..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

jeudi 29 mai 2014

De retour !



Mes chères et vieilles collines, nous voici de nouveau face à face ! Et, malgré le bon accueil et d’agréables moments, j’en suis heureux.

Ce retour fut l’occasion de nombreux et heureux constats : D’abord, aucun incendie, nulle explosion, pas la moindre inondation n’avaient  détruit la maison.  Ensuite mon gentil entrepreneur était venu corriger le léger défaut qui affectait ma belle allée. Et ce n’était là que le début de mon ravissement. La pelouse n’avaient pas été grillée par les ardeurs du soleil normand pas plus que les  tomates  n’avaient péri  de sécheresse sous la serre. Les patates avaient cru en âge et en sagesse. Sous l’effet d’un climat doux et humide, le gazon semé sur allées du jardin avait levé. Les haricots verts et les radis l’avaient imité tandis que grossissaient les artichauts et que fèves et pois lançaient leurs pousses à la conquête du ciel. Les premières fraises avaient muri. Les pommes étaient en pleine nouaison. De nouvelles fleurs s’étaient épanouies.

Tant de réjouissantes nouveautés tendraient à parer l’absence de qualités insoupçonnées. N’empêche, et cela malgré l’agrément du voyage, je me réjouis à la perspective de ne plus devoir m’absenter aussi longuement avant un an.

mardi 27 mai 2014

Un après-midi à Cap Breton



La pluie, pour une raison qui m’échappe, s’étant abstenue de tomber et ayant laissé place à un soleil radieux sur fond de ciel bleu, nous en avons profité pour aller voir la mer, cette vaste étendue salée et extrêmement surfaite dont Heidegger disait si justement « quand t’en a vu un bout, t’as vu le tout ».

Voilà ce que ça donne :


La jetée du port



Un voilier passe au large, touche blanche sur fond bleu.



Un bateau de pêche rentre au port.



Suivi d’un autre…



Tout ça met Elphy de fort mauvaise humeur…

dimanche 25 mai 2014

Cigarettes, whisky et p’tites pépées…



…selon le grand philosophe Eddy Constantine (ou Heigegger, je confonds toujours les deux) « nous laissent groggys et nous rendent tous cinglés ». Eh bien, pour une fois je ne suis pas d’accord avec lui. On peut dire que ma journée d’hier a été placée sous le signe de ces trois éléments nocifs. En effet, profitant d’une exceptionnelle absence de précipitations, nous nous rendîmes au col d’Ibardin où nos amis  espagnols, dont on ne louera jamais assez l’obligeance, offrent dans nombre de ventas quantité de produits à notre concupiscence et cela à des tarifs TRÈS compétitifs au point que les dix cartouches de cigarettes et les neuf litres d’alcools forts  que j’en ai ramené sont en mesure d’effacer la dépense que m’occasionna le carburant nécessaire au trajet Manche-Espagne. Nous en profitâmes pour déjeuner sur place dans un restaurant  avec vue imprenable sur la chaîne des Pyrénées et cela pour un prix modique.

Et que viennent foutre les petites pépées là-dedans, s’inquiétera le lecteur attentif ? Rien. Ce n’est qu’au retour qu’une d’elles, ou plutôt elle, intervînt. Ma fidèle Nicole à qui j’avais signalé les désirs répétés de jeunes et jolies filles de devenir mes amies sur Facebook, m’avait raconté avoir vu à la télé une émission sur le sujet où était expliqué qu’il s’agissait d’arnaques venues d’Afrique. De braves garçons créaient un profil de super nana sur FB puis proposaient son amitié à des hommes souvent d’âge mûr. Il arrivait que la sauce prît et que le brave homme tombât,  enamouré, dans les rets de la « belle ». Cette dernière, alors qu’elle disait s’apprêter à rejoindre l’amour de sa vie afin de lui prouver que le feu qui la consumait ne se bornait pas à son âme, grâce au billet de train que son fiancé venait de lui payer (la pauvre n’ayant que son cul pour toute fortune), tombait soudain malade. C’est vraiment pas de pot. Surtout qu’à la suite de scandaleuses erreurs administratives la sécu venait de la radier ou  ne trouvait plus trace d’elle. Avant que son appendicite ne se transforme péritonite, il était donc urgent d’envoyer de l’oseille sous forme d’un fort mandat Western Union. Et, au cas où l’amoureux ne reniflait toujours pas l’embrouille, les malheurs pouvaient continuer jusqu’à l’épuisement financier du gogo… Nicole me suggéra, lors d’une nouvelle demande de l’accepter, histoire de voir.

