..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

jeudi 30 juin 2022

Du droit à la tête de veau sauce gribiche

 


Il y déjà quelque temps, certains ont été saisis d’effroi à l’annonce des honteuses attaques de la Cour Suprême des US of A contre la tête de veau sauce gribiche (ou TDVSG). Depuis des décennies déjà, suite à une jurisprudence, nos amis d’Outre-Atlantique avaient autorisé la consommation de ce mets succulent dans l’ensemble des États. Mais c’était compter sans les odieuse manigances de l’infâme Trump. Profitant de son pouvoir de nommer les juges de ladite cour, ce monstre y avait fait entrer des réactionnaires résolument anti-tête de veau qui après mure réflexion avaient décidé que désormais il incomberait à chacun des États de décider de l’autorisation ou de l’interdiction de ce plat. La nouvelle, comme on pouvait s’y attendre, provoqua une levée de bouclier non seulement dans le pays tout entier mais aussi dans notre belle république.

Il faut dire que la France s’intéresse beaucoup à ce qui se passe dans bien des pays dont la population se soucie comme d’une guigne de ce qui agite ses débats. La remise en cause du droit fondamental à la tête de veau par cette grande nation provoqua la juste inquiétude des plus belles consciences républicaines que compte l’hexagone. Car, vue la propension qu’ont les pratiques étasuniennes à s’imposer - avec quelque retard – dans notre cher pays, ne risquait-on pas de voir certains esprits malades réclamer qu’une telle mesure y fût prise avec les conséquences désastreuses que l’on peut deviner ? Il fallait réagir avant qu’il ne fût t trop tard ! Des voix s’élevèrent pour réclamer que le droit imprescriptible à la consommation de la TDVSG fût inscrit dans la Constitution.

Mesure salutaire s’il en est ! Gravé dans le marbre constitutionnel, ce droit serait à l’abri des menées sournoises de ses opposants. Sauf que…

Le leader du parti qui réclamait avec la plus extrême véhémence ladite inscription se trouve être partisan de l’abrogation de la constitution et son remplacement par une nouvelle qui instaurerait une sixième république. Cinq républiques se sont succédé avec des constitutions différentes. Si on y ajoute les senatus-consulte del’an X et de l’an XII, les chartes de 1814 et de 1830, la constitution de 1852 instaurant le Second Empire, et la Loi Constitutionnelle du 10 juillet 1940, on s’aperçoit qu’en 230 ans, notre pays a changé onze fois sa loi fondamentale. Moins de 21 ans en moyenne ! C’est dire le peu d’intangibilité d’une telle inscription.


Plutôt que de protéger la TDVSG par une inscription dans la constitution, ne serait-il pas plus sage de faire confiance au bon sens des Français ? D’autant plus qu’à ma connaissance aucun parti ne cherche à l’interdire.

dimanche 26 juin 2022

N'est-ce qu'un au revoir ?

 

Juste un mot pour rassurer ceux qui m’ont fait l’amitié de s’inquiéter de ma disparition : malgré une grosse fatigue due à un mois de travaux chez ma fille, tout va bien.

Malheureusement, allez savoir pourquoi, je ne parviens pas à trouver l’enthousiasme nécessaire à une reprise de mes bavardages. J’espère que ça finira par s’arranger.

Avec toute mon amitié.


samedi 7 mai 2022

Vers un avenir radieux !

 

J’ai de plus en plus l’impression de vivre dans un asile à ciel ouvert.

Sur les chaînes dites d’information en dehors d’une propagande pro-ukrainienne tout en finesse, on nous amuse avec la nomination d’un premier ministre, on vante l’habileté diabolique (et si sympathique) du clown Mélenchon qui rallie à son panache rouge et vert-islam une gauche à la ramasse, bref, tout va bien.

Sauf quand comme moi l’autre jour, on doit se faire livrer du fioul et qu’on constate que, en un an et deux mois, le prix des 1000 litres a doublé (dont 125 € de TVA supplémentaire, les 100 € de la généreuse prime de février compensant cela partiellement). Sauf quand on va à la pompe faire son plein et que celui-ci dépasse allègrement la barre des 100 €. Je vous fais grâce des prix alimentaires qui s’envolent mais qui pour une personne seule comme moi ne représentent qu’un poste de dépenses relativement secondaire.

