..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

jeudi 13 juin 2019

Disparition

Nelly est morte. Le lundi 3 juin de l'an de disgrâce 2019. J'évoquais ici son calvaire. Il aura fallu près de cinq mois d'atroces souffrances supplémentaires pour que le crabe et les dommages collatéraux de son traitement gagnent la bataille. J'emploie le mot calvaire mais il est inapproprié : le christ n'a souffert qu'une courte agonie à laquelle un romain charitable mit fin d'un coup de lance. Euthanasié il fut. Mon ex-épouse n'eut pas cette chance. Des soins palliatifs furent prodigués, certes, mais ils ne firent que suivre la progression du mal sans oblitérer le martyre. Des mois et des mois d'intolérables souffrances. Rien de bien original, hélas ! Lorsque ma fille m'annonça sa fin, j'accueillis la nouvelle comme une délivrance. La pauvre petite ( Je l'avais connue si jeune!) avait trouvé la paix en rejoignant le néant d'où nous sortons pour y retourner plus ou moins tôt. Athée je suis comme elle demeura jusqu'à la fin.

Des problèmes de santé m'interdirent de me rendre à l'incinération. Je ne ressentis pas de peine particulière. Je l'avais perdue il y a plus de trente ans. J'avais eu le temps de la pleurer. Ma grande tristesse est l'immense vide et la douleur qu'en ressent notre fille. Elles étaient si proches ! Tout l'amour que je lui porte et le soutien que je tente de lui prodiguer ne sauraient combler cette absence. Seul le temps et les petits bonheurs qu'apporte la vie en viendront à bout, du moins je l'espère.

Cette interminable agonie que je n'ai suivie que par ce que notre fille a pu m'en dire n'a fait que confirmer le regard favorable que je porte sur l'euthanasie. A quoi bon prolonger les souffrances et le cortège d'humiliations qu'elles impliquent quand l'issue est inéluctable ? Je suis pour une mort digne. Je souhaite, le temps venu, être en mesure de la voir venir et de pouvoir précipiter l'issue fatale. La mort ne me fait pas peur. C'est notre sort commun. La vie n'a rien de sacré à mes yeux. Elle nous est donnée par nos parents, on la mène comme on peut et elle se termine forcément. Un peu plus tôt, un peu plus tard, qu'importe ? Elle n'est ni bonne ni mauvaise, elle se contente d'être. A nous d'en faire ce que l'on veut en fonction de nos capacités et de nos envies.

Eh oui, je sais, je fais de la philosophie à deux balles. C'est la seule qui soit dans mes moyens. La grande, la belle, la bonne, je la laisse aux beaux esprits.

mardi 11 juin 2019

Ouf !

Je n'en voyais pas la fin. J'avais l'impression que ça avait pris des mois. Je me trompais. Seulement un peu plus d'un mois s'était écoulé depuis que j'avais annoncé le départ des travaux. Sans compter que j'avais été en Corrèze pendant une quinzaine de jours. Trois semaines, en fait, qui m'ont paru interminables. On partait de ça : 





Il a fallu...

...décoller le papier...




...fixer aux murs l'armature du soubassement...


... et réaliser ledit soubassement.
Quelques dizaines de mètre de moulures, de baguettes, de quarts de rond et de champlat durent être découpés, collés ou cloué. Avant de passer à la peinture, il fallut enduire et poncer le soubassement sans compter l'installation de  quatre prises électrique et d'une prise TV.  Ensuite vinrent la pose des corniches et du papier. Hier enfin je terminai par un grand ménage.

Et voilà le résultat :








C'est loin d'être parfait. Pour décorer tout ça, je compte acheter un grand miroir et des cadres anciens où s'afficheront des gravures. Il seront dorés vu qu'ayant dû dans une autre vie être une pie, j'aime dorures et laitons. Certains diront que c'était mieux avant. Qu'importe ! Ce qui compte pour moi, c'est d'avoir relevé le défi que je m'étais lancé. J'ai toujours fonctionné ainsi, c'est en me fixant des buts que je ne suis pas certain d'atteindre que je me sens vivre...




dimanche 26 mai 2019

Comment bien voter

Dès ce matin, je suis allé accomplir mon devoir électoral. Si c'est également votre cas, mes consignes de vote arriveront trop tard. Et c'est dommage car tant qu'à voter autant bien voter, ce qui n'est pas toujours évident.

Voter nécessite quelques pré-requis. Être inscrit sur les listes électorales en est un. Avoir une carte électorale ou une pièce d'identité à son nom est également nécessaire. Ensuite, il faut savoir où se trouve votre bureau de vote et vous y rendre. Si vous réunissez ces conditions, vous serez en mesure grâce à mes conseils de bien voter.

D'abord présentez vous à votre bureau correctement vêtu mais sans ostentation. Bien qu'aucun règlement ne puisse vous interdire de remplir votre devoir de citoyen à cause d'une tenue extravagante ou négligée, la solennité du moment impose un minimum de dignité. Pour la même raison, évitez, autant que faire se peut, de vous présenter au bureau dans un état d'ébriété manifeste. C'est pourquoi voter en fin de matinée est recommandé : normalement, vous aurez dessoûlé de la veille et pas encore eu le temps de vous retrouver dans votre état normal.

De votre entrée dans le bureau dépendra la qualité de votre vote. Vous avez le choix entre adopter une attitude grave en souvenir de tous ceux qui ont donné leur vie pour que vous puissiez glisser une petite enveloppe dans une boîte ou le visage radieux de qui accomplit une bonne action. Quoi qu'il en soit, n'oubliez pas, le seuil franchi, d'adresser un « Bonjour, m'sieurs-dames » sonore à la cantonade. Ensuite, allez ramasser les bulletins et l'enveloppe et dirigez-vous vers la table du scrutin, votre carte électorale en main. Esquisser ce faisant quelques pas de danse ne serait approprié que si vous avez choisie l'option « visage radieux ». Ensuite, suivez à la lettre les instruction des scrutateurs. Signer sans voter serait aussi maladroit que voter sans signer. L'enveloppe étant introduite dans l'urne, arborez un sourire ravi et, si vous n'y connaissez personne, gratifiez l'ensemble du bureau et les éventuels électeurs présents d'une chaleureuse poignée de main : on vous prendra peut-être pour un ministre ou un dirigeant politique, ce qui est toujours flatteur pour votre ego.

Quittez la salle sur un claironnant « Au r'voir, m'sieurs-dames » et retournez au bistrot.

Voilà, vous savez maintenant faire de votre vote un succès. Mais pour qui devrais-je voter me demanderont certains ? Alors là, vous pouvez voter pour qui vous voulez, vu qu'au bout du compte seuls les élus siégeront.

dimanche 19 mai 2019

Francophobie

Je n'en reviens pas. Qu'apprends-je ce matin ? Que M. Bilal Hassani n'a pas remporté le prix de l'Eurovision ! Certains trouveront ça inexplicable : on offre à l'Europe entière un trans-truc perruqué d'origine émigrée qui danse avec une obèse et on se retrouve quatorzième ? N'y aurait-il aucune justice en ce bas-monde ? Qu'est-ce qu'ils veulent, ces enfoirés d'Européens ? On leur propose, la grâce et le talent et que choisissent-ils ? Un hollandais ! On se croirait en plein cauchemar mais quand on se pince, ça fait mal et rien ne change.