C’est ainsi qu’avant-hier soir j’acceptai la demande de la belle Sandra. Quelques secondes plus tard, je reçus  un message de la mignonne qui s’enquérait de ma forme après m’avoir informé du côté olympique de la sienne. Je la déclarai  moyenne : ma femme m’emmerdait et en plus elle se demandait ce que je pouvais bien fabriquer sur FB.  L’échange s’arrêta là. Je la crus découragée. Alors qu’hier soir je parcourais mon journal, je reçus un nouveau message s’enquérant de ce que j’avais fait de ma journée. Poli, je lui retournai la question. Elle m’annonça être restée couchée chez elle à regarder la télé, vu qu’elle était célibataire. « Célibataire, une belle fille comme vous, voilà qui m’étonne, lui déclarai-je » Mon étonnement l’intrigua. Je l’expliquai par le fait qu’habituellement les jolies filles, allez savoir pourquoi, tendaient à être recherchées… C’est alors que Sandra me dévoila le douloureux secret de son cœur : son amour l’avait abandonnée pour, je vous le donne en mille : sa meilleure amie ! Du coup, elle avait perdu toute confiance en les hommes et son cœur était brisé. Devant telle félonie comment aurait-il pu en aller autrement, franchement ?  Elle me demanda ce qu’était ma situation amoureuse. Je lui répondis, désabusé, qu’à mon âge, n’est-ce pas … C’est alors que la mutine coquine me posa une question un peu surprenante, vu le contexte général : « N’aurais-je pas envie d’une relation amoureuse avec elle ? ». Je lui rappelai son cœur brisé et la nouveauté de notre relation… Certes, répliqua-t-elle, mais son malheur datait de trois ans. Trois ans ? Tout s’expliquait ! Après une telle période de deuil  abstinent, je comprenais qu’elle se ruât sur le premier venu. Je lui fis cependant observer que la différence d’âge, la distance (elle disait habiter Nice) et une femme jalouse pouvaient constituer de menus obstacles, la fantaisie nous prendrait-elle de concrétiser cette affection naissante… Sandra, balaya d’un revers de main mes réticences. J’ajoutai à la liste de mes problèmes une santé vacillante. En vain : Sandra n’est pas de celles qu’un rien arrête. Elle se montra compatissante pour celui qu’elle appela « son ange » (on m’a traité de bien des choses dans ma chienne de vie, mais d’ange, c’est bien la première fois)…

Tout cela était bel et bon mais le temps tournait et malgré l’hilarité que provoquaient en moi ces échanges, je tombais de sommeil. Après lui avoir signalé que tout cela méritait qu’on laissât passer une nuit de réflexion, je souhaitai une nuit reposante à la belle et la rayai de ma liste d’amis, bien conscient de la déception qu’une telle action provoquerait chez un honnête africain en quête de subsides. Mais, que voulez-vous, je n’ai pas de cœur, brisé ou pas…

vendredi 23 mai 2014

Tous les soupçons mènent au Rrom !



Voyager demeure une source d’expériences enrichissantes. Ce ne sont pas les Espagnols qui en leur Siècle d’Or contèrent les aventures des Picaros qui me démentiront. Ainsi ai-je pu, tandis que ce matin  nous faisions quelques achats alimentaires dans le leader Price local, assister à une scène propre à plonger nos plus abrutis bobos dans un océan de perplexité. A moins, bien entendu que leur phénoménale capacité à ignorer ou à reconstruire la réalité ne leur permette de tirer une leçon positive de ma narration.

Or donc, tandis que nous nous apprêtions à régler nos achats (on est traditionnaliste ou on ne l’est pas), entendîmes-nous, le vigile qui se trouvait derrière les caisses intimer d’une voix forte à un groupe de clientes de bien vouloir remettre les produits dont elles s’étaient emparées dans leur panier ou en rayons car  autrement elles se verraient arrêtées et poursuivies pour vol lors de leur passage en caisse. Le vigile, comme il se doit, se trouvait être d’origine africaine et de haute stature. Ce qui aura son importance par la suite.

