..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

jeudi 2 juillet 2020

Surprise immobilière



On peut dire que l’affaire fut rondement menée. Le 16 juin, je signai un mandat de vente. La maison étant occupée jusqu’au 24, l’agent immobilier groupa deux visites le 29 . Ce matin, vers neuf heures le téléphone sonna et ce dernier m’annonça que la maison était vendue. Il aurait même pu en vendre deux, vu que le premier visiteur, moins rapide que le second se déclara également preneur. Ni l’un ni l’autre ne proposèrent de négociation. D’autres visites, prévues pour vendredi furent donc annulées.

Ce sera la cinquième maison que j’aurai vendu. Avec de plus ou moins grosses pertes. Avec plus ou moins de bénéfice. Là, si je ne compte pas mes heures ,l’opération, une fois payés 4700 Euros de plus-value, est quasi-nulle ce qui, à la campagne, aujourd’hui, n’est pas si mal.

Ce qui me frappe le plus, c’est la rapidité avec laquelle l’affaire s’est conclue. Le prix était raisonnable, l’agent immobilier expérimente et efficace (c’est lui qui m’avait vendu la maison). Il n’y avaait donc pas de raison que l’affaire traîne en longueur. Mais de là à trouver deux acquéreurs en 15 jours…

On pourrait s’attendre à un pincement de cœur. Il n’en est rien. Ma décision étant prise la nostalgie n’étant pas une spécialité de la maison inutile de regarder en arrière. Quelques détails me prèoccupent cependant un peu. Il va me falloir vendre l’ameublement et l’électroménager vu que je n’en ai aucun besoin ici. Vide maison ? Vente sur le bon coin ? Don à des associations ou à un brocanteur de ce qui restera ? J’ai trois mois pour aviser. Ça devrait suffire.

Ma principale inquiétude en étonnera certains : que faire avec les fonds ainsi engrangés ? Je n’ai aucun besoin d’argent, aucun désir d’objets ou de plaisirs coûteux. Placer de l’argent à l’heure actuelle ne rapporte rien ou est périlleux. Mes disponibilités sont trop faibles pour envisager un placement immobilier dans un endroit où les prix montent.Le distribuer à de bonnes œuvres ou à mes lecteurs impécunieux ou avares dépasse les bornes de ma générosité. Je suis comme la poule qui a trouvé un couteau et qui ne sait pas l’ouvrir...

lundi 29 juin 2020

Vague(ment) pastèque


Hier, je ne suis pas allé voter. Trois listes s’affrontaient mais vu qu’elles étaient toutes trois totalement dépourvues d’étiquette et que je ne connaissais pas les candidats, je craignais de voter à gauche par ignorance. De plus, j’ai du mal à m’intéresser aux municipales. Il faut croire que beaucoup de gens se trouvaient dans mon cas car pour une raison ou pour une autre le taux d’abstention a été historique. Et les résultats surprenants car plusieurs grandes villes sont tombées dans l’escarcelle des pastèques. Certains ont parlé d’une vague verte. Ce ne sont pourtant pas des vagues de cette ampleur qui vont mettre le navire en péril.

Bordeaux aurait viré au vert ! Tu parles d’un virage : quand on obtient 46,48 % des suffrages exprimés par 38,33 % de participants, dans le meilleur des cas (car il y a des blancs et des nuls) on a plus ou moins enthousiasmé 17,8 % des inscrits. Pas vraiment de quoi pavoiser. Quelle légitimité peut-on accorder à quelqu’un qui ne représente même pas un électeur sur cinq ? Je ne vais pas m’amuser à faire ce genre de calculs pour toutes les villes concernées. Certaines listes auront fait un peu mieux, d’autres auront fait encore pire mais de manière générale les prochains maires ne représenteront pas grand monde.

Vous me direz que qui ne dit mot consent. C’est mon cas mais est-ce celui de tous ? Je crains que qui ne dit mot soit ne sait trop quoi dire, soit est écœuré au point de s’enfermer dans le silence. Cette désertion des bureaux de vote, certains l’attribueront au Covid, d’autres au degré de salinité très élevé pour la saison de la mer des sargasses ou au tarif prohibitif du kilo de pangolin écaillé. Les experts ne manquent pas plus en politologie qu’en virologie ou en bilboquet ; ils sauront nous expliquer doctement que s’il y a eu si peu de votants c’est que beaucoup se sont abstenus.

Il n’empêche que faute de s’exprimer dans les urnes, il faudra bien que les innombrables et contradictoires mécontentements qui parcourent le pays se manifestent autre part. Ce qui n’est pas très rassurant pour une paix publique déjà menacée de toutes parts. Le résultat le plus significatif de cette élection aura été de confirmer le désenchantement croissant que ressentent les Français vis à vis de la politique. Si les commentateurs préfèrent y voir des changements de priorités, l’annonce d’un monde nouveau, libre à eux : ils sont dans leur rôle qui consiste à discourir sur le sexe des anges et sodomiser des diptères afin de nous distraire de problèmes bien réels qui se posent au pays.


samedi 27 juin 2020

Marmiton (s), il en restera toujours quelque chose


Poulet tandoori massala accompagné de riz basmati et de sauce au curry, oignon crème et yaourt

Je traverse une période culinaire de style « Indien ». Pas les méchants Indiens qui affrontaient les gentils cowboys venus les déposséder de leurs terres mais les Indiens de l’Inde. Ma rencontre avec cette cuisine qui fait paraître la chinoise un brin fade, remonte au début des années soixante-dix, ce qui ne nous rajeunit pas. Pour une raison qui m’échappe m’est revenu récemment le goût du curry. J’en commandai un kilo de poudre sur le net et commençai à me préparer, crevettes, poulet, riz, courgettes, pommes de terre au curry. Ma fille qui vit dans la capitale où l’épicerie exotique abonde, m’a de plus apporté en Corrèze tout un assortiment de sauces et de poudres permettant de cuisiner à l’indienne (Tandoori massala, vindaloo, tikka massala, etc.). Je m’amuse comme un petit fou et ne désespère pas d’inventer la recette suprème : le curry de curry au curry. 