Vous me direz le Concours de l'Eurovision, on s'en fout comme de l'an quarante. J'aurais du mal à vous désapprouver vu qu'il y a des décennies que je ne me suis pas donné la peine de regarder ce grand moment de télévision. J'en suis resté à « France ziro poïnt ». Ça a peut-être changé depuis... Mais le scénario reste le même. Un peu comme le frère de Pimpon dans L'Été meurtrier, on se dit que ce coup-ci on va gagner et au bout du compte on est battus. Et en général très nettement. C'est pas faute d'avoir à peu près tout essayé. On présente une chanteuse qui a un beau-frère qui a été marié à une Russe (ce qui devrait nous valoir une pluie de points venus d'Europe de l'Est), les chanteurs sans voix sont à la mode, on présente un aphone, la femme à barbe gagne, on propose l'homme aux gros nichons, tout le monde chante en anglais, on chante en serbo-croate : rien n'y fait !

Je ne voudrais pas passer pour complotiste mais il y a des évidences. La France est le pays de TOUS les talents. Nous avons les meilleurs chanteurs et chanteuses du monde. Seulement, il règne en Europe une indéniable francophobie doublée d'une talentophobie indiscutable. Dans ces conditions, on ne voit pas comment une victoire française serait concevable. On pourrait essayer de présenter des candidats aussi minables que les gagnants mais c'est impossible : nous sommes trop doués.

Faudrait-il que nous cessions de participer ? Devrions nous organiser un Concours de l'Eurovision réservé aux Français ? Je crains que dans les deux cas ce ne soit inutile : les étrangers feindraient de ne pas remarquer notre absence ou les chaînes étrangère boycotteraient notre concours. Quand l'envie engendre la haine la seule réponse est le mépris. Car, vu que les dés sont pipés, mieux vaut être un excellent quatorzième qu'un piètre lauréat.

jeudi 16 mai 2019

Promenade au jardin



Comme le montre la photo ci dessus, ma maison de Corrèze possède un assez grand terrain planté d'arbres d'ornement. Dire que j'en suis ravi serait exagéré. En effet, s'il avait le bon goût de ne mesurer que la moitié de sa surface, cela m'arrangerait car quand on n'est pas amateur de nature sauvage, cela implique de longues corvées de tonte et de tailles de haie dont je me passerais volontiers. C'est ce que j'ai fait l'an dernier en délégant à un jardinier ces tâches. Le problème est que c'est coûteux et qu'au rythme où progressent les retraites ça pourrait devenir prohibitif. Je préfère donc mon petit terrain normand que je vais bientôt retrouver avec l'espoir que mes gariguettes seront sur le point de mûrir et que les frimas tardifs n'auront pas nui aux haricots et aux pommes de terres que j'y avais semés.

Donc plus que me ravir, ce que je pourrais pompeusement qualifier de « parc arboré » si sa taille était plus grande, m'intrigue car je ne connais rien aux arbres d'ornement. C'est pourquoi, si certains d'entre vous pouvaient identifier les arbres en question, je leur en serais reconnaissant.

En voici un que je suis parvenu à identifier :


Il s'agirait d'un Prunus cerasifera Pissardii. Et il m'inquiète car, alors que ces dernières années il n'avait produit que quelques rares prunes que je m'étais empressé de ne pas goûter les craignant toxiques, cette année, comme le montre la photo, ses branches croulent sous les fruits. M. Wikipédia les décrit ainsi : « Le fruit est une drupe de 2-3 cm de diamètre de couleur jaune ou rouge (proche de la mirabelle qui est issue d'un croisement de prunus cerasifera avec prunus domestica). Cette prune est comestible quoiqu'un peu aigre, aqueuse et fade. Elle arrive à maturité à partir de début juillet et jusqu'à la mi-septembre. ». Malgré ses faibles qualités, on peut donc le manger tel quel ou sous forme de confitures. Seulement, si l'homme peut s'en repaître, je suppose que les guêpes ne les dédaigneront pas. Étant allergique à leur piqûre et le prunus se trouvant à immédiate proximité de mon abris de jardin, je crains de me voir, en cas d'invasion, réduit à l'abattre, sort que connut un poirier pour les mêmes raisons.

Voici les autres essences qui peuplent le terrain :


Pourpre comme le prunus, je ne l'ai pas vu produire le moindre fruit. Toutefois, il semble porter des inflorescences :


Un autre de mes pensionnaire est cet énorme arbuste qui semble surtout se développer horizontalement, vu que haut d'environ 3 à 4 mètres, il s'étend sur environ 6 mètres. Au printemps, il produit de petites fleurs blanches formant des sortes de pompons.


Il s'est tellement étendu qu'il a fini par quasiment englober un autre arbuste à feuillage pourpre dont je montre ensuite le feuillage:




Pour en finir avec les inconnus, voici un arbre également volumineux dont les feuilles mêlent le vert-tendre au jaune :



A part cela, on y trouve aussi un tulipier agonisant, des lilas peu gaillard, quelques autres arbustes et un magnifique forsythia qui connut son heure de gloire en mars dernier :


Les iris viennent d'éclore et de jolies pervenches fleurissent en mêlant leurs tiges à un des hortensias :




 








lundi 13 mai 2019

Parlons cuisine



Je ne sais pas si cet humble préparation vous mettra en appétit. Des tomates grillées y accompagnent la poitrine d'agneau. Ce fut, excellent à mon goût, mon repas de midi. Une fenêtre météorologique me permet de me livrer à mon goût du barbecue. Hier, c'était une côte de bœuf qui fut accompagnée de la sorte. Demain,ce sera de la poitrine de porc. Rien de bien prestigieux. Et pourtant je m'en régale. Les connards habituels vous diront que ce genre de cuisson est malsain. Qu'ils aient raison ou non m'est égal vu que nos conceptions de la vie sont si éloignées qu'il pourraient prêcher en Moldo-Slovaque ancien que ça me ferait le même effet.

Venons-en à notre sujet : la cuisine. J'ai toujours bénéficié d'un bon coup de fourchette. Je me souviens des noces d'une copine où les serveuses, après les premiers plats, comprirent ma nature profonde et vinrent spontanément me proposer du rab jusqu'à la fin des agapes. Trois parts de chacun des sept plats me laissèrent sans ce léger appétit qu'est censé ressentir le gourmet en sortant de table. Ces temps-là ne sont plus.

A une période faste de ma vie, comme client ou invité, j'eus l'occasion de goûter aux plaisirs de grandes tables de la « Nouvelle cuisine ». Expérience agréable, certes, mais que je n'ai aucune envie de renouveler.

Ma gloutonnerie comme mon goût des mets sophistiqués m'ont quitté. J'en suis venu à préférer une cuisine simple. Celle que je prépare. Je me méfie comme de la peste de recettes qui mettent en jeu une multitude d'ingrédients, exotiques ou non.

Certaines personnes ont eu ou ont toujours l'indulgence de me considérer comme un cuisinier passable. Je les en remercie. J'aime cuisiner. J'ai quelques spécialités comme les spaghetti bolognaises, le lapin au chou (ou à la moutarde), le filet mignon à la crème et aux champignons, le coq au vin, le bœuf bourguignon, le pot-au-feu, le hachis parmentier, etc. De temps en temps, j'innove, à condition que la recette trouvée soit simple. Car il me semble que tout l'art de la cuisine réside dans la cuisson : soit on la réussit et c'est bon, soit on la rate et, quelle que soit la qualité des ingrédients mis en œuvre, ça ne l'est pas.

samedi 11 mai 2019

On s'en fait tout un monde et puis...