Et ce n’est qu’un début ! La hausse des prix des produits pétroliers n’est pour l’instant pas directement liée au conflit Russo-Ukrainien, pas plus que celle de l’huile de tournesol ou du blé. Si nos approvisionnements en gaz et pétrole russes devaient s’arrêter, que ce soit suite à la fermeture des robinets par les Russes ou par notre décision de les boycotter (ce qui serait d'une habileté remarquable), ça se corserait bougrement. Le baril de Brent tourne actuellement autour des 110 $. Certains prévisionnistes le voient monter à 200 $ dans un avenir proche. Quant au gaz, vu notre manque de méthaniers et d’usines de regazéification, on voit mal comment échapper à une prochaine pénurie et à une précarité énergétique généralisée.

Malgré cela, les Français se passionnent ou sont censés se passionner pour la nomination du premier ministre. Sera-ce un homme, une femme, un trans ? Sera-t-il (elle ou iel) de race blanche, noire, jaune ou bleue ? De gauche molle, de droite molle ou de centre mou ? Jeune, vieux, d’âge moyen ? Ses préférences iront-elles au bilboquet ou au hula hoop ? On ne sait trop mais une chose est certaine à mes yeux : vue la crise qui s’annonce, quel qu’il (elle, iel) soit, il aura du mal à satisfaire le bon peuple !

Mais foin du pessimisme ! L’orage venu de l’Est est évitable ! Si on en croit la propagande télévisée, les Russes sont de gros nuls, leur armée ne vaut pas un pet de lapin, leurs dirigeants sont totalement discrédités. Dans ces conditions, qu’attendons nous pour entrer en belligérance avec eux comme semblent vouloir nous y engager nos amis polonais, d’Outre-Manche et d’Outre-Atlantique ? Nos belles armées n’en feront qu’une bouchée, on atteindra Moscou en quelques jours, on y placera un gouvernement convenable, les populations libérées couvriront chars et soldats de fleurs, pétrole et gaz pas chers couleront à flots, pour nous remercier nos amis de Kiev nous fourniront gratuitement tournesol et blé…

Si on ajoute à cela une victoire électorale éclatante de Mélenchon aux législatives, tout sera réuni pour qu’un bonheur durable s’installe en Doulce France.

Certains esprits chagrins trouveront des failles à mon joli scénario. Ne les écoutons pas !

Allons, ne soyons pas chien. En prime une petite chanson adaptée à la conjoncture :



mardi 3 mai 2022

Risible… ...ou pas.


Décidément, le porte-parole du Pentagone est un homme bien sensible ! Seulement, il a dû se tromper de métier et/ou de pays. L’autre jour, s’adressant à je ne sais qui, sa voix se brisa. Il n’en pouvait plus d’émotion. En évoquant les crimes de guerre commis par les Russes en Ukraine. Peut s’en fallut qu’il ne pleurât.

On serait tenté de penser qu’il ne s’agissait là que d’une piètre comédie. En effet, on serait en droit de s’attendre à ce que le porte-parole du Département de l’Armée des États-Unis, ait un comportement autre que celui d’un Bisounours. Sans vouloir, ce serait trop long, établir une liste exhaustive des conflits internes ou externes auxquels les armées de son pays ont participé et des dictatures qu’elles ont aidé à installer ou à maintenir, ce serait bien le diable si à un moment ou à un autre on n’aurait pas pu y remarquer, ici ou là de menus « dégâts collatéraux » que des esprits mal intentionnés auraient pu assimiler à des crimes de guerre. On le pourrait, en effet. Certains sont même allé jusqu’à le faire.