Pour m’aider dans la confection de mes marinades et de mes sauces, je m’inspire souvent de recettes trouvées sur le site Marmiton où des dizaines de milliers de manières d’accommoder  viandes, légumes, ou tout autre aliment sont expliquées (curieusement, c’est en vain qu’on y chercherait celle d’un plat de pangolin). Les recettes y sont souvent simples à réaliser et je me permets de combiner plusieurs afin d’obtenir un résultat plus conforme à mes goûts. Je ne suis pas le seul à « améliorer » les plats. Cependant, si je modifie une recette, je ne vois pas l’intérêt de la déclarer  excellente alors que ce que j’ai concocté n’entretient qu’un rapport lointain avec la formule initiale. Cela ne semble pas poser problème à certains commentateurs. Au point qu’on pourrait se demander si leurs interventions sont sérieuses.

Par exemple, suite à une recette de curry de courgette consistant, après avoir fait revenir un oignon cinq minutes dans l’huile, à y ajouter le curry et les rondelles de courgettes que l’on laisse mitonner quarante-cinq minutes à feu doux et en toute fin de cuisson à incorporer de la crème, je trouve ce commentaire enthousiaste : « Très bonne recette, je l'ai réalisée avec une boite de tomates pelées à la place de la crème fraîche et j'ai ajouté 2 pommes de terre qu'il me restait. Cuisson 8mn à la cocotte minute : parfait! » Etonnant, non ? On remplace la crème par des tomates pelées, on ajoute des patates, on passe le tout très vite à la cocotte minute et on s’extasie d’un résultat qui doit tout de même être très différent de celui obtenu par la méthode préconisée.

Mais peut-être me montré-je trop tatillon : dans le fond, si s’inspirant d’une recette de canard à l’orange, on remplace cette volaille par de la morue et la sauce à l’orange par une purée de pommes de terre on peut obtenir un  plat que des esprits chagrins auraient tendance à nommer brandade de morue mais dont le goût, bien que différent n’en reste pas moins agréable...

jeudi 25 juin 2020

L'adieu au Cantou

La cuisine et son cantou, vaste et profonde cheminée typique de la Corrèze et du Cantal, à l'intérieur de laquelle on peut s'asseoir.

C’est chose faite : ma maison de Corrèze est mise en vente. Vu son faible prix et les circonstances, l’agent immobilier semble confiant. Bien des Brivistes et des Tullistes seraient à la recherche de modestes pieds-à-terre à la campagne où passer le prochain confinement. Si ça s’avère, le Covid et sa sainte chocotte auront au moins servi à quelque chose…

Cet abandon ne va pas sans un pincement de cœur. Tout le travail accompli pour transformer une masure en un lieu agréable à vivre ne m’occasionnera qu’une faible perte financière. Sans la taxation des plus-values, j’en aurais même tiré un modeste profit mais ne rêvons pas : nous sommes en France et les dieux qui nous gouvernent ont une inextinguible soif d’argent. Je me console en me disant que si je n’avais pas tout fait moi même, l’imposition aurait disparu mais la perte aurait été conséquente.

De retour en Normandie, laissant princesse héritière et chevalier servant là-bas, je me suis demandé ce que je pouvais bien faire dans cette province où le temps de Toussaint sévit plus souvent qu’à son tour. Et puis le soleil est revenu, je me suis mis à désherber le potager, la vie a repris son cours.

De Corrèze, photos à l’appui me parvenaient des nouvelles : excursions, barbecues, grillades dans le cantou, apéro sur la terrasse à l’ombre du tilleul. Les parisiens étaient aux anges ! Face à ce bonheur me vinrent des remords : et si cette vente était une erreur ? Je m’en ouvris à ma fille. Pragmatique, elle me répondit que s’ils appréciaient l’endroit, les 500 km qui le séparent de Paris rendaient difficiles d’éventuels week-ends, sans compter que les frais de train et de l’inévitable location de voiture seraient élevés. Je me rendis à ses raisons.

Si tout se passe bien, je ne rendrai donc plus que quelques visites à la Corrèze. Les jeunes y reviendront en vacances en août. Puis, on passera à la suite, la vie continuera et voguera la galère...

mardi 23 juin 2020

Covideries


Il y a trois jours de cela, je reprenais le chemin de la Normandie et, comme rien de fatal ni d’accidentel ne se produisit, j’y arrivais huit heures plus tard. Ce retour n’alla pas sans mélancolie car je laissais en Corrèze ma fille et son chevalier servant qui étaient venus y passer des vacances. Les retrouvailles après ces mois de covideries échevelées furent un vrai bonheur et leur fin regrettée.

Seulement elles posaient problème : les deux tourtereaux vivent à Paris, ville,comme on sait, ravagée par la Covid où corbeaux et autres charognards se disputent les restes des victimes qui jonchent les trottoirs faute de vivants pour leur assurer une sépulture. De plus, ayant passé depuis près d’un lustre le cap fatidique des 65 ans et souffrant de menus problèmes de santé, je suis une personne à risques. A grands risques même ! Et qu’est-ce que se doit de faire une telle personne ? SE MONTRER PRUDENTE !

La télé nous le dit, répète et illustre : on y voit Rachid (ou Mouloud)* rendre visite à sa Mamie Paulette qu’il aime tant. Et que font ces deux êtres responsables ? Ils se tiennent à distance et portent un masque. Ainsi Mouloud (ou Rachid) peut jouer de la guitare pour le plus grand plaisir de Paulette (qui aurait préféré un air d’accordéon, mais rien n’est parfait en ce bas monde).

On a beau être un mécréant comme moi, à force d’être bassiné par la propagandastafell, on finit par se poser des questions. Quelles précautions prendre ? Devions-nous nous tenir à distance, porter des masques, passer la vaisselle au lance-flammes, brûler vêtements, torchons, serviettes, draps et couettes après usage, désinfecter poignées de portes, portes, fenêtres et murs ? Prendre deux voitures pour aller à Collonges-La-Rouge ? Serait-ce suffisant ? Ne risquerions-nous pas malgré tout cela de nous contaminer suite à un moment de distraction ?