Il est des choses qu'on repousse sans cesse car on en redoute la pénibilité voire la faisabilité. Ce fut le cas pour moi avec le tableau électrique de ma demeure corrézienne. En effet, j'avais refait totalement l'installation électrique de la maison et pour cela j'avais évidemment dû installer un nouveau tableau équipé des sécurités qu'exigent les normes et de tous les disjoncteurs requis. Seulement, dans ma hâte de terminer, je n'étais pas allé jusqu'à tout installer correctement, me contentant de connecter les nouveaux circuits aux disjoncteurs, ce qui, certes, assurait la sécurité de l'installation mais faisait un peu désordre. Une petite photo en disant plus qu'un long discours, voici ce que ça donnait :


Ça fonctionnait mais ça manquait de sérieux. Depuis novembre 2015, les choses étaient restées en l'état, sous le prétexte fallacieux que j'avais d'autres choses plus urgentes à faire. La vraie raison était que je redoutais cette corvée que j'imaginais interminable autant que hasardeuse. Je craignais d'être privé d'électricité pendant longtemps, ce qui ne va pas sans de menus désagrément. Seulement, à force de remettre, j'avais terminé l'essentiel des autres tâches et mon excuse s'était évanouie.

Depuis mon arrivée, mardi, le temps ne permettant pas les activités extérieures, je me trouvais au pied du mur. Hier je me lançai dans l'aventure et fus surpris par la facilité de sa réalisation. En un après-midi l'essentiel du travail fut effectué. Ce matin, je parvins à tout achever et à vérifier le bon fonctionnement de chacun des seize circuits. Et voici le résultat :


Des esprits chagrins et rétrogrades diront que c'était mieux avant. Je ne partage pas leur avis.

mercredi 8 mai 2019

Putain d'électronique à la con !

Hier, j'ai rejoint sans encombre la Corrèze. Pratiquement rendu chez moi, je m'arrêtai au Super U, histoire d'y faire quelques emplettes, puis repris la route. C'est alors qu'apparurent des signes inquiétants sur mon tableau de bord : Pour commencer, mon compteur affichait imperturbablement 0 km/h. Ce qui est une vitesse on ne peut plus raisonnable, seulement, le paysage que je voyais défiler m'incitait à penser que cette indication était erronée. Mais ce ne fut pas là le plus inquiétant des signes. En effet, apparaissait de temps à autre sur l'écran un STOP que je devinais comminatoire. D'autres messages comme système de freinage défaillant ou dispositif antipollution fautif venaient ajouter à mon trouble. Pas au point de me faire m'arrêter au bord de la route comme eût fait le pleutre, cependant. Contre toute attente, je parvins à rejoindre mes pénates et pus rentrer le break dans son garage.

Ce matin, pensant que la nuit lui aurait porté conseil et que l'ordinateur de bord aurait en conséquence mis un terme à ses facéties, je voulus me rendre au bourg voisin. Tourner la clef n'eut pour conséquence que d'éteindre tous les voyants. Une solution s'imposait : contacter au plus vite le service assistance de mon assurance. Ce que je fis. Un camion de dépannage me fut envoyé. Le brave jeune homme essaya à plusieurs reprise et avec différentes batteries munies de câbles de démarrer. Sans succès. C'était d'autant plus ennuyeux que la boîte automatique étant en position « Parking », il eût été impossible qu'il sortît la voiture du garage. En dernier recours, il démonta ma batterie, la remplaça par une des siennes et, miracle !, le moteur démarra au quart de tour comme il en avait pris le pli dans son âge enfantin. Le dépanneur me proposa de me vendre sa batterie et j'acceptai, car en admettant que j'en trouve de moins chères, aller à Tulle sans voiture n'eût pas été aisé. Il vérifia que l'alternateur fournissait du courant. C'était le cas. Cependant, certains voyants signalant des anomalies demeuraient allumés. Il m'assura qu'après avoir fait quelques kilomètres tout rentrerait dans l'ordre. Je le fis et ça marcha.

Il n'empêche que les anomalies de fonctionnement de l'ordinateur sont anxiogènes et qu'au cas où, suite à des avertissements non fondés, l'on aurait recours à un garagiste sans scrupules (j'en ai connu !) pourraient mener à des dépenses astronomiques.

samedi 4 mai 2019

Images




Quand j'étais au Cours Préparatoire et que j'avais fait quelque chose de bien on me donnait un bon point. Avec vingt bon point, j'obtenais une image de Benjamin Rabier et j'étais tout content. Pas spécialement à cause de la beauté ou de la drôlerie de ladite image mais parce qu'il existait, entre les bons élèves dont j'étais, une compétition. Celui qui avait le plus d'images faisait la fierté de ses parents et l'envie de ses rivaux.

Je ne sais pas si un tel système perdure. Je serais tenté de penser que non, vu le traumatisme que constituerait pour les cancres le fait de n'avoir que très peu de bons points et encore moins d'images.

Les images, aujourd'hui, on les offre aux adultes sous formes de vidéos. C'est bien, une vidéo : c'est la réalité, c'est difficile à truquer. Les réseaux sociaux en regorgent. Elles rassurent et confortent les braves gens souffrant de préjugés. Celles qui montrent des violences policières sont prisées des ennemis de la « dictature macronienne », qu'ils se disent de droite ou de gauche. Celles qui montrent des Black Blocs tabassant un flic ou vandalisant un magasin rassérènent les autres. Tout le monde est content !

Le problème est qu'une vidéo, une image ou même une scène à laquelle on assiste ne prennent leur véritable sens que replacées dans un contexte qu'on s'empresse de ne pas montrer ou qu'on ignore. Un CRS gifle ou bouscule un manifestant : c'est pô bien. Seulement que s'est-il passé avant ? Mystère ! L'anti-flic ne se le demande jamais ou ne veut pas le savoir. Il a reçu son image, il en est rose de plaisir (ou vert d'indignation mais au fond ça revient au même).

Je citerai deux anecdote auxquelles le contexte donne un nouvel éclairage. Une nuit que j'étais aux urgence de l'hôpital de Chartres en train de goûter aux joies d'une colique hépatique qui eut pour conséquence ultime de me priver de vésicule biliaire, j'entendis une jeune infirmière reprocher aux nervis de la police de lui présenter un blessé menotté. Il lui fut répondu que le gars que leur malheureux prisonnier venait de poignarder et qui se trouvait au bloc chirurgical pourrait lui expliquer cette précaution.

Autre petite histoire : suite à une manifestation du National Front, la presse anglaise publia la photo d'une pauvre petite vieille au visage ensanglanté réputée avoir été victime de la violence de ces brutes fascistes. Hélas, quelque jours plus tard, la bonne grand mère reparut pour déclarer qu'elle était en fait une militante du NF, victime d'une chute suite à une action des contre-manifestants.

Comme quoi, ce qu'on voit...

Remarquez, je dis ça, je dis rien. Je n'ai aucune illusion quant au fait que les gens continueront de voir ce qui leur plaît et d’interpréter les images de la manière qui convient le mieux à leurs préjugés ou à leurs détestations quitte à mêler leur voix au concert d'autres qui sont à leur extrême opposé sur l'échiquier politique. Pour eux, les ennemis de leurs ennemis sont leurs amis. Pas pour moi.

mercredi 1 mai 2019

Le DAA

De nombreux droits sont revendiqués à tout bout de champ par toutes sortes de gens. En général ces droits ne m'intéressent guère. Il en est un pourtant que je trouve essentiel et que, dans leur liste à la Prévert, même les GJ ont omis, je veux parler du Droit A l'Arpète (ou DAA). Vous n'en avez jamais entendu parler ? Ça ne m'étonne pas, vu qu'on évite soigneusement de traiter des problèmes de fond.

Je m'explique donc : depuis quelques jours, je me suis lancé dans la rénovation de ma chambre. Le but est d'en faire quelque chose qui ressemblerait plus ou moins à ceci :


en partant de ceci :


Comme il est aisé de le penser, il y a du boulot !

