..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

jeudi 19 juin 2014

Much Ado About Nothing but All’s well That Ends Well





Beaucoup de bruit pour rien, mais Tout est bien qui finit bien comme disait le bon Shakespeare !  Suite aux précieux services rendus à l’éducation des jeunes britanniques, je reçois depuis bientôt quatre ans une maigre pension d’Angleterre. D’autant plus maigre que le cours de la Livre Sterling s’est effondrée d’un tiers de sa valeur suite à la crise de 2008. Mais qu’y puis-je ? Je m’y étais résigné. Tout se passait donc bien jusqu’à la fin du mois dernier. J’eus alors la surprise de constater que mon virement habituel (façon de parler, vu qu’il varie chaque mois en fonction du cours) avait été amputé du quart suite à la facturation de frais de virement. Je saisis mon plus beau téléphone et appelai le directeur de ma banque pour savoir ce que signifiait cette fantaisie. Après enquête, le brave jeune homme (mon banquier est non seulement jeune mais brave) n’ayant pas trouvé de réponse claire au problème s’engagea à me rembourser lesdits frais et me demanda de contacter mon organisme de retraite afin de savoir si cela ne serait pas dû à un problème de coordonnées bancaires. Je me rendis sur le site dudit organisme et, à tout hasard, remplis de nouveau le formulaire adéquat. Je leur envoyai également un mail pour signaler l’anomalie et demander s’il n’existait pas une autre raison qui pût expliquer ce dysfonctionnement.

La fin du mois approchant dangereusement et n’ayant reçu aucune réponse, je me rendis de nouveau sur le site pour voir si mes modifications avaient été prises en compte. A mon dam qui fut grand, un message m’indiqua qu’un problème s’était posé lors du traitement de ma requête et qu’il me fallait les contacter. Damned, m’écriai-je in petto et en anglais (je pratique ces deux langues) ! Vu l’absence de retour de mon mail, c’est téléphoniquement que je devrais les joindre. Or si mon anglais demeure courant, je crains que, par manque de pratique, mon niveau de compréhension orale ne soit  plus ce qu’il était. C’est donc avec une légère appréhension que je composai leur numéro. Une première tentative échoua pour cause d’encombrement des services. La seconde fut un succès complet. J’expliquai mon cas à un premier interlocuteur qui me signifia que suite au changement d’opérateur des virements, le nouveau avait par erreur facturé des frais de transfert à tous les ayant-droits vivant à l’étranger et que ces frais me seraient remboursés. Tout s’expliquait donc. Restait à régler le problème des coordonnées bancaires. Je fus redirigé vers le service des paiements où une charmante dame, après s’être assurée de mon identité m’annonça que mes anciennes coordonnées bancaires étaient conservées, qu’il n’y avait rien à y changer et que mon prochain virement se verrait augmenté du remboursement des frais indûment perçus sur le précédent.

Elle est pas belle la vie ? La banque m’ayant déjà remboursé je vais donc toucher deux fois la somme en question. J’en suis à regretter de ne pas m’être vu prélever davantage… Sans compter la vaine satisfaction que j’éprouvai en constatant que je comprenais toujours très bien la langue de Shakespeare…



mercredi 18 juin 2014

Toubon a tout faux !



Ainsi, M. Toubon (que je croyais décédé tant il s’était fait oublier ces derniers temps) ne sera pas « défenseur des droits » !  Notre bon président l’avait pourtant pressenti pour occuper ce poste. C’était compter sans la vigilance citoyenne des parlementaires socialistes. Car s’ils n’ont pas de cap, ils ont une mémoire… Ainsi le pauvre homme devra-t-il, à à peine soixante-treize ans, se contenter de sa présidence du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Eh oui, un tel poste et une telle institution existent ! Avouez que pour un homme qui fut longtemps député, maire d’un arrondissement  à Paris, plusieurs fois ministre, qui prit sa préretraite au parlement européen, se trouver réduit à consacrer son indomptable énergie à déterminer la direction que devrait prendre un établissement dont la plupart des Français ignorent jusqu’à l’existence  c’est tomber bien bas. Tout ce qu’on peut espérer c’est que ce poste est rémunéré et qu’il l’est grassement…

Mais qu’a donc fait le bon Jacques pour que la représentation nationale  s’oppose à sa nomination ? Qu’est-ce qui le rend incapable  de se voir « chargé de défendre les droits des citoyens face aux administrations (ombudsman) et [de]dispose[r] de prérogatives particulières en matière de promotion des droits de l'enfant, de lutte contre les discriminations, du respect de la déontologie des activités de sécurité. » comme le dit si bien Wikipédia ? Se serait-il opposé à la défense des droits des citoyens face aux administrations ? Aurait-il combattu les droits de l’enfant ? Prôné la discrimination ? Combattu la déontologie des activités de sécurité (Toutes choses qu’un représentant du peuple, socialiste et donc bon par nature, ne saurait tolérer) ?

