caresse... Je mis tous ces conseils en œuvre et terminai avec un plafond aussi raté que les précédents. Celui de ma cuisine corrézienne que je viens de louper n'est pas moins pitoyable que celui du séjour de la même maison.

Lors d'une conversation avec mon ex-directrice et son époux qui connaissait en ce domaine les mêmes déconvenues, cette brave femme tenta de nous consoler en disant qu'il était rare que des invités passent leur temps à examiner le plafond afin d'y déceler d'éventuels défauts. C'est juste. Je dois reconnaître ne l'avoir fait chez personne. Il n'empêche que chez moi, je ne peux m'empêcher de lever vers les plafonds un regard qui en revient navré.

lundi 20 mars 2017

Des effets désastreux du cocktail alcool-stupéfiants

Prenez un gars comme vous et moi (bien sous tous rapports). Bon, il a fait un peu de prison, des juges un brin taquins ont fait inscrire des broutilles sur son casier judiciaire histoire de passer le temps, on est même, à tort, allé jusqu'à le soupçonner de radicalisation islamique mais grosso-modo un brave type, bien Français comme on n'a pas manqué de le signaler.

Et voilà que ce citoyen, après avoir un peu bu et pris quelques substances, se fait arrêter, lors d'un contrôle de cette police dont on ne dénoncera jamais assez la violence, sous le prétexte futile qu'il roulait tous feux éteints. Qu'eussiez-vous fait à sa place, sinon ouvrir le feu sur ces brutes ? Car comme tout citoyen prudent, vous auriez sur vous un pistolet à grenaille : les rues sont peu sures ! Suite à cet incident, vous prenez, au volant d'une voiture volée, la route d'Orly, car comme tout fan de Gilbert Bécaud, vous aimez y voir « s'envoler des avions pour tous les pays ». Quoi de plus apaisant ?

Et c'est là qu'à votre arrivée les effets désastreux du cocktail alcool-stupéfiants se font sentir. Allez savoir pourquoi,le paisible citoyen, l'agnostique invétéré, se transforme soudain en un crypto-jihadiste : muni d'un bidon d'essence, vous quittez le parking et avant de tenter de vous emparer de force de l'arme d'une militaire vous vous écriez :  "Posez vos armes! Mains sur la tête! Je suis là pour mourir par Allah. De toute façon, il va y avoir des morts" ! Bref, vous n'êtes plus vous-même !

Pourrait-on sérieusement penser qu'un endoctrinement radical puisse être à l'origine de votre comportement ? Que vous auriez, commis une sorte d'espèce de genre d'attentat islamiste ? Eh bien non : pour cela il aurait fallu que vous ayez planifié votre action et fait allégeance à Daech. Vous avez dit «  Je suis là pour mourir par Allah » comme vous auriez dit « Putain, ça va chier des bulles ! » ou « Y'en a marre des contrôles routiers ! ». Toute personne qui verrait dans la conduite de M. Ziyed Ben Belkacem autre chose que le résultat des effets combinés de la prise d'alcool et de cocaïne ne saurait être animé que par un désir de stigmatiser les Français. Et ce n'est pas bien. Pas bien du tout.

dimanche 19 mars 2017

Pour en finir avec les individus

Tous les crimes qui nous indignent sont le fait d'individus. Ils pillent, violent, saccagent, tuent, incendient, posent des bombes et commettent toutes sortes d'actions répréhensibles. Ce qui n'est pas bien, mais alors pas bien du tout ! Il semble cependant que la société soit désarmée face à ces nuisibles. Et pourquoi, s'il vous plaît ? Parce que l'individu n'est identifié comme tel qu'après qu'il a commis son forfait ! Comme si avant il n'en était pas un. Comme si c'était le crime qui faisait l'individu et non l'inverse. Il faut que ça cesse ! Il faut neutraliser l'individu avant qu'il ne nuise.

Facile à dire me rétorqueront les sceptiques. Je n'ai pas de temps à perdre avec de tristes sires qui ne savent que douter. Il y a toujours une solution. Je préconiserais que l'on examine sous toutes les coutures les individus que l'on capture et que de ces observations on isole le ou les points qu'ils ont en commun. Partagent-ils une odeur spécifique, des traits physique, une façon de marcher, une propension à se promener avec une Kalachnikov en bandoulière, à retenir leur pantalon par des ceintures explosives ? L'étude scientifique nous le fera connaître. 

Une fois déterminé le ou les aspects spécifiques à l'individu, ne restera plus qu'à former des individuologues capables de les identifier sans coup férir. Si l'odeur fait partie des caractéristiques de ces tristes personnages, on pourrait dresser des chiens à les repérer comme on le fait dans la lutte contre le trafic de drogue. Une fois l'individu détecté, les forces de l'ordre l'arrêtent, le conduisent dans un centre de détention où il finira ses jours en cellule individuelle afin d'éviter qu'il ne nuise aux autres détenus.

Débarrassée de ces éléments perturbateurs la société deviendra ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : un havre de paix et d'harmonie. Des esprits chagrins diront qu'il est inadmissible de priver de liberté une personne qui n'a rien fait de mal. Peut-être pensent-ils que mieux vaut tenter de guérir (avec un succès souvent relatif) plutôt que prévenir ?

mardi 14 mars 2017

Demain, dès l'aube...

Eh oui, après plus de trois mois et demi d'absence et sauf accident (mortel ou mécanique) demain je retrouverai la verte Corrèze. J'attendais pour ce faire d'avoir rencontré mon cardiologue afin qu'il me confirme le succès de mon intervention. Ce fut chose faite hier. Le brave homme fut d'une grande jovialité et non revêche comme lors de notre rencontre de janvier. « Souvent cardiologue varie, bien fol qui s'y fie » aurait pu écrire au diamant sur une fenêtre de Chambord le bon roi François...

Or donc, je m'apprête à passer une quinzaine de jours auprès des Monédières. Contrairement à l'an passé, où j'avais fait l'erreur d'y séjourner plus d'un mois d'affilée et ainsi de retrouver le terrain des collines transformé en jungle, j'alternerai de courts séjours dans mes humbles demeures ce qui me permettra d'entretenir mon potager normand et mon terrain limousin sans trop de problèmes.

