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vendredi 24 mars 2017

Le « roman national »

Hier soir, Mme Laurence de Cock, une historienne censée représenter les Français, lors de l'émission « Traquenard politique » sur France 2 a demandé au supplicié s'il était pour qu'on évoque l'image de Saint Louis rendant la justice sous son chêne. Question intéressante, s'il en est.

Tout ce qui me reste de l'enseignement de l'histoire en primaire ce sont les images des personnages du « roman national ». Nos ancêtres les Gaulois obsédés par les chutes de ciels, Vercingétorix se rendant à César, Clovis et le vase de Soissons, Charlemagne récompensant les bons élèves de son école, Rollon et ses Normands pillards, Godefroy de Bouillon conquérant Jérusalem, Saint Louis sous son chêne à Vincennes, la bataille de Crécy, les vicissitudes de Jeanne d'Arc à Chinon, Orléans et Rouen, Colomb découvrant des emplumés en Amérique, François 1er et le chevalier Bayard, Bernard Palissy détruisant ses meubles avec ardeur, la Saint-Barthélémy, le bon roi Henri et sa poule (au pot), Louis XIII et Richelieu au siège de la Rochelle, Louis XIV et Versailles, la prise de la Bastille, Napoléon et sa retraite (de Russie), Les révolutions de l'an 30 et de l'an 48, Napoléon III et Ferdinand de Lesseps, la guerre Franco-Prussienne, les poilus dans leurs tranchées, la débâcle de 1940... Je dois en oublier quelques unes.

Autour des murs se déroulait la frise illustrée où hauts faits et grands personnages se succédaient chronologiquement. Élève distrait, je la contemplais souvent plutôt que d'écouter les discours probablement passionnants de mes enseignants. Je ne dirai pas que cet enseignement, qu'il fut oral ou mural m'ait doté d'une profonde culture historique. Était-ce d'ailleurs son but ? Ne s'agissait-il pas simplement de créer dans les jeunes esprits une certaine notion de la chronologie ? De leur faire prendre conscience de l'ancienneté de la nation française, de ses heurs et malheurs ?

Le but de l'enseignement primaire était alors de doter ses élèves des bases qui leur permettraient éventuellement d'acquérir d'autres connaissances. Lire, écrire, compter, se repérer dans le temps. Il ne s'agissait aucunement d'en faire des Pic de la Mirandole ou de fins analystes des réalités historiques. Il faut croire que les enfants d'aujourd'hui sont bien plus intelligents que nous l'étions et que les images d'Épinal du roman national ne leur suffisent plus, qu'il ont besoin de plus de profondeur, de « questionner le monde* » pour reprendre un terme des nouveaux programmes. Ils apprennent des langues, s'initient aux arts plastiques avant d'étudier l'histoire de l'art, sont dotés d'une éducation musicale et grâce à cela ils sont 20% à quitter l'école élémentaire sans savoir ni lire ni compter ni écrire correctement. Combien seraient à même de relever les erreurs et allusions de l'immortel « Lycée Papillon » de Ray Ventura et ses collégiens où il est dit que « Vercingétorix, né sous Louis-Philippe, battit les Chinois un soir à Roncevaux, c'est lui qui lança la mode des slips et pour ça mourut sur un échafaud » ?

A force de vouloir des têtes bien faites plus que des têtes bien pleines, on se retrouve sans tête ni savoir. Alors, je répondrai à Mme Laurence de Cock que Louis IX sous son chêne et les autres permettaient l'établissement d'une chronologie et faute de « questionner le monde » rendaient les  enfants capables de se repérer dans le temps. Ce qui est mieux que le rien actuel.


* L'emmerder leur vient naturellement !

11 commentaires:

  1. Je n'ai pas entendu ni vu madame de Cock et ses bas cils, sinon j'aurais probablement toussé d'énervement et craché de mépris. Si en plus de l'Histoire, elle avait également appris les "sciences naturelles" (S.V.T. aujourd'hui), elle aurait su que sous les chênes on compte des glands en abondance et que probablement elle aurait fait partie du nombre.

    Le Page.

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    1. Vous êtes bien dur avec cette femme qui ne songe qu'à détruire !

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  2. Elle doit regarder la chaîne "Histoire" : j'y ai vu avant-hier un magnifique reportage intitulé "Saint-Louis à la lumière de la Sainte-chapelle". Qui sait quelles associations d'idées ont pu l'amener à acter une question à François Fillon ?

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  3. Le "roman national", je ne sais pas qui est à l'origine de cette expression. Personnellement je ne l'avis jamais entendue avant ces dernières années. Mais l'apprentissage de l'histoire telle que décrite ici, a fait ses preuves. Non seulement elle faisait "prendre conscience de l'ancienneté de la nation française" aux petits Français, mais elle donnait envie de France aux petits étrangers.
    J'étais une petite fille étrangère, débarquée en France à presque neuf ans, sans parler le français et je n'ai eu de cesse que d'être devenue française.
    J'avais alors vingt-trois ans, j'étais en vacances en Autriche, et un jeune britannique, apprenant ma nationalité de naissance, m'a dit que, pour lui, j'étais l'archétype de la jeune femme française. Je suis rentrée chez moi, je me suis regardée dans une glace, et je me suis dit : "Ça y est, tu y es arrivée !"

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    1. Tous les immigrés de ma génération ( de nationalité espagnole, je suis arrivé seul, en France, à 16 ans, sans y connaître personne, et ai obtenu la nationalité française à 23 ans) et aussi des générations précédentes que j'ai pu connaître lors de mon exercice professionnel n'avaient qu'un objectif : se franciser totalement, intellectuellement comme affectivement; comme moi, en se naturalisant ils francisaient leur prénom et pour d'autres, leurs noms lorsqu'ils avaient une trop forte connotation étrangère; ils étaient fiers non seulement de leur intégration, mais aussi de leur assimilation, patriotique et culturelle, tout en sachant bien qu'ils ne descendaient pas en ligne directe de Vercingétorix; ils se sentaient souvent plus Français que bien des "Français de souche".

      Je suis terrifié de voir qu'aujourd'hui, on assiste au mouvement inverse, à la recherche de prénoms exotiques et à des racines plus ou moins réelles, ethniques ou religieuses, avec lesquelles on avait depuis longtemps rompu.

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  4. Hier soir c'était un peu faites entrer l'accusé Fillon...
    Pas une once de cordialité du début à la fin pour ce candidat-là.
    Mais plutôt :
    - pourquoi vous ne vous habillez pas chez Zara comme tout le monde ?
    Le clou de l'insupportable fut bien sûr Christine Angot, celle qui se croit écrivain. Mais j'ai bien aimé la réplique de Fillon : "j'ai rendu les costumes, pourquoi n'avez-vous pas rendu le bracelet" ?
    Ça l'a mouchée d'un coup !

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    1. "J'ai rendu les costumes", réplique assez absurde : à qui ? Fillon est plutôt mince; Borghi, qui a payé les costumes, plutôt enveloppé : que pourra-t-il faire de ces costumes faits sur mesure qu'on lui a rendus ? Les offrir à Macron, même si Fillon les a déjà portés ?

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    2. Un peu de bonne foi, M. Arié ! Qu'il les ait rendu ou pas, leur prix était perdu pour M. Borghi. Les rendre empêche évidemment M. Fillon de les utiliser et le délivre de l'obligation d'un éventuel retour d'ascenseur.

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    3. @ Fredi : Et dire que nous nous voyons contraints à payer ces ordures !

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