Nous tombâmes dans les bras l’un de l’autre et fîmes preuve d’une criminelle inconscience en négligeant toute précaution. Parce qu’au fond que vaut une vie que gouverne une peur irrationnelle qui ne saurait éviter tout danger ? Je la laisse à ceux qu’elle amuse.

Six jours ont passé. Les premiers symptômes tardent à apparaître. Ma maison embaume le poulet tandoori massala (je traverse une période indienne) dont j’ai apprécié le goût, j’ai le nez qui coule et je tousse mais pas plus que ces dernières années, je n’ai aucune fièvre, même pas le samedi soir, bref, tout va bien, du moins jusqu’ici. Pour la suite, on verra.


*Je ne me souviens plus du vrai prénom. Quant à la mère-grand, elle n’est pas nommée mais je trouve que Paulette lui va bien.

dimanche 14 juin 2020

Travaux salutaires !



L’an dernier, lors d’un voyage de retour entre Corrèze et Normandie je connus le désagrément de trouver la RN 147, route renommée pour les accidents qui s’y produisent et qui relie Limoges à Poitiers, barrée pour cause de travaux. Je suivis donc les panneaux de déviation qui m’amenèrent à traverser Le Dorat, petite cité de la Haute-Vienne, au Nord-Ouest de Bellac. J’y aperçus un édifice religieux remarquable que les panneaux m’apprirent être une collégiale. N’en ayant ce jour-là pas le temps, je me promis d’y revenir afin de la visiter. C’est ce que je fis hier. L’église est magnifique, construite entre 1130 et 1170 dans le style roman limousin. Plus que de longs discours, place aux images :


Vue d'ensemble de la façade ouest
Portail Nord
Clocher surplombant la croisée du transept
Tour de défense ajoutée au chevet au XIVe siècle
Fenêtre avec chapiteaux sculptés
Quelques modillons
D'autres modillons
A la demande générale, encore des modillons !
Entrons !

Croisée du transept et sa coupole
Le chœur
Vaisseau central de la nef
Vaisseau latéral Sud
Imposante cuve baptismale carolingienne décorée de lions
Châsse en bois doré de saint Israël dans une absidiole du déambulatoire (XVIIe S.)
Idem  : saint Théobald
J'ai bien essayé de photographier les chapiteaux sculptés des colonnes mais  hélas, leur élévation et le peu de lumière qu'offrait ce jour d'orage ont rendu mes clichés flous. Cependant vous en trouverez de réussies ici ainsi que bien d'autres renseignements sur la collégiale. De même, je n'ai pu visiter la crypte qui était fermée, pour cause de Covid, je suppose...

Un des avantage de ce monument est que sa faible notoriété fait qu'il n'est pas envahi par les touristes comme peuvent l'être certains où l'on se voit obligé à se garer sur de lointains et coûteux parkings : pendant ma longue visite je fus seul dans l'église ! 

mardi 9 juin 2020

C’est pas gagné !


Même ceux qui naguère encore se prononçaient pour un confinement quasi-éternel se mettent à présent à prôner un retour plus rapide à la « normale ». A une exception près : les plus fragiles devraient continuer de limiter leurs contacts et de prendre moult précautions. Faisant moi-même partie de ces plus fragiles, je veux bien admettre qu’une certaine prudence soit de mise. Seulement, il y a fragile et fragile. Certains très vieux, probablement très fragiles, me semblent avoir du mal à assimiler les règles censées les protéger.

J’en veux pour preuve la visite que je fis samedi à la supérette. Ayant acheté deux trois bricoles, je me rendis vers les caisses. Il y avait du monde. La file d’attente se prolongeait dans une allée, au-delà du marquage au sol. Un brave vieux, sans masque, vint se coller juste dernière moi. Je lui fis remarquer qu’il ne respectait pas les distances préconisées. Le pauvre se rapprochant encore me répondit par un « Comment ? » me révélant sa surdité. Je lui expliquai qu’il se trouvait trop près de moi. Sa réponse me sidéra : « Il n’y a pas de ligne par terre ! » . Ainsi, le brave homme semblait penser que la distanciation physique consistait à respecter le marquage au sol et qu’en son absence, on pouvait s’en dispenser.

Sur ces entrefaites, une autre bien vieille, munie d’une canne, n’ayant pas remarqué que la file d’attente se trouvait dans l’allée alla directement à la caisse en arrivant par le côté. Je lui fis remarquer son erreur. Elle réalisa alors que cette caisse était largement aussi fréquentée que l’autre et retourna à la première.

Ces deux exemples montrent que le grand âge ne va hélas pas sans perte d’agilité intellectuelle permettant d’analyser les situations et d’intégrer réellement les règles préconisées. S’ils prennent ces risques, ce n’est pas une question de mauvaise volonté.

La chose rassurante est que, vu le peu de cas constatés dans mon département (47 victimes pour 500 000 habitants depuis le début de l’épidémie), il y a peu de chance que ces braves vieux se voient contaminés.

dimanche 7 juin 2020

Bourdon, une mise en garde !

Plusieurs fois, je me suis vu donner le conseil de ne pas cueillir les mûres qui se trouvaient près du sol car il se pouvait que celles-ci aient été souillées par de l'urine de renard. N'étant pas amateur de ces baies, ce conseil ne me fut pas d'une grande utilité. Aussi serais-je bien en mal de vous dire si l'urine de renard donne aux mûres un goût infect, si elle les rend délicieuses ou si elle n'a aucun effet sur leur saveur. Je comprends que l'on puisse par simple souci d'hygiène se refuser à prendre le risque d'absorber des baies ainsi contaminées : on n'est jamais trop prudent. 

Toutefois, ce n'est pas de ce genre de pollution que traitera ma causerie dominicale mais du bourdon. Entendons nous bien ce n'est pas contre le synonyme du cafard, de cet état dépressif passager que peuvent provoquer chez l'humain moult circonstances ou événements mais de l'insecte, vague cousin de l'abeille, dont le vol bruyant révèle la présence ans nos jardins, maisons ou voitures. 