Les victimes de ces odieuses menaces, trois femmes d’âges divers mais dont le teint trahissait une longue exposition aux ardeurs de l’astre solaire, quittèrent quelque temps plus tard le magasin sans pour autant négliger de s’en prendre avec véhémence à leur tourmenteur. Du discours de leur meneuse, il ressortit que ces trois honnêtes clientes avaient été victimes du plus odieux des crimes qui se puisse imaginer en notre époque où le délit est pourtant devenu un mode de vie : le racisme, puisqu’il faut l’appeler par son nom ! Les honteuses accusations auxquelles elles avaient été en butte étaient dues au fait qu’elles étaient Gitanes !  Eussent-elles été Gauloises ou Marlboro nul n’eût osé souiller leur honneur d’un tel affront. Gardant son calme, le débonnaire vigile leur assura que ses propos n’étaient nullement dus à un quelconque préjugé envers une communauté dont nul  ne saurait contester la pointilleuse probité mais à ce qu’avaient montré d’indiscrètes caméras de surveillance comme il arrive qu’en installent en leurs locaux les commerçants dont la confiance en l’humain n’est que partielle. Son interlocutrice le somma de lui montrer les images incriminantes, elle n’alla cependant pas jusqu’à dire que placer la viande dans ses collants était une technique de  pré-cuisson permettant de gagner un temps précieux lors de sa préparation.  Le bon Noir lui proposa de les lui montrer. C’est alors que la brave dame se mit à battre la campagne, commettant dans son emportement le crime même dont elle se disait victime de la part de son persécuteur : elle le traita de « ramasseur de coton » (l’assimilant ainsi aux malheureux esclaves des plantations du Sud des États-Unis) et s’avoua d’autant plus offensée de voir sa fierté bafouée de la sorte par un Noir. On la sentait au bord de remettre d’une gifle méritée le présomptueux à la place que lui désignait sa triste nature.

Après avoir juré que le magasin n’était pas près de bénéficier à nouveau de leur clientèle, les trois femmes sortirent. Un employé revint vers la caisse en déclarant avoir trouvé dans divers rayons une douzaine de magrets de canard.  La caissière confirma que depuis une quinzaine de jours un groupe de « Gens du voyage » récemment installé sur la commune venait en permanence commettre des larcins, changeant d’équipe chaque fois  que les voleuses se voyaient repérées…

Tentative d’interprétation antiraciste :

  • La crise qui touche les plus précaires d’entre nous les réduit à voler leurs magrets dans des magasins discount. 
  • Les sociétés de la grande distribution par une politique de prix exagérés amènent diverses communautés défavorisées à s’affronter en des conflits sans fondement. 
  • M. Étienne ne se contente pas d’inventer d’invraisemblables histoires mais les conte sur un ton goguenard montrant sa profonde indifférence face à la misère qu’il n’hésite pas à taxer de tous les vices, pendons-le !

mercredi 21 mai 2014

Partir c’est mourir un peu…



Demain en compagnie de Nicole et d’Elphy (une amie à elle qu’un faisceau de présomptions m’amène à soupçonner fortement d’être une femelle  Yorkshire terrier) nous prendrons la route des Landes afin de rendre notre visite annuelle au fils de la première. Les prévisions météorologiques sont encourageantes : il semblerait que la pluie sera au rendez-vous. Les Landes sans pluie, c’est comme un socialiste sans indignation, quelque chose que je n’ai jamais vu. Chaque fois que nous y allons, elle est là. Il sera difficile cependant que les précipitations de cette année égalent  celles de l’an dernier qui furent remarquables d’intensité, mais ne désespérons pas…

Quitter ce qui me tient lieu de paradis provisoire m’est toujours un peu désagréable. Surtout depuis que j’ai fait l’expérience d’un incendie. Je vérifie que je n’ai pas laissé traîner de mégots incandescents, que j’ai bien éteint le gaz et la cafetière mais aussi  méticuleuses que soient mes vérifications je passe les premières heures d’absence à m’inquiéter puis, le temps passant, je me résigne : si la maison brûle en mon absence, qu’y puis-je ? Au bout d’un moment je finis par n’y plus penser.

D’autres choses m’inquiètent. Et si une vague de chaleur venait  calciner mes plantations sous la serre ? La pivoine rosée ne va-t-elle pas sournoisement profiter de mon absence pour épanouir ses corolles nous privant d’un spectacle si longtemps attendu ? Les mauvaises herbes, grâce aux effets conjugués de la chaleur et de l’humidité, ne parviendront-elles pas à défigurer mes planches de légumes ?  D’un autre côté, il est raisonnable que les haricots en profitent pour lever, que les plantules de patates grandissent, que le gazon germe.  Tout a un bon et un mauvais côté…

Nous irons en Espagne histoire de priver notre cher pays de quelques centaines d’Euros de taxes sur le tabac et de rapporter de la charcuterie…

Ce voyage aura pour conséquence notre abstention aux européennes. On ne peut pas être partout à la fois… Dire que j’en éprouve une peine cruelle serait exagéré.

Il est probable que mon addiction au blogage continue pendant ce séjour, surtout si la pluie vient limiter les sorties. Ce n’est donc qu’un à bientôt.