..Toi qui entres ici, abandonne tout espoir de trouver un contenu sérieux. Ici, on dérise, on batifole, on plaisante, on ricane.

dimanche 18 septembre 2016

Rhinocéros, une mise en garde.

Qui d'entre vous n'a pas, à un moment ou à un autre, envisagé d'adopter un bébé rhinocéros ? Et ça se comprend ! Regardez comme l'animal est mignon, son œil vif, sa course légère, sa silhouette racée :


L'apercevant dans sa petite cage à l'animalerie tandis qu'une soigneuse lui donne le biberon, vous vous dites que cette petite boule de peau (le rhino est quasiment glabre) aurait toute sa place au sein de votre foyer. Après tout, il n'est guère plus gros qu'un berger pyrénéen, n'aboie pas, ne mord pas les facteurs, ne couvre pas le sofa de poils, bref, qu'à la différence d'autres bêtes, il ne présente que des avantages. Seulement, comme le chaton dont rien ne laisse deviner qu'il deviendra sanguinaire et lubrique  matou, il a un défaut assez répandu chez les animaux : il grandit.

Mais laissons la parole à Louisette D. que nous avons rencontrée au sortir de l'antenne locale de la SPA du IVe arrondissement de la capitale alors qu'en pleurs elle venait d'y déposer Robert, un rhinocéros mâle de 8 ans. « Un cauchemar, monsieur, un cauchemar ! Il n'y a pas d'autre mot, sanglote la jolie brunette ! » Comment aurait-elle pu se douter que celui qu'elle appelait jadis son « roudoudou d'amour » deviendrait avec le temps source d'infinis ennuis ? « Quand je l'ai adopté, je souffrais de cette forme aiguë de solitude qu'engendre si souvent la vie citadine. J'avais d'abord envisagé de fonder un foyer chrétien que viendraient bénir des enfants qu'avec mon époux nous élèverions dans la crainte de Dieu, du fisc et des araignées. Et puis je me suis dit que ça pouvait attendre... J'ai donc adopté Marcel. Au début c'était le rêve. Abandonné à la naissance par une mère dépravée, il me combla de sa tendresse et emplit de vie les 14m2 de mon spacieux studio. Bien sûr, il lui fallait ses vingt litres de lait quotidiens mais qu'est-ce que monter huit étages en portant deux jerrycans quand le sourire confiant d'un petit être sans cornes (c'est l'éléphanteau qui est sans défenses) vous récompensera ? Bien sûr, il avait tendance à uriner en conséquence mais je me consolai en me disant qu'une fois devenu propre, les plaintes du voisin du dessous qu'importunaient des infiltrations putrides s'estomperaient... »

Louisette ayant une tendance à la prolixité, nous passerons sous silence les stations qui jalonnèrent ce qu'on peut appeler un calvaire et qui la mena d'un relative félicité à sa déchirante décision d'abandon. Nous nous contenterons de résumer les causes de cette dernière. Disons que celles-ci découlent d'un constat simple : un studio, même de taille généreuse, n'est pas adapté à la possession d'un rhinocéros blanc atteignant à l'âge adulte une longueur de plus de 4 m tandis qu'il mesure jusqu'à 2 m au garrot. Surtout quand, comme Louisette, vous collectionnez les statuettes de porcelaine. En effet, la pauvre bête a tendance à se cogner partout, occasionnant, sans y mettre malice, force dégâts au mobilier comme aux bibelots. Et puis il y a les problèmes du poids, de la nourriture et des déjections. La bête atteint d'autant plus facilement les trois tonnes cinq qu'elle manque d'exercice en appartement, ce qui contraignit notre charmante brunette à renforcer son plancher d'IPN suite à la menace d'effondrement du plafond que son irascible voisin du dessous ne cessa d'évoquer dès que Robert eut dépassé la tonne. D'autant plus qu'afin de prévenir une possible obésité Louisette l'avait initié aux joies des claquettes, pratique dont les copropriétaires prétendaient qu'elle mettait en péril la structure de l'immeuble (surtout quand il approcha l'âge adulte). Et puis, qu'on le veuille ou non, acheter plus d'une tonne de choux par mois vous grève un budget, engendre de pestilentielles flatulences et une quantité de déjections propre à remplir quotidiennement bien des poubelles à cet effet conçues. Quant à l'urine, ce furent ses décalitres qui poussèrent Louisette à jeter la serpillière. Afin d'extraire Robert du studio, il fallut en défoncer la façade, louer une grue et un poids lourd, ce qui occasionna bien des frais mais tel fut le prix d'un lâche soulagement.