Il semblerait que ses principaux crimes soient les suivants : il n’aurait pas voté la loi sur l’abolition de la peine de mort ni celle sur la dépénalisation de l’homosexualité. Tout s’éclaire !  Un gars qui voudrait qu’on coupât en deux (selon l’amusante formule du bon Badinter) de braves gens (en fait, M. Toubon a voté le premier article de la loi prescrivant la peine de mort mais a refusé le reste car il voulait qu’on révisât l'échelle des peines à travers une réforme du code pénal) et qu’on collât les homos en prison ne saurait défendre les droits, cela va de soi, non ?  On se demande même comment des êtres si profondément méchants peuvent exister !

Pourtant ces fautes remontent respectivement à 33 et 32 ans. Jacques était jeune alors, un peu foufou, pas vraiment sec derrière les oreilles. Gageons qu’il se sera repenti, qu’il aura grandi, évolué, que son esprit se sera ouvert… Un homme qui préside à l’orientation d’une structure mettant en valeur les mérites de l’immigration après avoir participé à sa création ne peut pas être totalement mauvais. Et puis ne dit-on pas « A tout péché miséricorde » ?

Eh bien justement : NON ! Pour les socialistes, le moindre faux pas, le moindre écart par rapport à la doxa sont IMPARDONNABLES autant qu’IMPRESCRIPTIBLES. Curieusement, ces gens qui pensent pouvoir changer la société refusent de croire que les gens qui la composent puissent s’amender. Sauf, bien entendu, les criminels de droit commun (qui sont à leurs yeux victimes de la violence sociale). En refusant son bout de fromage à M. Toubon, nos bonnes gens de gauche démontrent si c’était nécessaire qu’ils sont davantage guidés par la haine partisane que par la générosité et l’ouverture. De plus, en infligeant un camouflet à celui qui est censé être leur leader, ils sapent le peu d’autorité qui lui reste. Ce qui est toujours bon à prendre.

mardi 17 juin 2014

Questions à la con



Des centaines de milliers de jeunes se sont vu poser hier quelques questions particulièrement indiscrètes dans le cadre de l’épreuve de philosophie du baccalauréat. Il leur était alloué quatre heures pour y répondre. Quatre heures pour écrire un tissu d’âneries en réponse à des questions qu’ils ne se sont jamais posées et dont en plus ils n’ont généralement rien à battre. Thèse, antithèse, synthèse, et dans le bon ordre s’il vous plaît !  Il y avait également pour chacune des séries un texte à commenter. Bavarder autour d’un texte ! Voilà une idée qu’elle est bonne ! L’idée de discuter tel ou tel point de la pensée de Descartes, d’Hannah Arendt ou de Karl Popper (je me demande au passage s’il est prudent de faire de la pub à un gars qui porte un nom de stupéfiant) quoi de plus fascinant ? Ça prépare efficacement à cette activité primordiale dans nos sociétés postmodernes qui consiste à sodomiser d’innocents diptères dont le niveau de consentement et l’âge sont difficilement évaluables.

Plus j’avance en âge moins je me sens enclin à répondre sérieusement à certaines questions. Désavantage largement compensé par la possibilité que j’ai de donner un avis éclairé sur d’autres. Par exemple, si je me fous complètement de savoir si l’existence précède l’essence (ou si c’est tout le contraire), je peux vous donner des réponses assez claires concernant par exemple la préparation du lapin au chou, la culture de la patate, l’installation d’un va-et-vient ou d’une cloison en Placoplatre.

Je bénis le ciel de ne plus avoir à passer le moindre examen. J’en suis même à me demander comment j’ai pu en passer tant durant mes six années d’études supérieures et en plus les réussir aisément. Je mets ça sur le compte de la jeunesse et de sa malléabilité. Si c’était à refaire, je craindrais de mourir d’ennui lors du premier partiel…

Toutefois, comme je vous sens avide de connaître mes réponses aux graves questions posées cette année, je ne déroberai pas mais le ferai de manière succincte.

"L'artiste est-il maître de son œuvre?" 
Ben oui.
"Vivons-nous pour être heureux?"
Tant qu’à faire et si possible, oui.
"Les œuvres éduquent-elles notre perception?" 
Alors là je ne saurais dire. La plupart des percepteurs (trices) que j’ai rencontré(e)s m’ont paru avoir une bonne éducation, maintenant si c’était dû aux œuvres… Quelles œuvres d’abord ? La Croix Rouge ? Emmaüs ? Le Secours Populaire ? La question me parait imprécise.
"Doit-on tout faire pour être heureux?"
Non, les tâches ménagères par exemple, doivent être partagées. Et parfois même, on a beau tout faire, on se fait quand même engueuler par son conjoint.
"Suffit-il d'avoir le choix pour être libre?"
Non. Difficile de se sentir libre quand on a le choix entre les galères et le bagne. 
"Pourquoi chercher à se connaître soi-même?" 
Pour ne pas se demander qui est cette personne chaque fois qu’on croise un miroir.

lundi 16 juin 2014

Faisons un rêve…



Quand Fernandez, suite à une passe de Lopez marqua le dix-huitième but en faveur du Honduras le doute commença à poindre au sein des bleus. Il n’y avait que trente deux minutes que le match avait débuté. Jusqu’ici, l’équipe de France n’était pas parvenue à marquer le moindre point. Ce qui était assez logique : en dehors des engagements la baballe s’obstinait à rester à proximité des buts tricolores. Lorsque l’arbitre siffla la fin de la première période le score était de vingt-cinq à zéro.

