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lundi 7 janvier 2019

Populisme

Après avoir dans un premier temps soutenu les Gilets Jaunes, j'ai remis le mien dans la boite à gants. Parce que le mouvement me paraît devenir essentiellement populiste et que le populisme et moi ça fait deux. A mes yeux, les ressorts principaux de cette tendance politique sont l'envie, une foi de charbonnier dans le Père Noël et la petite fée bleue et une forte propension à suivre aveuglément les joueurs de flûte..

Je m'explique. Définitions de l'envie : « Sentiment de désir mêlé d'irritation, de haine qu'éprouve quelqu'un contre ceux qui possèdent ce qu'il n'a pas » ou encore «Désir de jouir d'un avantage, d'un plaisir égal à celui d'autrui. » . Un sentiment qui m'est entièrement étranger et qui me semble basé sur l'illusion que les avantages dont bénéficie la personne enviée seraient le seul et unique moyen d'atteindre la félicité.

La croyance au père Noël et à la petite fée bleue consiste à penser que tous les problèmes peuvent être aisément et rapidement résolus, conception qui relève de la pensée magique.

Quand aux joueurs de flûte, pas toujours incarnés, ce sont les idées démagogiques apparemment généreuses qu'il est plus aisé d'embrasser que des conceptions rationnelles.

Parti d'une protestation contre la hausse des taxes sur les carburants, progressivement, le mouvement des Gilets Jaunes a vu ses revendications enfler visant entre autres joyeusetés à l'extinction du paupérisme (idée chère à Louis-Napoléon Bonaparte), à une démocratie directe ou à l'exigence du départ immédiat des dirigeants élus. Tout cela est bel et bon.

Seulement, ces exigences sont-elles raisonnables ?

L'égalitarisme économique n'a guère mené qu'à des résultats catastrophiques là où il a été tenté.

A quoi mèneraient une dissolution de l'Assemblée suivie d'une destitution du président sinon à d'autres élections dont les vainqueurs ne seraient, quel que soit le mode de scrutin, guère plus représentatifs que les précédents* et en cas de proportionnelle intégrale à l'impossibilité d'une majorité autre que résultant du mariage de la carpe et du lapin ?

L'idée du recours au référendum d'initiative citoyenne me paraît plus dangereuse qu'utile, car plus une question sera démagogique, plus elle aura de chances de réunir une majorité en sa faveur. Sans compter qu'une forte abstention pourrait nuire à la valeur de la réponse.

Pour résumer, il me semble que le désir des Gilets Jaunes radicaux est de mettre le pays cul par dessus tête, c'est à dire de faire une ènième révolution comme si les précédentes n'avaient pas mené d'abord au chaos puis à des régimes autoritaires sans avoir pour autant résolu les problèmes qui les avaient provoquées.

Bien que n'ayant pas plus voté pour l'actuel président que pour sa majorité, je continue de croire, comme Winston Churchill, en une démocratie représentative certes imparfaite mais préférable à l'anarchie populiste.

*En ce qui me concerne, le seul député qui puisse me représenter vraiment serait moi-même et je ne suis pas plus candidat que je n'ai de chances d'être élu.

14 commentaires:

  1. Tout cela est bel et bon et je suis en grande partie d'accord avec vous JE. En particulier sur le grand n'importe quoi que revêt de plus en plus ce mouvement.
    N'en demeure pas moins qu'il faudra bien apporter une réponse au mal vivre de cette France périphérique jusqu'ici superbement ignorée.
    Sinon dans un mois, dans un an, cela explosera de nouveau.
    En pire.

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    1. Je ne saisis pas bien ce que peut être la France "périphérique". Vivant depuis plus de vingt-cinq ans dans des villages ou en rase campagne, ne gagnant pas des mille et des cents, en fais-je partie ? Comme il s'agit d'un choix (du moins pour mes lieux de résidence), je n'en souffre aucunement, bien au contraire. C'est la mort dans l'âme que je suis parti vivre à Londres alors que je souhaitais habiter un village de Corrèze (rêve que j'ai fini par réaliser bien plus tard).

      Je n'ai pas l'impression que les gens qui m'entourent soient malheureux. Il est vrai qu'en province on arrive à se débrouiller grâce à la réciprocité des services rendus, aux logements moins chers, etc.