Espérons que Louisette se remettra de sa peine, que Robert retrouvera un bon maître et que cette histoire vécue vous dissuadera d'adopter un bébé rhinocéros, à moins que vous ne disposiez de quelques dizaines de kilomètres carrés de savane herbue, ce qui est rarement le cas en ville, admettez-le.

dimanche 11 septembre 2016

Cinq ans déjà !

Le 11 septembre 2011, paraissait ici même un premier article intitulé « Bloguons, puisqu'il le faut ! ». 1346 autres l'ont suivi. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, mes articles ont connu entre quelques centaines et quelques milliers de visites avec un record à plus de 56oo atteint par « Pour un droit à la casquette (plate) » dont je ne retire aucune gloire vu que son succès n'est dû qu'à la photo du sympathique vieillard à casquette qui l'illustre.

Quoi qu'il en soit, cinq ans ont passé, riches ou pauvre sen événements divers, selon le point de vue adopté. Nous avons vécu la victoire et le naufrage d'un président, mon père est décédé, d'immondes larves de piérides ont boulotté mes choux, j'y ai guidé les pas de mes lecteurs dans nombre de pays où je n'avais pas plus traîné mes guêtres que je ne leur ai conseillé de se risquer à le faire, on y a parlé bouquins, politique, bricolages divers, bref, il me semble que le contrat que j'annonçais dans mon premier billet a été rempli. En effet, je lui assignais pour but de «  parler d'un peu de tout et (surtout) de rien » et cela sur un ton souvent badin, ce qui, à de rares exception près, lui a évité de devenir un lieux d'affrontements.

Des commentateurs sont venus déposer au pied de ma prose leurs précieuses contributions. Certains ont disparu dans les limbes du Net, d'autres continuent depuis le premier jour à m'exprimer leur sentiment, d'autres encore sont apparus et devenus fidèles au point qu'un billet sans qu'ils n'interviennent me fait m'inquiéter de leur santé. Les commentaires sont le dessert du blogueur, sa récompense, l'assurance qu'il ne divague pas dans un total désert. A tous mes commentateurs, réguliers ou pas, à ceux d'entre eux qui sont devenus des amis, j'adresse un grand merci.

Ces deux dernières années, mes écrits se sont raréfiés. A cela plusieurs raisons. Le temps crée une inéluctable lassitude. Le paysage politique actuel est devenu plus que morne. Ma nature ne me poussant que rarement à l'indignation, les scandalounets qui font les choux gras de nos chers media me laissent de marbre. Il existe en fait peu de pays qui valent qu'on déconseille de s'y rendre. Malgré mon âge canonique, le gâtisme ne m'ayant que partiellement ravagé, j'évite de radoter et de ressasser mes rares amertumes. Et puis, peut-être et surtout, j'ai acquis une demeure en Limousin qui mobilise une grande partie de mon temps et de mes pensées. C'est d'ailleurs de ce lieu idyllique que j'écris ces lignes. On ne peut pas être au blog et au chantier nous enseigne la sagesse des nations.

Tout cela mènera-t-il à l'éventuelle disparition de ce blog ou du moins à son tarissement à l'instar de nombre d'autres de ma blog roll ? Je n'en sais rien. L'avenir nous le dira. Toujours est-il qu'après cinq ans de futiles et foutraques services, je voudrais remercier une fois encore tous ceux dont la fidélité m'a donné l'envie et le courage de continuer.