Ce n'est pas sans une certaine angoisse que je partirai : on sait ce que l'on quitte, on ne sait pas ce qu'on retrouve... La maison, malgré un maintien du chauffage en hors-gel sera-t-elle très humide ? Les herbe, grâce à une arrivée précoce du printemps auront-elles envahi le terrain ? Le ballon d'eau-chaude aura-t-il résisté aux fortes gelées ? Je serai bien vite fixé sur ces questions capitales...

Me reste à charger mon vieux break des outils, autre objets et victuailles indispensables avec la crainte d'en oublier. C'est à ça que je consacrerai cette dernière journée manchoise.

M'attend un programme chargé : dépapieter la cuisine, peindre tours de fenêtres et plinthes avant de papieter la salle, installer une prise de courant sur l'ilôt central, peindre les éléments et le vieux buffet, préparer le terrain pour y monter l'abri de jardin, etc. Programme comme toujours trop ambitieux et dont les priorités seront soumises au temps qu'il fera. Quoi qu'il en soit, je ne manquerai pas d'ouvrage et l'ennui perdra son temps à me guetter.

Il se peut qu'en conséquence le blog en pâtisse. A moins que, dans un sursaut de raison, je ne m'accorde quelques pauses me permettant d'écrire un peu...

samedi 11 mars 2017

L'illusion Macron

Si on en croit les divers sondages, en ajoutant les intentions de vote pour MM Macron, Hamon et Mélenchon, on obtient un total de 50 à 52%. Traditionnellement à droite, la France est maintenant de gauche ! De l'inoui ! On peut donc féliciter M. Hollande pour son exploit : en 2012, au premier tour, la gauche n'avait recueilli en additionnant les scores de ses 5 candidats que 43,75% des suffrages exprimés ! Ainsi grâce à sa sage administration et aux succès retentissants de sa politique le futur ex-président l'aurait fait progresser de plus de 6 à 8 % en moins de cinq ans.

A moins, évidemment qu'il soit abusif de rattacher M. Macron à la gauche. Que serait-il alors ? Centriste ? On a du mal à la croire quand on voit le nombre de vieux socialos et de communistes repentis qui le soutiennent. A-t-on déjà vu de tels personnages rejoindre un centriste ? En dehors de M. Bayrou pour qui se rallier à la gauche devient une tradition, on voit bien peu de centristes ou de gens de droite le rejoindre. Il s'est déclaré de droite ET de gauche, NI de droite NI de gauche, et encore moins du centre. Il aimerait bien se situer nulle part. Seulement, est-ce un positionnement que l'on peut occuper longtemps quand le ban et l'arrière-ban de la Socialie Hollandiste se hâtent de vous rejoindre pour des raisons dont on peut soupçonner les arrière-pensées électorales ? L'électeur peu politisé, séduit par un gadget politique présenté comme nouveau, ne finira-t-il pas par s'apercevoir qu'on essaye en fait de lui refourguer l'équipe discréditée de M. Hollande sous un emballage nouveau ? Dans ce cas, continuera-t-il à être séduit ?

Tous ces sondages, se font dans un climat d'indécision. Si l'on calcule les scores en nombre d'électeurs certains de leur vote, M. Fillon demeure mieux placé que l'ex-ministre de l'économie. Reste à savoir si ces personnes résolues le demeureront, si le quasi-passage en tête de ce dernier s’avérera procéder de la prophétie autoréalisatrice ou si le soufflé retombera. Les media ont su, par le biais de l' « affaire » Fillon, retarder le début de la campagne. Il faudra cependant bien qu'elle commence un jour, qu'on organise des débats. Inexpérience et sourire niais suffiront-ils à conforter les intentions ? Les électeurs choisiront-ils un candidat qui, élu , engagerait MM. Poutine ou Trump à « penser printemps »* ? De nouveaux ralliements socialistes feront-ils prendre conscience au bon peuple de la vraie nature du phénomène Macron ? Souhaitons, tout en déplorant qu'elle ait pris naissance, que l'illusion se dissipe car cet olibrius ne saurait que repousser les limites du ridicule que nous pensions avoir atteintes avec l'actuel président.

*A ceux qui ne sauraient pas en quoi ça consiste, cette vidéo devrait être utile : 




vendredi 10 mars 2017

Des vieux cons

C'est une évidence : les vieux sont souvent si cons que traiter quelqu'un de « vieux con » est un quasi-pléonasme. Vieux suffirait. Et pourquoi sont-ils cons ? D'abord parce que la réalité du monde d'aujourd'hui leur est étrangère. Ils vivent en fonction d'un passé largement fantasmé où tout était mieux. On les envoyait passer leurs vingt ans en Kabylie, au frais de la princesse ! Ils vivaient souvent dans des logements dont le relatif inconfort était compensé par une exiguïté de bon aloi. Ils pouvaient commencer à travailler à quatorze ans. Seule une minorité connaissait les joies d'un enseignement secondaire où régnait une certaine discipline. Leur jeunesse manquait d'embouteillages. Ils n'avaient pas toujours une voiture et celles qu'ils possédaient parfois tombaient en panne avec régularité, étaient mal équipées, et un mauvais réseau routier leur permettait de s'adonner sans retenue aux joies de la collision frontale. Oh, il y avait bien un peu de violence : les instits avaient volontiers la main leste, les parents aussi, les bandes de blousons noirs s'affrontaient à coups de chaînes de vélo, on cassait les fauteuils à L'Olympia, mais tout ça avec bonhomie. Au service on touchait des Gauloises Troupes, gratos et on s'initiait aux cuites à la bière sous l’œil bienveillant de sous-offs aguerris dans les campagnes coloniales voire lors de la Deuxième Guerre Mondiale . Pas de Rap, juste un peu de Rock'n Roll. Pas de net, pas de porno, pas de twits, pas de portables, peu de téléphones, une seule chaîne de télé. Pas de pilule : on se mariait souvent pour avoir « fêté Pâques avant les Rameaux ». Dans ces conditions et bien d'autres, comment auraient-ils pu devenir autre chose que des cons ?