      Il me semble qu'en ville, à salaire égal, on vit moins bien.

      Exploser, c'est très bien, mais est-ce utile et surtout qu'en ressort-il de positif ?

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  2. Une dissolution de l'Assemblée nationale aurait toutes les chances de provoquer une cohabitation et son exploitation par Macron,s'il n'est pas trop con(?),comme l'ont fait Mitterrand et Chirac...
    On oublie également le RIC,véritable piège à cons ou trompe-couillons et on retourne aux urnes,qui sont la vraie raison d'être d'une démocratie pluraliste.
    En attendant,euh...on garde encore un peu son gilet jaune à portée de main,sur le tableau de bord,avant de le remiser définitivement dans la boîte à gants...

    Vendémiaire.

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    1. Je veux bien d'une cohabitation mais entre M. Macron et qui ? Dans l'état actuel des choses je ne vois pas comment pourrait émerger une majorité cohérente.

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  3. Eh bien réjouissez-vous, Oncle Jacques, il semble qu'Édouard Philippe vous ait entendu :

    « Face aux violences inacceptables qui se poursuivent sur le territoire, le gouvernement entend afficher une très grande fermeté et faire évoluer son dispositif d’ordre public. Ce sont des questions sensibles au sujet desquelles le Premier ministre a engagé des consultations et fera des annonces ce soir » a indiqué Matignon à l’AFP.

    On peut aussi rêver qu'il confirmera dans la foulée, qu'il va traiter avec la même fermeté ces quartiers où ses policiers sont toujours interdits de séjour ! Mais peut-être trouverez-vous trop "populiste" ce désir de voir les racailles subir le même sort que de vulgaires Gilets Jaunes ?

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    1. Et que va annoncer le premier ministre louis-philippard,ce soir?
      L'Etat d'exception,le fichage et l'arrestation des opposants politiques,sous le prétexte qu'ils sont des voyous et des factieux?
      "Ils" essayent de susciter un parti de l'ordre,"ils" nous préparent aussi,peut être,un régime policier qu'ils ont en tête depuis le début,comme des faibles qui ont peur comme leur ombre des classes dangereuses...

      Vendémiaire.

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    2. Chère Mildred, que peut-on attendre de la part d'un premier ministre sinon qu'il déclare vouloir maintenir l'ordre ? Le rétablir dans les quartiers dits sensibles, ne relève pas du populisme mais du devoir élémentaire de l'État. Qu'il ne le fasse pas n'a rien à voir avec les gilets jaunes.

      Cher Vendémiaire, je ne crois pas à un désir d'établissement d'un état policier. Il me semble que c'est une obsession de la gauche qui a bien du mal à condamner les dérives anarchisantes si absurdes soient-elles.

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  4. Un peu déçu par votre papier. Certes les gilets jaunes partent tous azimuts mais c'est dans la nature même du mouvement qui n'est pas populiste, péjoratif, mais populaire.
    Alors tout se met en mouvement, comme durant une crue, les vieilles rancunes du fond, l'écume cradingue de surface, les bois morts, les arbres déracinés, tout est charrié
    Ces GJ c'est la France de toujours, réac, beauf et même patriote, l'opposée de la France progressiste qui veut les tuer et qui s'y emploie activement.
    Le "pouvoir" à coups de manipulations, de propagande, appuyé comme jamais par une presse aux ordres et une justice expéditive (du jamais vu je pense), a entamé depuis le début la guerre de l'opinion. Petit à petit, il parvient à ses fins: la preuve par vous-même.
    Ce soir Philippe parlera, donnera-t-il à ses nervis après le droit de mutiler le droit de tuer?
    Tout est possible, on n'a jamais vu une telle galerie de gueules cassées depuis la grande guerre et ce dans un silence médiatique effrayant.

    Le Page.

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    1. "Un peu déçu" ? Allons ! Après une aussi belle démolition ? Ce billet est un sous-produit de la pensée praudienne dont JE est souvent le fidèle détaillant. JE est un bon marxien : au-delà de l'arrêt provisoire de la hausse des taxes sur les carburants ses intérêts objectifs ne rencontrent plus ceux (supposés) des gilets jaunes. La belle affaire !