Mes connaissances sur cet animal pollinisateur que j'avais tendance à juger totalement inoffensif étant bien rudimentaires, il me prit hier la fantaisie de les compléter. J'en appris de belles ! N'ayant jamais entendu quiconque se plaindre d'avoir été piqué par un bourdon, chose que je ne pourrais dire des abeilles, guêpes ou frelons, je croyais ce bon gros butineur dépourvu de dard. Quelle erreur ! Non seulement le bougre en a un mais, à la différence de sa cousine l'abeille, celui-ci peut lui servir plusieurs fois. Reconnaissons à sa décharge qu'il n'en abuse pas et qu'il faut vraiment insister pour qu'il vous pique. Le bourdon terrestre (ou bombus terrestris car il doit en exister d'autres maritimes ou sur Mars), en est l'espèce la plus commune.

Il est important de signaler qu'il existe, aux côtés de ce brave animal un triste imitateur, le faux bourdon qui n'est que le mâle de l'abeille et un bien triste sire : issu d'un œuf non fécondé le lascar ne possède contrairement à ses sœurs que 16 chromosomes quand elles en possèdent 32. Cet évident handicap n'excuse pas tout car figurez vous que ce joli coco n'en fout pas une rame et laisse aux ouvrières le soin de récolter nectar ou pollen. D'un snobisme honteux, cet obsédé sexuel, ne s'accouple qu'avec des reines. Malheureusement chez les abeilles comme chez nous, les reines ne courent pas les ru(ch)es et il est fréquent qu'ils ne trouvent pas,disons, pour rester poli,  chaussure à leur pied. A l'automne, lassées du triste exemple que ces bon à rien donnent à la jeunesse, les ouvrières les mettent manu militari à la porte des ruches. Ce n'est que justice ! 

Autre imposteur : le bourdon noir également appelé bourdon bleu par ceux qui ont un problème avec les couleurs, n'est en fait qu'un xylocope violet (daltonisme, quand tu nous tiens !) dont le bruit du vol rappelle le bourdon.. Cette abeille charpentière par sa forme et par sa taille fait plutôt penser à un gros frelon passé au cirage. En ayant récemment aperçu un dans mon jardin, je n'en fus qu'à moitié rassuré. Il parait cependant qu'il est inoffensif à moins qu'on ne le dérange vraiment. Qui irait par pure taquinerie agacer une espèce de gros frelon ? Seulement, c'est en général involontairement, qu'on vient à les déranger...

Mais revenons à notre débonnaire bourdon terrestre. Pourquoi ai-je dans mon titre parlé de mise en garde et commencé l'article en parlant d'urine de renard ? C'est que M. Bombus Terrestris est un gros dégueulasse qui n’hésite pas à déféquer ses excréments liquides tout en butinant : en voici la preuve :

Gif trouvé dans l'article "Bombus" de Wikipédia

Ainsi, lorsque vous cueillez une mûre, même en hauteur, n'est-il pas impossible que celle-ci ait été polluée par ce sagouin. Il se peut que cela ne vous dérange pas voire vous plaise. Tous les goûts sont dans la nature, je le sais. J'aurais fait mon devoir en vous informant.

vendredi 5 juin 2020

Fourre-tout


Guy Bedos nous a quittés. Dire que je le regrette serait exagéré. D’une certaine manière les « humoristes » modernes, style France Inter lui doivent beaucoup : à sa hargne, à ses partis-pris idéologiques il n’ont eu qu’à ajouter leur vulgarité. Si, dans ma lointaine jeunesse j’ai pu apprécier les sketches qu’avait écrit pour lui Jean-Loup Dabadie, les interminables monologues qu’il a pu produire ces dernières décennies n’ont fait que m’agacer. J’espère qu’il vit maintenant une paix que ses haines partisanes l’auront empêché de connaître.

On nous dit que l’épidémie de Covid-19 est en régression. S’il est vrai que le nombre de malades hospitalisés ou en réanimation est en baisse celui des décès, lui, ne baisse pas et même augmente légèrement. Comment expliquer ce paradoxe ?*

Deux manifs ont eu lieu récemment à Paris et on nous en promet une gratinée pour samedi. La première avait pour but de réclamer la régularisation de sans-papiers (généralement d’origine africaine). La seconde pour dénoncer le racisme qui ravage le pays. Les Africains (du Nord ou Sub-Sahariens) y vivraient dans un climat de peur permanente. N’y aurait-il pas là une « légère » contradiction ? N’est-il pas absurde de voir des gens lutter pour pouvoir s’installer de manière pérenne dans un pays où ils seraient censés mener une vie d’éternels persécutés ? Il y eut dans les années trente et au début des années quarante, en Allemagne, un régime raciste. Vit-on alors ceux qu’il persécutait se battre pour s’installer sur son territoire ?

J’entame aujourd’hui mon quatorzième jour de vapotage. Bilan positif. Je n’ai pas pour autant cessé de fumer mais au lieu des 20 et quelques cigarettes quotidiennes, je n’en fume plus que 4 ou cinq et cela sans effort ni désagrément particuliers. Finies la recherche du briquet égaré, les cendriers dans toutes les pièces, la crainte des dommages que peut provoquer une cigarette oubliée ; réduites la toux et les dépenses. Que du bonheur ! Finalement, une décision gouvernementale que je jugeais stupide s’avère très positive. Pourvou qué ça doure !

La sécu est une mère pour moi : Madame Assurance (quel beau prénom !) Maladie vient de m’informer par mail qu’en tant qu’en tant que bénéficiaire d’une prise en charge pour une affection de longue durée j’aurai droit auprès de mon médecin traitant à une « consultation longue » prise en charge à 100 %. Car cette bonne Assurance, se fait du mouron pour moi, elle craint que le confinement ne m’ait poussé à négliger mon suivi médical avec toutes les terribles conséquences que ça pourrait impliquer. Mon arythmie cardiaque ne me contraignant qu’à une visite de routine plus ou moins annuelle chez mon cardiologue, je ne me sens pas particulièrement concerné. Surtout que, confinement ou pas, si j’avais eu besoin de soins, je me serais rendu chez mon praticien. N’empêche que ça part d’un bon sentiment et qu’une fois oublié le côté humiliant de la chose, savoir que quelqu’un pense à moi et continue, à trois mois de mes soixante-dix ans, à me considérer comme un enfant peureux peut faire chaud au cœur…

Une bonne nouvelle : le CAC 40 s’envole ! +14 % en un mois ! Ça ne vous fait ni chaud ni froid ? A moi non plus mais ça doit bien être signe de quelque chose et réjouir certains.