Parmi les différentes tâches, certaines sont faciles à accomplir seul, d'autres, si elles sont réalisables, sont compliquées quand on n'est pas l'heureux résultat d'un croisement entre Vishnou et un atèle. Par exemple fixer aux murs ou au plafond des tasseaux ou des corniches de deux mètres de long et plus. On y parvient mais ça prend du temps. C'est pour les tâches difficilement réalisables individuellement qu'interviendrait le DAA.

L'arpète, à titre entièrement gratuit, fournirait l'aide de ses bras afin de faciliter la réalisation des projets du bricoleur. Le gain de temps serait considérable. Certains esprits chagrins verraient en lui un exploité. Que nenni ! En fait, il apprendrait ainsi des techniques qu'ensuite il pourrait mettre en œuvre pour améliorer son propre logement, aidé à son tour par un arpète dans le cadre du DAA.

La mise en œuvre de ce droit serait simple et d'un coût très faible. Malheureusement pour la transmission des savoirs, je crains qu'il ne voit jamais le jour pour toutes sortes de raisons dont l'appât du gain, l'égoïsme et l'absence de solidarité ne seraient pas les moindres.

Chienne de vie !

samedi 27 avril 2019

Satanisme !

Au rythme où se succèdent les décès de nos idoles, on pourrait penser que notre époque est maudite, que les disparitions de cette fin de décennies sont un phénomène inouï. Hélas, il n'en est rien. Les fins de décennies ont souvent vu disparaître de grands homme et femmes nous laissant au cœur une plaie ouverte. Les années soixante du siècle dernier n'en furent pas épargnées. A une époque où tout était censé être mieux, où l'on vivait, inconscient de leur prochaine fin, des années dites glorieuses, quelqu'un se sentit très mal à l'aéroport d’Istanbul le 1er décembre 1968, si mal même que l'hémorragie cérébrale (ou selon d'autres l'infarctus) qui l'affecta lui fut fatale. Je veux parler bien entendu du regretté Dario Moréno qui, en compagnie de Pauline Carton tient une place si haute dans mon panthéon personnel que j'ai dû y rajouter un étage afin qu'ils y logent à leur aise.

Il n'avait que quarante-sept ans, ce qui prouve que depuis bien longtemps la vie sait se montrer  cruelle. Faire la liste de ce que durant sa brève existence Dario nous a apporté serait fastidieux. Je n'en prendrai que quelques exemples : sans lui, qui penserait, lors d'un voyage à Rio, à monter là-haut ? Croiserions-nous encore un vagabond sans vouloir lui acheter du bonheur ? Aurions-nous remarqué que Brigitte Bardot n'avait (hors la rime) rien d'un cageot ?

Toutefois, l'homme avait son côté sombre. Écoutez attentivement les paroles de cette chanson, sans vous laisser distraire par le déhanché et la chorégraphie de l'artiste :


Après un « la la la la la la la la la la » de bon aloi, qu'entend-on ? Eh oui : « Pi dibi dibi poï poï »!On repart sur « la la la la la la la la la la » et, de nouveau retentit « Pi dibi dibi poï poï » ! Entraîné par le rythme endiablé de la musique, l'auditeur n'y prend pas garde. Et pourtant ! Peu de gens le savent, mais ce qu'ils prennent pour d'inoffensives onomatopées ne sont rien d'autre qu'une incantation satanique visant à ce que le démon s'empare des âmes et des corps des filles pour les entraîner dans la danse. D'ailleurs, de cette aliénation, le grand Dario n'en fait pas secret puisqu'il avoue plus loin (sans indiquer qu'il s'agit d'une intervention satanique, bien sûr) :

« Oui, depuis que toutes ces danses
Sont arrivées chez nous, c'est très curieux
Des milliers d' filles comme elle se dépensent
Le romantisme n'est plus dans leur jeu
Ce qui leur faut c'est un pas de mambo
Ce qui leur va c'est un p'tit cha-cha-cha
Ce qui les tient c'est le rythme cubain »

« C'est très curieux » ? Tu parles !

Voilà, vous savez tout. Maintenant, libre à vous de vous laisser ensorceler...

jeudi 25 avril 2019

M. Marielle

Il serait de bon ton d'exprimer une douleur ravageuse de celles qui font qu'on tique à reprendre du rab de hachis parmentier ou d'aller faire un tour chez Noz des fois que...

Jean-Pierre Marielle est mort. On ne peut pas dire qu'il ait été fauché en pleine jeunesse ou victime de la mort subite du nourrisson. Il faut bien se rendre à l'évidence, à quatre-vingt sept ans décéder devient une des rares expériences qu'un humain puisse découvrir. C'est toujours triste, bien entendu, mais force est de reconnaître qu'avec le grand âge, face à une disparition, l'effet de surprise comme le sentiment d'injustice s'émoussent.

L'important, c'est ce qui reste et restera peut-être de lui. Je dis peut-être parce que si l'évolution de la société continuait à suivre le cours mortifère que certains veulent et souvent parviennent à lui imprimer, il ne restera plus de place pour beaucoup de ses films. Pour moi, sa truculence de grand baratineur, son élégance, sa capacité à prononcer sur un ton décalé des propos farfelus, sa capacité à incarner avec distinction des beaufs plus beaufs que les beaufs, et bien d'autres choses encore en faisait un GRAND parmi les grands. En tête de mon hit-parade : Les Galettes de Pont-Aven, L'Entourloupe, Calmos et j'en oublie.

Le premier de ces films cités je l'ai vu, revu et le reverrai avec un plaisir ineffable. Parmi les multiples raisons de cet engouement, deux scènes dominent. Celle où, soûl comme un cochon, il se lance dans une auto-parodie de son ex-métier de représentant en parapluies et celle où il interprète avec la délicieuse Jeanne Goupil l'inoubliable Kénavo de Théodore Botrel. Inoubliable au moins pour moi car il figurait en bonne place dans le répertoire de mes parents qui le chantaient en duo dès qu'un baptême, une communion, des fiançailles ou un mariage leur en fournissaient l'occasion (voir ici).

De M. Marielle je garderai le souvenir de grands moments de gaîté, moments qui pour moi sont les plus importants d'une vie.

samedi 20 avril 2019

Les sans couilles

Je suis bien conscient que ce qui suit non seulement ne me fera pas que des "amis" et même qu'il m'en fera perdre. Qu'importe : j'en arrive à un point de dégoût où cela m'est égal.


Les rois des Gilets Jaunes sont nus et un grand nombre continue de s'extasier sur la beauté de leurs nouveaux atours ! Personnellement, j'en retire mépris et dégoût. Personne pour dénoncer l'ineptie des propos que sortent à longueur d'antenne leurs « porte-paroles ». Les mêmes qui dénoncent l'irréalisme des discours des politiciens semblent adhérer aux déclarations inarticulées de représentants auto-appointés de ce mouvement ultra minoritaire ayant pour seul but de foutre le bazar dans le pays. Des imbéciles que j'espère heureux qui se comportent en BOUCLIERS HUMAINS VOLONTAIRES des casseurs avant d'aller pleurer"Maman bobo !" quand ils y laissent des plumes. Qui réclament tout, son contraire et le reste. Qui, avant même qu'on leur annonce la moindre réforme, s'en déclarent mécontents.

On retire 5 euros des APL : c'est le drame. On offre 100 euros aux smicards : ce n'est rien. Des mesures sont prises à hauteur de 10 milliards et plus en faveur des petits revenus : il s'affligent que des sales (par définition) riches déboursent plus de dix fois moins pour sauver un joyau de notre patrimoine. Ils veulent la démission du président, la dissolution de l'assemblée, le RIC. Au nom de quoi ? S'imaginent-ils que le rêve des Français est de passer leurs dimanches à voter pour ci, ou ça et leurs soirée dans des AG où il sera difficile de  désigner le plus délirant des intervenants ?