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    2. @ Le Page : Je me doutais que je n'allais pas me faire que des amis. Je maintiens le terme populiste. Le peuple est ce qu'il est et il se trouve que j'en fais comme vous partie mais de là à suivre une de ses fractions dans ses délires démagogiques (rétablissement de l'ISF, RIC, etc.) il y a un pas que je ne saurais franchir.

      "on n'a jamais vu une telle galerie de gueules cassées depuis la grande guerre"? Je crains que vous n'exagériez ! N'oublions pas, entre autres, la grève des mineurs de 1948 durant laquelle les affrontements entre police, armée, grévistes et anti-grévistes firent plusieurs morts et des milliers de blessés et le tir à balles réelles autorisé par Jules Moch, ministre de l'intérieur. Notre histoire fourmille d'épisodes de violence extrême où bien des gueules furent cassées et des hommes tués.

      @ leon : Eh oui, je suis un propagateur de la "pensée praudienne" mais je ne remplis ce rôle que parce qu'on me paye pour ça.

      Une chose qu'il ne faudrait pas oublier est que je suis de droite et que droite et populisme ne sont pas synonymes malgré ce qu'il est de bon ton de penser. Ceux qui réclament le rétablissement de l'ISF (auquel je ne risque aucunement d'être soumis), qu'on s'en prend aux gros salaires (dont je ne bénéficie pas), qu'on exige le RIC (une monumentale connerie), je ne les suis pas du tout. En revanche, lorsque l'on augmente les taxes sans pour autant baisser la dépense publique, je proteste. C'est une question de cohérence.

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  5. Boaf...
    Vous ne voyez pas de solution raisonable donc il n'y en a pas.
    C'est un peu élémentaire, vous attendiez vous à ce genre de manifestation avant mi-Novembre?
    Tiens, un point rigolo, Salvini soutient les Gilets Jaunes contre un "président qui est contre son peuple".

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    1. Je fait que je ne voie pas de solution ne veut pas dire qu'il n'en existe pas. Ne disposant pas d'une boule de cristal fiable, je n'ai rien vu venir même si mon aversion pour un président et sa clique pour lesquels je n'ai pas voté allait croissant.

      Qu'un populiste soutienne ses pareils n'a rien d'étonnant, toutefois, certaines prises de position de M. Salvini me paraissent satisfaisantes (Europe, immigration, par exemple)

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  6. Moi aussi je vis en zone rurale aujourd'hui (le prix de l'immobilier, toussa) et ne regrette pas ce changement de vie. On peut soutenir les Gilets jaunes sans être animé par l'envie (nous ne rêvons pas tous d'une Porsche Cayenne ou de vivre à Saint-Martin...). D'autre part, vous parlez du R.I.C. comme d'"une connerie sans nom". Pouvez-vous argumenter? Les Suisses, avec leur votation, seraient-ils des abrutis? Pour ma part, je crois que ce serait un moyen (il y en d'autres, comme une dose de proportionnelle significative aux législatives) de mettre un terme à ce déficit démocratique dont souffre aussi ce pays depuis des décennies.

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  7. Que les Suisses fassent des votations, c'est un fait mais il me semble que les caractéristiques de notre voisin sont très différentes des nôtres, il n'y règne pas, pour un oui ou pour un non un climat quasi-insurrectionnel, les extrémistes de tout poil ne semblent pas y pulluler, etc. On pourrait envisager que si la réponse à un RIC ne plaise pas à certains un autre soit réclamé et organisé pour annuler le précédent et ainsi de suite. De manière générale, je pense que la démocratie représentative est moins nocive que la démocratie directe laquelle mène à la dictature des activistes de tout poil et finalement à l'émergence de plus de conflits qu'elle ne résout de problème.

    Pour ce qui est de la proportionnelle, à condition qu'elle offre une prime au vainqueur qui permette que se constituent des majorités viables, je n'ai rien contre. Une proportionnelle totale nous ramènerait à la IVe république où les "groupes charnières" comme celui de Mitterrand et de ses amis faisaient la pluie et le beau temps et conduirait le pays à une insupportable instabilité avec les conséquences qu'on a pu vivre en 1958.

    Pour ce qui est de l'envie comme moteur de revendications, je persiste et signe. Outre que ça ne résoudrait rien de réduire les gros salaires, ça entretiendrait la division du pays et la haine sociale.

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