Mais c’est oublier une des données fondamentales de la culture Étasunienne à savoir que les puritains à l’origine du pays y ont marqué de manière indélébile les mentalités. In God we trust (Nous avons confiance en Dieu) est la devise du pays avec pour conséquence une forme de manichéisme : s ‘ils font confiance en Dieu, la réciproque s’impose : Dieu leur fait confiance, sinon ce serait trop injuste ! « God is on our side » (Dieu est à nos côtés dans la traduction d’Hugues Aufray) comme chantait (ironiquement) Bob Dylan, pensent-ils. Or si Dieu est avec eux, définir leur ennemi est simple : c’est le diable. Or, que fait-on face au diable ? On négocie ? On le ménage ? Non ! Il n’y a qu’une solution : l’annihiler. Et pour cela, tous les moyens sont bons. Ce qui est considéré comme des crimes de guerre de l’Ennemi (au sens médiéval du terme) et vous tire des larmes, on peut le perpétrer sans états d’âme puisqu’on est du côté du Bien. Ainsi la barbarie devient justice divine.

On me dira qu’il est possible que des intérêts économiques et géo-stratégiques puissent se cacher sous cette couverture « messianique ». Bien sûr, mais il n’y a rien de contradictoire là-dedans. Il est normal que que la nation élue de Dieu dispose des moyens économiques et militaires lui permettant d’établir et de conserver une suprématie mondiale pour le plus grand bien de l’humanité. La domination économico-militaire n’est que le moyen de faire régner le BIEN.

Hélas,hélas, hélas, cette domination est en GRAND danger. La suprématie Étasunienne est remise en cause. Le tableau qui suit, extrait du World Factbook de la CIA (qu’on ne saurait soupçonner d’être à la solde des Chinois ou des Russe) reflète la nouvelle situation économique mondiale en PPA (Parité de Pouvoir d’Achat) et non en Dollars courants. De nouveaux acteurs émergent, la Chine a d’ores et déjà ravi la première place aux USA, l’Inde occupe la troisième, la Russie la sixième, l’Indonésie la septième et le Brésil la huitième. Les « occidentaux » sont en perte de vitesse et reconnaissons-le en complète déconfiture morale, civilisationnelle et démographique.


Dans ces conditions, il est facile de comprendre l’amour inconditionnel que, depuis 2014 (et même avant), les USA vouent à l’Ukraime. Ils arment et forment son armée. Ils font leur possible pour entraîner leurs alliés dans le conflit actuel. Affaiblir la Russie, militairement et économiquement est, par-delà leurs indignations, leur véritable but. Ils pleurent les victimes Ukrainiennes et se foutent complètement de ce qui se passe au Yémen. Ils sont prêts à se battre jusqu’au dernier Ukrainien (et éventuellement jusqu’au dernier Européen) pour que triomphe leur conception de BIEN. Même si cela devait mener finalement à une alliance étroite russo-chinoise, bien plus redoutable pour eux...

samedi 30 avril 2022

Gary, encore et toujours !

 


Je ne me souviens pas plus de ce que j’écris que de ce que je lis. Ce qui me permet de découvrir avec le même plaisir des livres naguère ou jadis lus. Ayant entamé la relecture des Mangeurs d’étoiles de Romain Gary, j’ai, afin de vérifier si je n’avais pas consacré à ce roman un précédent article, effectué une recherche dans le dossier qui regroupe mes bavardages et constaté qu’à douze reprises j’avais cité ou fait mention du double lauréat du prix Goncourt. Il faut dire que, si j’étais tenté d’établir un palmarès de mes écrivains favoris, il y occuperait la première place et que L’Angoisse du roi Salomon est, de loin mon roman favori. Je l’ai lu, relu, j’y ai surligné ou souligné tant de passages, corné tant de pages, que mon exemplaire Folio, acheté en 87, menace ruine.

Dire que je placerais Les Mangeurs d’étoiles au rang de mes favoris serait exagéré. Il ne manque cependant, malgré des longueurs, pas d’intérêt. N’étant qu’à la moitié de sa lecture, je ne saurais vous en narrer le dénouement.