* Est-ce du au fait que le taux de résurrection continue d’être, au mieux, infinitésimal ?



mercredi 3 juin 2020

C'est vraiment le moment !


Le pays va connaître une crise économique d’une extrême gravité. Nous sortons de deux mois de confinement. Auparavant la CGT et consorts le bloquaient. L’année précédente un mouvement populaire au départ mais progressivement phagocyté par l’extrême-gauche avait gravement perturbé un ordre public déjà chancelant.

On nous demande d’observer des mesures de prudence extrême afin d’éviter que l’épidémie ne reprenne. On nous promet des vaches étiques, un chômage en forte hausse, une dette abyssale. Bref, tous les indicateurs sont au rouge vif.

On pourrait s’attendre à ce que l’heure soit à l’union. On aurait tort.

Samedi, des milliers de manifestants réclamaient la régularisation des sans-papiers. Hier, selon la police, 20 000 personnes se réunissaient pour réclamer la justice pour un jeune noir mort il y a 4 ans, victime, selon eux, de la police avant que quelques uns d’entre-eux se mettent à vandaliser et à piller.

Dire que ces mouvements sont en totale contradiction avec les mesures de prudence dont on nous rebat les oreilles va de soi. Dire que la manifestation d’hier est une tentative plutôt réussie d’importer en France les troubles qui ravagent depuis quelques jours les USA est une évidence. Dire que Mélenchon, ses sous-fifres et complices, en admettant qu’ils ne soient pas à leur origine, tentent une nouvelle fois de faire leurs choux gras de ces troubles en est une autre.

C’est vraiment le moment rêvé pour déclencher l’embrasement des banlieues, du moins pour ceux qui se bercent de l’illusion que le pays une fois à terre viendra chercher le salut dans leurs giron. Rien n’est moins garanti. Seulement si leurs rêves sont fumeux, les dommages qu’ils occasionnent sont bien réels, eux.

Je suis atterré par le spectacle qu’offre mon pays. Je ne vois aucune possibilité de le sauver car le poison collectiviste a trop profondément pénétré les mentalités. Il devient difficile de faire la différence entre populistes « de droite » et « de gauche ». Pas plus qu’on ne saurait distinguer aisément un modéré « de droite » d’un autre « de gauche ». Partout règne la confusion mentale. De plus en plus de gens ont perdu le nord, leur boussole indique n’importe quoi, son aiguille part dans tous les sens. On est pour l’ordre mais contre la police. Contre le communautarisme mais on tolère l’immigration de masse qui le provoque. On hait les nantis mais on se bat becs et ongles pour maintenir ses propres avantages que souvent rien ne justifie. On exige l’égalité comme si le siècle dernier n’avait pas suffi à montrer où nous conduisaient ses zélateurs. Etc.

Loin des folies ordinaires d’une société déliquescente cultiver mon jardin m’apaise car ces tristes constats n’empêchent heureusement pas les courgettes de pousser et fleurir, j’ai pu le constater ce matin même :



lundi 1 juin 2020

Chronique jardinière


Dessert et entrée frais cueillis du jardin

Alors que les États-Unis d’Amérique sont à feu et à sang, que les restos français vont rouvrir, que jusqu’ici le Covid-19 se montre bien décevant par rapport aux capacités que certains lui prêtaient et que d’un ciel limpide un soleil radieux inonde de lumière les riantes collines du bocage, de quoi traiter sinon du jardin et des subtiles joies qu’offrent ses produits ?

La saison des fraises tire à sa fin. Si le temps des cerises est bien court, celui des fraises ne l’est pas moins. Voici une petite quinzaine de jours que je me suis vu contraint de manger chaque soir de ces délicieux fruits du jardin. Il est de plus atroces épreuves, certes, mais à la longue ça deviendrait monotone.

Le temps des petits artichauts violets ne sera bientôt plus qu’un souvenir, lui aussi et c’est bien dommage. Le plant acheté l’an dernier n’en aura fourni que neuf. Il faudra, comme je l’avais fait dans mon précédent jardin que je plante des œilletons afin d’assurer une récolte plus substantielle l’an prochain. Cette variété est d’un goût exquis qu’on l’accompagne de vinaigrette ou de mayonnaise. Rien à voir avec ces grosses boules produites sur le littoral breton !

Un des plaisirs du jardinier est d’assister à l’apparition et à la croissance de ses légumes. Sur le Net on se voit inondé de photos de mignons chatons et parfois de jolis chiots. A mes yeux l’apparition de courgettiots, de tomatons, d’artichiots est bien plus émouvante. Peut-être parce que, solitaire, je ne ressens pas le besoin de compagnie, fût-elle animale. Sans compter qu’en cas d’arrivée au pouvoir des végans on ne risque rien à reconnaître que cet élevage est à but purement alimentaire ce qui ne serait pas le cas avec les chats ou les chiens.

Cette émotion, j’aimerais la faire partager aux âmes sensibles grâce aux images qui suivent :


Qui penserait que ce jeune artichiot quittera bien vite l’aisselle qui l’a vu naître pour s’élancer vers les cieux en développant une longue et forte tige avant d’être plongé 15 mn dans une eau bouillante et salée?



Ce tomaton, dont les frères et sœurs, moins éveillés, ne sont encore que fleurs s’imagine-t-il qu’un jour, devenu gros et rouge il finira mangé cru ou cuit ?


J’ai gardé le plus touchant pour la fin : une portée de trois minuscules courgettiots qui, bien abreuvés, prendront très vite de de l’ampleur et participeront avec enthousiasme (ou du moins sans aucunement protester) à la confection d’un gratin ou de tout autre plat qu’il plaira à votre serviteur de confectionner.

jeudi 28 mai 2020

Balkany ou le régal du populiste haineux !


J’ai vu hier, M. Patrick Balkany au sortir d u jugement qui le condamnait à 5 ans de prison ferme et à d’autres menues peines. J’ai vu un homme amaigri, vieilli, brisé qui, jadis si disert n’a pas souhaité dire un mot. Sa femme, condamnée elle aussi, était absente pour cause de santé. Un de leurs avocats a spécifié que cette dernière avait récemment fait un séjour dans un service de réanimation. J’avoue que ce spectacle m’a ému et même un peu attristé.

