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vendredi 4 janvier 2019

Les bonnes résolutions

Je ne veux pas parler du nombre de pixels souhaitable pour obtenir une belle image mais des décisions généralement vertueuses que certains disent prendre à l'occasion de la nouvelle année et qu'ils s'empressent d'oublier à la première occasion. Personnellement, je n'en prends jamais et s'il m'arrivait de décider, pour une raison ou pour une autre, de mettre fin à ce qui est couramment considéré comme une mauvaise habitude, je ne vois pas pourquoi je le ferais à partir du premier jour d'une quelconque nouvelle année. Le faire me semble relever d'une illusion à savoir que d'une certaine manière, ce faisant, on associe le début de l'année à celui d'une nouvelle vie où les « vices » feraient place à la « vertu ». Le concept même de nouvelle vie me paraît fantaisiste. A mon sens, nous n'avons qu'une vie que nous ne pouvons tant bien que mal que poursuivre jusqu'au jour redouté ou, plus rarement, espéré où celle-ci se termine.

A cette coutume « vertueuse » sont venues récemment s'ajouter des injonctions à prendre des résolutions collectives : le mois sans tabac ou cette année un « janvier sans alcool » importé de la perfide Albion. Ce matin même, j'apprends, que pour sauver cette foutue planète pas moins de 500 belles âmes, appellent les Français à ne plus manger ni viande ni poisson le lundi. Tout cela est amusant.

Le mois sans tabac ne peut qu'être un succès, vu que déjà plus de deux Français sur trois ne fument pas et qu'il serait étonnant que nombre de non-fumeurs mettent à profit cette occasion pour s'adonner à la nicotine. Quand au « janvier sans alcool » il n'a rien d'étonnant venant d'un pays où la consommation de boissons fermentées lors des fêtes de fin d'année atteint des records suite à la multiplication des « parties » et des repas de famille. Sans compter que le sujet de sa gracieuse majesté montre une sérieuse tendance à ne lever le coude que les week-ends et lors des fêtes et qu'il tend alors à rattraper le temps perdu. Si on ajoute à ça un reste de culpabilité puritaine qui tend à faire expier ses fautes, on comprend que le mois des excès soit suivi de celui de l'abstinence.

L'appel des cinq cents « personnalités » à s'abstenir de viande et de poisson le lundi me paraît curieux. D'abord pourquoi le lundi ? Pour expier de s'en être empiffré le dimanche ? Parce que le lundi étant déjà le jour de grande tristesse où l'on reprend à regret le collier, en accentuer la morosité ne changera pas grand chose ? Comme je ne suis pas puritain et que je n'exerce plus aucune activité salariée depuis belle lurette, ces arguments me laisse de marbre. Quant au sauvetage de la planète je ne vois pas, vu que nos personnalités ne connaissent qu'une notoriété relative auprès de moins d'un pour cent de la population mondiale, comment, même en étant aveuglément suivies, il pourrait s'opérer ainsi. Sans compter que « sauver la planète » est un abus de langage. Cette pauvre planète en a vu d'autres. Elle a vécu bien longtemps sans le moindre vertébré. Si ceux-ci venaient à disparaître, elle continuerait à tourner.

Lors de ma lointaine jeunesse, ce n'était pas le réchauffement global qui allait détruire la Terre mais un prochain conflit atomique. On s'imaginait une planète vitrifiée par le feu nucléaire. Les arsenaux contenaient de quoi anéantir 50, 100, 1000 planètes. On construisait des abris. On se demande sur quelles base les habitants, sortis de leur bunker après avoir terminé leurs provisions auraient bien pu subsister. Se seraient-ils entraînés à manger des cailloux ?

L'apocalypse nucléaire n'a pas (au moins pour l'instant) eu lieu. Nous vivons d'autres peurs. Nos lointains ancêtres avaient les leurs. Bien des catastrophes se sont produites mais pas forcément celles que l'on redoutait.

6 commentaires:

  1. L'apocalypse nucléaire n'a pas (au moins pour l'instant) eu lieu. Nous vivons d'autres peurs. Nos lointains ancêtres avaient les leurs. Bien des catastrophes se sont produites mais pas forcément celles que l'on redoutait.

    Puissiez-vous dire vrai...
    Pas pour nous hein !
    Mais pour nos frères humains qui après nous vivrons.

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    1. Détrompez vous, Fredi. Je ne veux aucunement dire que les choses que nous considérons comme des menaces si elles ne se produisent pas seraient pires que les choses qui nous arriveront. Il se peut que des menaces plus atroces se réalisent.

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  2. Cher monsieur Etienne,voici comment je vois l'échéancier de notre planète...

    -4 milliards d'années: c'est le temps qu'il reste à la Terre avant que le soleil ne se transforme en étoile géante(la trace du bref passage terrestre de l'humanité aura disparu depuis longtemps).
    -40.000 ans: prochaine période glaciaire(si tout se passe bien,ma lointaine descendance aura peut être une chance de me le raconter).
    - 3 ans,la durée qu'il reste au président actuel pour achever son oeuvre de destruction massive et tomber dans les poubelles du cosmos(là,je vais prendre toutes les bonnes résolutions et ménager ma santé pour avoir la joie d'assister à l'événement.)...

    Vendémiaire.

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    1. Ben oui, tout finira par disparaître et Macron bien avant ce qui importe.

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  3. Pourquoi le lundi ? Parce que la boucherie et la poissonnerie sont fermées le lundi.

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  4. M'en fous, je ne me fournis que dans la grande distri qui, elle, est ouverte en ce beau jour.

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