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mercredi 23 avril 2014

Diffamation, calomnie, insulte, opinion ou constat ?



J’ai beau penser que la Suède est un modèle à ne pas suivre, ne serait-ce qu’au niveau climatique, lorsque j’ai appris que  ce pays allait mettre en application dès la fin de l’année une loi interdisant toute critique de l’immigration et des politiciens qui faisaient preuve de mauvaise volonté pour s’occuper de ce problème, j’ai été pour le moins choqué.

Cette « information », je l’avais trouvée sur un statut Facebook avec un lien menant vers cet article. Les choses y étaient nettes : la loi allait poursuivre ceux qui critiqueraient l’immigration. Rien moins ! Seulement, vu le ton de l’article, il était évident que son auteur n’était pas d’extrême gauche. Instinctivement, je me méfie des sites de droite radicale. J’ai tendance à ne pas leur accorder beaucoup de crédit. Si je veux des informations sérieuses et objectives sur la politique gouvernementale je ne vais pas les chercher sur le site du PS. Pour les mêmes raisons, je considère que les sites de droite extrême donnent des faits une versions également tendancieuse.  Je me suis donc mis en quête d’informations sur la question.

A part quelques sites dont le nom ne laissait aucun doute sur leur nature partisane, aucune trace de cette effrayante loi sur le Web français. Une recherche en anglais m’amena à des titres du même tonneau. Et puis j’ai trouvé cet article. Bien que visiblement orienté, le contenu en est tout de même plus nuancé. En gros, il s’agirait de lutter contre la « haine sur l’Internet » en protégeant plus spécifiquement les immigrés, les LGBT, et les politiciens de possibles délits de calomnie  et de diffamation (libel, slander). Le député Andreas Norlén, défenseur de l’amendement, a déclaré « Je ne pense pas qu’il faudra de très nombreuses poursuites avant que ne soit transmis à la communauté le message qu’Internet n’est pas un territoire exempt de lois –le sheriff est de retour en ville ».

On peut voir là une limitation de la liberté d’expression. Reste à savoir si la liberté de calomnier, de diffamer, voire d’insulter sont autant de garants de cette liberté. D’autre part, la pratique d’amalgames (réticence vis-à-vis de l’immigration de masse = xénophobie = racisme) risque de mener certaines personnes « bien intentionnées » à voir haine, calomnie et diffamation là où il n’y a que constat. De là à ce que le simple constat se voit poursuivi, il n’y a qu’un pas facile à franchir.

S’opposer à toute loi régulant l’expression est tentant mais cela revient à autoriser calomnie, insulte, diffamation avec tous les dommages que cela peut causer.

Le problème est que la régulation de l’expression, si on la jugeait souhaitable, devrait être objective et non au seul service de préjugés idéologiques en perte de vitesse qui tendent par ce moyen à conserver leur hégémonie et ne concerner que des propos évidemment haineux et vraiment susceptibles de nuire. Serait-ce le cas en l’état actuel des choses ?  Je n’en mettrais pas ma main au feu…

mardi 22 avril 2014

Sihem Souid collègue contestable mais bonne copine !



A ceux qui ne connaîtraient pas cette fascinante jeune femme née en 1981 à Monastir (Tunisie), je rappellerai qu’elle fut à l’origine de dénonciations de faits de discrimination et de racisme alors qu’elle travaillait en tant qu’adjointe de sécurité à la police des frontières, qu’elle publia ensuite un livre sur le sujet intitulé Omerta dans la police et obtint ainsi une fugace heure de gloire. Elle connut à ces occasions de menus problèmes avec sa hiérarchie et fut même condamnée pour diffamation envers un de ses collègues de travail. Membre du parti socialiste, responsable communication au sein du mouvement « La Gauche forte », elle participa à la campagne des primaires de M. Montebourg, le célèbre ministre. En  mai 2013, elle fut recrutée par Mme Taubira en tant que chargée de mission au service de l'accès au droit et de l'aide aux victimes. Cela doit lui laisser quelque loisir vu que parallèlement elle tient une chronique à l’hebdomadaire Le Point. Dans un de ces articles il lui arriva, alors que M. Valls prétendait s’entendre comme honnêtes gens au moulin* avec la garde des sceaux, d’attaquer le ministre de l’intérieur. Curieusement, la chronique disparut bien vite comme le narre un article du Monde.