Le spectacle d’un homme a terre ne m’a jamais réjoui. Celui qu’offre la populace haineuse quand elle se réjouit de la chute d’un puissant me soulève ce que la vie m’a laissé de cœur. Je n’ai lu que quelques uns des commentaires qui accompagnaient l’article consacré au jugement par France Info. Je n’ai pas été déçu. On y parlait de justice à deux vitesses : celle des pauvres, implacable. Celle des puissants bienveillante. Tous réclamaient l’incarcération des deux criminels afin que s’arrête le scandale.

Il n’ont pas vu un couple brisé. Ils n’ont vu que deux comédiens feignant la maladie. A croire que Patrick a perdu trente kilos pour mieux draguer en boite cet été (enfin, si elles rouvrent) et que les hospitalisations de son épouse ne sont dues qu’à la gourmandise vu la haute tenue gastronomique des plats que l’on y sert. Ces mêmes imbéciles qui crient aux inégalités judiciaires sont probablement les même qui s’indignent de voir des multirécidivistes, généralement peu fortunés, continuer impunément à commettre crimes et délits. Où vont-ils chercher la justice implacable qui punit si aveuglement le « pauvre » ?

Cette haine populiste du puissant ne date pas d’hier, hélas ! Il arrive qu’elle donne libre cours à son imbécile cruauté quand les circonstances s’y prêtent. Notre magnifique système républicain est même basé sur une révolution durant laquelle elle atteignit des sommets de barbarie quand des fous illuminés exploitèrent la haine de la racaille envieuse pour mieux perpétrer leurs crimes.

Dire que ces assoiffés d’« égalité » me font peur serait exagéré. Au final, ils sont les éternels cocus de l’histoire : leur révolte est toujours exploitée par des gens qui ont en tête des plans plus nets que la confusion qui règne dans leurs esprits simples et « vertueux ». Une fois utilisés, on les jette comme des kleenex et ils retournent à leur néant…

Seulement, je ressens une gêne croissante à vivre dans un pays où la haine se porte de mieux en mieux.

mardi 26 mai 2020

Vapoter ou ne pas vapoter, zatiz ze kwouaichtieun ?



Un monde éberlué apprit l’incroyable nouvelle voici deux jours : l’auteur d’un des blogs généralistes les plus réputés pour la profondeur de ses analyses s’était vu contraint, suite à une interdiction émanant de la tyrannie bruxelloise, à trouver une solution de remplacement à sa consommation multi-décennale de cigarettes mentholées. Le plan B consistait en un astucieux mix (restons franglais!) de cigarette supposées « fraîches » et de cartouches de vapotage aromatisées au menthol.

Deux jours ont passé et, bien qu’il soit encore trop tôt pour en tirer des leçons définitives, les premiers constats peuvent être dressé concernant cette expérience inédite. Nous allons donc dresser un premier bilan comparatif d’avant et après son début.

Au niveau du goût, cigarette et vapeur sont renvoyées dos à dos : les deux sont infects. Il faut dire que, pour moi, fumer n’est aucunement un plaisir mais une sale manie contractée dans ma prime jeunesse. Si je fume c’est non pas pour atteindre la félicité mais pour mettre fin au manque impérieux que je ressens en ne fumant pas : une banale quoique très forte addiction.

Ce manque, la vapeur y pallie. De même, l’« addiction gestuelle » créée par des décennies passées à tenir un objet entre ses doigts, à le porter à sa bouche et à pratiquer une aspiration à son extrémité est aussi compensée. J’ai depuis longtemps pensé que cet aspect du tabagisme était important et rendait les substituts nicotiniques peu satisfaisants.

Jusqu’ici donc, aucun sentiment de manque ou de gêne. En revanche, j’ai pu constater bien des avantages à cette nouvelle pratique. En voici quelques uns :
  • Plus besoin de briquet ni de cendriers
  • Possibilité de poser l’objet en question n’importe où ou de le glisser dans sa poche sans provoquer le moindre dégât
  • Si on ne s’en sert pas, elle s’arrête quand la cigarette continue de se consumer
  • Si on sent le manque pointer son nez, une ou deux aspirations suffisent pour le supprimer
  • Vue l’absence de goudron dans la vapeur, mes murs blancs tendront moins à se teindre en beige au fil des années.

Et tout ça sans le moindre effort de volonté. N’étant pas partisan du « tout ou rien » qui, selon moi favorise les désespérantes rechutes, je n’ai pas pour autant totalement abandonné la cigarette. Dimanche, j’en ai fumé 9. Hier, 5. Je pense aujourd’hui descendre à 3 (une après chaque repas). Celle du petit déjeuner m’a paru bien infecte et il se pourrait qu’une fois le deuxième paquet acheté samedi terminé, je cesse totalement d’en fumer.

Résumons nous : en presque trois jours : 21 cigarettes fumées contre 60 à 70 normalement. Une cartouche à 3,33 € pas tout à fait terminée. Je suis bien parti pour m’offrir une Ferrari !*

*Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, la blague de la Ferrari :

Un non fumeur sermonne son copain grand fumeur sur ce vice aussi coûteux que grave.
- Tu ne te rends pas compte ! Avec tout l’argent que tu as dépensé en cigarettes depuis toutes ces années, tu aurais pu t’offrir une Ferrari !
- Ah bon ? Et ta Ferrari, elle est où, connard ?

dimanche 24 mai 2020

Il fallait bien que ça arrive...



Dans son insondable sagesse, l’Union Européenne, après bien des atermoiements, a pris la sage décision d’interdire toute vente de cigarettes mentholées sur son territoire à compter du 20 mai 2020. Il est difficile d’imaginer mesure plus salutaire ! En effet, en diminuant l’âcreté de la fumée le menthol permettait aux malheureux affligés d’une gorge sensible de pétuner sans trop de désagrément. Hélas, ce faisant, elle encourageait le malheureux fumeur à inhaler plus profondément et à permettre au menthol et à la fumée d’exercer des ravages plus profonds dans ses poumons. Il fallait mettre le holà au génocide mentholé ! C’est chose faite.