Qu'il y ait des imbéciles pour réclamer l'impossible et le néfaste n'a rien d'étonnant ni de nouveau. Qu'une bande de traîne-patins n'ait rien de mieux à faire que d'aller se promener en ville le samedi avec leurs semblables n'est pas original. On ne peut pas leur en vouloir. S'ils avaient eu le choix, ils auraient, peut-être, été différents. Non, ceux qui m'agacent vraiment sont leurs soutiens qui se gardent bien de les imiter mais qui sont légions. Quelles sont les motivations de ce troupeau ? Qu'on lutte contre la misère ? Mais qui est pour qu'elle s'amplifie ? Qu'on paye moins d'impôts et de taxes ? Mais qui, en dehors des gauchiards, serait pour qu'on (c'est à dire les autres) en paie plus ?

Le troupeau est disparate. Ça va de la droite radicale à la gauche fanatique. Qu'ont-ils en commun, que se cache-t-il derrière leurs soi-disant généreuses motivations sinon la haine d'un pouvoir qui, qu'il leur plaise ou non, a été légalement élu ? Des mauvais perdants et des rêveurs. Car s'ils pensent que des urnes pourrait sortir un pouvoir qui leur agrée c'est qu'ils oublient leurs divisions ou croient que comme jadis chez Jacques Martin tout le monde va gagner. Tout ça est désolant comme le sont les discours de ces politiques qui oublient qu'au pouvoir ils n'ont rien résolu et n'étouffent pas de honte et comme l'est l'« extrême droite » qui se rallie au discours des ânes gauchistes dans l'espoir d'en tirer profit, ce qui me désole. Mais eux, c'est leur métier...

Il y a des jours comme disait Gainsbourg ou « j'voudrais que la terre s'arrête pour descendre ». Mais j'y suis déjà si peu et me sens si loin du troupeau que ça ne changerait pas grand chose. Après tout, peut-être suis-je injuste : peut-on en vouloir aux moutons d'être des béliers sans couilles mâtinés de girouettes?

vendredi 19 avril 2019

Zatiz-zecwèstcheun !


C'est vue de ce côté que je la trouve la plus belle.

Alors, votre Notre-Dame, on vous la restaure comment ma p'tit' dame ? A l'identique ? A la différente ? Le débat fait rage ! Enfin, quand on a fini de blâmer MM. Pinault et Arnaud d'avoir offert tant d'argent pour sa reconstruction au lieu de distribuer ces sommes aux millions de Français victime de la famine. 

Question qui ne se serait pas posée dans des siècles antérieurs en pareil cas. Si un édifice roman brûlait, que la mode était au gothique, et que réparer était impossible, on réédifiait au goût du jour. Il faut bien dire que patrimoine et le tourisme étaient alors moins en vogue. Une église, fut-elle cathédrale était une église, un palais fut-il royal était un palais, c'est à dire des bâtiments chargés d'une fonction. De son palais gouvernait le roi, dans les églises priaient peuple et affluaient pèlerins. Ces fonctions primaient sur la révérence due aux vieilles pierres.

En va-t-il de même aujourd'hui ? La réponse est clairement non et se référer aux usages anciens n'a plus aucun sens. Supposons que le château de Versailles soit détruit pas un incendie. Viendrait-il à l'idée du plus abruti des modernistes d'en rebâtir un de notre temps tout de verre et d'acier, élançant ses multiples étages vers le ciel, bref un Versailles d'aujourd'hui ? Permettez moi d'en douter et cela pour les raisons suivantes : d'abord il n'y a plus de roi avide d'éblouir l'Europe par sa magnificence et d'y réunir cour et vassaux, ensuite, les millions de visiteurs du château viennent y admirer la splendeur de siècles révolus et non un bâtiment situé dans le chef-lieu des Yvelines, quels que soient ses mérites architecturaux.

D'une certaine manière, il en va de même pour Notre-Dame. Certes, elle conserve sa fonction de prière et de célébration des rites catholiques mais est-ce cela qui pousse des millions d'Européens, d'Américains ou d'Asiatiques à venir prendre des selfies sur son parvis avec elle pour toile de fond ? Les touristes viennent y confronter leurs attentes avec la réalité. Or, de ces attentes et de cette réalité, la célèbre flèche fait partie intégrante. Sans elle, Notre-Dame ne serait plus tout à fait Notre-Dame.

La remplacer par un quelconque bidule serait à mon sens une erreur. Quelles que soient les qualités dudit bidule. Sans compter que quand on voit bien des œuvres architecturales de notre temps on est souvent saisi de doutes. Alors, pour moi la réponse à cette question lancinante est : à l'identique !

Si on a envie de faire du nouveau (et pas forcément du Nouvel) qu'on le fasse ailleurs ! Les pyramides de M. Pei s'intègrent très bien au décor du Louvre. De là à doter ce palais de toits pyramidaux, il y a un pas que je ne suis pas prêt à franchir.

jeudi 18 avril 2019

Trouvailles

Jardiner est utile et sain. Entre autres avantages, on y prend de l'exercice, on profite des bienfaits du soleil, on transforme une nature toujours brouillonne en un espace agréable à l’œil, et en cas de potager, on bénéficie de légumes frais et non traités. De plus, en retournant la terre, il arrive que l'on fasse des trouvailles. 

De retour en Normandie, je me suis immédiatement mis à tondre les espaces herbus (il ne s'agit pas vraiment de pelouse) à faire une première taille de haies et à désherber mes petits carrés de potager afin d'y planter des pommes de terre. Ce faisant, un objet métallique rond et percé en son centre attira mon regard. Vu qu'il était passablement oxydé, il était difficile de dire s'il s'agissait d'une monnaie ou d'une simple rondelle. Je la nettoyai un peu et pus constater qu'il s'agissait d'une pièce de dix centimes de 1920. 




Presque centenaire ! Qui avait bien pu perdre ces deux sous ? Bien sûr, il ne s'agissait pas là d'un trésor. Juste un humble témoin d'une perte passée.

Cela me fit penser à d'autres trouvailles faites dans le jardin de mon ancienne maison comme cette médaille en aluminium sur laquelle est représentée d'un côté Notre dame de Lourdes et de l'autre Notre Dame de la Délivrande, les deux légendes suivies de PPN (priez pour nous). D'une pierre deux coups ! Qui, avant de la perdre a porté cette modeste médaille ? Était-elle le pieux souvenir d'un pèlerinage à la basilique normande ? 



Plus inquiétante fut la découverte de ces deux munitions : 


Fusil ? Mitrailleuse ? Trace de la contre attaque allemande d'août 1944 ? A quelle arme de quel camp étaient-elles destinées ? Mystère. Intrigué, j'ai demandé à l'ancien fermier qui occupait les lieux s'il lui était arrivé de trouver des balles dans son potager. Il m'assura que non. 

Je garde ces objets comme autant de messages anonymes et involontaires venus de personnes probablement disparues aujourd'hui.

samedi 13 avril 2019

On va voir de quel bois je me chauffe !

Je crains que la plaisanterie que constitue mon titre ne passe inaperçue bien que, loin de vouloir menacer qui que ce soit de la violence de ma colère, je ne veuille parler que du mode de chauffage que je viens d'adopter.