Tout commence lorsqu’un cortège de Cadillac vient chercher à l’aéroport quelques invités du dictateur José Almayo. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils forment un groupe disparate : le composent un télévangéliste américain de renom, un « virtuose » du violon qui, vêtu en clown joue d’un minuscule instrument debout sur la tête, un agent artistique, un jongleur dévoré par l’ambition de réussir l’exploit qu’aucun de ses collègue n’a pu réaliser, un ventriloque et sa marionnette, un « virtuose » des spectacles porno et la « fiancée » d’Amayo, jeune américaine aussi alcoolique qu’idéaliste. Sur son chemin, le convoi s’arrête pour que se joigne à eux une vieille indienne, abrutie par la mastication de feuilles feuilles hallucinogènes (une mangeuse d’étoiles) qui s’avère être la mère du dictateur. On est en bonne compagnie ! Soudain des militaires viennent bloquer le convoi. Le responsable de la sécurité du groupe apprend par un entretien téléphonique qu’Almayo lui donne l’ordre d’immédiatement fusiller tout ce joli monde et de transporter les cadavres à l’écart de la route dans un endroit où il sera facile de les retrouver. Le capitaine n’en croit pas ses oreilles. Il finit par avoir confirmation de l’ordre par le dictateur lui-même et s’apprête à exécuter l’ordre quand il apprend par radio que l’armée s’est soulevée contre l’autocrate et que son trône risque de vaciller. Cela explique l’ordre donné : Almayo compte faire porter la responsabilité de ce crime barbare sur les insurgés afin que les Américains volent à son secours et écrasent la rébellion. Seulement, au cas où ce plan échouerait, l’homme de la sécurité redoute d’avoir à porter le chapeau pour ce massacre et décide d’annuler l’exécution et d’aller cacher les « otages » dans la montagne…

Au fil des pages, nous en apprenons davantage sur le dictateur et sa fiancée. Almayo, jeune indien misérable (pléonasme), a, depuis toujours, ambitionné de devenir un personnage important. D’abord apprenti torero subventionné par son riche amant, il réalise qu’il manque de talent. Or, sans talent, point d’avenir. Comment l’obtenir sans l’aide de Satan ? Car son manichéisme simpliste le pousse à penser que la terre est dominée par ce dernier, Dieu régnant sur le ciel sans s’occuper des hommes. Pour réussir, il faut donc séduire le diable en se montrant digne, par des crimes odieux, de bénéficier de ses faveurs. D’abord petit voyou,trafiquant de drogue, il organise ensuite des milices sanguinaires qui défendent « l’ordre » et ainsi finira par arriver au pouvoir.

Sa « fiancée » est tout autre : idéaliste invétérée, elle cherche à faire le bien, voudrait sortir le peuple de la misère crasse où il survit « en mangeant des étoiles ». Sous son influence, Almayo sans croire un instant à leur utilité, dote le pays, grâce à l’aide américaine, d’une université, d’un très bon réseau téléphonique et d’autres foutaises censées sortir la plèbe de sa terrible condition. De manière à peine dissimulée, Gary dresse un portrait physique et mental de Jean Seberg son épouse d’alors que son idéalisme ingénu conduira à la déchéance et à la triste fin que l’on sait. Il reviendra d’ailleurs sur ce thème quelques années plus tard dans Chien blanc. Sa première rencontre avec Almayo plante d’ailleurs le décor : alors qu’elle vient de se faire violer par un chauffeur de taxi qui prétendait lui faire découvrir la beauté des ruines d’une pyramide sous la lune, elle se réfugie dans la boîte de nuit qu’il possède. « Elle parlait d’ailleurs sans cesse d’une grand-mère qu’elle avait dans l’Iowa et d’un diplôme de langues qu’elle avait obtenu dans une Université là-bas, en le regardant d’un air pitoyable et en pleurant dans son mouchoir. Elle voulait probablement dire que ce n’était pas elle que le chauffeur de taxi aurait dû violer, mais quelqu’un d’autre qui n’avait ni grand-mère ni diplôme. José et le barman se regardaient en rigolant. ».

Du Gary pur sucre,mélange de cynisme, d’humour et de dérision qui me fait l’aimer. Je sens que je vais en relire beaucoup d’autres .