Mes rapports avec les cigarettes mentholées sont anciens : pour une raison qui m’échappe, c’est en 1974, alors que je vivais à Londres et qu’il me fallait parcourir des kilomètres pour trouver les Disque Bleu filtre dont j’encrassais jusque là mes poumons, que je me mis à fumer des Dunhill menthol longues. Rentré en France je passai aux Royale menthol longues et enfin aux News (toujours menthol et toujours longues). Quarante-six ans de fidélité ce n’est pas rien. La séparation ne va pas de soi. Mais quand elle est inévitable, à quoi bon pleurer une rupture ?

Or donc, hier, je me rendis pour la première fois chez mon buraliste sans savoir ce que j’allais y acheter. Sans trop y croire, je demandai au commerçant s’il ne lui restait pas des menthol d’une autre marque. La réponse fut négative. Que faire ? Conscient de mon désarroi, le bon commerçant me proposa des Winston Xsphere fresh 100’s qui, sans contenir le menthol maudit, étaient, comme leur nom l’indique, censé produire une fumée rafraîchissante. Pourquoi pas, me dis-je. Je m’enquis également de l’existence de cigarettes électroniques utilisant des capsules au goût mentholé. Il en avait . Je décidai d’essayer également.

Jusqu’ici, ça va : si la menthe intense vapotée tend à me racler la gorge, les Winston passent bien. Depuis ce matin j’alterne vapeur et fumée et les résultats sont alarmants : seulement trois cigarettes en 4 heures en lieu de place des six à huit habituelles pour ce laps de temps ! En quoi cela est-il préoccupant ? Eh bien parce que je suis un bon citoyen. Si la combinaison vapeur-tabac m’amenait à réduire ma consommation de cigarettes de moitié, la perte financière pour l’État serait importante ! Et que dire si je venais à remplacer totalement le tabac par la vapeur ?

Le calcul est simple : L’an dernier, j’ai dépensé environ 3500 Euros en cigarettes. Le montant des taxes représentant 82 % de cette somme, le manque à gagner pour l’État s’élèverait donc à 2870 Euros ! Quand à mon buraliste, la perte pour lui dépasserait les 300 Euros annuels. Bien sûr les capsules de vapotage ne sont pas exemptes de taxes et le buraliste prend sa marge, mais vu qu’une capsule est censée représenter deux paquets de cigarettes et ne coûte que 40 Euros les douze, la perte reste considérable.

La honte m’envahit : en effet, je pense qu’après 55 ans de tabagisme militant, l’essentiel des dégâts est acquis. L’incidence sur ma santé d’un arrêt serait donc minime. Il se peut même qu’en vapotant, je vive un peu plus longtemps avec les coûts de santé et de retraite que cela impliquerait. Je cesserais donc de rapporter tout en continuant de coûter ! Est-ce citoyen ?

Mais rien n’est cependant perdu : il se peut que je revienne en force à la clope. L’avenir le dira. Je l’espère pour l’État, qui prenant un soin jaloux de ma santé, s’est tiré une balle dans le pied.

mercredi 20 mai 2020

Quid de l’amitié dans le monde d’après confinement ?


J’entendis hier au soir l’homélie du révérend Professeur Salomon (dont, rappelons-le, le jugement ne saurait être mis en question). Il fit de son mieux pour maintenir l’angoisse des Français à son apogée, expliquant qu’il ne fallait surtout pas baisser la garde et précisant les précautions dont il faut entourer toute éventuelle visite d’amis ou de proches. Celles-ci étaient très strictes. Il fallait garder ses distances, ne pas s’embrasser, et généralement désinfecter tout ce qu’ils avaient touché.


Je me sens très peu concerné par ce genre de précautions, vu qu’en dehors de ma fille et de quelques rares amis dont les visites sont très espacées peu de gens franchissent le seuil de ma porte. Fut un temps où j’avais une vie sociale plus intense notamment durant mon premier mariage. Comme tout jeune couple qui se respecte, nous avions ce qu’il est convenu d’appeler des « amis » , c’est à dire des gens rencontrés ici où là et qui, pour une raison ou pour une autre, nous avaient trouvés sympathiques à moins que ç’ait été nous qui leur ayons trouvé un certain intérêt. Du coup on les invitait et on rendait les invitations. Dire que ces rencontres étaient de nature à donner un sens à nos vies, serait exagéré. Surtout qu’un couple est constitué de deux personnes d’intérêt parfois inégal. Que la charmante Jocelyne Chombier s’entende comme larronnes en foire avec mon épouse n’empêchait pas son cher Léon de m’ennuyer avec ses blagues encore plus vaseuses que salaces pas plus que l’amitié que m’inspirait Robert ne pouvait compenser le fait que sa Martine de femme était plus conne qu’une valise sans poignée*. De plus, lors de notre divorce, j’ai pu constater à quel point mes réticences étaient partagées.

Mais revenons à nos salomonneries. Si en plus de supporter l’« humour » du Léon et la connerie de la Martine, on se voit, suite à leur visite, contraint de passer meubles, portes, vaisselle, couverts et verres au gel hydroalcoolique, ainsi que de faire bouillir le chien ou le chat qu’ils ont eu le malheur de caresser, on peut se demander si le jeu vaut la chandelle et s’il ne serait pas plus raisonnable de couper les ponts avec tout ce beau monde.

Sans compter qu’une cohabitation forcée avec l’être aimé pour cause de confinement et de télé-travail n’aura pas toujours renforcé les liens conjugaux et par conséquent nui à l’enthousiasme relatif que provoquaient les visites des copains ou copines du conjoint. C’est pourquoi je me demande si les relations amicales ne s’avéreront pas des victimes collatérales de la Covid-19.

*Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé serait purement fortuite.

mardi 19 mai 2020

Une très longue patience...