Curieusement, ces vieux idiots gardent parfois de leur jeunesse un souvenir agréable et y voient, en dépit de moult contraintes, un temps de liberté. Si les personnes chargées de maintenir l'ordre public voire moral avaient alors de l'autorité, le nombre de règlements qu'elles avaient à faire respecter était bien moindre. On roulait à la vitesse qu'on voulait, on fumait partout, on pouvait sortir les conneries qu'on voulait sans tomber sous le coup de la loi, l'école tentait d'instruire et non d'éduquer, ce qui évitait que chacun ait un petit flic dans sa tête. Depuis les années soixante-soixante-dix, les réglementations ont poussé partout comme champignons sous l'ondée, et cela pour notre plus grand bien. On vit dans une société sécuritaire où notre santé, notre comportement, nos idées, notre expression, notre conduite, notre alimentation, sont surveillés de si près que malgré toutes les nouvelles libertés récemment acquises on a parfois comme un sentiment d'oppression. Surtout qu'on constate que parallèlement à la montée en puissance des moutons civiques on assiste à l'émergence d'un nombre croissant de déviants qui, par ignorance ou mépris des innombrables règles qui régissent le comportement dit citoyen, se comportent en quasi-barbares. D'où une certaine confusion : tandis qu'apparaissent des libertés se multiplient les contraintes ; quand tout est fait pour que nos vies se passent sans à-coups ni dangers l'insécurité monte ; quand la société est censé tendre à l'apaisement, se répand l'anarchie... Au nom de généreuses intentions, on voit des moutons voler au secours des loups et des égorgeurs.

C'est du moins ce que pensent certains vieux et même certains jeunes, vieux dès la naissance, si on en croit les dires d'autres jeunes et des vieux qui ont su rester jeunes d'esprit. Car cette dernière catégorie existe bien. La seule chose qu'on pourrait lui reprocher serait de ne voir de la réalité actuelle que ce qui est, à leurs yeux, positif et d'en nier les déplorables effets secondaires. Ce qui, d'un certain point de vue en fait une autre espèce de cons.


jeudi 9 mars 2017

La Semaine du Poisson Rouge

L'être humain aime à s'éprendre de causes, en général nobles. Le problème est que, parfois, il se trompe et que son choix s'avère moins judicieux qu'il ne pensait. Nous n'en donnerons pas d'exemple, vous laissant faire votre choix parmi les myriades de causes qui au fil de l'histoire se sont montrées décevantes. Toutefois, il faut bien reconnaître que sans cause à défendre une vie est bien morne. Il est donc primordial de s'en trouver une, de préférence indiscutable.

Après de longues années de réflexions, de tergiversations, et, reconnaissons-le, d'erreurs j'ai trouvé la mienne : je vais désormais militer en faveur de la Semaine du Poisson Rouge. 

Pas plus tard qu'hier, nous célébrions, avec toute la ferveur due, la Journée des Droits des Femmes. Mais pour une journée aussi insigne, combien de journées dédiées à telle ou telle catégorie passent totalement inaperçues ? Qui entre vous, sans consulter Google, pourrait m'indiquer quand tombe celle des Vieillards Libidineux ou des Agriculteurs Surendettés ? Bien peu, j'en ai peur ! Et cela pour une simple raison : une journée, quel que soit l'intérêt du sujet auquel on la consacre ne compte que vingt-quatre heures dont la plupart sont consacrées à des activités qui nous détournent de son thème (Travail, transports, libations, repas, sommeil, etc.). 

Si on veut marquer le coup, c'est une semaine dont on a besoin. J'entends déjà des protestations s'élever : vous divisez les causes par sept ! Combien de causes justes et tout à fait honorables vont passer à la trappe ? En effet, j'élague. Mais y a-t-il vraiment tant de causes qui méritent autant une journée que le poisson rouge sa semaine ?

Les vertus du poisson rouge sont nombreuses : jamais un mot plus haut que l'autre ; vous verrait-il accomplir quelque crime, vous pouvez compter sur lui pour demeurer muet comme une tombe face aux questions de la police ; vous pouvez l'amener partout : rares sont les musées, monuments ou magasins qui bannissent son entrée ; de mémoire d'homme on n'a jamais vu un poisson rouge attaquer un enfant ou un facteur et leur infliger de graves voire mortelles blessures ; il se nourrit d'un rien ; ses déjections sont discrètes ; à la différence du chat, du chien, de l'oiseau ou du rhinocéros, il vit très bien dans un bocal et sait s'en contenter ; il est d'une compagnie agréable car il distrait sans envahir ; il apporte une agréable touche de couleur dans tous les intérieurs ; la seule tristesse qu'il nous inflige, c'est sa disparition qu'il fait discrète ; bref la liste de ses qualités est infinie.

Qu'obtient cet enchanteur de nos vies en retour ? Peu de choses. Ce ne sont pas des photos de ses petits (pourtant mignons) que l'on voit par millions sur Facebook, Qui chante sa noblesse, son dévouement, sa parfaite discrétion, sa bonté, sa propreté, son pacifisme, sa frugalité et ses innombrables vertus ? Personne ! Il est temps que cela cesse ! Une semaine par an ne saura jamais compenser des siècles d'indifférence mais constituera un premier pas dans la bonne direction.

D'abord il serait indispensable que cette semaine soit déclarée fériée afin que tous puissent participer. Maintenant, en quoi les manifestations qui l'animeraient pourraient-elles au juste consister ? J'avoue, n'étant pas moi-même grand amateur de rassemblements festifs, mon incapacité à les définir. Je recommanderais cependant que des ballons illustrés de poissons soit lâchés, qu'on allume des bougies, qu'on organise des nages orange (la marche étant inappropriée) qu'on élise une Miss Poiscaille (obligatoirement rousse) mais tout cela est bien banal et je ne ne doute pas un instant que les cerveaux imaginatifs de nos élites sauront trouver bien d'autres idées propres à rendre mémorables ces sept jours de liesse et à pousser chacun de nous à faire poisson rouge .

