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lundi 24 avril 2017

Le lézard des murailles (Podarcis muralis)

Non seulement cette bête est une grosse feignasse mais sa compagnie procure peu d'avantages. Contrairement au chien, si vous jetez un bâton, les chances pour qu'il vous le rapporte sont nulles. De même ne comptez pas sur lui pour vous faire cadeau de souris mortes comme le chat. Totalement dépourvu d'intelligence, on ne peut pas dire qu'il ne lui manque que la parole vu qu'il lui en manque beaucoup d'autres et que s'il s'exprimait ce serait probablement pour débiter des platitudes sur le temps qu'il fait et se plaindre du manque de soleil.

Car le lézard aime le soleil. Au point qu'entre automne et printemps, période ou faute de réellement hiberner, il ralentit son activité (comme si le reste du temps il se montrait quelque peu actif !) seul un beau soleil le fera sortir. C'est ainsi qu'il a donné naissance au verbe « lézarder » qui signifie s’exposer de façon immobile au soleil, paresser. « Activité » que pratiquent certains humains qui n'ont pas de maison à rénover en Corrèze.

En plus d'être cossard, le lézard est pleutre, pire même : faible avec les forts, cruel avec les faibles. C'est la conclusion que je tire de l'observation de celui qui habite un trou dans ma maison, pas celle de Normandie où seul un de ces reptiles se serait aventuré en 1873 et y serait mort noyé par les pluies d'un beau jour de juillet. Je tiens à souligner que, bien qu'il occupe un logement chez moi, il ne me paye pas plus de loyer qu'il ne participe au règlement de ma taxe d'habitation, ce qui serait la moindre des choses. Mais je digresse. Ce squatter passe donc le plus clair de son temps à suivre le parcours du soleil. Le matin, il se fait bronzer à la sortie de son trou, plus tard, il s'aventure à une bonne vingtaine de centimètres de son repaire avec de continuer à jouir des rayons. Dès qu'il m'aperçoit, il court se cacher dans son antre. Comme si j'allais l'agresser ! C'est donc un trouillard. Seulement, quand il s'agit de s'en prendre à plus petit que soi, là, il y a du monde. Que les âmes sensibles me pardonnent mais la scène qui suit est véridique dans toute son horreur.

Un jour que je nettoyais mon trottoir, je balaya par inadvertance un petit coléoptère, genre mini hanneton. Mon coup de balai l'ayant mis sur le dos, je le remis sur pattes, repris mon labeur et lui son chemin. C'est alors que je vis une scène hallucinante:quittant comme une flèche son lieu d'oisiveté, le lézard saisit dans sa gueule le pauvre insecte et, aussi prestement qu'il était venu, partit le dévorer dans son antre. Certains objecteront qu'il faut bien qu'il mange quelque chose. Mais à l'instar des meilleurs et plus évolués humains ne pourrait-il pas se contenter de grains et de végétaux ? Imaginez la souffrance d'une araignée gobée vivante sans autre procès !

De plus, il se reproduit. Après un accouplement printanier, la femelle pond 2 à 9 œufs qu'elle dépose dans un trou. Quatre à 11 semaines plus tard en sortent de petits hooligans qui, si les couleuvres n'y veillaient, finiraient par nous envahir. Certains penseront que se faire manger tout cru par une couleuvre n'est, pour le lézard, pas plus enviable sort que celui du coléoptère. Ma réponse est claire : cépapareil, padamalgam !

14 commentaires:

  1. Cher Jacques, le lézard se nourrit également des mouches et moustiques qui vibrionnent autour de nos oreilles, voir piquent notre sang ou dans notre verre, ce qui n'est pas rien. Je laisse donc le Padamalgam® (en supo), mouches, moustiques aux vains Caron pour les punir de ne s'alimenter que de protéines véganes.

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    1. Sauver le lézard ou l'araignée est un dilemme.

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  2. J'ai cru plusieurs fois que faisiez le portrait de notre futur président... Mais "de plus il se reproduit"....

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    1. Il est vrai qu'un président sans descendance le met (en partie) à l'abri du népotisme et des scandales provoqués par la conduite de sa progéniture.

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  3. En plus, si d'aventure pour une quelconque raison il se fait couper la queue, il paraît qu'elle repousse, avantage qu'il ne partage pas avec grand monde !

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    1. Connaissez-vous l'axolotl, chère Mildred ? Et le crabe, qui peut se refaire une pince, hein, et le crabe ? Et "il paraît" alors ; oh, n'avez-vous jamais essayé ? Attrapez un lézard par la queue, il s'en défait aussitôt. Un fin limier peut en trouver, la queue en cours de repousse ;-)

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    2. D'un autre côté, vu qu'il peut vivre sans queue et qu'elle ne semble pas lui être très utile, c'est un bien faible avantage.

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  4. Cher Al West, vous n'avez pas plus séduisant à me présenter, que votre axoloti ? Quant aux crabes, qu'ils s'appellent Woerth, Darmanin ou Dati, on les voit à l'œuvre en ce moment, je vous les laisse. Et pour répondre à votre question : sachez que je n'ai encore jamais essayé d'arracher la queue à quiconque !

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    1. Même pas une queue de cerise, chère Mildred ? A défaut, nous partageons au moins cette faculté de la faire : au guichet, à la caisse, mais galant homme, je vous la cède ;-)

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    2. Il me semble qu'Al a écrit une réponse qu'on ne saurait surpasser.

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  5. en plus, comme il sont trop petits, on peut même pas en faire un sac où des godasses, ça sert vraiment à rien !

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    1. Bah, bien sûr que si, faut pas chausser du 44, c'est tout ! Quant au sac, il doit pouvoir contenir un rouge à lèvres, un peigne et une clef, guère plus !

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    2. Je donne raison à Boutfil. Même un lilliputien ne saurait se chausser en lézard de muraille quant au sac, je ne crois pas qu'on pourrait y mettre quoi que ce soit.

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  6. On ne pourrait pas passer à autre chose, genre : "L'escargot des broussailles" ?

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