Ça ne doit pas être facile d’être antifa ! Ces pauvres jeunes gens ont un problème majeur : l’inexistence de leur ennemi. Vous vous mobilisez, vous vous armez pour le combat et en face, vous n’avez personne ! Alors, au lieu de vous résigner à la triste réalité, vous vous trouvez contraint à vous en prendre à des poubelles, des abribus, des devantures de magasins sans défense. Piètres substituts aux bandes de nervis armés et chemisés de brun ou de noir avec lesquelles ils rêvent de se mesurer.
Leur problème est d’être nés trop tard dans un monde trop vieux. Leurs permanentes références aux années vingt à mi-quarante du siècle dernier témoignent de leur inculture historique. Aussi curieux que cela puisse paraître, en un siècle (l’arrivée au pouvoir du fascisme que ce soit en Italie ou en Allemagne se produisit respectivement en 1922 et 1933) dans des sociétés très différentes de la nôtre d’aujourd’hui. Il ne faudrait pas oublier que dans les années 20, deux faits récents sont frais dans les mémoires : la grande boucherie de la première guerre mondiale et la révolution bolchevique de 1917.
La guerre fut suivie par les années folles. Années pas folichonnes pour tout le monde. Défaits ou vainqueurs connurent les crises économiques, l’instabilité politique, la déception des attentes des anciens combattants. La révolution russe suscite chez certains l’espoir d’un monde nouveau. Ouvriers et paysans constituent l’énorme majorité des populations. Tout cela entraîne un climat de violence inouï. Milices fascistes et communistes s’affrontent dans les rues. La peur du communisme pousse les capitalistes à soutenir les fascistes dont ils pensent à terme se débarrasser une fois l’ordre rétabli.
Nos jeunes antifas d’aujourd’hui n’ont aucune expérience de la guerre, ils vivent dans une relative opulence (les crises étant atténuées par l’état providence), le communisme les fait rêver d’une société qui n’existe nulle part, le seul « ennemi » qui vient s’opposer à leur désir d’occuper la rue en y cassant tout est la police qui a pour mission d’assurer l’ordre public. La police représente l’État qui devient, faute de fascistes l’objet de leurs attaques : comme son maître tue, crève les yeux, arrache les mains. Elle est au service du racisme systémique de l’État. Que le fameux racisme systémique ait existé dans l’Allemagne nazie, en Afrique du sud, aux États-Unis, sous le régime de Vichy et dans d’autres lieux est certain mais dans la France de ce début de vingt-et-unième siècle c’est, comme le fascisme, un fantasme qui nourrit leur désir d’action violente.
La pire chose qui pourrait leur arriver, c’est que, lassés de leurs pitreries destructives, se lèvent en masse de véritables adversaires qui, pour y mettre fin, utiliseraient leurs méthodes.
Je ne le leur souhaite pas.
Peut-être que quand on n'a plus d'idéal, quand tout a été ringardisé par des décennies de déculturation et d'acculturation, on se forge un idéal de héros, un Wagner de la Résistance comme d'autre se voyait en Mozart de la Phynance ?
RépondreSupprimerIls ont peur du fascisme comme les petits enfants ont peur du monstre caché dans le placard. Ils savent qu'ils ne risquent rien mais ils jouent à être courageux. Comme vous dites, espérons pour eux qu'ils ne se trouvent jamais face à de vrais fascistes.
RépondreSupprimerPangloss
Des Don Quichotte en moins drôles.
RépondreSupprimerPS : j'aurais écrit "les font rêver"...