L'idée est lancée. Reste à la voir se concrétiser. En cette période électorale, nul doute qu'elle sera reprise par les candidats épris de justice, ce qu'ils sont tous.

Vive le Poisson Rouge ! Vive la France !

mardi 7 mars 2017

(Im)Pures spéculations

Turlupiné je suis. Et voici pourquoi : imaginons qu'un juge de gauche décide, pour des raisons partisanes, d'ouvrir une enquête préliminaire suite à des allégations d'un organe de presse. Qu'ensuite des juges d'instruction soient nommés afin de procéder à l'ouverture d'une information judiciaire pouvant mener à une mise en examen. Supposons qu'une des personnes en question soit le candidat de la droite à la magistrature suprême.

Bien sûr, il s'agit ici de pure spéculation car tout le monde sait qu'un juge ne saurait être partisan, que seuls le respect et l'amour de l'équité le guident, du moins en France. Mais ne peut-on pas envisager que dans des démocraties moins éprises de vertu que la nôtre de telles choses se produisent ? Que devrait faire le mis en cause ? Proclamer une foi aussi entière que sincère en la justice de son pays ? Accepter avec le sourire les poursuites dont il est l'objet ? En cas de réponse affirmative à ces questions, quelles pourraient être les motivations qui pousseraient l'innocente victime à accepter d'injustes poursuites, si ce n'est que juste ou inique la justice est intouchable, insoupçonnable et ipso facto possède un pouvoir de nuisance absolu et incontestable ?

Puisque nous en sommes à envisager l'improbable, voire l'impossible, on pourrait imaginer que les media aux mains de groupes hostiles à cet éventuel candidat décident de donner à cette pseudo-affaire, un retentissement immense au point qu'elle occupe l'essentiel de leur temps d'antenne (hors publicité, bien sûr) et que ce qu'ils en disent ne respecte que marginalement la présomption d'innocence. Vous me direz que mon esprit bat la campagne, que de tels agissements sont inconcevables dans notre démocratie et je ne pourrai que vous approuver. J'imagine simplement que , dans un pays où les media auraient d'autres préoccupations que celle de fournir une information objective (ça s'est, hélas parfois produit), de tels errements seraient concevables. Face aux torrents de boue qu'on déverse sur lui et ses proches, que devrait faire l'intéressé ? Proclamer une foi aussi entière que sincère en l'objectivité des media de son pays ? Accepter avec le sourire les libelles dont on l'accable ? En cas de réponse affirmative à ces questions, quelles pourraient être les motivations qui pousseraient l'innocente victime à accepter d'injustes attaques à son honneur, si ce n'est qu'objectifs ou frénétiquement partisans les media sont intouchables, insoupçonnables et ipso facto possèdent un pouvoir de nuisance absolu et incontestable ?

Imaginons, puisque nous en sommes à envisager l'improbable, voire l'impossible que, la personne mise en cause n'adopte pas l'attitude soumise qui sied vis à vis de ces incontestables pouvoirs. Ne serait-ce pas scandaleux ? Ceux qui naguère soutenaient ce voyou, ne seraient-ils pas en droit de lui reprocher une dérive cryptofasciste ? Bien sur que oui, mais de mauvais esprits, comme il en existe hélas, pourraient penser que leurs vertueuses réactions seraient dues à la crainte que leur inspirent ces pouvoirs en lesquels ils n'ont pas plus de foi que le peuple dit en avoir ?

Heureusement, ces remarques échevelées ne sauraient se rapporter à une (des) affaire (s) ayant récemment agité notre pays.

dimanche 5 mars 2017

Heureux !

Il arrive que je me demande pourquoi je m'agite, pourquoi je prends parti alors que je suis heureux. Attention cependant : pas béatement. Juste aussi heureux que je suis capable de l'être. Comme tout le monde, en somme. Certains baignent dans une joie optimiste et permanente, certains connaissent les tréfonds de la dépression. Chacun fait avec sa capacité au bonheur. Comme toute chose, celle-ci est inégalement répartie. Je ne sais pas si la mienne est supérieure, inférieure ou égale à la moyenne et, disons-le tout net, je m'en fous. Toujours est-il que je suis heureux.

Il faut reconnaître que j'ai pour ça de nombreuses raisons : par exemple, je suis pratiquement libre de toutes contraintes : pas d'horaires, pas d'obligations sociales, pas de promiscuité imposée. Et cela depuis bientôt six ans ! J'étais fait pour être rentier et je le suis enfin ! Je jouis d'une certaine aisance c'est à dire que mes modestes moyens correspondent à mes modestes besoins. Je suis exempt d'envie et de vraies colères. Je sais occuper mon temps de diverses manières et en tirer satisfaction. Ma santé pourrait être meilleure mais également bien pire. Elle me permet de faire ce qui me plaît et c'est l'essentiel. J'aurais du mal à gravir le Ventoux à vélo ou à skier sur ses pentes mais vu que je n'aime pas plus le vélo que le ski ou tout autre sport, pourquoi m'en plaindrais-je ? Je suis souvent seul. Ça tombe bien, j'aime la solitude. Je vis dans des lieux retirés et paisibles, loin de la course des rats et de son bruit. Un rien m'amuse. Tout un tas d'infimes satisfactions me sont offertes par la vie. Faire une liste complète de mes raisons d'être heureux serait bien fastidieux et je ne suis pas d'humeur à m'ennuyer avec une tâche aussi vaine...

Je suis d'autant plus heureux que je ne l'ai pas toujours été. Rien de plus normal : toutes les conditions n'étaient pas réunies pour que je le sois. J'ai connu, des hauts, des bas, de grosses emmerdes, de grandes joies.  Tout ça nuit à la sérénité. Après deux tiers de siècle, je l'ai atteinte. Que demander de plus, sinon que ça continue un peu ?