A dans cinq ans pour célébrer un deuxième lustre ?

mercredi 7 septembre 2016

On n'est plus chez soi !

Ne nous méprenons pas. Loin de moi l'idée de joindre ici ma voix au chœur des vierges effarouchées déplorant je ne sais quel sentiment d'envahissement du territoire national par une nuée d'éléments allogènes. Tel n'est pas mon propos.

Cette nuit, tandis que je dormais du sommeil du juste, ce dernier fut inopinément interrompu par un bruit qu'il ne me prit guère de temps à identifier comme étant de ceux qu'émettent les chats par les chaudes nuits d'été. Contrarié, je lançai moi-même un de ces cris qu'arrachent au citoyen le plus débonnaire les inadmissibles attaques à son droit imprescriptible à la tranquillité nocturne. Les miaulements s'interrompirent. Je pensai donc pouvoir retourner me blottir sans problèmes dans les bras de Morphée quand un bruit bizarre me parvint de la cuisine. Mon sang ne fit qu'un tour. Je me levai d'un bond, allumai les lumières, et ouvrit la porte y menant.

Un spectacle de désolation m'y attendait. Le sac poubelle qui je comptais porter au container le matin même gisait éventré sur le sol, son contenu s'y trouvant répandu. Un coup d’œil à ma montre m'indiqua l'heure du forfait : quatre heures moins vingt ! Est-ce le moment idéal pour s'armer d'un balai afin de regrouper des détritus avant de les remettre dans l'enveloppe qu'elles n'auraient jamais dû quitter ? Certes non, mais avais-je le choix ? Du coup, bien réveillé j'eus ensuite un mal de chien à me rendormir (si tant est que les chiens aient des problèmes d'insomnie, chose dont je doute fort).

Comment expliquer cette inadmissible incursion dans mon domaine privé ? Eh bien voilà. Afin de conserver une fraîcheur salutaire dans mon logis corrézien, je dors toutes fenêtres et porte du jardin ouvertes. C'est par ladite porte qu'en dépit du plus élémentaire respect de la propriété privée durent s'introduire des chats afin de se repaître de mes ordures, leur rivalité entraînant le dis-harmonieux concert félin ayant interrompu mes rêves.

Est-ce admissible ? Alors que je ne crains pas d'exposer ma vie aux éventuelles attaques égorgeuses de féroces soldats supposés mugir dans nos campagnes, me verrai-je contraint à me claquemurer dans mon humble demeure par la faute d'ignobles chats miauleurs qui viennent jusque dans ma cuisine éventrer mes sacs-poubelles ? Je crains bien que oui.

Que fait le gouvernement ?

mardi 6 septembre 2016

T'es rien qu'un sale racisse et pis c'est tout !

Je m'instruis chaque fois que j'ai une conversation avec mon aîné. Nos discussions sont franches, ouvertes et souvent animées. Il faut dire qu'au niveau politique comme sociétal, nos visions divergent. Il est resté fidèle aux options de nos vingt ans tandis que j'ai beaucoup évolué. D'une certaine manière, j'envie ceux qui n'ont jamais varié. Ce doit être confortable, au sens où peut l'être un vieux fauteuil. Ce qui est curieux, c'est que l'attirail idéologique en question s'est basé sur une opposition radicale à celui qui nous avait été inculqué. Réaction banale de l'adolescence mais qui, quand elle perdure me semble relever d'un manque d'ouverture d'esprit. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, mon aîné est-il d'une "catholicophobie" radicale tandis qu'athée de culture catholique je n'ai aucune animosité envers qui professe cette foi.

Donc nos échanges sont instructifs. J'apprends ainsi que France Inter n'est pas une radio de gauche mais que ses concurrentes généralistes seraient « de droite ». Amusant, non ? Si quelqu'un me disait que Présent ou Valeurs actuelles portaient bien haut le flambeau de l'objectivité journalistique, j'aurais du mal à ne pas pouffer. Je ne dois pas être sérieux.