J’aurai, comme la plupart d’entre vous je suppose, passé le reste de ma vie sans soupçonner jusqu’à l’existence de cette charmante personne si un ami Facebook n’avait attiré mon attention sur sa défense de M. Aquilino Morelle lors de l’ « affaire des pompes élyséennes » dans l’hebdomadaire susmentionné.  Alors que tout le monde portait de sévères jugements sur les goûts dispendieux du conseiller en matière de chaussures et d’entretien d’icelles, la jeune Sihem ne joignit pas sa voix au concert des critiques. Ayant travaillé auprès de M. Morelle, elle avait pu apprécier ses qualités humaines. D’autre part, ce fils de pauvres émigrés espagnols élevé à Belleville devait tout à son mérite : il n’était pas « né avec une cuillère en argent dans la bouche » pour reprendre ses termes.  Un peu plus loin, elle ajoute : « Aquilino Morelle n'a jamais nié ses goûts de luxe, mais ses goûts personnels ne relèvent-ils pas de la sphère privée ? » C’est vrai, ça ! C’est même tellement vrai qu’on ne voit pas dans quels esprits malades a pu naître l’idée absurde de critiquer le côté « bling-bling » de certains.



Sauf que son protégé est censé émaner de l’aile gauche d’un parti qui prône l’égalité et appelle au sacrifice des millions de gens pour qui, même s’il les attire, le luxe n’en demeure pas moins un domaine inconnu.  De là à ce qu’au-delà d’une fantaisie privée ceux dont il est supposé défendre les intérêts y voient un foutage de gueule, le pas peut être prestement franchi. Ce détail semble échapper à la camarade Souid.



Un autre récent opus de la même dame retint par son titre mon attention : Primes gouvernementales : scandale ou simple mesure de justice sociale ?  Elle y défendait bec et ongles les pauvres conseillers de ministres auxquels avaient été attribués quelques millions d’Euros de primes. Il faut bien comprendre que ces gens sont des sortes de serfs modernes, en pire : taillables et corvéables  à merci, ils ne sont pas attachés à la glèbe comme leurs heureux devanciers car le sol peut se dérober sous eux pour un oui ou pour un non. Ne vous vient-il pas des larmes aux yeux en lisant ces lignes : « ils sont comme lui des centaines. Des personnes qui ont mis temporairement leur vie privée de côté, des personnes qui ont vu leur couple détruit faute de présence, qui n'ont pas vu grandir leurs enfants** des personnes qui portent elles aussi le fardeau de la crise : combien parmi eux font des burn-out à la suite de la pression du travail au quotidien ? On ne les compte plus. Et ils n'ont surtout pas le droit de se plaindre... » ? Ces épaves en haillons qui vivent à la rue et noient leur désespoir à coup de gros rouge, ne cherchez pas d’où ils viennent : ces accidentés de la vie sont généralement d’ex-conseillers ministériels…


Qu’il faille bien rémunérer le personnel de l’État est une chose. Qu’une socialiste située à la gauche de son parti parle de justice sociale au sujet de gens qui se voient attribué de pareilles sommes en est une autre. Comment prétendre défendre les humbles et tirer à boulets rouges sur les nantis tout en adoptant pareille position ?


 


Mme Souid est assurément une bonne copine. Malheureusement, je crains qu’au niveau politique elle soit un tout petit peu maladroite.


*larrons en foire serait insultant


**Saluons au passage la rapidité de croissance de l’enfant de conseiller vu que celui-ci n’exerce ses fonctions que peu de temps, vu  que «Le stress lié à une disponibilité de tous les instants laisse généralement les conseillers essorés au bout d’à peine deux ans. » comme l’écrit un rédacteur d’Atlantico.

lundi 21 avril 2014

Gagner du terrain et des débouchés…



Le seul reproche que j’adresserais à ma maison, c’est la grandeur du terrain qui l’entoure. Je dispose de 1400 m2 alors que la moitié me suffirait largement.  Pelouse et massifs de fleurs l’occupent. Le potager, entouré de haies ainsi que le reste du terrain,  fait environ 200 m2. En retirant les bâtiments, il doit quand même me rester 1000 m2 à tondre une fois par semaine entre avril et octobre, à moins que le brûlant soleil normand ne vienne la griller mais c’est rare. Et tondre m’agace comme m’ennuie la taille d’une bonne centaine de mètres de haies. D’autre part, si j’adore voir pousser des légumes, quand vient le temps de les manger, je suis plus réticent. De plus, mon dos ne va pas en s’arrangeant et labourer ne lui réussit pas toujours  bien que j’aie revendu ma motobineuse dont l’utilisation, si elle me faisait gagner du temps, requérait, vue la nature très meuble du sol, plus d’efforts qu’un labour manuel et m’épuisait bien vite. Tout cela m’a amené à décider de gagner du terrain dans le sens où moins de pelouse à tondre et  moins de terre à retourner seront pour moi un avantage.