C'est pour tout cela qu'il m'arrive de me demander pourquoi je m'intéresse à la politique. Il se peut que ce ne soit qu'un hobby comme un autre. Car même si, à mon sens, la civilisation occidentale est poussée à la folie par des imbéciles qui se croient généreux et de nuisibles idiots prétendument progressistes, cela n'affecte que très peu ma vie et, sauf cataclysme, il est peu probable que ça vienne jamais l'affecter. Peut-être qu'en plus d'être un passe-temps, cet intérêt naît de l'agacement que provoque en moi l’œuvre de destruction systématique poursuivie par certains en un temps où sans leur haine nous aurions enfin tout pour être heureux ? Une chose est certaine : ce n'est pas l'intérêt personnel qui m'y pousse. Ma vie est faite, sa fin plus proche que son début, et mon sort me convient.

samedi 4 mars 2017

Délation et autres bouffonneries

Le journal Libération (Libé pour les intimes dont je ne suis pas) a fait paraître et met à jour une liste des défections autour de M. Fillon. On ne peut que condamner cette pratique. En effet, révéler les noms de ces déserteurs, c'est les signaler à la vindicte des électeurs de droite (et pas du centre) et compromettre les chances de succès de ceux qui se (re)présenteront aux législatives prochaines. Il ne faudrait pas oublier que le gros des troupes LR continue de soutenir M. Fillon contre vents et marées médiatiques.

Le soufflé Macron ne cesse de gonfler. Mouais. Sauf que d'après le dernier sondage en date sur les 24% de gens qui le choisiraient, seuls 49% s'en déclarent certains Ce qui ne fait que 11,76% de votes « assurés ». En revanche, les 19% de suffrages recueillis par M. Fillon, sont certains à 70% ce qui donne 13,3% de votes « assurés ». Quant à Mme Le Pen, elle laisse tout le monde très loin avec, suivant le même calcul, 20,8% !

Avant même qu'ait commencé l' « affaire » Fillon, les journalopes signalaient que sa campagne avait du mal à démarrer. Depuis ils ont critiqué la façon qu'il avait de se défendre. Et ne voilà-t-il pas qu'on annonce à grand bruit la défection de son directeur de campagne, désormais présenté comme un habile faiseur de roi. Résumons-nous : grâce à M. Stefanini, la campagne piétinait. En quoi son départ serait-il dommageable ?

Les tireurs de plans sur la comète nous parlent du « Plan J » (comme Juppé). Lequel est prôné par ses soutiens traditionnels qui, ne s'étant jamais vraiment ralliés à M. Fillon, ont décidé de quitter un navire sur lequel ils n'avaient embarqué qu'à regret. A part manifester le refus de reconnaître les résultats de la primaire, je ne vois pas ce qu'une telle candidature signifierait ni surtout ce qu'elle apporterait. Car si des sondages sont venus, fort à propos, indiquer que Le Maire de Bordeaux (dont on ne sait s'il ressemble à son père) ferait bien mieux que l'actuel candidat, il serait étonnant qu'il rallie à sa cause l'ensemble de ceux qui l'ont rejeté naguère. M. Juppé est surtout bien vu par ceux qui ne voteront pas pour lui.

L'acharnement médiatique contre M. Fillon ne se dément pas depuis plus d'un mois. Au point d'en devenir un tantinet lassant. Son efficacité est très relative. Son principal mérite me semble être d'avoir empêché tout débat sérieux en ces temps de pré-campagne.

Comme Corto et votre serviteur le signalaient avant tout ce tohu-bohu, tout candidat ne risquant d'être élu que par défaut, ce sont les législatives qui importeront vraiment. Et l'issue de celles-ci risque d'apporter des surprises (cf supra)...

vendredi 3 mars 2017

Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Font-ils envie ou bien pitié ?

La fuite effrénée des rats UDI et Juppéistes me fait me remémorer ce refrain du regrettable Jean Ferrat. Pour moi la réponse est claire : il faut en rire et ils font pitié. Ces soi-disant centristes joignent leurs voix au long et ennuyeux lamento des gauchistes heurtés par la mise en cause de l'impartialité des juges. C'est intolérable ! On dit souvent que la perfection n'est pas de ce monde et on a tort. Car la perfection s'est incarnée dans le corps judiciaire français. C'est pourtant évident !

Mais laissons là ces « consciences ». Le départ de ces opportunistes est un bien. M. Juppé qui déclare ce matin qu'il ne se défilera pas en cas de jet de l'éponge par M. Fillon ne saurait aucunement constituer un plan B. Je serais d'ailleurs curieux de voir quel pourcentage de l'électorat de droite ce favori de la gauche réunirait sur son nom et combien, si les manœuvres de ses affidés parvenaient à leurs fins, choisiraient le plan M (LP) ou l'abstention. Car comment s'attendre à ce que ce piètre magouilleur reprenne à son compte le projet LR quand il n'a cessé de s'y opposer ? Avec un tel président, ce serait le chaos. Car dans son déni de la vérité il ne semble pas soupçonner à quel point un mécontentement du laxisme qu'il incarnerait s'est développé dans le pays.

La France a besoin d'un chef, pas d'un ectoplasme. En résistant, en se raidissant face aux épreuves, en durcissant ses positions, M. Fillon montre qu'il en a l'étoffe. Ce qui n'est et n'a jamais été le cas d'un quelconque centriste. La charité nous interdit d'évoquer M. Bayrou. Il n'en reste pas moins que M. Giscard d'Estaing a prouvé en son temps qu'à pratiquer une politique mi-chèvre mi-chou on perdait à droite ce qu'on ne gagnait pas à gauche. M. Juppé ne bénéficie que d'un soutien tactique du centre gauche. Quelle que soit la politique qu'il suivrait, il le verrait se dresser contre lui. Laissons à ceux qui y croient l'illusion que le pays rêve de centre. Si on ajoute les scores annoncés de la gauche dure (Mélenchon, Hamon), de M. Fillon et de Mme Le Pen, on dépasse les 70%. Ça ne laisse au soi-disant centre que la possibilité d'arriver au pouvoir par défaut et de se retrouver face à un mécontentement croissant et quasi-général.

jeudi 2 mars 2017

Ça, de la droite ?

