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mercredi 21 décembre 2016

Facebook

Depuis 7 ou 8 ans, je hante ce lieu que bien des gens de sens rassis et de jugement fiable jugent de perdition. Ça m'a permis de retrouver de vieilles connaissances internautiques croisées ça et là au gré des trois lustres que j'ai passé en divers endroits du Web. D'autres appartiennent à « ma vraie vie »: amis ou parents. D'autres encore, amis d'amis dont les interventions m'ont plu ou pour que les âneries que j'y diffuse ont eu l'heur de séduire sont devenus des amis au moins virtuels quand je ne les ai pas rencontrés pour de bon. A propos de ces rencontres, je dirai qu'elles ne furent JAMAIS décevantes.

Malheureusement, comme en tout autre domaine ou lieu, on y rencontre de vilains cons pour qui l'important est d'y faire miroiter les multiples aspects chatoyants d'une personnalité hors-normes (du moins selon eux). Il arrive qu'à l'occasion d'une remarque amusante ou sensée sur un statut ami on leur demande de devenir ami ou que ce soit le contraire. Et là, les choses se corsent. J'en voudrais pour preuve le drame insigne qui hier soir m'a frappé.

Sur un statut d'une « amie » de ce type un brin envahissante par le nombre de ses interventions, était évoquée la cruelle disparition de Mme Michèle Morgan. Perte dont peu se remettront avant qu'un(e) autre nonagénaire ou centenaire ne referme son parapluie. Le pathos y était de mise, on se souvenait, larmes aux yeux de cette scène qui depuis quatre-vingts ans émeut les foules, celle ou Gabin lui trouve de belles oreilles, de belles narines, de beaux mollets ou de beaux yeux et à quoi elle répond : « Embrassez-moi ! ». Tout le monde étalait un insondable chagrin jusqu'à ce que, pour ne pas être en reste, je me joigne au cœur des pleureuse en écrivant quelque chose comme « Fauchée à la fleur de l'âge ! Quelle injustice ! »

Que n'avais-je pas fait là ! S'ensuivit l'échange caviardé qui suit :



Par charité j'ai dissimulé le visage comme le nom de mon interlocutrice. Je pris le premier assaut avec humour, lui faisant remarquer que plutôt que le « que vous y passiez d'accord » qu'elle avait écrit « que vous y passiez d'abord » eût mieux reflété sa pensée. Elle corrigea (sans supprimer mon observation, ce qui est ridicule), puis se mit à me tancer vertement : « moche, con, cracheur de blédine, casse-couilles ». Devant tant d'urbanité, je lui répliquai : « Je vous soupçonnais bavarde, je vous constate stupide ». Cette intervention dûment supprimée, j'eus droit à une nouvelle finesse «  A l'hospice les vieux gogoles ! » et fus bien entendu bloqué comme il sied de le faire à des personnes que l'on a prié ou acceptés comme amis et qui en profitent pour « dire des conneries sur le mur des autres » !

Admirons l'élégance des formules et la profondeur du propos de cette doctorante en trucmachinlogie. Ne passons pas sous silence un sens de l'humour ravageur. Cependant, ce genre de personne représente une catégorie d' « amis » peu fréquentables : ceux qui collectionnent un maximum d'amis (en l'occurence plus de 2000) afin de se créer un public suffisamment vaste pour que, même si une infime fraction d'entre  eux y réagit,une petite pluie de « j'aime » et de commentaires vienne saluer leurs bavardages et rassurer leur fragile ego.

En attendant l'asile, je continuerai cependant à fréquenter Facebook que je remercie de me permettre de m'amuser en bonne compagnie.

13 commentaires:

  1. Ah toi " z'aussi" je dois dire que cela m'est arrivé avec une espèce de harpie , c'est faaaatiguant tous ces pauvres gens, par moment je me demande pourquoi je me balade dans ce coin et puis, bof ! si ça rempli leurs vies, on va pas non plus les priver de ce plaisir, soyons charitables c'est Noël !

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    1. En fait, c'est ma fille, qui, un peu choquée par la manière dont son noble père se voyait traité m'a alerté sur la question. Franchement, je m'en fous complètement. Je voulais surtout rendre hommage aux gens agréables que FB et plus généralement le Net m'ont permis de rencontrer.

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  2. Michelle Morgan est morte, la belle affaire, mieux vaut elle que nous.
    C'est ce sue disait ma mère.

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  3. Du moment que cela vous amuse, il ne faut surtout pas vous gêner !

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    1. Il ne s'agit pas de simplement s'amuser. Facebook me permet de fréquenter (jusque dans la "vraie vie" parfois) des gens encore plus intéressants que ceux que je pourrais rencontrer dans mon patelin.

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  4. "A l"hospice les vieux gogoles" assène la doctorante FB impétrante au statut de la plus aimée. C'est de l'humour caché, car tout de même Michèle Morgan dont il est question... avait les moyens de déplacer l'hospice chez elle dirons-nous.

    Alors moi qui suit breugnote j'ai pas compris où mettre mon nom.

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    1. « Alors moi qui suit breugnote j'ai pas compris où mettre mon nom. »

      Eh bien, par exemple, vous eussiez pu écrire votre nom à l'endroit où vous dites que vous ne savez pas où mettre votre nom…

      (Et cessez donc de suivre breugnote : il pourrait finir par mal le prendre.)

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    2. Il est vrai que j'ai presque 30 ans de moins que la jeune disparue. Demander un minimum de cohérence à certains, c'est comme chercher du sens chez une personne de gauche.

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  5. C'est un bien étrange lieu de rencontre où l'amitié se quantifie sans trop se préoccuper de qualité, du coup vous pouvez vous trouver confronté à cette sorte de malotruse qui allie la bêtise à l'irrespect pour les tronches chenues. Ce sont les risques du facebookisme et je comprends que cela ne vous décourage pas, vu les performances impressionnantes du réseau.
    Et puis, chacun ses goûts, pas vrai?
    Amitiés.

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    1. On y fait de mauvaises rencontres, mais de très bonnes aussi.

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