Ma maison corrézienne étant chauffée à l'électricité, le KW s'apprêtant allègrement à atteindre puis à dépasser le prix de 0,15 centimes et avril s'acharnant à nous déconseiller de nous découvrir ne serait-ce que d'un fil, ce mode de chauffage, à raison d'entre 40 et 50 KW par jour quand le temps est frais, tendait à devenir dispendieux.

Restait l'alternative du bois, vu que j'avais équipé la maison d'un magnifique insert réputé capable d'en chauffer l'intégralité. Seulement, le chauffage au bois ne va pas sans contraintes et inconvénients. Le bois que l'on rentre cochonne la pièce, on est soumis à la corvée salissante du nettoyage des cendres, il faut alimenter le feu en veillant à ce qu'il évite à la fois de s'éteindre ou de porter la température à des niveaux trop hauts, penser à se faire livrer du bois, le scier à la dimension du foyer,le ranger correctement et rallumer le feu au matin. Aussi fut-ce à reculons que je me dirigeai vers cette solution (bel alexandrin qui en plus rime avec le mot qui le précède). Pourtant je finis par m'y résoudre, par avarice ou par raison.

Je me rendis donc, comme me l'avait conseillé un paysan voisin, chez le fabricant de merrains et autres fournitures pour les tonneaux qui exerce son industrie dans le village et y fit pour une somme modique l'emplette de deux fagots de chutes qui me furent immédiatement livrés :


Fagot 

Restait à scier ce bois d'environ un mètre de long en deux afin qu'il pût entrer dans l'insert. Ce fut, en quelques heures , grâce à ma tronçonneuse (merci encore Nicole!) une affaire rondement menée. Et les morceaux de bois formèrent un tas sur la terrasse :


Restait à en faire un tas correct, de façon à pouvoir mettre le bois dans un endroit où il gênerait moins et aussi à pouvoir le protéger de la pluie afin qu'il continue de sécher. La tâche fut un peu longue mais j'obtins le résultat suivant :

Tas de bois en attente de bâchage
Je pouvais donc expérimenter mon nouveau chauffage afin de voir à la fois son efficacité et sa rentabilité. J'allumai mon insert et pus constater que le bois produisait une belle et réchauffante flamme :



L'expérience se poursuit depuis maintenant cinq jours et s'avère concluante et cela à deux niveaux. D'abord, selon mes calculs, cela me permettrait de diviser mes dépenses de chauffage par (au moins) deux. Ensuite, le foyer dégageant une puissance supérieure à celle des radiateurs, la température de la pièce principale atteint sans problèmes trois degrés de plus, m'évitant ainsi d'avoir froid aux pieds. Ça vaut bien les inconvénient, non ?

vendredi 12 avril 2019

Soif d'Histoire

Pour M. Souchon, la foule sentimentale aurait soif d'idéal. Admettons. Toutefois il existe dans les media et dans la foule sentimentale qui les suit une autre soif, au moins aussi forte : celle de vivre des « moments historiques ». Comment pourrait-on les en blâmer vu que TOUT moment est par définition historique. Imaginons que dans un pays ou une région absolument rien de notable ne se soit produit pendant plusieurs siècles. Il faudrait imaginer un nom pour cette période mais elle n'en serait pas moins historique au même titre que la Pax romana s'inscrit dans l'histoire comme les multiples guerre napoléoniennes.

Cela dit, le piège dans lequel chroniqueurs et bon peuple semble tomber, voire sauter à pieds joints, est de penser que les moments que nous vivons ont une importance capitale dans l'histoire. Curieusement, j'ai du mal à partager leur vision de l'importance de tel ou tel événement. Je l'ai dit et répété (à mon âge, ne pas radoter serait une faute de goût), je ne suis jamais parvenu à considérer, au fur à mesure de leur déroulement, que les « événements » de mai 1968 étaient autre chose qu'une ridicule pantalonnade. Et pourtant je ne faisais alors qu'approcher mes dix-huit ans ! Il est de bon ton, parmi les réacs, de rendre cet épisode insignifiant responsable des pires dérives que connaît aujourd'hui notre société tandis que de l'autre bord on les attribue au « progrès » et aux luttes populaires. Je crains que l'origine de ces mutations ne se trouve ailleurs car les pays de développement économique comparable qui n'ont pas ou peu connu de troubles durant ce mois-là n'ont rien à nous envier en matière de déliquescence.

A mon sens, les bouleversements que connaissent les sociétés occidentales sont le fruit d'une organisation économique qui entraîne des changements sociaux, sociétaux et idéologiques et ne doivent rien aux gesticulations et autres vociférations des activistes. S'il arrive que ces derniers semblent renverser l'ordre rétabli c'est que cet ordre était devenu caduc et aurait fini par disparaître de sa belle mort. Si la civilisation européenne actuelle et ses métastases venaient à disparaître c'est qu'elles auraient fait leur temps.

Quand on voit les choses de cette manière qu'on pourrait traiter de cynique, de fataliste et de plus qu'un tantinet marxiste, on a bien du mal à s'intéresser à certains épiphénomènes censés bouleverser la France, l'Europe ou le monde. S'il arrive que j' en parle, c'est à cause de l'importance imméritée que media et réseaux sociaux leur donnent. Si j'en parle trop souvent c'est pour dénoncer l'espace qu'ils occupent indûment et dont ils privent des sujets réellement importants. En faisant cela, certes, les media ne font que jouer leur rôle qui est de meubler leurs journaux ou autres séquences d'actualités. Ce qui m'agace, c'est de voir tant de braves gens leur emboîter le pas. Mais peut-être cela les aide-t-il à satisfaire leur soif de participer à des « moments historiques » et à se libérer d'une indignation qui sinon resterait à couver en eux, faute d'objet.

Personnellement, je préfère le froid constat à l'indignation. Ce qui n'exclut aucunement la radicalité.


jeudi 11 avril 2019

Notes


Dans un récent article, M. Goux se plaignait de la cuistrerie de l'éditrice d'un ouvrage de Mme Carson McCullers. Ce grand esprit, probablement en proie à un grave abattement, déclarait ne trouver aucun intérêt aux notes que la brillante universitaire avait rédigées afin d'éclairer le lecteur. Il laissait même entendre qu'il ne s'agissait aucunement d'un cas isolé. Je ne saurais partager ce genre de blasphèmes : en fait, en dehors des préfaces, les notes de bas de page ou de fin de volume sont souvent ce qu'il y a de plus intéressant dans bien des livres. Elles ouvrent de nouveaux horizons au lecteur. Au point que nombreux sont les vrais amateurs de littérature qui ne lisent qu'elles.

Si la vie, cruelle marâtre, ne m'avait pas contraint à suivre d'autres chemins, je pense que le métier de noteur m'aurait apporté une ineffable félicité. Quoi de plus noble, en effet, que d'accompagner, voire de guider un lecteur sur le chemin souvent malaisé qui mène à une profonde compréhension de l’œuvre comme de l'âme d'un auteur ? Je vous le demande !