Je lis ici ou là que s'il était élu, M. Fillon ne pourra pas gouverner. Et que Mme Le Pen non plus. Et qui dit ça ? Des gauchistes ? Bien sûr mais pas que ! Des gens se déclarant de droite leur emboîtent le pas. Ce qui revient à dire que seul M. Macron serait en mesure de le faire. On se demande en ce cas pourquoi on organise des élections !

Et pourquoi serait-ce impossible ? Parce que les gens descendraient dans la rue, par milliers (Millions ? Milliards?) ! Les gens, hein ! Pas les gauchistes qui le font pour un oui pour un non. Pas la CGT toujours prête à mettre le bazar histoire de s'offrir une illusion d'existence. Non, les gens, vous, moi, tout le monde ! En fait, si manifs il y avait, ce seraient toujours les mêmes qui défileraient. Ces gens de gauche pas plus capables d'accepter le résultat des urnes que les votes du parlement. Les gens de « droite » qui craignent des troubles font le jeu du camp adverse. Ils sont résignés à ce que ce soient les syndicats et les lycéens qui décident de la politique de la France. Ils ne croient pas en leur propre vote.

Je l'ai dit et redit, mais l'âge excuse mes radotages : bien que déclarant se défier des media, ils suivent les prescriptions de ces derniers à la lettre comme le gentil toutou obéit à son maître. Et cela dans les domaines les plus divers. Ainsi, ils partagent très majoritairement l'avis des faiseurs d'opinion sur MM. Poutine, Trump, Erdogan ou Hassad comme sur le danger que représentent les perturbateurs endocriniens ou sur l'impartialité des juges. Comme s'ils avaient la moindre compétence en politique intérieure des états dont ils blâment les dirigeants, en géopolitique, en médecine ou en déontologie judiciaire.

Pas plus tard que ce matin, j'apprends grâce à un sondage que « Pour 57 % des Français (contre 43 %), François Fillon a tort quand il dit ne pas « avoir été traité comme un justiciable comme les autres », alors que le même pourcentage de sympathisants LR pensent qu’il ne l’a pas été. Seuls 38 % des Français sont d’accord avec l’idée avancée par François Fillon qu’il s’agirait d’un « assassinat politique », alors que 62 % rejettent cette idée. ». Ainsi, 43% des sympathisants LR penseraient que M. Fillon a été traité comme il convient par la justice ! Et ça se dit de « droite » ! Avec une « droite » pareille a-t-on besoin d'une « gauche » ?

On leur trouvera pour excuse que plusieurs décennies de lavage de cerveau à la lessive gauchiste expliquent ces dénis de réalité. En fait, cela n'excuse rien mais amène à se demander quelles sont les raisons profondes, s'il y en a, qui poussent les individus à se réclamer de tel ou tel positionnement sur l'échiquier politique et quelle est la solidité de cette prise de position.

Je ne me sens aucune affinité avec ces résignés à la dictature de la rue, ces moutons de Panurge et ces inconsistants.


mardi 28 février 2017

Le bon interviewer

Comme c'est le cas pour les chasseurs, il est de bons et de mauvais interviewers. Essayons de définir rapidement le mauvais. Ce journaliste pose des questions à son invité, il écoute ses réponses et, éventuellement, lui demande d'éclairer certains points qui lui auraient paru insuffisamment précis.Cette fripouille reçoit des invités afin qu'ils s'expriment, laissant auditeurs ou téléspectateurs se faire leur opinion sur ce qu'ils auront dit. C'est choquant, honteux et, disons-le anti-démocratique.

Dieu merci, il y a le bon interviewer ! Observons-le à l’œuvre. Tout d'abord, il n'est pas là pour écouter son invité. Admettons que celui-ci ait commis un ouvrage sur tel ou tel sujet et que cette parution soit la cause de son invitation (intitulé, par exemple Comment sauver le monde en deux temps trois mouvements). Eh bien, notre valeureux journaliste ne va pas perdre son temps à évoquer le contenu de ce livre : ce qui l'intéresse, c'est une sombre affaire de traversée en dehors des clous commise par son auteur lorsqu'il se rendait au collège voici trente cinq ans. Un peu décontenancé, l'invité tentera de ramener le débat sur les sujets abordés dans son ouvrage. Son hôte lui coupera la parole pour lui intimer de répondre à sa question sur la grave infraction au code de la route censée préoccuper le public. Histoire d'avoir la paix, l'interviewé évoquera brièvement l'affaire avant de tenter de revenir aux moutons qui justifient sa présence. Fol espoir ! Le serviteur de la vérité ne l'entend pas de cette oreille. Il veut des détails : quelle rue a été ainsi traversée ? A combien de mètres du passage piéton a été commis le délit ? N'est-il pas concevable que le public ait du mal à accorder le moindre crédit à un délinquant ? Toute esquisse de réponse est immédiatement interrompue par une nouvelle question, entraînant une nouvelle tentative de réponse immédiatement interrompue par le reproche de n'avoir pas répondu à la question précédente. Ainsi passent les minutes et la rencontre se termine sur l'amer constat du bon interviewer pour qui l'invité n'est venu que pour éluder les vraies questions. Le public, lui, ne saura jamais en quoi consistent au juste méthodes de sauvetage préconisées par l'auteur. Heureusement, tout le monde s'en fout...

L'ancêtre du bon interviewer est sans conteste Pierre Desproges qui voici quarante ans posa des questionsfondamentales à Françoise Sagan.Toutefois, la technique s'est améliorée. Être complètement à côté de la plaque étant insuffisant, on y a rajouté de la hargne et de la mauvaise foi.

NB : Toute ressemblance avec des Patrick Cohen ou des Jean-Jacques Bourdin existant ou ayant existé serait purement fortuite.

samedi 25 février 2017

Abnégation

Ce matin, on frappe à ma porte. J'étais à l'étage, encore en pyjama. Comme je ne reçois que très peu de visites, lorsqu'on toque à ma porte (je n'ai pas de sonnette), j'en ressens toujours un certain désagrément, car pour savoir qui se trouve sur mon seuil,, il me faudrait ouvrir ma fenêtre, m'y pencher et, ce faisant, révéler ma présence, je me résigne donc à descendre. Surtout qu'on ne sait jamais : peut-être est-ce le destin ? Une créature divine ayant développé une attirance irrépressible pour les bricoleurs chenus ? Un Ivoirien, qui lassé de ne pas me voir répondre à ses mails, viendrait me livrer en mains propres les millions de dollars qu'il a dans sa musette ?