Ainsi, la semaine prochaine un bon artisan viendra-t-il  enfin réaliser l’allée d’accès au garage et le parking  que je lui avais commandés  au mois de novembre réduisant ce faisant ma corvée de tonte de 160 m2. Pour le potager, j’ai décidé d’y creuser des allées d’un mètre de largeur permettant d’y pousser  avec aisance ma brouette et réduisant de manière non négligeable la surface à labourer.  Ensuite, il me sera loisible d’y passer la tondeuse afin de les entretenir. Ce creusement, s’il prendra du temps et de l’énergie sera donc le garant de ma future fainéantise. Reste la corvée de la taille de haies et là je n’ai pas de solution. La situation va même s’aggraver vu que les boutures que j’avais plantées voici presque trois ans afin de dissimuler à ma vue la triste friche qu’est le terrain du voisin ont pris de l’ampleur et ne tarderont pas à nécessiter qu’on les entretienne. On ne peut pas gagner à tous les coups…

Pour ce qui est des débouchés, il se trouve que le système d’évacuation des eaux usées qui m’a naguère causé tant de soucis avait été installé par l’artisan qui doit venir pour l’allée et le parking. Le rencontrant par hasard, je lui demandai de me confirmer la date de son intervention, ce qu’il fit. Pendant que je l’avais sous la main (façon de parler, bien entendu), j’en profitai pour lui narrer mes malheurs.  Il m’indiqua posséder tout le matériel nécessaire à la solution de ce genre de problèmes car ce saint homme non seulement installe des fosses septiques mais, afin de ne pas laisser ses clients sans service après vente, a également monté une entreprise pour les vidanger. Peut-on se montrer plus obligeant ?  Ému de ma détresse et emporté par un de ces élans généreux si fréquents chez le Normand, il me proposa de profiter de mon nouveau chantier  pour s’assurer que le problème était bien résolu et si nécessaire intervenir. Et cela, tenez-vous bien, GRA-TUI-TE-MENT. Sa pudeur lui fit justifier  ce geste magnifique par la patience que j’avais montrée face à sa lenteur à réaliser les travaux. J’eus du mal à réprimer les larmes de reconnaissance qui me montèrent aux yeux !

Ainsi  mon avenir proche s’annonce-t-il radieux…

samedi 19 avril 2014

Ministère de l’emploi



Je l’ai déjà évoqué, être formateur en Français Langue Étrangère a été pour moi l’occasion de découvrir des milieux jusque là inconnus. Les récents déboires de M. Aquilino Morelle, plume du bon M. Hollande, ont ramené à ma mémoire un personnage rencontré au ministère de l’emploi britannique. J’y faisais cours à trois hauts fonctionnaires. L’un d’eux était chargé de la rédaction des discours de son ministre. Ce brillant diplômé de Cambridge voyait sa tâche compliquée par le fait qu’était adjoint au titulaire du portefeuille un secrétaire d’état. En cas d’empêchement de dernière minute, il arrivait que le ministre déléguât son subordonné afin qu’il allât inaugurer quelque chrysanthème. Et là commençait la géhenne du jeune serviteur de l’état, car si le ministre était disert, son remplaçant était du genre taiseux (ou le contraire, je ne me souviens plus très bien). Du coup, il lui fallait remanier totalement le beau discours et cela au pied levé afin qu’il s’adaptât au style  du sous-ministre. 

Ce fonctionnaire avait été, lors d’un précédent ministère, chef de cabinet du ministre. Ce qui lui permit de constater les différences qui peuvent exister entre  une république monarchique et une royauté démocratique. Son homologue français étant venu lui rendre visite, notre cher compatriote fut frappé de stupeur lorsqu’il se vit convié à déjeuner à la cafétéria du ministère où tous les  fonctionnaires, même les plus  humbles, prenaient leur repas. L’eût-il  entraîné dans un bouge sordide que le Français n’eût pas eu l’air frappé d’un dégoût plus horrifié…

Il faut dire que le train de vie d’un ministre de sa majesté et de ses proches collaborateurs est plus spartiate que celui des nôtres : pour tout logement de fonction, le ministre ne disposait que d’un deux pièces au dernière étage de son ministère qui était généreusement mis à sa disposition au cas où une séance de la Chambre des Communes s’éterniserait au point de ne plus lui laisser l’énergie de rentrer chez lui…