D'ailleurs, et vu qu'il n'est jamais trop tard pour réaliser ses rêves de gosse, je vais annoter, rien que pour vous, un texte que chanta Yvan-Chrysostome Dolto, plus connu sous le nom de Carlos, chanteur d'un grand talent qu'un malencontreux cancer du foie enleva bien trop tôt à notre affection. Parmi les chansons hautement poétiques qu'il interpréta, il en est une quai, tant par la forme que par le fond domine un répertoire pourtant riche et profond. Je veux parler, certains de vous l'auront deviné, de son célèbre « Papayou » :

Quand je suis v'nu au monde
Ma mère1 m'a tout donné
Une panse bien ronde
Des pieds, des grands pieds
Pour marcher, pour danser2
Mais la plus belle chose
Qu'elle ait pu me donner dans l'fond
C'est à peine si j'ose
Le dire... c'est mon...
Papayou, Papayou, Papayou, Papayou lélé3
J'ai le plus beau des Papayou lélé
Qu'on ait vu depuis des années
Papayou, Papayou, Papayou, Papayou lélé
Ma mère me disait faut pas le montrer
Ca f'rait des jaloux dans le quartier4
Ca f'rait pleins de jaloux qui n'en n'ont pas du tout
Pleins d'envieux qui n'en ont pas chez eux
Pleins de méchants qu'en ont pas d'aussi grands
Il faut pas le montrer du tout, non!
Un jour l'institutrice5
Me dit: "Mais que t'as grandi"
Je réponds sans malice
"Mais mon Papayou il grandit lui aussi"6
Elle me dit "Je suppose
Que c'est une plaisanterie"
Mais en voyant la chose
Elle pousse un cri "Oh"7
Papayou, Papayou, Papayou, Papayou lélé
C'est le plus beau des Papayou lélé
Que j'ai vu depuis des années
Papayou, Papayou, Papayou, Papayou lélé
Garde le pour moi ne le montre pas8
Ca f'rait des jaloux dans le quartier
Ca f'rait pleins de jaloux qui n'en n'ont pas du tout
Pleins d'envieux qui n'en ont pas chez eux
Pleins de méchants qu'en ont pas d'aussi grands
Pleins de badauds qu'on rien vu d'aussi beau
Et qui diraient partout, drôle de joujou
Il faut pas le montrer du tout, non!
Un jour à colin-maillard
Une fille aux yeux bandés9
Le découvrant par hasard
Me dit: "Qu'est-ce que c'est, qu'est-ce que c'est, qu'est-ce que c'est?"10
Depuis au village
Toutes les filles de la région
Me demandent en mariage11
Pour avoir mon...
Papayou, Papayou, Papayou, Papayou lél
Etc.

J'espère vous avoir été utile en favorisant votre compréhension de ce texte dont certains passages,sans être ésotériques, peuvent paraître obscurs.

1Françoise Dolto éminente psychanalyste qui fit tant pour que les parents cessent d'éduquer leurs enfants convenablement.
2Carlos voua, toute sa vie durant, un véritable culte à sa mère et plus particulièrement à sa légendaire générosité ainsi s'explique l'énumération de dons que des enfants moins reconnaissants eussent trouvé aller de soi.
3Le papayou lélé est un bonnet de coton mêlé de latex que, dans les familles grecques et russes, on offre aux nouveaux nés et qui partage avec la grenouillère « Babygro » la particularité de grandir avec l'enfant (du grec « papayos lèlos », bonnet de coton extensible).
4La famille Dolto, jouissant d'une certaine aisance n'avait pas mégoté sur le prix du bonnet ce qui risquait de provoquer des réactions d'envie chez les voisins moins favorisés.
5Ernestine Chombier, pédagogue émérite, toute entière dévouée à son apostolat était cependant très distraite au point de ne pas voir ses élèves grandir au fil des années.
6Cf. note 3
7Bien que très cultivée, Mme Chombier ignorait tout de l'extensibilité du papayou lélé.
8Notez la convergence des conseils de la mère et de l'institutrice qui de ce fait est présentée comme un substitut maternel.
9Précision inutile car jouer au colin-maillard sans bandeau constituerait une tricherie qui ferait perdre tout son attrait au jeu.
10Répétition suggérant habilement l'état de confusion où se trouve plongée la jeune fille suite au contact avec un objet textile inconnu.
11La misogynie de l'auteur pointe le bout de l'oreille laissant entendre que le possesseur du signe extérieur de richesse que constitue ce bonnet attirerait les bonnes grâces des filles de la région, supposées intéressées par un riche mariage.

mercredi 10 avril 2019

Discipline et autorité

Selon un sondage, les Français seraient nombreux à désirer voir s'installer un pouvoir autoritaire ! Il y a longtemps que je n'avais rien entendu d'aussi paradoxal. Les bisounours décadents rêveraient d'un pouvoir fort ? Il y a là de quoi rire !

Ce désir d'un régime autoritaire me rappelle celui du rétablissement de la discipline dans l' « éducation ». Tous les parents d'élèves sont pour que règne le calme dans les établissements scolaires et que les perturbateurs soient sévèrement sanctionnés. Sauf que... ...cela concerne uniquement les autres. Leur enfant, lui, même s'il est un emmerdeur de première classe ne saurait être considéré que comme un angelot et toute sanction prise à son égard ne saurait être qu'injuste. Tous ceux qui ont travaillé dans l'enseignement vous le confirmeront. De la discipline, certes mais à condition qu'elle ne s'applique qu'à autrui.

Dans ces conditions, restaurer l'autorité de l'État est totalement illusoire vu que les parents d'élèves se trouvent être également des citoyens. Se montrer inflexible mais seulement avec les autres revient à ne l'être avec personne vu qu'on est toujours l'autre de quelqu'un et que tout un chacun s'estime innocent ou excusable et par conséquent ne saurait être l'objet d'une quelconque sévérité sans qu'il s'agisse d'iniquité.

D'ailleurs on ne voit pas pourquoi les Français désireraient un pouvoir fort vu que nombre d'entre eux s'estiment déjà vivre dans une dictature sanguinaire. La pantalonnade Giletjaunesque que nous vivotons depuis quelques mois est la preuve évidente du refus de l'autorité. Certes, tous, enfin pas tout à fait, s'accordent à blâmer les exactions constatées lors des promenades du samedi mais beaucoup comprennent, soutiennent ou excusent le mouvement qui les provoque. Et un grand nombre parle des violences policières. On veut empêcher la casse mais sans dégâts collatéraux. Il faudrait réprimer mais aussi gentiment qu'efficacement. Circulent des vidéos où l'on voit des policiers tabasser, asperger de gaz ou simplement bousculer de braves citoyens forcément innocents. Elles ne montrent pas le contexte dans lequel se produisent lesdites violences. Pire, beaucoup pensent que le gouvernement actuel encourage sa police à crever systématiquement les yeux des passants et à leur arracher une main de temps en temps, histoire de passer le temps, je suppose.

Si la violence policière se mettait à réprimer les taquineries des petits gars des cités, nul doute qu'en cas de blessures graves, voire de morts, on assisterait également à une levée de boucliers, venant d'un autre bord certes mais l'action de l'état se trouverait tout de même fortement condamnée.

Quoi qu'il arrive, d'un bord ou de l'autre voire de tous les côtés, toute action musclée d'un quelconque gouvernement se verra fustigée. L'État fort ne peut qu'être un doux rêve dans un pays profondément divisé où on peut dire le souhaiter mais où son existence révolterait les belles et ultra-sensibles âmes de nos contemporains.

lundi 8 avril 2019

Catastrophismes

On se demande comment les Français peuvent encore dormir de temps en temps avec les catastrophes qui les menacent dans de nombreux domaines. Les Philippulus foisonnent mais à la différence de leur modèle, ils ne courent pas les rues d'une blanche robe vêtus et munis d'un gong en annonçant la fin du monde, ce qui tendrait à les faire passer pour un peu étranges, même au temps des Gay Prides et autres fantaisies. A la voie publique, ils préfèrent les media et parfois même sont vêtus correctement. Ils ne vocifèrent pas toujours. Certains parlent posément des cataclysmes qui nous pendent au nez comme un sifflet de deux ronds et étaient leurs discours de données scientifiques apparemment irréfutables que nul n'ira vérifier. L'origine de nos malheurs est diverse mais leurs conséquences, dramatiques voire fatales, sont généralement inéluctables. Parmi les prophètes de malheur, certains optimistes laissent entrevoir la possibilité d'un sursaut de dernière minute qui pourrait, s'il se produisait dans un avenir très proche, éviter que ne se produise les cataclysmes prévus.