De même, n'étant aucunement persuadé qu'une race (vous savez, cette notion qui n'existe pas) soit supérieure en potentialités à une autre, je ne me croyais pas raciste. Eh bien je me trompais car, interrogé sur mon mon niveau d'enthousiasme à accueillir une immigration de religion musulmane, je ne pus qu'avouer que ce dernier était bien relatif (je suis un euphémiste convaincu). Je faisais ainsi preuve d'un racisme certain sinon rabique, vu que je n'appréciais pas une forme d'immigration en fonction d'un critère spécifique. Il serait aisé de retourner à son auteur le compliment, vu qu'on aurait du mal à ne pas considérer son hostilité ouverte à la religion catholique comme relevant du même principe. Mais vu que le Catholicisme, pas plus que l'Islam ne sauraient être considérés comme des « races », il me semble que le terme soit inadapté.

Plus que de savoir si l'on est coupable du pire crime qui ait jamais affecté l'humanité et qui ne saurait mener qu'à de nouveaux holocaustes, ne serait-il pas plus utile de se poser quelques questions ? Par exemple, est-il souhaitable dans un pays comptant X millions de chômeurs d'accueillir en nombre de nouveaux venus quelle que soit leur origine ? D'autre part, amener à se côtoyer des populations de cultures fondamentalement différentes, surtout quand l'une d'elle est partout parcourue de courants fondamentalistes extrêmes, ne serait-il pas de nature à compromettre l'unité d'une nation déjà bien fragilisée par les oppositions nées en son sein ? Pour résumer, plutôt que d'assimiler à un crime impardonnable un rejet, ne serait-il pas plus rationnel de s'interroger sur ses causes ? 

Mais pour ce faire, encore faudrait-il se mettre d'accord sur les constats et ce n'est pas gagné d'avance face à qui pratique le déni. Quand on traverse la vie en chaussant des lunettes aux verres roses ou pastèque, la vision que l'on a du monde n'entretient qu'un rapport distant avec sa réalité. Constat retournable comme peau de lapin... On n'est pas sorti d'une auberge que je préférerais moins  multiculturelle.

samedi 3 septembre 2016

Métaphore

Supposons qu'à la manière décrite par Romain Gary, vous vous ne vous conduisiez pas toujours très bien chez ceux qui vous invitent, que vous buviez le lait du p'tit chat, que vous violiez la grand-mère avant de vous essuyer dans les rideaux du salon. Seriez-vous étonné qu'on ne vous conviât plus ou à tout le moins qu'on vous menace de ne plus le faire au cas où vous réitéreriez vos incivilités ?

Si vous disposez d' une moralité même embryonnaire, je suppose que vous répondrez par la négative à cette question et que vous feriez des efforts lors d'une prochaine visite.

Maintenant, supposons qu'au lieu de reproches ou de mises en garde vos hôtes vous trouvent des excuses. Se disent que tout est leur faute. Que, connaissant votre goût immodéré pour les boissons lactées, ils auraient dû planquer la gamelle du chat ou plutôt vous offrir spontanément ce blanc liquide, que la grand-mère s'était montrée bien trop aguichante et que votre réaction est naturelle autant que pardonnable, que faire toute une affaire de vieux rideaux souillés est indigne d'un hôte courtois. Supposons même qu'ils fassent semblant de n'avoir rien remarqué d'anormal à votre comportement et qu'ils vous décrivent à qui veut les entendre comme de parfaits hommes (ou femmes) du monde, des exemple que bien d'autres gagneraient à imiter Ne vous sentiriez-vous pas encouragé à reproduire vos bénignes errances voire à les aggraver ?

Cette plaisante métaphore vise la culture de l'excuse et le déni de réalité qui présentement font rage en doulce France. Comprenne qui voudra.