Être chef de cabinet ministériel ne met pas à l’abri du ridicule, comme le montre cette anecdote qu’il me conta : un jour qu’il se rendait à un concert au Royal Albert Hall, il aperçut sur son passage des fraises appétissantes. Succombant au péché de gourmandise il fit l’emplette  d’une barquette qu’il plaça dans son attaché-case lequel était totalement vide en dehors de sa carte d’accès au ministère : un haut fonctionnaire quittant son lieu de travail les mains dans les poches, sans une serviette qu’on suppose bourrée de dossiers urgents n’aurait pas l’air crédible. Il laissa la musique le délasser de ses lourdes charges  puis quitta la salle de concert. Quelque temps après, il réalisa qu’il y avait oublié son attaché-case. Il rebroussa donc chemin pour la récupérer et arrivé sur place, apprit que la mallette avait été retrouvée. Elle faisait même l’objet de l’attention de bien des personnes.  En effet, c’était une de ces époques où les braves Irlandais de l’IRA, pour une raison ou pour une autre, se livrent sans retenue à des distractions du genre explosif. L’endroit était cerné par la police et on lui indiqua qu’une équipe de démineurs s’apprêtait à neutraliser un bagage suspect.  La honte lui monta au front en même temps que son âme fut envahie par un cruel dilemme : allait-il quitter les lieux sans rien dire ou s’exposer au ridicule qu’entraînerait la récupération de son bien ? Comme le pauvre Rodrigue, des deux côtés son mal était infini : si après l’avoir fait sauter on retrouvait le document l’identifiant en compagnie de fraises écrabouillées sa fierté en prendrait un coup. De même avoir à exciper de ses fonctions pour récupérer son bien n’était pas très glorieux non plus. La mort dans l’âme, il choisit la seconde solution qui aurait moins de conséquences et put après moult excuses récupérer ses fraises…

C’est de cette anecdote que la Sagesse des Nations  a tiré le fameux proverbe : « Fraises en malette font perdre face et tête » (à moins que, dans sa grande prescience, Lao Tseu ne soit à l’origine de cet adage comme de tant d’autres…).

vendredi 18 avril 2014

Gabriel García Marquez est mort



La nouvelle ne m’a ni atterré ni surpris. Comme plus de quatre millions de personnes, j’ « aime » sa page Facebook.  Avant-hier, un lien vers un article de presse nous apprenait que son état de santé était « stable mais très fragile ».  Quelques jours auparavant, alors qu’à l’hôpital il avait appris par la presse qu’une foule de journalistes assiégeait l’établissement, il leur avait adressé ce message : « Vous êtes tous fous ! Que faites-vous là ? Retournez au travail, allez faire quelque chose d’utile ! »

Le dernier livre du grand auteur colombien, Memoria de mis putas tristes  était paru en 2004 et sa traduction française l’année suivante. Ma fille me l’offrit alors pour mon anniversaire.  Depuis, rien : il avait sombré dans la démence sénile.

C’est dans les années soixante-dix que j’avais découvert son Cent ans de solitude, roman labyrinthique où la longévité de certains personnages et les homonymies font qu’on se perd. J’en ai gardé le souvenir d’un choc. Je l’ai lu, relu, prêté et on ne me l’a pas rendu. J’ai ensuite lu avec un plaisir certain à peu près tout ce qu’il a écrit. L’Amour au temps du choléra et Le Général dans son labyrinthe  furent d’excellents moments de lecture, ce qui ne veut pas dire que ses autres romans ou nouvelles furent sans intérêt.  Toute excursion dans l’univers magico-réaliste de GGM dépayse comme elle éblouit.

Selon  Gérard de Cortanze  dans son article du Figaro, ses œillères politiques l’auraient empêché de produire une œuvre digne de lui et il n’aurait été que l’auteur d’un seul livre (à savoir Cent ans de solitude).   Rien n’est plus faux. Il est certain que comparé à un diamant de la taille et de l’éclat de son chef-d’œuvre, ses autres romans semblent ternes et petits mais en eux-mêmes restent des joyaux.

Le grand reproche qu’on lui adressa fut son indéfectible amitié pour Fidel Castro et sa foi socialiste. Affections que je ne partage pas vraiment.  Mais si c’était le diable en personne qui allumait les feux du crépuscule, je continuerais d’être frappé par la beauté d’un lever ou d’un coucher de soleil…

Je vais relire Gabo. Qu’il repose en paix au paradis des socialistes, s’il en existe un.