Mais les catastrophes, comme toutes choses, connaissent leurs heures de gloire puis passent de mode. Les plus anciens se souviendront de la peur qu'occasionna il y a quelques décennies un éventuel conflit nucléaire. Des gens aisés se firent même, à grand frais construire des abris où ils entassèrent vivres et fournitures diverses. Personnellement, dès cet époque, je ne voyais pas très bien l'intérêt de ces coûteuses précautions, vu qu'un jour il faudrait bien sortir de l'abri et qu'on se retrouverait dans un monde à la Mad Max ou à la Cormac McCarthy où subsister serait pour le moins difficile voire carrément désagréable. Bizarrement, cette crainte semble avoir beaucoup perdu de sa prégnance. Heureusement, d'autres sont venues la remplacer ! En faire la liste complète serait laborieux. Je me contenterai donc d'en évoquer quelques unes parmi les plus populaires.

Le péril alimentaire en est une : suite aux errances de l'agriculture intensive, notre nourriture nous empoisonne. De grandes sociétés, avides de profits, imposent leurs produits dans le meilleur des cas hautement cancérigènes et qui entre autres effets secondaires présentent le léger inconvénient de détruire les sols ce qui, à terme, les rendra totalement infertiles et provoquera des disettes qui ravaleront la peste noire au rang de négligeable incident. Monsanto, puisqu'il faut l'appeler par son nom, va détruire l'humanité. Ce qui n'est pas très malin de sa part, vu qu'avec elle disparaîtront ses clients...

La submersion migratoire menace gravement notre société. Des millions et des millions de réfugiés économiques ou climatiques viendront s'installer chez nous pour y vivre à nos crochets, détruisant au passage la civilisation telle que nous l'avons connue. Je suis loin de sous-estimer cette menace. Seulement, l'économie, l'État providence comme les capacités de production de notre agriculture ont leurs limites. Viendrait un jour où plus rien ne justifierait un long voyage : si c'est pour y crever de faim ou de froid dans les ruines d'une Europe jadis florissante, autant rester mourir chez soi.

La prophétie la plus intéressante par sa globalité qui, au passage, rendrait toutes les autres caduques est celle de la « destruction de la planète ». Si nous n'agissons pas fortement et immédiatement, la planète est, selon certains, foutue. J'entends des voix dire que nous n'avons que quelques années pour redresser la barre. Si c'est vraiment le cas, à mon avis, notre sort est scellé car du train où vont les choses, un proche et salutaire rebond est pour le moins improbable.

Le problème du catastrophisme est son côté généralement inéluctable. Si rien ne peut être fait pour éviter l'extinction de notre civilisation, de l'humanité et de la planète, à quoi bon s'en inquiéter ? Autant s'indigner de notre mort individuelle qui, comme chacun sait, est, elle aussi, inévitable.

Plutôt que de prévoir de fatals cataclysme que ne sauraient éviter que d'immédiats et radicaux changement hautement improbables, ne vaudrait-il pas mieux envisager des solutions rationnelles et durables ? Je crois qu'au cours de son histoire l'humanité a toujours trouvé des solutions (plus ou moins heureuses) à ses problèmes. A une époque où la science et les techniques nous permettent de mieux maîtriser les choses, je ne vois pas pourquoi elle aurait perdu cette capacité. Je regarde donc son avenir de manière plutôt apaisée et porte sur les prophètes de malheur le même regard amusé que sur Philippulus.

dimanche 7 avril 2019

Adoptez un capybara !

La fin brutale d'Alfred votre porc de compagnie vous laisse désemparé. Les excellents souvenirs qu'il vous a laissés (Pâtés, rillettes, jambons, rôtis, côtelettes, boudin, andouillette, lard, etc.) atténuent votre peine mais ne sauraient combler le grand vide affectif que crée en vous son absence. Vous aimeriez qu'un nouvel ami vienne ramener gaîté et animation dans votre foyer. Seulement, les nombreuses qualités d'Alfred vous ont rendu exigeant quant à celles qu'il devrait posséder : dynamisme, joie de vivre, goût prononcé pour se vautrer dans la boue, etc. De plus, être comestible serait un must. Nous avons votre bestiau : le capybara !

Le capi-quoi, me demanderez-vous ? La bête est en effet peu ou mal connue et c'est injuste car ses mérites sont nombreux, nous y reviendrons. Il est d'autre part détenteur d'un record mondial, celui du plus gros rongeur. Imaginez une sorte de cochon d'Inde de plus d'un mètre de long, de soixante centimètres de haut et pesant plus de cinquante kilos. Mais plutôt qu'imaginer je vous propose d'admirer :



Magnifique, non ? Mais attention avant d'en acheter un à l'animalerie la plus proche, permettez moi de vous indiquer quelques prérequis à son adoption. Apprenez (fans rire, f'il vous plaît, avoir un feveu sur la langue n'a rien d'amusant) ce qu'en écrivait le naturaliste français Pierre Barrère en 1741 : « Le cabiai (NDLR : pseudonyme qu'utilise notre ami sur les réseaux sociaux) qu'on nomme auſſi Cabionara, eſt un animal amphibie qui habite ordinairement dans les marécages ; il vit de poiſſon, de fruits, de cannes à ſucre ; il eſt délicieux à manger »  . Si vous ne disposez pas d'un vaste espace chauffé abritant une mare poissonneuse de bonne taille, oubliez-le ! Il faut de plus que les lieux soient herbus et plantés de canne à sucre (son nom dérive d'ailleurs du tupi kapi'wara (« mangeur d'herbe »)). Si vous remplissez ces conditions, cessez d'hésiter.

Les mœurs de cet animal sont très douces. Il vit, au bord des cours d'eau, en groupes au sein desquels certains s'occupent des petits tandis que les autres vont se baigner, se nourrir ou s'enduire de boue. Il arrive que leur accouplement, qui mènera la femelle à accoucher de deux à huit capybarounets qu 'elle élèvera dans la crainte de Dieu (et accessoirement des caïmans) et l'amour des rongeurs, ait lieu dans l'eau après un cérémonial complexe. C'est d'ailleurs suite à l'observation de ce phénomène que Léonce Bernotet lança en 1904 la mode des bains de minuit. Animal généralement pacifique, ses incisives, larges de deux centimètres, peuvent infliger de cruelles blessures à qui l'attaquerait. Il sait, comme le démontre la photo qui suit, se montrer affectueux même avec les chats auxquels il pardonne la cruauté et la lâcheté dont ils font montre envers d'autres rongeurs de taille plus réduite.



Pour résumer, ce sympathique animal saura amener à toute la maisonnée joie et tendresse. Reste le délicat problème des vacances. Si de plus en plus d'hôtels et d'hébergements divers acceptent les capybaras, rares encore sont ceux qui sont à même de leur offrir les équipements nécessaires à leur bien être, notamment sur la Côte d'Azur et même en Bretagne. Vous verrez-vous contraint à condamner à une désespérantes solitude ou à l'inconfort votre ami à quatre pattes ? Pour éviter ce crève-cœur, de multiples solutions existent. Sans en faire la liste exhaustive, je vous en communiquerai quelques unes : Le capybara à l'orange, le carpaccio de capybara aux baies rouges, le rôti de capybara à la moutarde et au miel, l'émincé de capybara aux dattes et aux raisins, le sauté de capybara en cocotte etc. Ainsi, par sa succulence comme il l'aura fait par son amitié, votre ami continuera d'embellir votre existence.