Une de mes caractéristiques psychologiques principales est ma capacité à minimiser la difficulté et le  temps qu’il faudra pour mener à bien un projet. C’est un atout qui ne va pas sans de menus désagréments. Atout parce que ça me permet de me lancer le cœur léger dans des entreprises auxquelles une meilleure appréciation de leur difficulté m’aurait peut-être fait renoncer ou aborder avec circonspection. Désagrément car il arrive que les difficultés rencontrées et le temps passé à leur réalisation provoquent en moi une lassitude certaine que seul parvient à surmonter le caractère obstiné que m’ont légué mes ancêtres bretons.

C’est ce qui s’est produit depuis la fin janvier quand l’idée de mettre, autant que faire se pouvait, mon tableau électrique aux normes. Il en avait bien besoin le pauvre ! L’installation était vétuste et les circuits, au mépris des règles de l’art les plus élémentaires, mêlaient circuits de prises et d’éclairage en utilisant des câbles sous-dimensionnés. Il n’y avait aucun dispositif de sécurité générale, d’obsolètes plombs tenaient lieu de disjoncteurs, bref il fallait tout revoir. Je revis : 

Aux normes, citoyens ! 

Je commençai par installer de nouveaux circuits de prises au rez-de-chaussée. L’affaire fut rondement menée. Restait l’étage et son installation où la fantaisie usurpait la place qu’aurait dû occuper la rationalité. Pour cela, il fallait amener un circuit du tableau à une boite de dérivation qui desservirait les pièces. Rien de plus simple : une bonne quarantaine de mètres de goulottes et cent-vingt mètres de câbles à poser et l’affaire serait faite. Seulement, il y avait un hic. Les goulottes devaient passer par la cage d’escalier laquelle se trouvait alors tapissée jusqu’à un mètre de haut d’un lino bleu du meilleur effet et que surmontait un joli papier orange qui recouvrait également le plafond. Avant d’attaquer la pose des goulottes, il fallait donc arracher ces revêtements muraux, ce qui ne fut pas une mince affaire et qui me contraignit à acheter une sorte de béquille qui, en compensant leur différence de hauteur permettrait à mon échelle de reposer sur sur les marches.


Les revêtements supprimés, je pus poser mes goulottes. L’installation des prises dans trois pièces ne se passa pas trop mal. Restait à poser 11 rouleaux de papier peint blanc, car cage et palier laissaient à désirer :



Ce ne fut pas une mince affaire : le plafond, à 2 mètres 80 des marches, rendit la chose malaisée et parfois risquée. Ce fut fait. Restait à décorer le palier.

Je décidai, suivant mon code couleur habituel de peindre les baguettes et boiseries en gris-pâle, ressortant légèrement sur le papier blanc :
Je sais, Fredi, c'était mieux avant...

Quid du sol ? Celui-ci était recouvert d’un lino imitant maladroitement un parquet. Je l’arrachai et me souvins qu’ayant remplacé les moquettes des chambres par un parquet flottant, et ayant par négligence omis d’apporter la moquette rouge d’une d’entre elle à la déchetterie, je pourrais peut-être, vu son bon état, tenter de la poser sur le palier. Ce que je fis. Le résultat me satisfit, surtout après que j’eus remplacé les vieilles barres des seuil en inox par de nouvelles en laiton :


Restaient à changer les poignées de portes. Elles m’arrivèrent hier. Je m’empressai de les installer ce qui prit pas mal de temps car il fallait recouper les carrés de serrure à la bonne dimension et placer les fourreaux au bon endroit dans le trou des poignées afin qu’il n’y ait aucun jeu. Et voilà le travail :
Avant

Après

Avant

Après

Affaire classée, après près de quatre mois d’efforts plus ou moins soutenus ? Que nenni : reste à rénover le plafond, installer de nouveaux luminaires et un minimum de gravures pour habiller les murs. Cela fait, je pourrai attaquer l’électricité de l’extension et de la cave et ensuite les pièces d’eau dont la rénovation s’impose : une salle de bain à refaire à neuf, une salle d’eau et des WC à redécorer. Ça sera vite fait ! 




lundi 18 mai 2020

Terribles séquelles




Tous ceux qui ont à un moment ou à un autre eu recours aux services de M. Colissimo ont pu, au fil des années, apprécier son côté facétieux. Seulement, ces derniers temps il a souffert de la Covid-19. Et il semble qu’après avoir repris le boulot il souffre de graves séquelles.



J’en veux pour preuve la « livraison » des poignées de portes achetées sur e-bay le 6 mai. Le lendemain, M. e-bay, m’annonce que ma commande a été expédiée, qu’elle devrait m’arriver entre le 11 et le 14 de ce mois et me communique un numéro de suivi. Je m’empresse d’aller voir où se trouvent mes jolies poignées et il m’est répondu que mon numéro ne correspond à aucun colis. Bah, me dis-je, attendons demain… Le lendemain, idem. Le jour d’après aussi. Je contacte mon vendeur et lui signale l’anomalie, lui demandant de vérifier si, suite à une erreur de saisie, le numéro qui me fut communiqué ne serait pas erroné. Consciencieux, il me répondit que vérification faite, le numéro était le bon mais que la même réponse lui était faite par le site. Il me dit qu’il se rendrait à la poste le lundi.



Lundi matin m’arriva un message de M.Colissimo m’apprenant qu’il avait pris mon colis en charge et qu’il me parviendrait au plus tôt. J’en prévins mon vendeur. Et puis plus rien, jusqu’à ce qu’un nouveau message, identique au premier me parvienne le vendredi 15, soit huit jours après son dépôt. Samedi, RAS. Et ce matin, allant aux nouvelles, j’apprends que le suivi de mon colis est momentanément indisponible et que je devrais réessayer ultérieurement.



Décidément, les séquelles neurologiques de la Covid-19 sont terribles ! Ainsi, ce pauvre monsieur Collisimo prend 4 jours avant de reconnaître qu’un colis lui a été remis. Quatre jours plus tard, le gâtisme le fait m’annoncer à nouveau la même information. Hélas, trois jours passent encore avant qu’il ne m’annonce qu’il ne sait plus ce qu’il en a fait… On a beau avoir déjà pu constater les nombreuse lacunes de Colissimo, force est de constater que, suite à la maladie, il a complètement perdu les pédales. C’est triste et, surtout, inquiétant : recevrai-je jamais ces poignées qui on déjà mis 11 jours pour ne pas me parvenir ?