Dans les vestiaires, le sélectionneur expliqua aux joueurs la manière dont, selon lui, on pourrait inverser le cours du match : « Rien n’est perdu, les gars ! Ce qu’il faut faire, c’est d’abord s’emparer de la baballe, la pousser du pied, DU PIED, j’insiste là-dessus, vers les buts adverses en courant très vite pour pas que les autres ils vous rattrapent, vous pouvez aussi taper dans la baballe pour la passer à un collègue, l’idée est que l’un d’entre vous arrive assez près des cages adverses et, en visant bien, d’un coup de PIED ou de TÊTE, j’insiste encore là-dessus, l’envoie dans un coin où dont que c’est que le gardien il peut pas l’attraper !  Suis-je clair ?» « Ça pour ce qui est d’être clair, vous êtes clair répondit le commandant de l’équipe (à moins que ce soit le capitaine, les grades, moi…) seulement c’est plus facile à dire qu’à faire : moi, quand je cours, ça m’essouffle, je suis tout en sueur et au bout d’un moment ça me fatigue. Sans compter que les autres ils font rien qu’à essayer de nous prendre la baballe, même qu’ils y arrivent tout le temps et qu’ils partent avec en courant plus vite que nous ! » « Ben, quand tu sens que tu fatigues, tu fais une passe à un autre, s’il y en a un dans le coin, c’est tout, coupa le coach. » « Mais des passes, je fais que ça, seulement, le gars il repart avec la baballe dans l’autre sens à fond les manettes et il marque un but chez nous  en profitant de ce que le goal est parti boire un coup ou pisser, s’indigna un joueur ! » « Ah, à ce propos, je voulais te dire que c’est aux nôtres qu’il faut faire des passes, pas aux Hondurassiens précisa l’entraîneur ! »  « Ben moi, je fais des passes aux nôtres, jamais à un Noir, s’indigna l’accusé ! » « Qu’est-ce que tu nous racontes là ? Tu serais pas un peu racisse, par hasard, tu sais que c’est pas bien du tout ? » « Ben vous nous avez dit, chef, qu’y fallait défendre nos couleurs, je le fais ! Faudrait savoir ce que vous voulez, quoi merde ! » « Mais bougre d’âne, les couleurs dont je parle, ce sont celles de notre drapeau, celle de notre maillot ! » Un « Ah bon ? » unanime exprima la surprise générale. « Ben oui, j’ai oublié de vous le vous le préciser, mais les passes, on ne les fait qu’à ceux qui portent un maillot de la même couleur ! ».

Ces précisions eurent un effet salutaire sur la seconde mi-temps : les Bleus n’encaissèrent que douze buts supplémentaires. Il arriva même qu’ils s’approchent des buts adverses, profitant d’une pause-bière de leurs adversaires Honduriens. Hélas, leur gardien qui avait fait vœu de ne plus boire pendant les matchs était là et arrêta le tir.

A l’Élysée, l’annonce de ce trente-sept/zéro provoqua une réunion de crise. Si une victoire de la France était susceptible de faire remonter la cote du président, de telles déculottées allaient la faire plonger dans d’insondables abîmes. Il fallait réagir. « Il faut réagir ! déclara le président ! » « Bravo président, s’écria le Ministre de la Servilité Partisane ! » « Oui, mais comment ? interrogea le premier ministre ? » « Si le foot ne peut que nous desservir, supprimons le foot, suggéra le Ministre des Réformes Hâtives ! » « Génial, s écria son collègue de la Servilité Partisane ! »  Tous se rallièrent à la suggestion du MRH. Les mesures suivantes furent prises : 
  • Interruption immédiate de toute retransmission de match de la coupe du monde 
  • Tout match de football est interdit en France métropolitaine comme dans les DOM-TOM
  • Le bilboquet devient sport national 
  • Toute personne surprise à parler de foot sera passée par les armes et sa famille (ascendants, descendants et collatéraux)se verra privée de sa nationalité, déportée au Brésil et ses biens seront confisqués.

Ces mesures eurent pour conséquence une remontée d’un point de la cote présidentielle. Le Président y vit l’amorce d’une inversion de la courbe de popularité. Hélas, le mois suivant, une hausse importante du chômage eut lieu, suite aux licenciements massifs qui frappèrent l’industrie et le commerce des trompettes en plastique, des perruques ridicules et des peintures corporelles. La cote retomba à son plus bas, et, fidèle à sa feuille de route, le président annula les mesures anti-foot. Les fusillés reçurent la Légion d’Honneur à titre posthume, les familles rentrèrent en possession de leurs biens et retrouvèrent leur nationalité même si la plupart d’entre elles préférèrent rester au Brésil.

Les quarante-cinq pour cent de Français qui n’ont rien à cirer du foot avaient connu un répit d’un mois. Ils en gardèrent un souvenir ému. Un mois de paix, c’est toujours bon à prendre en nos temps troublés…