Hélas, tels ne sont jamais mes visiteurs. A part Raymond qui, exceptionnellement, vient me voir en quête d'un service ou pour me proposer un demi-agneau qui sans mon secours lui resterait sur les bras, ce sont, au moins au départ, des inconnus en quête de quelques sous : le cacochyme vendeur de billets de la loterie paroissiale qui a tant de mal à se traîner que je n'aurais pas le cœur de lui refuser l'achat d'un carnet dont je ne saurai jamais si les billets étaient gagnants ou, en novembre, les valeureux soldats du feu dont j'achète le calendrier avant de le classer verticalement. Il arrive aussi que quelque personne perdu dans le bocage vienne me demander de l'aider à trouver des gens que je ne connais pas. Et puis, il y a, comme ce matin, les Témoins de Jéhovah.

Nul besoin qu'ils se présentent : je les renifle à distance et, après un rapide bonjour, je leurs dis, tout en sourire, sans qu'ils aient le temps de placer le moindre mot, que je ne suis pas intéressé. Certains insistent un peu, d'autres, comme ceux de ce matin comprennent qu'ils perdraient leur temps, me souhaitent une bonne journée et, d'un pas alerte, partent déranger le voisin.

Je m'en veux un peu de ne pas mieux les recevoir. Je me console  en me disant qu'étant fermé à toute aspiration religieuse, le temps qu'ils perdraient avec moi serait, peut-être, plus fructueusement employé auprès de personnes plus perméables à leur discours. Mais en existe-t-il beaucoup ? Combien de refus d'ouvrir, de portes qui claquent à leur nez, de rebuffades mal aimables et peut-être même parfois d'insultes pour une brebis « sauvée » ? Et pourtant ils continuent, sacrifiant leur temps libre à leur apostolat.

Je ne peux m'empêcher d'admirer leur abnégation. Je sais les critiques auxquelles ils sont en butte. Sectarisme, refus de soins, endoctrinement de leurs enfants, etc. N'empêche que leur prosélytisme est compréhensible : comment, quand on est porteur d'une vérité, se résigner qu'au péril de leur salut éternel les autres restent dans l'erreur ?

Seulement, des porteurs de vérités intangibles, on tape dans un réverbère, il en tombe cent... Et parallèlement à cette admiration, je me félicite qu'ils soient les seuls avec les Mormons, à sillonner villes et campagnes en vue d'âmes à sauver. Si les Marxistes de la dernière heure, les Adorateurs du Saint Caméléon, les Dévorateurs de Bidoche et tous ceux qu'habite une virulente foi en faisaient autant, on n'aurait plus une minute à soi le week-end.

jeudi 23 février 2017

De fil en aiguille.

Juste avant Noël, je finis de rénover ma cuisine,ayant repeint les éléments, changé gonds et poignées, j'étais plutôt satisfait du résultat :


Sauf que la blancheur immaculée des placard faisait ressortir le jaunissement des murs et du plafond. En peu de temps, ce contraste me devint insoutenable et, n'y tenant plus, je décidait de repeindre l'ensemble de la pièce principale qui abrite cuisine ouverte, coin salon et coin repas.

Je ne savais pas à quoi allait m'exposer cette décision. Un mois plus tard, je fis l'emplette de peinture afin de repeindre dans un premier temps poutres et solives Après lessivage, deux couches furent nécessaires pour obtenir un blanc parfait. Vint ensuite la corvée de repeindre le plafond entre les solives : deux couches encore avant d'atteindre le résultat souhaité. La nouvelle blancheur rendit insupportable le jaunissement du luminaire de la cuisine. Je lui trouvai un remplaçant :



Restaient les murs. Fallait-il changer le papier ? Le repeindre ? J'hésitai et puis ne me sentant pas très motivé pour me lancer dans le dépapietage ni pour me rendre à Caen où je savais trouver un papier convenable, j'optai pour la peinture. Afin de rompre la monotonie du blanc, je décidai de peindre les murs latéraux de couleur gris-perle.

De fil en aiguille, l'ensemble de ces travaux de peinture s'étala sur un mois à raison de quelques heures quotidiennes. Je n'y ai mis la dernière main qu'hier. Voila le travail : d'abord le coin salon :


puis les portes :


Seulement à quoi vais-je maintenant occuper mon temps. J'ai du sable à mettre sous les pas japonais installés dans la pelouse, mais ça ne prendra guère de temps. J'ai également les joints de la grange à terminer. Seulement, vu le temps dont nous bénéficions, je crains de me retrouver au chômage technique.

Quoi qu'il arrive, je ne resterai pas longtemps sans emploi : vers la mi-mars, je compte bien retourner en Corrèze où de nouvelles missions m'attendent.

mercredi 22 février 2017

Bien ou mal élu...

Je lis ici et là que, quel qu'il soit, le futur président (ou la future présidente), faute d'un réel soutien populaire, ne pourra pas gouverner. On nous annonce levées de boucliers, désordre dans les rues, émeutes, enfin le bazar. Voyez ce qui se passe aux USA !

En fait le fameux bazar n'aura lieu que si le (la) président (e) élue n'a pas l'heur de correspondre peu ou prou aux attentes des syndicats et partis politiques de gauche ainsi qu'à leurs relais médiatiques. L'électeur de droite, lui, ne descend pas pour un oui ou pour un non dans la rue, il ne dispose pas de courroies de transmission syndicales aptes à paralyser le pays. Quand, exceptionnellement, il se mobilise, il le fait sur des points précis et de manière paisible et ordonnée (cf. Manif pour tous).

Tant que CGT, Sud et autres seront en mesure d'empêcher, par le truchement d'une faible minorité d'employés, que les trains circulent, que l'électricité soit distribuée, que l'on circule sur les routes, il y aura des troubles. Tant que quelques dizaines ou centaines de milliers de gauchistes vociférants seront confondus, grâce à la propagande médiatique, avec l'opinion générale, ce sera la chienlit. Et ceci que les responsables en place aient été ou non confortablement élus et bénéficient d'une large majorité parlementaire.

J'en veux pour preuve le quinquennat de M. Sarkozy. N'avait-il pas été bien élu ? N'était-il pas parvenu à rallier à son panache (plus ou moins) blanc(-bleu) une bonne partie de l'électorat Frontiste ? Ne se trouvait-il donc pas en position de gouverner à droite, d'imposer les réformes propres à remettre le pays sur les rails ? Et qu'a-t-il fait ? Il s'est empressé de prendre des mesures aptes à séduire son opposition et de pratiquer l' « ouverture » ! Ainsi, comme ce fut le cas de M. Giscard d'Estaing en son temps, il perdit sur sa droite ce qu'il ne gagna pas sur sa gauche. Car il ne faut pas se leurrer : avec une certaine gauche, on n'obtiendra jamais le moindre consensus. Si vous lui cédez, elle vous méprise ; si vous lui résistez, elle provoque le chaos ; si vous adoptez ses positions, elle se sent victorieuse quand elle ne change pas de revendications. Quoi que vous fassiez ny changera rien.

Bien ou mal élu, un (e) président (e) de droite aura droit aux troubles, si rien ne les justifie, on leur inventera des raisons. Refuser le combat ne sert donc à rien. Il faut aller à l'affrontement, comme le fit Maggy Thatcher. Les mineurs sont en grève ? Qu'ils continuent jusqu'à s'en lasser ! Les terroristes de l'IRA font une grève de la faim ? Qu'ils en assument les tristes conséquences ! Etc.

Mais vous allez mettre le pays à feu et à sang, pauvre inconscient, m'objectera-t-on ! C'est ce genre de frilosité qui rend la droite impuissante et engendre sa résignation. Si conflit il doit y avoir, que conflit il y ait. On verra bien qui en sortira vainqueur et ça clarifiera les choses. Si les Français préfèrent vraiment la lente déchéance et l'anarchie qui en résulte fatalement au redressement, qu'ils le fassent en toute connaissance de cause. Que cessent les déclarations mi-chèvre mi-chou, que cessent les revirements basés sur les sondages. Un homme (une femme) d'État doit être inflexible. C'est d'une claire volonté que nous avons besoin.

mardi 21 février 2017

L214, un train qui en cache un autre

Les scandales de l'abattage des animaux d'élevage se succèdent, dénoncés par une belle association nommée L214. Ses vidéos sont largement relayées par des media toujours avides de scandales. Elles provoquent dans chaumières et châteaux une juste indignation. Seulement, peu de gens sont conscients de ce que défendent en réalité ces âmes sensibles.

J'entendis leur porte-parole l'autre jour sur France Inter. Cette hystérique, se sentant en terrain sûr dans ce media ouvert à tout ce qui peut précipiter la disparition de notre civilisation, ne cacha pas les buts réels de son association : promouvoir le véganisme et à terme abolir non seulement l'abattage, fût-il opéré avec la plus grande des délicatesse, mais aussi tout élevage, même pour la production de produits laitiers ou d’œufs car consommer ces aliments est obsolète.

Ainsi, pour ces âmes sensibles, la personne qui élève dans d'excellentes conditions de confort et d'hygiène quelques poules qu'elle nourrit de bon grain bio pour avoir de beaux œufs avec de gros jaunes bien jaunes et laisse ces dites volailles mourir de leur belle mort avant de leur offrir une sépulture digne (sans nécessairement organiser une cérémonie religieuse) serait aussi coupable que la brute qui martyriserait un porc, un bœuf, un veau ou un canard.

Cela dit, ces « amis des animaux » ne brillent pas par leur honnêteté. Le nom qu'ils se sont choisi est celui de l'article L214 du code rural de 1976, lequel déclare que « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. ». Il n'y s'agit donc aucunement là de bannir tout élevage mais de prôner des condition d'élevage respectueuses des besoins et du confort des animaux. Que dirait-on d'une association en faveur de la sécurité routière nommée R412-12 qui aurait pour but d'abolir toute circulation automobile alors que l'article éponyme ne traite que des distances de sécurité ?

Toutefois, comme je le signalais naguère l'homme et la femme urbains, ayant perdu contact avec la réalité de la vie campagnarde sont devenus d'une grande sensibilité. Leur montrer des images plus ou moins choquantes d'abattage leur soulève le cœur. Et leur cerveau, empli de pensées nobles et délicates se met en action. Pas de viande sans assassinat. En manger, c'est être complice. Ainsi les idées de L214 font leur petit bonhomme de chemin dans les têtes boboïdes...

Imaginons un instant que les fous du légume (apparemment insensibles à la douleur d'une carotte qu'on arrache) finissent par arriver à leurs fins. Que fait-on alors des animaux d'élevage ? On pourrait attendre qu'ils meurent de vieillesse (après les avoir stérilisés car les laisser se reproduire serait une forme d'élevage). Il faudrait subventionner les éleveurs pour qu'ils les accompagnent jusqu'au bout de leur existence. Ainsi disparaîtraient veaux, vaches, cochons, couvées*. Car qui voudrait d'une vache, d'un canard ou d'un porc pour compagnie ? Et pendant qu'on y est, pourquoi ne libérerait-on pas les chevaux ? Car, même si la consommation de leur viande va en s'amenuisant, il n'en reste pas moins qu'on contraint ces pauvres bêtes à être montées ou à travailler dans les champs ou forêts ce qui n'est qu'un esclavage... Et les éleveurs que deviendraient-ils ? L'élevage se pratique généralement sur des terres peu propices à l'agriculture ! Ils pourraient crever, comme ils ont commencé de le faire.

Ainsi, sous des dehors mignons et sensibles, ces abrutis visent-il à détruire un pan de notre civilisation comme certains hurluberlus s'attaquent à d'autres. Rien d'étonnant à ce que nos media les chouchoutent ! 

* Notons qu'une amitié des animaux qui mène à leur extinction a quelque chose de paradoxal.